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gles prismatiques, offre les mêmes caractères du style de la Renaissance. Elle renferme au tympan l’écu de la famille Bridant , gravé sur bois et représentant une bride arec son mors, sa gourmette et ses rênes. »
Plusieurs tribus celtibériques chassées d’Espagne , et forcées de chercher un refuge dans les Pyrénées gauloises, s’organisèrent en corps de nation sous le nom de Convenæ, et fondèrent Lugdunum soixantesix ans avant Jésus-Christ. La beauté du climat, la fertilité du sol et le voisinage des eaux thermales, accrurent rapidement la nouvelle colonie, qui devint bientôt cité romaine et se remplit de monuments.
La citadelle , construite alors sur le sommet de la colline qu’occupe maintenant la cathédrale, dominait les quartiers populeux qui s’étendaient jlans la plaine de Valcabrèreetde Tibiran (Tiberius), entre la courbe de la Garonne et la rivière de l’Ourse. A cette époque la population de la ville s’élevait, dit-on , à 50 000 hab. On aperçoit encore des restes de constructions qui ne pouvaient appartenir qu’à une grande cité. Ainsi, entre Saint-Bertrand et l’église de Saint -Just, on voit les fondements d’un arc de triomphe gigantesque, et, dans la direction du S. E., au pied du rocher, de hautes arcades indiquent l’existence d’un aqueduc, d’un cirque ou d’un théâtre.
Lors de l’invasion des Barbares, la métropole des Convenæ fut tour à tour prise et reprise par lés armées ennemies, et sa population diminua rapidement. En 585, Gondebaud, bâtard de Clotaire, roi de Soissons , se fit couronner à Bri ves ; mais, vivement poursuivi par Léo-
wigilde, général de Gontran, roi d’Orléans, il se jeta dans Lugdunum. Le général gallo-romain Mummolus, auquel Gondebaud s’était confié , défendit d’abord bravement la ville; puis, voyant que la résistance allait devenir impossible, il résolut d’acheter la vie par une trahison, et livra son maître. Celui-ci, pris par les soldats franks, fut précipité du haut d’un rocher situé au couchant de la ville, et qui, dans le patois presque espagnol du pays, porte encore le nom de Matacan (Tue-chien). Puis Lugdunum fut pillé ; plusieurs monuments devinrent la proie des flammes; tous les habitants et les traîtres euxmêmes qui avaient livré leur roi furent impitoyablement massacrés.
Alors la ville, presque déserte, tomba peu à peu en ruine, et pendant cinq cents ans cessa presque d’exister. Dans les premières années du xu" siècle, saint Bertrand vint la relever; il réédifia splendidement la cathédrale, bâtit un couvent pour les chanoines, et sa grande réputation de sainteté attira bientôt un grand nombre d’habitants. Pendant tout le moyen âge , les pèlerins affluèrent de toutes les parties de l’Espagne et de la France à Saint- Bertrand; car les habitants de cette ville avaient changé son ancien nom de Lugdunum contre celui de leur saint. Au commencement du xiv” siècle, le pape Clément V, qui avait été évêque de Comminges sous le nôm de Bertrand de Goth, vint assister à la translation des reliques de saint Bertrand, et jeta les fondements de la cathédrale actuelle, terminée par Hugues de Castellione, mort en 1352.
« Les guerres de religion, dit
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M. Armand Marrast, répandirent leurs ravages dans le Comminges, et Saint-Bertrand en eut beaucoup à souffrir. En 1586, un corps de relipicmnaires commandé par Sus, capitaine au service de Jeanne d’Albret, essaya de s’emparer par la force de cette ville; mais les catholiques le repoussèrent. Il se présenta alors avec un très-petit nombre d’hommes à l’une des portes, et les Catholiques, comptant écraser cette poignée de protestants, s’élancèrent sur eux. Sus battit en retraite, attira les ennemis dans la plaine, et alors toute sa troupe, sortant d’un bois où elle s’était cachée, enveloppa les catholiques, en tua un grand nombre, puis fit irruption dans la ville ouverte, où les huguenots vainqueurs s’emparèrent de richesses considérables et commirent de grands excès. Les catholiques parvinrent cependant à débusquer l’ennemi, moins désireux du reste de conserver sa position que d’emporter son butin.
« Trois ans après , les huguenots vinrent encore surprendre la ville de Saint-Bertrand et s’y installer. L’évêque, qui résidait fort peu, avait, de loin, donné l’ordre de cacher toutes les richesses de son église; mais une femme le trahit, et les protestants profitèrent de la trahison. Ils demeurèrent maîtres de Saint - Bertrand pendant plusieurs mois. Le vicomte d’Harcourt, qui vint les assiéger, rencontra la résistance la plus courageuse. Les huguenots tinrent pendant quarante-huit jours les assiégeants en haleine; mais les habitants de la ville s’insurgèrent, et alors il fallut céder. Les catholiques entrèrent en vainqueurs le 8 juin, et l’on institua à cette occasion une fête (pii a
longtemps été célébrée ; ce qui n’empêcha pas Saint-Bertrand d’être encore pris par les huguenots en 1514. »
Le siège épiscopal de Saint-Ber- trand, supprimé à la Révolution, n’a pas été rétabli.
La cathédrale de Saint-Bertrand, classée parmi les monuments historiques, offre un singulier mélange de plusieurs styles d’architecture :
la façade occidentale et les deuç piliers qui soutiennent la tour, sont de construction romane ; la nef entière est du style gothique; presque tous les ornements et toutes les sculptures du chœur datent de la Renaissance, et çà et là des pierres encastrées dans la muraille rappellent l’antique pi té romaine.
La porte d’entrée s'ouvre dans une large tour, haute de 33 raèt. , qui s’appuie extérieurement sur des contre-forts peu saillants. L«f façade , large de 17“ ,64, se tourne vers le couchant, conformément aux traditions chrétiennes , tandis que Taxe de l’église est droit et n’offre pas cette déviation vers le chevet qui doit indiquer l’inclinaison de la tête de Jésus-Christ sur la croix.
14 marches montent à la porto, qu’entourent 8 colonnes romanes alux chapiteaux historiés , qu’une autre colonne, couronnée de quatre têtes de lions, divise en deux parties, et dont plusieurs sculptures, représentant des monstres fantastiques, des serpents, des diables armés de fourches, l’avare à demi englouti dans la gueule d’un dragon . décorent le pourtour. Dans le tympan qui surmonte le linteau, on remarque la scène de l’adoration des Mages : les princes voyageurs sont agenouillés, à l’exception du dernier, èt présentent les' vases de
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pârfüms â la Vierge , àssise sür üii siège orné de têtes de monstres. Ce bas-relief est évidemment moins ancien quë le réste de la porte; d’après M, Cénac-Moncaut, il a dû être sculpté à la fin du xv* siècle, lors de l’achèvement de la cathédrale. Au-dessus de la porte, on voit une tête de Jupiter antique; à dr. , deux pierres tumulaires romaines sont incrustées dans la muraille.
L’intérieur de l’église , entièrement du style gothique, fut commencé par Bertrand de Goth en 1304, et terminé en 1352 par Hugues de Castellione. Il se compose d’une seule nef et de onze chapelles rayonnantes, à peu près à partir du milieu de sa longueur. Malgré la hardiesse de la voûte et l’immensité du vaisseau, l’absence de bas côtés lui donpe Un aspect triste et incomplet. Sa longueur est de 60 mèt. et sa largeur de près de 16 mêt. i Ces proportions gigantesques s’expliquent, dit M. Durand, par l’intention qu’on a eu de conserver une partie des murs de l’ancienne église romane. *
Lecheret ne manque pas d’une certaine élégance, grâce aux cinq chapelles qui rayonnent autour de la grande nef ; ces chapelles sont éclairées chacune par trois fenêtres élancées, mais pas une seule rosace ne répand son abondante lumière dans l’édifice.
Le buffet d’ orgue», placé dans l’angle N. É., est remarquable par la beauté de ses magnifiques sculptures en bois représentant presque toutes des sujets païens, entre autres les douze travaux d’Hercule.
In ehtrur , qui est très- vaste et qui forme une enceinte réservée au milieu de l’édifice, ne laisse autour
de lüi qu’un éouloir de 3 rfifet. dé largeur. Au-dessus de sa façade rL ctiement sculptée s’élève lé jubé' dont vingt niches â fond dé coquilles occupent là frise supérieure avec leurs statuettes d’apôtres et de saifiî tes. Une inscription qui règne sur toute la longueur du soubassement nous apprend que le chœur fut construit aux frais de M. de Mauléon et inauguré dans la nuit de Noël 1535.
Les parois extérieures du chœur sont formées de panneaux séparés par d’élégantes colonnettes à fuseaux, richement ornementées.
Chaque panneau est surmonté d’une tête de relief complet, s’avançant en dehors d’une fenêtre dans le goût du xvi* siècle. Mais on dirait que l’artiste a pris à tâche d’éloigner le spectateur de toute idée chrétienne; on n’aperçoit que Châtelaines d’une allure dégagée, guerriers romains, seigneurs, bandits; On y remarque aussi Lucrèce se perçant d’un poignard.
En pénétrant dans le chœur, formé de 70 stalles, on est frappé d’abord par un tour de force de sculpture. La séparation dtl couloir et de la première stalle dé droite représente un arbre généalogique de Jésus-Christ, du travail le plus achevé. Le patriarche Jessé, couché au bas , sert de souche à Un arbre qui Rort de sa poitrine, produit à ses divers rameaux une vingtaine de rois de Juda . et se terminé enfin par une fleur épanouie d’où sortent la Vierge et l’enfant Jésus. Les personnages représentés n'ont guère plus de 8 cent, de hauteur.
Les stalles renferment quelques détails de la plus grande richesse.
On y remarque des statues de patriarches, de martyrs, d’anges et de sibylles. Mille arabesques fan-
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tastiques décorent les intervalles de ces statues: guerriers, centaures, joueurs d’instruments, génies, animaux étranges, s’étalent dans ce chœur avec autant de liberté que dans les palais de Diane de Poitiers.
Le maître autel présente également des boiseries assez intéressantes, qui retracent l'histoire complète de la Vierge et de Jésus-, Christ en 27 sujets, composés de 115 personnages de 18 cent, de hauteur, et un retable en pierre peinte et dorée dans le style de la Renaissance. Sur le côté méridional du chœur, à dr. du maître autel, s’élève le trône épiscopal, dont le dôme, soutenu par deux colonnes ornées de feuillages et d’arabesques, sert de socle à la statue de saint Michel terrassant le démon.
Le mausolée de saint Bertrand est placé dans le couloir derrière le chœur; il est très-dégradé et ne présente aujourd’hui qu’une arcade surbaissée, ornée de feuillages, sous laquelle est renfermée la châsse d’ébène; on y conserve également un petit coffret de bois que le saint portait toujours sur lui. Ce coffret porte les mots romans : Por l’amor de ma doua combat ab aquesta libra. « Pour l’amour de ma dame je combats avec cette livrée. »
La cathédrale renferme plusieurs autres tombeaux, parmi lesquels le plus beau est sans contredit celui de Hugues de Castellione. La statue de l’évêque , couchée sur le sarcophage en marbre blanc , appuie ses pieds sur un petit chien qui ronge un os auprès d’un lion. Les faces latérales du tombeau sont garnies de processions de religieux et de religieuses, de soldats, d’Écossais portant le plaid national.
On y remarque un moine condui-
sant des pénitents revêtus de sacs; un évêque suivi de diacres, portant un drap mortuaire ; deux enfants de chœur avec leurs encensoirs; l’un d’eux souffle dans le réchaud , afin de rallumer la braise éteinte.
On montre sur plusieurs tombeaux d’étranges épitaphes, entre autres celle-ci consacrée au chanoine Dustou :
Arreste ici, passant,
Ton cœur, tes yeux, tes pas ;
Sur ce marbre pleurant,
Le funeste trépas Du feu noble Kouger Dustou de la Moulelte,
Grand archidiacre, et Chanoine eu ce chœur.
Ce noble, des vertus Et la gloire et l’honneur,
Son corps tout majestueux,
Son âme chaste et nette,
Elle sera à jamais Si pour le trépassé Tu dis dévotement :
Requiescat in pace.
Une autre inscription moins louangeuse parle ainsi d’un prêtre :
Hic jacet in turba rosa rnundi , non rosa munda.
Non redolet, sed olet quod redolere solet.
Ci-gît dans la foule, cette rose du monde, rose immonde. Elle ne sent pas bon , elle ne sent que le cadavre !
En pratiquant, pendant l’hiver de 1856, des fouilles dans la chapelle des cardinaux , on y a trouvé la tombe de l’évêque Bertrand de Miramont, mort en 1285; le prélat avait près de lui une crosse en cuivre doré et émaillé , dans le style du xii* sièôle.
Dans la sacristie, on conserve deux très-belles châsses données par Clément V, au commencement du xtv° siècle, représentant des prophètes , des rois et plusieurs épiso-