‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 292 sur 384 · ROUTE 91. DE FOIX A AX. — AX · texte numérisé non relu

ROUTE 91. DE FOIX A AX. — AX

son abondance et sa chaleur , jaillit du roc à quelques pas de l’établissement. Comme la force et la chaleur de l’eau ne permettent pas de l’employer immédiatement au sortir de la source, on l’affaiblit au besoin avec de l’eau froide. C’est la même qui sert il alimenter les buvettes et plusieurs baignoires.

« Le second établissement, fondé en 1820, et visité surtout par les riches malades, est connu sous le nom de Bains de Breilh. Il est situé au fond d’un jardin attenant à l’hôtel Sicre, dans une agréable position , à l’entrée de la route de l’Hospitalet et sur un sol où coulent plusieurs sources thermales.

Il possède deux buvettes et douze baignoires. Les baigneurs,' pouvant se loger aux Thermes, ne sont pas exposés aux variations de tempéra-j ture.

« L’établissement du Teich Saint- Roch, construit le long d’une série de grottes thermales, est situé sur la rive g. de l’Ariége. Alimenté par huit sources abondantes, il possède quarante baignoires. Les étrangers qui veulent y prendre des bains y trouvent des logements, comme au Breilh. *

L’hôpital Saint-Louis, situé à l’extrémité d’une allée de platanes, a été fondé en l’an 1270, et restauré en 1847. — L’église d’Ax est surmontée par une tour carrée de construction moderne ; sa porte est ogivale; quant à l’intérieur, il ne présente aucun intérêt. — Les rues de la ville sont en général fort sales et fort étroites , et l’atmosphère y est sans cesse imprégnée d’odeurs repoussantes. — A peu de distance à l’O., ou voit une métairie qui ressemble à une forteresse avec

son donjon ; il est probable qu'elle est en effet d’origine féodale.

Ax est la patrie du médecin Roussel.

Pour boire pendant toute la saison on paye I fr. 25 c.

Un bain coûte 0 80

Le médecin inspecteur est M. Alibert.

LES FAUX

Eaux thermales sulfureuses.

Connues très-anciennement, dès l’époque romaine.

Émergence : Atterrissements superposés au terrain granitique.

Cinquante - trois sources, employées pour la plupart aux usages médicaux; plusieurs et des plus actives coulent par la voie publique, et servent aux usages domestiques.

Celles qui sont consacrées aux malades sont réparties entre les trois établissements du Couloubret, du Teich et du Breilh. Les principales sont, au Couloubret : la Canalette, la Gourguette, Montmorency, les bains forts vieux et nouveau, la douche, l’étuve; au Breilh : la S.

nouvelle, la Petite sulfureuse, la Pyramide, la S. Fontan ; au Teich :

l’Eau bleue, les Buvettes de Saint - Rocli, la Pompe, la buvette du petit robinet , la grande Pyramide , la S. Viguerie.

Les auteurs apprécient d’une manière différente la nature et la propriété des sources d’Ax. M. C. Alibert les a classées en trois familles : la première ne contenant ni soufre ni barégine, la deuxième contenant du soufre combiné et de la barégine, la troisième contenant du soufre libre et pas de barégine.

Cette appréciation est repoussée par M. Filhol, à qui ses expériences ont donné des résultats différents;

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

il a trouvé du soufre dans les eaux de la première famille , en les examinant le plus près possible du griffon , et de la matière azotée dans ces eaux et dans celles de la troisième famille rapprochées par l’évaporation. Le blanchiment des eaux et le dépût de soufre dans les conduits, considérés par M. Alibert comme indiquant la présence du soufre à l’état libre, est pour M. Filhol, dans les eaux d'Ax, comme dans celles de Luchon , le résultat de réactions qui ont lieu au contact de l’air entre les éléments constitutifs de ces eaux.

Densité: Breiih, S. n° 1 ,1 ,0045; S. n" 5 (douches) 1 ,0044 (Magnes- Lahens, 1821).

Température (Filhol, 1853).

Couloubret,

Bain fort nouveau 43, g

Montmorency ,.. 30,3

Étuve...,,,...., 66, g

Breilh.

Canaletle 37,4

Petite sulfureuse,...,.,,,..,.,,. 45,0

Fontsn 33,0

Douche 56,0

Étuve 62,0

Ttioh.

Eau bleue 45,0

Buvette Sainl-lioçb ; & droite 42,0

» * à gauche.... 3g, 0

Quoi! 64,0

Viguerie 73,‘Z

Sur la voie publique,

Canops 75,4

Rossignol supérieur.... 77,5

Caractères particuliers : Eaux limpides au griffon, ne se troublant ni par les pluies ni par les orages; quelques-unes blanchissent au contact de l’air, et leurs conduits contiennent du soufre sublimé. Une des sources du Teich présente une

couleur bleue , attribuée par M. Fontan à une illusion d’optique , tenant, suivant M. Filhol, à la présence d’une faible quantité de soufre en suspension, qui donne à cette eau une couleur blanche ou bleue, suivant que la couche d’eau est plus ou moins épaisse. Odeur et saveur d’œufs pourris.

Service médical : Un médecin inspecteur.

Emploi : Boisson, bains de baignoire et d’étuve, douches.

Climat : Doux en été et en automne, variations brusques de température, rosée abondante le soir.

Effets physiologiques : La grande variétéqui distingue les sources d’Ax les rend applicables au traitement d’un grand nombre d’affections, et permet de les employer chez des malades de constitutions trèsdifférentes. G. Astrié et M. Filhol classent les bains et les buvettes en trois groupes : 1° Eaux douces, convenant dans les affections nerveuses, sédatives sans effet débilitant; Canalette, Gourguette, Montmorency (Couloubret), sources n' 1 à 4, S. nouvelle (Breilh), S. n* 6, eau bleue, buvette Saint-Roch, grand bassin , pompe (Teich). L’eau bleue passe pour antigraveleuse; 2° Sources moyennes, applicables au traitement spécifique des affections qui réclament les eaux thermales et sulfureuses chez des sujets dont les systèmes nerveux ou circulatoires demandent beaucoup de ménagements : n° 4 et réservoir des cabinets 5 à 9 (Couloubret) ; petite sulfureuse, n° 6, Pyramide (Breilh); n- 4, buvette ouest de Saint-Roch, S. Astrié, petit robinet (Teich) ; 3° Sources fortes . convenant aux constitutions molles, lymphathiques , sans réaction :

bains forts, douehe, étuve (Couloubret); S. Viguerie, grande Pyramide, S. Quod (Teich), S. Fontan (Breilh).

Classification chimique : Eau sulfurée à base de soude.

M. Filhol a trouvé dans les eaux d’Ax de l’iode fet de l’acide borique, lia publié un tableau de la température et de la minéralisation des différentes sources. Le degré de sulfuration varie de 0,0018 (eau bleue du Teich) à 0,0284 (S. Viguerie).

L’Annuaire des eaux de France donne l’analyse suivante :

Analyse (Magoes-Lahens).

Breilh. Tttch.

gr- gr.

Carbonate de soude.... 0,08i4 0,1090 » de chaux.... 0,0006

Oxyde de manganèse. , . 0,0035

Magnésie traces

Fer et alumine 0,0044

Alumine.., 0,0017

Chlorure de sodium..., 0,0354 0,0163 Acide silicique dissous. 0,0387 0,1090 » non dissous. . 0,0569

Matière organiq. azotée. 0,0387 0,0037 Perte 0.0S79 0,0510

0,2366 0,3524 Acide sulfhydriq q.iud. q.ind.

Bibliographie : C. Alibert ; traité des eaux d’Ax. Paris, 185»; in-8. - G. Astrié ; de la médication thermale sulfureuse. Paris, 1852; in-4».

Excursions.

Du sommet de la Serre de Bernache, qui domine la ville & l’O.

et qu’on peut atteindre en 1 h. , on jouit d’une vue magnifique sur tout le bassin d'Ax et sur les montagnes qui l’entourent. Au N. O., on voit s’élever la triple cime du pic de Saint-Barthélemy. A l’E., s’ouvrent deux vallons, celui de l’Ode remontant au col de Paillers

par de larges ressauts de verdure, et celui d’Orgeix dont l’extrémité supérieure est dominé au N. parla corne du Roc blanc, visible de Toulouse. Au S. E. , c'est le pic de Lanoux, dont la tète, l’une des plus élevées de ce groupe, s’élève à 2857 mèt. de hauteur; puis au S., on voit les montagne de la frontière d’Andorre, Fontargente (2988 mèt.), Ferrère (2911 mèt.), et les pics qui dominent la vallée supérieure de Vicdessos.

Du sommet du Bonaicre, situé à l’E. d’Ax, la vue est fort belle aussi, surtout sur la vallée de l’Ariége ; on atteint le pointculminant en 2 h., par un sentier tracé d’abord sous les hêtres et les sapins et, plus haut, sur l’herbe des pâturages.

D’Ax à la cascade d'Orlu, la distance est de 7 à 8 kil. Au sortir d’Ax, on pénètre à l’E. dans la vallée de l’Ariége d’Orlu , que dominent à dr. et à g. des montagnes déjà très-élevées. A 3 kil., sur la rive dr. du torrent, se trouve Orgeise, v. de 208 hab. près duquel on voit un élégant château moderne et une forge à la catalane, alimentée par de magnifiques eaux vives.

2 kil. plus loin (5 kil.) est OHu, v.

de 395 hab. , au-dessus duquel on montre dans la montagne d’anciens travaux de mines. Aussi certains étymologistes voudraient faire dériver Orlu du mot aurum (or).

Enfin à 2 kil. du v. (7 kil. d’Ax), dans une gorge sauvage, on voit une forge à la catalane, sous laquelle passent les eaux de l’Ariége en formantune superbe cascade. Au delà, un des bras de la gorge remonte, au S., vers l’étang de floguillet, long d’un kil., et l’autre bras, au S. E., vers ce groupe de montagnes très-élevées , oùl’Ariége,

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l’Aude , la Sègre et la Têt prennent leur source, en coulant dans des directions opposées.

D’Ax au pic Saint-Barthélemy (II. 9ï); — au val d’Andorre (R. 93); — à Puycerda et à Bourg-Madame (R. 9k); — à Quillan (II. 95); — à Quérigut (R. 98).

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