ROUTE 70. BAGNÈRES DE
tura y est tout à la fois riante et forte, gracieuse et terrible; elle s’y pare de toutes les couleurs de sa, palette; elle s’y montre sous des formes aussi variées que pittoresques.
« On aimeraità croire, ajoute M. de Chausenque, que cette riante oasis, cernée d’imposantes barrières, sert d'asile à des humains séduits par la paix qui semble y régner.
Vaine illusion l Quel lieu a plus d’éclat et d’agitation que Luchon dans la saison des eaux, et en d’autres temps qu’a-t-il, de plus qu’une petite ville?... Mais ce qui la fait oublier, c’est la majesté des sommets de lq crête qui dans le lointain portent avec une rare fierté leurs festons de granit et leurs neiges éternelles, au-dessus des bois toujours sombres qui tapissent les gorges. L’œil ne s’y trompe pas : leurs formes alpestres et, dans les beaux jours, ces lignes teintes d’azur qui n’appartiennent qu’aux hautes régions de l’atmosphère, plus sensibles sous les rayons du couchant, disent au voyageur que o’est vers des monts de premier ordre qu’il s’avance.... Qe cette barrière du Midi, dont les périlleux déserts repoussent l’homme , les regards s’abaissent, avec un plaisir qu’aug-
Ïento le contraste , sur un amphiéâtre de forêts, sur un bassin fertile pù partout les prairies sont mélangées aux moissons, et les villages demi-cachés dans les arbres, comme Juzet et Montauban, ou pittoresquement penchés comme Cazaril et Lartigue. La Pique, dont les aunes dessinent le cours, n’y roule plus que des eaux rapides qui ont laissé leur fureur, le fracas et l’écume, dans les rudes vallons d’où elles descendent; mais les charmes