DE TOULOUSE A NARBONNE
149 kil. Chemin de fer, S convois par jour. Trajet en 3 b. 45 m. par les trains express ; en S h. 45 m. par les trains omnibus. t« classe, 16 fr. 65 c.; 2* classe, 13 fr. 50 c. ; 3* classe, 9 fr. 40 c.
Au sortir de la gare, on laisse à g. l’Ecole vétérinaire, et Ton entre dans une tranchée profonde qui a plusieurs kil. de longueur. Un pont-tunnel, de 8 mèt. d’ouverture, a dû être construit au milieu de cette tranchée , sous la route de Toulouse à Castres.. Quand les talus s’abaissent, on se trouve dans la vallée du Lhers, que remonte le chemin de fer. Sur la dr., on longe le canal du Midi et, à l’horizon , quand le ciel est clair, au-dessus d’une chaîne de coteaux qui sépare la vallée du Lhers de celle de l’Ariége , on aperçoit la chaîne des Pyrénées. Au 6e kil.- on traverse le Lhers sur un pont de 18 mèt.
T 13 kil. Esoalquem (537 hab.). 1 kil. plus loin on franchit le ruisseau de Jincarolles , sur un pont de 20 mèt.
19 kil. Montlaur, v. de 712 hab., situé sur une éminence. Au delà de cette station, on aperçoit à dr. , de l’autre côté du Lhers et du canal, sur la route de terre, Montgiscard, v. de 1250 hab. dont l’église attire de loin les regards par le pignon de sa façade terminé en pointe et flanqué de deux tourelles. Presque en face de ce v. le chemin de fer traverse le ruisseau le Rivet.
1 . Pour la description détaillée de cette route, voy. Y Itinéraire descriptif et historique de Bordeaux à Toulouse, à Celte et d Perpignan , par Ad. loanne; Hachette et Cie.
23 kil. Baziége (1707 hab.). A 1 kil. plus loin, on franchit, sur un pont de 6 mèt., le ruisseau de Visseng.
27 kil. Villenouvelle, v. de 985 hab.
La façade de son église ressemblé à celle de l'église de Montgiscard. De l’autre côté du Lhers et du canal , se trouve Montesquieu (1368 hab.), dominé par son ancien château fort.
Plus loin , le petit château moderne de Saint-Home se montre sur la dr. , et, bientôt après, on aperçoit du même côté le bourg de Gardouch (1262 hab.).
33 kil. Villefranehe, V. de 2952 hab., composée d’une seule rue et située à 170", 46 au-dessus de la mer, sur le ruisseau de Barelles et la rivière de Mares. Au delà, on remonte la rive dr. de cette rivière , l’un des affluents du Lhers. Au 35' kil. on traverse le ruisseau de Fabayrol , qui descend du N. La vallée du Lhers devient plus étroite , et Ton cesse d’apercevoir les Pyrénées.
On traverse la Mares, avant d’atteindre
40 kil. Avignonet, V.de 2090 hab., située, à g. de lastation, sur une éminence jadis fortifiée. Sa bèlle église , son clocher de pierre et une petite tourelle isolée ,dominentsesmaisons pittoresquement groupées en amphithéâtre. On montre encore dans l'église le banc qu’y occupaient, au xiip siècle, les juges de l’inquisition. «En mars 1244, tous les Albigeois de la ville, hommes, femmes, enfants, qui refusaient de se convertir, furent enfermés dans une clôture faite de pals*et de pierres et brûlés vifs , avec leur évêque Bertrand-Martin. Deux années auparavant, des Albigeois qui s’étaient retirés au castel inaccessible de Montségur (V. R. 90) avaient pénâ-
ITINÉRAIltfe DES PYMnÉES.
trê la nuit dans le château d’Àvignonet, où ils avaient massacré, & coups de haché , l’inquisiteur Guillaume Arnaud, trois autres dominicains, deux franciscains et sept nonces ou familiers du saint-office, parmi lesquels se trouvait un archidiacre de Toulouse.
En quittant Avignonet, le chemin dé fer sort dü département dé la Haute-Garonne pour entrer dans celui de l’Atlde, traverse le canal du Midi sur un pont de 12 mèt.
d’ouverture avec deux arclies pour les chemins de halage, et franchit le contre-canal. Bientôt on découvre à g. au delà du v. de Montferrand, situé à l’extrémité d’un promontoire, le mohument érigé à la mémoiré de Riqùet sur lés Pierres de Naurouse. On a attëiilt le point culminant du canal du Midi, dont les eaux coulent d’un côté dans la Méditerranée , de l’atitre dans l’Océan; mâis le point culminant du chemin de fer (190^,18) n’est qu’à 1 kit. au delà de
45 kil. Ségala, simple hameàü.
Après avoir traversé dné petite tranchée, on descend vers la Méditerranée par une forte rampé de i/2 mèt. sur 100.
50 kil. Mas Saintes Puellcs (ancienne Recaudum) , commune de 1811 hab., située à dr. du chehiin de fer, à 1500 mèt. de la Station.
La chaîne de la Montagne Noire devient de plus en plus risible sur
lag‘ . . i,
55 kil. Castelnaudary, chef-lieu d’arrondissement du dépàrtemènt de l’Aude, V. de 9052 hab., située à 160 mèt. au-dessus de la mer, sur une éminence que couronnent de nombreux moulins à vent. Lés édifices publics de Castelnaudàry 'offrent aucun intérêt. Mais il faut
s’y arrêter quand on veut aller visiter, par Revel ou Sorèze, les bassins de Saint - Ferriot et de Lampy , la rigole de la montagne, la prise d'eau d ’Alxau. et tous les magnifiques travaux d’art exécutés par Riquet , pour Créer le canal du Midi.
63 kil. Pexiora, v. de 1337 hab., situé à g. et à peu de distance de la station. Plus loin, on laissé à g.
Villepinte , 1218 hab.
69 kil. Rram, v. de 1560 hab., situé à 30 mèt. plus bas que Castelnaudarv , sur le ruisseau de la Preuille. On y remarque le château de la famillé de Lordat, bâti dans le xvii4 siècle. On trouve à la station des voitures de correspondance conduisant à : — Foix (71 kil. pour 6 francs et 5 francs, V. R. 87)} — Lavelanet (45 kil. pour 5 francs et 4 francs; V. R. 90); — Pamiers (52 kil. pour 5 francs et 4 francs, V. R. 88); -
A 5 kil. de Bram , on traverse le ruisseau le Rebenty , sur un pont de 12 mèt., et bientôt après le canal du Midi, sur un pont de la même ouverture. A g. de la voie, au delà d’un château flanqué de tours, on Aperçoit Villaraxens.
76 kil. Alxontie, b. de 1005 hab. , Situé à 2 kil. environ de sa station, et à 3 heures environ, par Montolieu et Saint-Denis, de la prise d'eau d’Alzau , la source du canal du Midi.
On traverse une tranchée haute de 10 mèt., un peu en deçà de
83 kil. Pexenst v. de 958 hab., situé à g. du chemin , sur le Fresquel. A 4 kil. environ de cette station, on passe à côté de Pennautier (1215 hab.); ou franchit successivement, à 1 kil. de distance, les ruisseaux du Conquet et dé l'Ar-
ROUTE BT. BË TOtiLOUSfe À NARBONNE.
nOUie, èt Ton S’ënfonbe Uanà bnë trahbhéè assez profonde avant d’atteindrë là belle gâté de Carcassonne, bâtie près du pont du canal dii Midi, à l’extrémité septentrionale de la vlllé.
91 kil. fcàrcassohne. (Hôtels Bernard, saint Jeah-Èaptiste, Bonnet), chef-lieu du département de l’Aude , V. de lÜîliô bâti., est Située sur la rivière dé l’Àüdë, qui la divisé en deux villes parfaitement distinctes ; là Ville basse et la Cité. Là première f 19 000 Hâb. ), àutréfbiS fortifiée, mais ouverté maintenant, s’étend dans une plaine fettilé , sué lés bords de sort fleuve , de son banal , ët de Soit chemin dé fer, fcë renouvelle et s'enrichit incessâinmëiit, tandis qué la Cité (1(300 Hâb.) tombe en ruiné, végète et meiirt dans Sa double enceinte dë murailles et de tours qui couronne le sommet d’une éminence trop escarpée pour que des maisons puissent se construire sur ses pentes. La vilîë neuve à des rues tirées au cordeau et coupées à angles droits, des places carrééS, des maisons uniformés et sàrts caractère; elle ressemble & tdütes léS villes modernes ; ori la voit d’un Coup d’œil ; mais en revanche , elle est gâië, animée, admirablement arrosée, parsemée dé verdurè, ëritouréé de magnifiques proinenades.
La vieille ville, au contraire, aux rués tortueuses , aul masut-és délabrées) à la population misérable, si triste qu’on la croirait déserte, mérite une longue visité ; les artistes et les archéologues y passeront d’heureux instants , car SëS fortifications, qui ont été clâssêéS parmi les monumërttà historiques, ët dont la réstadtation a été confiée à M. Viallet*lé-Buc , sont l’uhe deà Principàlei curiosités, hôn-îéülé-
ihëHt dit iüidi dë lâ France ; mais de la France entière; en éfTët-, comme l’a dit l’hàbilë architecte qui ën a tâit tlnè étude spéciale , elles sont un Cours presqtie complet de l’art des fortiflcatibhs du tri* au xiv' siècle; enfin l’église ,de Saint-Nazaire qui domine toute la Cité , et qui a été la cathédrale dh diocèse de Carcassonne âVant la Révolution , offre aux amatëürs iirtë rtëf du xi* siècle , àüx gros pllieré feylindriques, aui Voûtés èn befcéâu pleiîi-cintre, aux rares fenêtres et aux bas côtés étroits, qtii cOhtraste, par Son style lourd et massif, avec urt trànSsept, dés chapelles, des vitrdüi et un Bhoéür de lâ plus étiquette ; de lâ plus riche, dë lâ plüs légère, dë lâ plus mervëlUëuSé ârchitecturè dtt iiv* siècle1.
De Carcassonne k Qnillan, St kil. pour 5 fr. et 4 fr. (Y. H- Vàlt —A Perpignan (V. R. 99); — à Montlouis (V, R. ieo;.
À peiné a-t-on quitté là gabë de Carcassonne, qu’on traverse lé canal dh Midi sur un polit dé lî mêt.
d'ouVerture; pùiâ, au délà d’un remblai d’où l’on découvre bieh la ville haute, on frahchit l’Aude stir un pont de pierre de 5 arches de 18 mët.
A g., les regards sont attirés pat le Signal de Nore (1210 thèt.), point culminant de ia Montagne Noire, qui dléparâît bientôt derrière des petits coteaux rapprochés du chemin dè fôr. On cesse aussi de Vblr la Cité, et, après avoir dépassé deux tranchées et traversé lé ruisseâli de là Pot te de Per, on s’enfonce datte un Souterrain de 40Ü mèt. de longueur , où lè chemin est à
i . Pour la description détaillée dés dëttx villes de Carcassonne, voir Yltinirairi de JÇordeaux d Cette , par Adolphe Joânne, Paris, Hachette et Cië.
412 ' ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
101 mèt. au-dessus du niveau de la mer.
gfikil. Trèbes, riche v. de 1871 h., situé à g. de la voie entre l’Aude et le canal du Midi. Au delà, on entre dans la région des oliviers. On commence à longer, du côté du S. , la montagne d ’Alaric , une des dernières ramifications de la chaîne nue et grise des Corbières. Du côté opposé , on laisse le château de Saint- Julia, et plus loin celui de Millegrand. Le vent du N. soufile quelquefois avec tant de violence sur cette contrée, qu’on a dû border le canal du Midi d’une plantation de cyprès formant une haie très-serrée, pour rendre la navigation possible. On aperçoit à g. , entre deux tranchées rocheuses , l’Aude que le canal domine à une certaine hauteur. •
103 kil. Floure, ham. de 160 hab. , dépendant de la commune de Barbaira (405 hab.).
108 kil. Capendu, v. de 692 hab. , dominé par un mamelon rocheux qui porte les ruines d’un ancien château et d’une église du xiv* siècle. Au S. , s’élèvent les flancs nus de la montagne d’Alaric. Au N. , on découvre toute la Montagne Noire; mais bientôt , au delà d’une tranchée de pierres rouges , elle disparaît derrière de petites collines. On franchit au 112* kil. la rivière de Douzens sur un pont de 20 mèt. , et au 114* le ruisseau de Cabriac sur un pont de 8 mèt.
116 kil. Motix (676 hab.). Le chemin de fer , s’éloignant de plus en plus de l’Aude et du canal, traverse la route de terre et pénètre dans un défilé rocheux au sortir duquel on aperçoit sur la dr. , dans la vallée > insignifiante de l’Orbteu, le v. de Caumon. Au 121* kil. on traverse
P Ouïe, et 3 kil. plus loin la Jeurre.
127 kil. Lésignan , b. de 27 54 hab. Le chemin de fer se rapproche de l’Aude, et suit dans la direction de l’E. la monotone vallée de l’Orbieu.
Au 133* kil. il franchit cette rivière sur un pont de fer à treillis, long de 100 mèt. et pesant environ 300 000 kilogr.
135 kil. Villedaigue, ham.
140 kil. Uarcorignan ( 544 hab.) A peine a-t-on quitté cette station qu’on entre dans une gorge formée par des coteaux rocheux et nus ; des haies de petits amandiers bordent les champs. On passe dans une longue tranchée, profonde de plus de 15 mèt. Quand les talus s’abaissent, on aperçoit à dr. le v. de Montredon (512 hab.). On traverse la route de terre , puis la prise d’eau de Narbonne, et, sortant enfin de la gorge, on voit s’ouvrir à l’E. une vaste plaine couverte d’oliviers, au milieu de laquelle apparaissent les monuments de Narbonne. On franchit le canal de la Robine sur un pont de 20 mèt., avant d’entrer, à 9“ ,10 au-dessus du niveau de la mer, dans la gare de
149 kil. Narbonne (Hôtels de France, de la Dorade), chef- lieu d’arrondissement dudépartementde l’Aude, V. de 14300 hab., située à 8 kil. de la Méditerranée , dans une vaste plaine d’où l’on découvre, d’un côté, la chaîne des Cévennes, et de l’autre, celle des Corbières, que domine la cime neigeuse duCanigou, traversée par le canal de la Robine, qui la divise en deux parties, le bourg et la cité', et entourée d’une enceinte de murailles percée de quatre portes. Ses rues sont généralement étroites et tortueuses.
I Les Tectosages qui fondèrent Tou - 'louse furent aussi , selon toute
apparence , les fondateurs de Narbonne. Cette ville était depuis longtemps florissante, lorsque les Romains pénétrèrent dans les Gaules.
Pythéas de Marseille, qui vivait environ 280 ans avant Jésus-Christ, en parle comme d’une des plus opulentes cités de la Celtique. La première colonie que les Romains envoyèrent dans cette partie de l’Europe fut établie à Narbonne, 116 années avant le commencement de notre ère ; elle prit alors le nom de Narbo Martius. Elle devint la capitale de la Province et la rivale maritime de Marseille ; le proconsul y résidait; une flotte romaine, car c’était un petit port de mer, y stationnait habituellement. Elle possédait des monuments magnifiques, temples, théâtres, thermes, etc., dont il reste à peine encore quelques débris , et jouissait d’une grande prospérité. Mais, sous Tibère, elle devint la proie d’un effroyable incendie , et les empereurs Dioclétien et Constance, en divisant la province Narbonnaise en deux parties, diminuèrent de moitié l’importance de son ancienne métropole. Le christianisme s’y introduisit vers le milieu du ni* siècle.
Au commencement du v* siècle, Narbonne fut successivement ravagée par les Alains, les Suèves, les Vandales et les Visigoths. Souvent prise et reprise pendant les siècles suivants, elle perdit peu à peu son importance et devint une grande ruine jusqu’en l’année 719, où elle fut occupée par les Sarrasins. El Samah, leur chef, releva et augmenta les fortifications de la ville détruite, dont il fit sa place d’armes et la base de ses opérations, militaires. Après la bataille de Poitiers , Charles Martel vint
l’assiéger, mais il fut contraint de se retirer. Pépin, devenu roi des Francs, l’assiégea de nouveau en 752; il ne put pas non plus s’en emparer. Toutefois, en repartant pour le Nord , il laissa devant ses murailles une partie de son armée, et, après sept ans de blocus, les Franks y entrèrent par trahison. En 793, les Arabes essayèrent de la reprendre , mais ils ne parvinrent à occuper que les faubourgs. Sous le régime féodal dont l’institution signala la fin du règne de Charles le Chauve , elle appartint, ou du moins la partie donnée jadis à Aymeric appartint à des vicomtes relevant tantôt des comtes de Toulouse , tantôt des comtes de Barcelone, qui n’ont joué qu’un rôle subalterne dans l’histoire.
Dans le xin* siècle , Narbonne échappa aux désastres de la croisade contre les Albigeois. L’abbé de Cîteaux Amaud-Amaury se fit seulement élire archevêque de Narbonne en 1212, et s’intitula duc de Narbonne , ce qui autorise à penser que le vicomte avait été chassé de son domaine. Mais il ne put défendre ce titre contre les prétentions de Simon de Montfort, qui, en 1216, reçut de Philippe Auguste l’investiture du duché de Narbonne , en même temps que celle du comté de Toulouse. Son fils Amaury , en 1224 , abandonna tous ses droits au roi de France, de qui releva désormais exclusivement la vicomté.
Cette vicomté, après avoir longtemps appartenu à une branche cadette de la maison d’Aragon, fut cédée, en 1447 , au comte de Foix, Gaston VI, qui la donna, en 1468, à Jean, son fils puîné. Celui-ci prit une part assez active aux affaires de France, siégea aux États géné-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
ràilx de 1484, s’allia au duc d'i n léans contre la régente Anne de Beaujeu, fît avec Charles VIII la remière campagne d’Italie, comattit vaillamment 1 Fornovo, et repoussa de la Bourgogne les troupes dé reinpèreur Maximilien. 11 avait pris , après la mort de son neveu François Phoebus, le titre de comte deFoix.dont il prétendait dépouiller sa nièce Catherine, à laquelle il disputait aüssi la Tsavarre.
Mais il n’eut jamais que le titré.
Cathêrine conserva la Navarre française ët le Coidoté. Il moürut en 1500, et son fils Gâàton, éÜ 1507, échangea avec Loiils XII sa Vicomté de Narbonne contre le duché de Nemours. Narbontie alors fut pour toujours réunie au domaine de la couronne.
Louis XII jugea prudent de fortifier son acquisition conire les attaques possibles de l'fespagiie ; mais la population de cette ville avait beaucoup diminué depuis les temps anciens , et l’on eut la malheureuse idée de lüi faire iitae faouvellé ëticeinte proportionnée ati iiotnbre actuel de ses habitants. C’était la condamner à ne jamais répàrer'ses pertes. On démolit donc les murs bâtis par les VisigothS et les fortifications élevées par les Arabes ; les faubourgs de la ville du moyen Age et de la cité antique disparurent avec les monuments tomaihs qui les illustraient. Ces glorieux débris servirent à construire une nouvelle enceinte plus étroite qÜe l’ahcienne.
et où l’on fie retroüVerâit aucun vestige de la grandeür passée de la capitale de la Nàrbonhaisé, si François I", devénu foi avant qiie ce travail fût achevé, n’eût ordonné qué du moins toutes les pierres culptéeî lussent réSërvéés jioiit- le
couronnement des bastions et des courtines.
Au surplus, l’événement a démontré qué la précaution de Louis XII était superflue. Narbonne n’a pas eu de siège à soutenir depuis qu’on l’a si bien fortifiée, et son rôle s’est complètement effacé dans l’histoire. L’ancienne capitale de la Province romaine n’est plus aujourd’hui, comme nousl’avonsdit, qu’un chef-lieu d’arrondissement.
Sous le règne de Louis XIII, Narbonne se distingua par son attachement A la cause royale. Ce fut dans ses ihurs que se dénoua la célèbre conspiration de Cinq-Mars. Quand Louis XIII et Richelieu se rendirent au siège de Perpignan, Richelieu, atteint d’une maladie grave, se vit obligé de s’arrêter h Narbonne , où il fit même son testament. Le roi , se séparant de son ministre, alla seul à Perpignan ; mais il tomba malade à son tour, et revint à Narbonne. Instruit pendant son séjour des projets de Cinq-Mars, il donna l’ordre de l’arrêter avec ses complices. Cinq-Mars était sur le point de sortir des murs, lorsqu’il fut saisi par lès àrchers du cardinal (1662).
Narbonne a vu naîtrë les trois empereurs romains Carus , Caritiüs et Numérien ; Térentius Varrô, l’ami de Cicéron; le musicien Mondoriville.
Aujourd’hui Narbonne récolté ou fabrique des vins et du miel. Parmi ses établissements ' industriels on cite surtout ses distilleries, ses tanneries et ses poteriés.
L’église de Sainl-Just, l’ancienne cathédrale de Narbonne (l’ârdhèviché de Narbonné , supprimé à là Révolution , n’a pas été rétabli) , fondée en 1272 sur lès débris de deux
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églises antérieures, dont là première avait été construite en 445, et la deuxième pendant le règne de Charlemagne, n’à pas été terminée; elle ne se compose en réalité que d’un vaste chœur de 40 mètres de haut.
a Les chapiteaux des piles , dit M. Viôllet-le-Duc, sont complètement dépourvus de sculptures; mais en revanche , l’agencement des arcs et des moulures, la construction des voûtes, sont exécutés avec une perfection qui ne le cède à aucun des édifices du Nord. Les vitraux des fenêtres, posés seulement dans le xiv* siècle, ne présentent que des grisailles avec entre-lacs de couleur; il semble que l’on ait tenti à bannir la sculpture et la peinture de cette église ; aussi estelle d’uil aspect passablement froid.
C’est plutôt l’œUVre d’un savânt que celle d’un artiste.
« Outre la grâhdeur de Son plan , ce qui donne à la cathédrale dé Narbonne un caractère particulier, c’est la double ceinture de créneaux qui remplace les balustrades sur lès chapelles , ét qui réunit loi culées des arcs-bbütànts terminés en forme de tourélles. C’est qu’en effet cette abside se reliait aux fortifications de l’irphevêché , et contribuait du côté dit N. à là défensë de ce palais. »
Lé sanctuairë a feéüàervê sa clôture formée dé tombeau* d’évêques.
Les orgues datent de 1741.
On conserve dans la sacristie quelques manuscrits doht les ortlÛftil ntires intéresseront lés àhiatetibs.
DU sommet de la l'ohr 6n jouit d’une belle vue sut leS plaines voisines , a mer et les étangS , là chat ne des Cévennes au N., et celle des Pyrénées ân S.
Uu cloître reliait la cathédrale à
kAÏ&ONNE. 41b
l’archevêché. Il fut cominèhcô dans la seconde moitié du xiv* Siècle par Pierre de La Jugïe , et continué par Roger de BeaUfort son successeur.
L’ancien palais des archevêques, \'h6(el de pille actuel , communique avec la cathédrale : il est situé au centre de là ville , sur la rive g.
du canal, et se compose de constructions de diverses époques. La façade offre trois tours d’inégale hauteur. La première tour (des télégraphes) date du commencement du xïv* siècle; elle est crénelée, percée de longues meurtrières, et dominée sur les angles par quatre tourelles; son aspect est celüi d’uh énorme donjon féodal. La deuxième (tour Saint -Màrïial) à été bâtie eh 1380; son aspect est moins sévèré; elle est couronnée de mâchicoulis 'ét percée de bâies ogivales. C’est entre ces deux toürs que l’hôtel de villé a été construit sur les dessins de M. Viollet-le-Düc , dàhs le stylé orné de la fin du xv* sièclé. La troisième tour, appelée de là Madeleine, à cause d’tine chapelle attenante, est séparée de là secottdè par un passage recouvert de dent arcades.
Le Musée, fondé en 1833, occupe , au premieV étage de l’hôtel de ville ; onze salles de diverses grandeurs, et comprend en outre un Vaste jardin dahs lequel soht cohservés dëà tômbeahx chrétiens des premi'érs siècles, dés inscriptions funéraires romaines, des bas-reliefs antiques, des colonnes et des chapiteaux. Un bel escàllër , construit an xvitl* siècle, monté à la première Salle (l’ancienne salle des gardes), qui à été décorée en 1634. On y remarque plusieurs antiqaités phéniciennes, romaines ét visigothes, ainsi qül dans la salle suivante, dont le pll-
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ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
fond est orné de 49 grands tableaux de l’école italienne, représentant des Muses et des Génies. La troisième salle, qui s’étend sur toute la longueur du corps de bâtiment construit par M. Viollet-le-Duc, forme une belle galerie où sont exposés les plus beaux tableaux du Musée.
A g. s’ouvre une autre pièce destinée plus spécialement aux statues, et dans laquelle on a placé une suite de chapiteaux romans, provenant de la démolition des anciens cloîtres et des anciennes églises (le Narbonne. De l’extrémité de la galerie on passe dans l’ancienne salle à manger des archevêques. Cette salle, décorée de trophées de chasse, contient, outre divers plâtres, un magnifique buste en marbre blanc de Carrare, sculpté par Puget.
Elle communique avec une autre salle située dans la cour Saint- Martial, que le cardinal Jean Roger de Beaufort, père du pape Clément VI, fit construire dans les dernières années du xv* siècle. Les armes de ce cardinal sont sculptées sur la clef de voûte. On a réuni dans cette salle les principaux objets d’archéologie et de curiosité.
C’est dans une salle voisine qu’on a placé un Silène en marbre blanc, trouvé, lors des travaux du chemin de fer, près de la gare actuelle. Le bras droit, l’avant-bras gauche , une partie de la jambe gauche et le pied droit manquent. Le Musée possède en outre une très-riche collection de dessins originaux, d’aquarelles, de gravures, un très-beau médaillier, un herbier, des échantillons de roches, etc. , etc.
La bibliothèque, réunie au Musée et installée dans une salle moderne, se compose de 2166 ouvrages, formant environ 6000 volu-
mes. Elle est ouverte au public les mardi, jeudi et samedi, de2à5h.
L’église Saint-Paul, commencée en 1229, mérite seulement la visite des archéologues; mais tous les étrangers qui s’arrêteront à Narbonne ne devront pas manquer de faire le tour de la ville en dehors de ses murs, qui sont comme un musée en plein air ; car dans toute leur étendue, et surtout près de la porte de Béziers, ils présentent une suite de bas-reliefs, d’inscriptions et de fragments antiques, mêlés aux pierres de taille et disposés avec une espèce de symétrie.
C’est François I", le protecteur des arts, qui a fait détruire les édifices romains pour utiliser leurs débris dans la construction des murailles.
« Mais il faut, dit M. Mérimée, rendre cette justice à l’ingénieur de François I'% qu’il a placé la plupart des inscriptions de manière à pouvoir être lues; qu’il n’a point retourné ni détruit les bustes et les bas-reliefs; enfin qu’il a plaqué l’intérieur des portes des fragments de sculpture qui lui ont paru les plus curieux. Ce n’était donc point tout à fait un ignorant; il raisonnait la barbarie. »
Le port de Narbonne était, du temps des Romains, un vaste lac appelé Rubrcnsis ou Rubresus. Les étangs de Sigean , de Peyriac et de Gruissan , sont les restes de cet estuaire, qui s’étendait jadis trèsprès de Narbonne, sur une plage nommée encore, aux xiv* et xv° siècles, port des Galères. Aujourd’hui, le port de Narbonne est à 21 kil. 1/2 au S. (V. ia Nouvelle R. 98).
De Narbonne à Perpignan (V. R. 98):
— à Cette et à I.yon (V. R. 97).
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