ASCENSION DU MONTCALM
de la Sègre et de la Noguerb, de l’autre, viennent s’appuyer à elle.
On y voit une longue arête monter de l’E. à la tête arrondie du Monacales, que la neige ne quitte jamais, et qu’une légère dépression sépare d’une crête dentelée qui est la Pique d’Estats, sensiblement plus haute. La pointe aiguë de Bassièa est la troisième saillie de ce groupe culminant. Viennent ensuite , sur une assez longue étendue , d’autres cimes qui ne sont guère mdins élevées : celles d’Aulus. où des pie* d'un dessin hardi, Caumale, Pufttussan, Mède, couronnent de grandes nappes de neige, et celles d’Ustou , où le Colat s'étend comme une longue digue dominée par les festons de Flamigelle, Montabone et Bonrepaux. Au port de Salau, la crête s’abaisse jusqu’au Mont-VaB lier, qui détache sa belle masse sillonnée de neige, et les pyramides de Mauberme et de Crabère , s’abaissant par degrés, terminent vers la Garonne la haute chaîne orientale,
« De la forge qui est entre Viodessos, et Auzat , le Montcalm , ajoute M. de Chausenque, se laisse voir Un moment, majestueui et superbe, au haut de la vallée principale , enfonoé sous de belles masses. Ses larges épaules drapées de neige supportent le plateau sans tache, reconnu de Toulouse, qui couvre aussi la Pique d’Estats, à côté de la pointe de Pigeol, noire, élancée , et en apparence à son niveau. L’entrelacement des pentes fait deviner la route, jusqu’au vallon de Pla-Sukra, dont est sillonnée la montagne. »
M. de Chausenque partit de Vies dessos le soir à 4 h., pour aller coucher aux granges d’Amperret.
« Au delà d’Auzat, la gorge prend un
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES. '
grand caractère. A la forge d’Auzat, cachée sous de grands arbres, et près du pont voisin, le torrent qui a mis à nu le granit, se précipite au milieu de jolis accidents.
Un autre rideau cache , à g. , l’étroit débouché de la gorge d’Arbelles, qui, plus haut, s’évasant sous la Pique d'Andron, renferme de bonnes prairies, et conduit en 6 ou 7 h. à un passage de la haute chaîne nommée le port du Rat. Les monts de Bassiès et de Canals se sont rapprochés ; leurs âpres pentes, où se montrent tour à tour le granit et le terrain de transition, se hérissent de rochers et d’arbres , et le chemin, inégal, ombragé, s’avance comme au fond d’une vaste tranchée, tantôt au bord de l’Ariége qui gronde , et tantôt taillé à la base de Canals.
« A 2 h. de Vicdessos, au pont de Marc, la vallée se divise. Au fond de la gorge de Bouet apparaissent quelques eimes brillantes voisines de son port; à l’O., un ressaut boisé monte au val de VArtigue, d’où le torrentseprécipiteinaperçu; mais, à son débouché, ses belles eaux, les roches vertes de stéatite qu’il a rougies, l’épais feuillage où filtre la lumière, et ce pont obscur qui figure une grotte, produisent de charmants effets. Quelques maisons se cachent au-dessus du pont, dont une est un cabaret, ce qui ne me surprit pas, quand j’eus vu les nombreuses habitations qui sont plus haut. Dans ce vallon supérieur, tous les aspects sont uniformes : d’une part, de longues pentes en culture , où des granges en groupes épars sont abritées du vent du N. par les crêtes de Bassiès, ce qui les rend habitables même l’hiver; de l'autre, des plans redressés
de taillis et de pâtures, à la base même du Montcalm , et au fond , des masses nues, d’apparence schisteuse qui cachent le port de Tabascan v.
Après avoir franchi le torrent.
M. de Chaüsenque monta, au travers de champs de seigle et d’orge d’une forte végétation , aux grange»
d’Amperrot. Il oublie de dire à quelle distance sont ces granges du pont de Marc. Ce fut là qu’il passa la nuit, et ce fut de là qu’il partit, le lendemain avant le jour, pour faire l’ascension du Montcalm.
Des granges d’Amperrot, on descend d’abord, à travers des cultures, au torrent, que l’on traverse.
A peine a-t-on mis le pied sur la rive dr. que l’ascension commence.
2 h. suffisent pour monter, par un vallon latéral, aux Orris de Pigeol.
où la pente s’adoucit un peu. 1 h.
plus loin , on atteint la plus haute combe de ce vallon , la pelouse de Pla-Subra, cernée d’escarpements schisteux. Dès lors, la montée devient plus rude : on gravit des rochers en ruine et des neiges escarpées. a Nous parvînmes ainsi, dit M. de Chausenque , à un large dos où le manteau général s’interrompait çà‘ et là pour laisser percer quelques saillies du roc. Le champ de la vue s’était étendu. Rentrant bientôt sur la neige, nous atteignîmes le haut de la crête voisine, d'où nous apparut, au revers, une vaste et profonde combe dont le lac avait disparu sous les livrées de l’hiver. C’est la partie supérieure du Riou-Fred, et les âpres cimes du port de Bouet étaient devant nous, avec la Pique d’Andron, qui, en deçà de la haute chaîne, plonge dans le vallon de Sigûer. »
Cette crête schisteuse, comme