‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 213 sur 384 · ROUTE TOULOUSE. — LES ÉGLISES · texte numérisé non relu

ROUTE TOULOUSE. — LES ÉGLISES

mander à Dieu la cessation de la péste qui décima la ville en Ï52Ô. 11 consiste en une représentation en bois et en relief de la basilique de Saint-Sernin , entourée de son mur d'enceinte, défendue par ses tours dt son artillerie. La flèche élancée de l’église' domine l’enceinte et î’é- . ffifiçe", où conduisent huit portes protégées par des créneaux. On remàrque, a peu de distance de la basilique , l’ancien donjon de la ville qui faisait partie du Capitole, flanqué de ses quatre tourelles, démolies de nos jours, qu’on surmonta plus tard d’une Renommée ën "bronze, ouvrage attribué aux élèves dç Bachelier, et qui se voit aujourd'hui sur la colonne ae la place Dupùy.

Vis-à-vis de la chapelle du Saint- Esprit, en dehors et à la Hauteur des balustres dp baldaquin , les amateurs reraarquerontune belle Sainte- Famille attribuée au Corrége, et très-mal placée, qui ornait autrefois la galerie du comte Dubarry.

doublions pas de mentionner enfin, avant de descendre dans les cryptes , les curieux bas-reliefs incrustés dans le mur du sanctuaire , et qui , selon les auteurs de la monographie de saint Saturnin, ont peutêtre appartenu au cycle carlovingien. '

• lës cryptes de Saint-Sernin contenaient autrefois' un très-grand nombre de reliques : apôtres , confesseurs, docteurs, vierges, etc.; mais en 1794 toutes les châsses d’or et d’argent qui renfermaient les corps saints furent enlevées; cependant les reliques furent conservées intactes, grâce à la présence d’esprit et à là ermeté dix F. Hubert, Curé constitutionnel de Saint-Serillh. Privées de leurs anciennes ri-

chesses, mutilées d’abord, puis recouvertes d’une couche dé plâtre et de chaux , les cryptes restèrent jusqu’à ces dernières années dans le plus triste état d’abandon et de ruine. Elles viennent d’être restaurées, sous la direction de M. du Mègé. Le sacristain chargé de les montrer aux étrangers signalé surtout à l’attention des visiteurs la châssè qui contient le chef de saint Thomas d’Aquin , et qui a été transférée solennellement le 18 juillet 1852 de la chapelle du Saint-Esprit dans les cryptes , déjà en partie restaurées. Deux grandes tables de marbre blanc incrustées dans les murs des deux escaliers portent deux longues inscriptions qui énumèrent, à la suite d’un précis historique , « toutes les reliques que la Religion conserve à Saint-Sernin, et constatent que ceux qui visitent les sept principaux autels de cette église abbatialë obtiennent des indulgences pareilles à celles que l’on acquiert devant les sept autels de l’église de Saint-Pierre de Rome- »

M. de Gaumont ( Bulletin monumental, t. XVIII, p. 489) signale, dans les reliques conservées à la sacristie, deux magnifiques chapes.

l’une du xni* siècle , d’une, richesse extraordinaire, et l’autre plus ancienne.

La hauteur totale du clocher, prise du dallage de L’église et saus y Comprendre le pyramidion, la boule et la croix, est de 63”, 72. De la galerie, on découvre un immense panorama sur Toulouse, les plaines et les collines du Languedoc , et toute la chaîne des Pyrénées.

L’église des Jacobin* est transformée, depuis la Révolution, en caserne d’artillerie. Elle se compose d’un seul vaisseau, divisé en deux

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

nefs par une rangée de longues colonnes. Des chapelles rayonnent autour de l’abside unique. Sur le flanc N. de l’église, en avant des travées rayonnantes , s’élève un grand et beau clocher, ayant une base épaisse et ne communiquant avec la nef que par une arcade ; ce clocher a été bâti, en 1294, sur le plan octogonal, de la base au faîte; toute sa construction est de briques, sauf les bandeaux, les gargouilles, les chapiteaux et les pinacles , qui sont en pierre, et les colonnettes de la balustrade supérieure, qui sont en marbre. Le rez-de-chaussée seul est voûté. -

En 1561 , le canon des calvinistes renversa la flèche qui surmontait la tour. Afin de garantir leur clocher, les moines lui donnèrent alors pour couronnement un ange qui portait une relique de saint Thomas d’Aquin, renfermée dans une boîte d’argent.

L’église des Cordeliers sert de magasin à fourrages ; elle se compose d’une grande nef ogivale flanquée de dix-huit chapelles.

. la Daurade (dorée), située sur le quai du même nom, a été bâtie en 1764, d’après le plan de l’architecte Hardi. L’église qu’elle a remplacée était construite , dit-on , sur les ruines d’un temple d’Apollon. Le chœur de l’édifice actuel est orné de sept tableaux par M. Roques père. Dans la chapelle à g., on remarque la statue de Notre-Dame la Noire, qu’on portait en procession dans les temps de calamités.

Le monument du poète Godolin se trouve dans une chapelle de dr. , en entrant par le quai. D’après une tradition contestée, Clémence Isaure aurait été ensevelie dans la même église.

La Dalbade [dealbata, blanche) fut bâtie au milieu du xve siècle sur l’emplacement d’une église ' fort ancienne. L’intérieur se compose d’une seule nef extrêmement hardie. On y voit deux statues de Nicolas Bachelier. Le portail sculpté par le même artiste est une des plus charmantes choses dont la Renaissance ait enrichi la ville de Toulouse. La tour de la Dalbade mérite aussi d’attirer l’attention.

L’église du Taur ou du Taureau , ainsi nommée parce que le taureau qui traînait le corps de saint Saturnin s’arrêta dans cet endroit, semble dater de la fip du xrn* siècle.

A l’Arsenal, l’antique église de Saint-Pierre des Cuisines contient un beau tombeau byzantin.

La chapelle de l'Inquisition, où se voit encore une cellule occupée jadis par saint Dominique, appartient actuellement aux Jésuites, qui y ont établi leur noviciat.

Le Capitole ou l’hôtel de ville de Toulouse, forme l’un des côtés de la place qui porte son nom , dérivé de caput Tolits (tête de Toulouse) ou de capitulum (chapitre). C’est un grand édifice d’une architecture médiocre, construit par Cammas dans le style ionique, de 1750 à 1760. Huit colonnes de marbre incarnat supportent un fronton triangulaire dont le tympan a été consacré depuis un siècle à tous les souverains qui ont régné sur la France.

Au fond de la première cour où Montmorency eut la tête tranchée, en 1632, se trouve une belle porte construite par Bachelier; au delà de cette porte, un grand escalier, qui s’ouvre sur la g. , monte à la salle des Pas-Perdus, où sont exposés quatre tableaux rappelant des épisodes de l’histoire de Toulouse.

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