‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 30 sur 384 · PAYS BASQUE. — NAVARRE. — BASSES-PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

PAYS BASQUE. — NAVARRE. — BASSES-PYRÉNÉES

583 kil. Chemin de fer. Embarcadère, Boulevard de l’Hfipital, n° T, au delà du Jardin-des-PlanleB. à convois par jour. Trajel en 12 h. 30 m. par les trains express; en 18 h. 15 ni. et en 20 h. par les trains omnibus. — cl., 65 fr. 25 c. —2» cl., à8 fr. 35 c.-s* Cl., 35 fr. 90 c.

Entre le pont du chemin de ronde et les fortifications on traverse les vastes ateliers d’ ïvry , puis on laisse à. gauche le Chemin de fer de ceinture qui franchit la Seine à peu de distance sur un pont de six arches (de 34 mètres d’ouverture) pour se

1. I.a description détaillée de cette route forme un volumede à 18 pages, auquel nous renverrons nos lecteurs’: I)e Daria à Bordeaux, pur Adolphe Jounne.

Nous nous bornons à rappeler ici les noms des principales localités que l'on traverse ou que l’on aperçoit en allant de Paris à Bordeaux, et à signaler tout ce qui peut attirer iattentioo du voyageur qui parcourt ce long trajet sans s’arrêter.

| relier au chemin de fer de Lyon situé le long de la rive droite du fleuve. On commence à longer la Seine avant.

lOkil. Choisy-le-Roi , V.de8000h.

15 kil. Ablon , ham. de 338 hab.

17 kil. Athis-Mons, v. de 803 hab.

On franchit 1 ’Orge en deçà de

20 kil. Juvisy-aur-Orge , V. de 440 hab. , situé à 500 mètres environ de sa station , sur la rive gauche de l’Orge.

En face de Juvisy, sur la rive droite de la Seine, le château de Draveil attire les regards par son importance et par sa situation.

A Juvisy, le chemin de fer se bifurque. Le bras qui continue à remonter la rive gauche de la Seine conduit à Corbeil. Celui qui mène .4 Orléans remonte la vallée de l’Orge. A un kilomètre environ de Juvisy, on passe sous la route de terre et on laisse à droite le pont des Belles- Fontaines. Ce pont, ainsi appelé parce que ses parapets sont décorés de deux fontaines, fut con-

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struit sous Louis XV, en 1738, comme le rappelle une inscription latine placée sur l’une des fontaines.

22 kil. Savtgny-sur-Orge , v. de 939 hab. Le château, mi-parti de briques et de pierres, construit dans le xv* siècle, et augmenté au xviii* siècle, appartient actuellement à Mme la princesse d’Eckmühl.

On côtoie à droite le parc de Grandvaux — château moderne appartenant à M. Vigier — avant de franchir l’Yvette sur un viaduc dont les trois arches, élevées de 14 mètres au-dessus du niveau de la rivière, ont chacune 8 mètres d’ouverture.

24 kil. Épinay- sur -Orge, v. de 415 hab. A peine a-t-on quitté la station d’Êpinay que l’on traverse l’Orge sur un viaduc de 5 arches hautes de 15 mètres et larges de 8 mètres. Sur la rive droite de cette petite rivière se montrent Morsaug et Villemoissnn. A la g. du chemin de fer s'étend la forêt de Sainte- Geneviève ou de Séguigny. Au sortir d'uüe longue tranchée on aperçoit â dr. un vaste et beau paysage , au milieu duquel la tou r de' Montlhéry attire, les regards sur la colline haute de 104 mèl. qu'elle domine.

29 kil. Saint-Michel, v. de

533 hab. , est à 3 kil. de Montlhéry, V. de 1700 hab., située entre Longjumeau et Arpajon. Audessus de l’Orge on remarque le çhâteau de Lormoy, qui appartient à M. Paturle.

Le château de Montlhéry a été bâti, au commencement du xi* siècle, par Thibaut File-Ëtoupe, à qui Hugues Capet avait donné, en 991, la seigneurie de ce nom.

Il devint ensuite un repaire de brigands. Philippe I*r dut, pour s’en rentlre possesseur, marier son fils

naturel Philippe à la fille de l’un <le ces redoutables bandits, qui se nommait Guy de Trousselle. Louis le Gros se vit ensuite forcé de s’en dessaisir en faveur de Milon de Braie, qui fut égorgé par son cousin Hugues de Crécy. Ce dernier, cité devant la cour de son suzerain, avoua son crime, et se fit moine, après avoir abandonné au roi de France la forteresse dont un assassinat l’avait rendu maître. Dès lors le château de Montlhéry appartint définitivement à la couronne.

Saint Louis et sa mère, Blanche, s’y retirèrent quand les principaux seigneurs du royaume s’insurgèrent contre la régente. En 1360, le roi d’Angleterre s’y établit. Sous Charles VI, il fut occupé tantôt par les Armagnacs, tantôt par les troupes du Dauphin. Détruit en partie pendant les guerres de religion , il devint une carrière où les habitants du voisinage vinrent chercher les pierres dont ils avaient besoin pour leurs constructions. Il n’en reste aujourd’hui que des portions de murailles, des débris des quatre tours qui fortifiaient la plateforme , et la tour du donjon presque entièrement conservée. Cette tour a 32 mèt. de hauteur; un escalier de 132 marches monte au sommet, d’où l’on découvre un vaste et beau panorama. Le gardien de ces ruines, entourées depuis plusieurs années d'agréables plantations, montre aux étrangers, dans le rez-de-chaussée de la tour, des boulets, des cornes de cerf et des ossements retirés en 1 850 du puits intérieur.

Au delà de la station de Saint- Michel, le chemin de fer, s’éloignant de la vallée de l’Orge , monte sur un plateau monotone.

31 kil. Bretigny , v. de 823 hab.

37 kil. Marottes, v. de 413 hab.

40 kil. Bouray, v. de 660 hab.

A peu de distance de Bouray, on traverse l’extrémité nord du beau parc de Ménil - Voisin ; on aperçoit à g. une aile et un bastion de ce château bâti sur la rive droite de la Juine, et appartenant actuellement à M. le duc de Polignac. Une avenue qui aboutit à sa façade remonte le versant boisé de la vallée que domine à 125 mèt. la tour moderne de Pelancy.

43 kil. Lardy, v. de 699 hab., est la patrie de Dangeau. On laisse à g. , dans la jolie vallée de la Juine, le château de Gillevoisin, dominé par le bois d’Auvers . Plus loin se montre, du même côté, le château de Chamarande, construit par Mansart, et dont les magnifiques futaies, plantées par Lenôtre, ont été récemment abattues.

49 kil. Étrechy, v. de 1213 hab. Après avoir traversé la route de terre , on aperçoit à g. les moulins de Pierre Brou et de Vaux, le château de Jeurre , le v. de Champigny, les beaux arbres du château Brunehaut, au-dessus desquels apparaît la 'tour de l'église de Morigny, et, enfin, au sortir d’une profonde tranchée, la ville d’F.tampes.

56 kil. Étampei Ç buffet à la gare) , chef-lieu d’arrondissement et de canton de Seine-et-Oise , a une population de 8066 hab.

De la gare du chemin de fer, établie à mi-côte , on domine à g.

toute la ville, dont la rue principale a plus de 3 kil. de longueur, mais on est dominé sur la dr. par les ruines pittoresques d’une vieille tour appelée tour Guinette, que la ville a refusé d’acquérir pour 6000 fr.

C’est dans cette tour, démantelée sous Henri IV, qu’en 1411 le Dau-

phin assiégea et prit le sire de Boisrodon, qui, devenu plus tard l’amant d’Isabeau de Bavière, fut jeté à la Seine enfermé dans un sac , sur lequel se lisait cette terrible inscription : « Laissez passer la justice du roi. »

Quand on s’éloigne de la gare d’Êtampes , on passe entre les deux promenades qui dominent la voie â des hauteurs inégales, et que des ponts de bois font communiquer entre elles ; on traverse ensuite une profonde tranchée , au sortir de laquelle on aperçoit , à g. , le faubourg et l’église Saint-Martin, puis on franchit sur deux beaux viaducs les deux ruisseaux la Louette et la Chalouette, qui, descendus de deux vallons opposés, arrivent à Êtampes parallèlement dans la même vallée.

Alors, suivant la vallée de l’Héméry, on monte sur le plateau de la Beauce par une rampe de 8 mill.

par mèt. , et de 6300 mèt. de longueur. C’est au sommet de cette rampe que le chemin de fer de Paris à Orléans atteint son maximum de hauteur , qui est de 145“, 81 au-dessus de la mer, et de 110“, 16 au-dessus de Paris, fl s’est élevé de 54“ , 81 à- partir de la station d’Etampes jusqu’à ce point culminant. De ce point il descend de 28“,2l jusqu’à Orléans. La différence entre Paris et Orléans est de 81“ ,95.

70 lil. MonnerviUe , V. de 388 h.

75 kil. Angerville, t. de 1527 hab. , où le 18 juillet 1815, se tint le grand conseil de guerre, présidé par le prince d’Eekmnhl, dans lequel il fut résolu que l’armée de la Loire, ne voulant pas allumer la guerre civile en France, consentait à déposer les àrmes et à reconnaître le gouvernement de Louis XVin.

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89 kil. Tonry, b. de 1300 h., appartenant à Eure-et-Loire.

95 kil. Château-Gaillard, ham.

102 kil. Artenay v. de 1 130 hab. , chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Orléans (Loiret).

108 kil. Cherilly v. de 1450 hab. , se trouve situé à l’extrémité de la Beauce, sur la lisière de la forât d’Orléans, de sinistre mémoire.

1 13 kil. Cercottes, v. de 4224 hab., divisé en vieux et en nouveau , occupe à peu près le centre de la forêt d’Orléans. Bientôt on aperçoit à l’horizon les tours de la cathédrale d’Orléans, et commence, sur la droite, le faubourg Bannier, quia plus de 3 kiL de longueur.

Les trains express de Paris à Bordeaux , s’arrêtent aux Aubrai* (buffet), où la compagnie doit construire une gare. Les trains express de Bordeaux à Paris ent rent en gare.

121 kil. Orléans, chef-lieu du départ, du Loiret, V. de 46 922 hab. , située sur la rive dr. de la Loire.

129 kil. La chapelle Saint -Mesmin, v. de 1452 hab.

135 kil. Saint-Ay, v. de 1200 hab.

Il récolte les vins les plus estimés de l'Orléanais.

141 kil. Meung, chef-lieu de canton du Loiret (5065 hab.). La rivière des Trois mauves, qui l’arrose, y fait tourner les roues de ses moulins et de ses établissements industriels.

149 kil. Beaugency, chef-lieu du Loiret (5072 hab.). line lui reste de son vieux château fort, incendié eu 1567 par les protestants, qu’une tour massive, soutenue de tous côtés par d’énormes contre-forts, et qui avait autrefois 42 mètres de hauteur. (On l’appelle à tort la tour de César, car elle n’est pas de construction romaine.)

Le.viaduc du chemin de fer, composé de 25 arches de 8”, 40 d’ouverture, a 290 mèt. de long sur 7“,50 de large, entre parapets. Son tablier est à 17 mèt. au-dessus du niveau du sol. Le viaduc de Tavers, ur lequel on passe ensuite , n’a que s2 arches et 165 mèt. de long. Un peu au delà, on sort du département du Loiret pour entrer dans celui de Loir-et-Cher.

161 kil. Mer, chef-lieu de canton de 13 965 hab., est situé sur la route de terre, à 4 kil. environ de la rive droite de la Loire. Une belle avenue de peupliers descend de la ville au pont suspendu, qui la met en communication avec Muides, situé sur la rive opposée, à 8 kil.

environ du parc de Chambord.

Au delà du Viaduc de Mer, viaduc de 3 arches, long de 60 mèt. , on aperçoit sur l’autre rive de la Loire le parc de Chambord. Près de la voie apparaît l’ancien c/ul<ea u féodal de Saint-Dizier , flanqué détours, et entouré de fossés où court une eau limpide. Plus loin, se montre Suèvres, bourg gallo-romain, dont les deui églises méritent la visite «les archéologues. t

171 kil. Mena», v. de 605 hab. , possède un beau château bâti pour Mme de Pompadour sur des plans qu’elle avait corrigés elle - même.

Vendu à la Révolution, ce château appartint , sous la Restauration , au maréchal duc de Bellune. Il a actuellement pour possesseur le prince de Chimay, qui y avait créé un Prytanée, remplacé en 1848 par l’École professionnelle du centre, que M. César Ficheta fondée à Menars, et dont il est le directeur.

180 kil, Bloi* est de toutes les villes de la Loire la mieux située et la plus pittoresque : car elle s’élève

en amphithéâtre sur une colline escarpée , d’où l’on découvre de beaux points de vue.

Elle est le chef-lieu du département de Loir-et-Cher , le siège d’un évêché suffragant de Paris , d’un tribunal de première instance et de commerce, etc. Sa population se monte à 17 749 hab. Elle a vu naître le médecin Bernier, Louis XII, Denis Papin, Pardessus, MM. Augustin et Amédée Thierry , et Triboulet, le célèbre fou de François I". Le château de Blois, où se sont passés tant et de si grands événements , et où , le 23 décembre 1588, Henri III fit assassiner le duc de Guise, fut bâti vraisemblablement sur l’emplacement d’un ancien camp romain , au confluent de la Loire et de l’Aroux, ruisseau aujourd’hui tari. Il devint ensuite la forteresse de Thibault le Tricheur, comte de Champagne, fondateur de la première race des comtes de Blois. Il se compose actuellement de quatre parties bien distinctes. La plus ancienne, qui renferme la salle des Etats, date du xnc siècle. La chapelle et le corps de bâtiment dans lequel s’ouvre la porte principale, et que l’on restaure, ont été construits par Louis XII. La façade du nord, complètement restaurée, a été bâtie sous François I". Enfin , la façade de l'ouest, élevée sous Gaston, a eu Mansart pour architecte.

Sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, le château de Blois resta confié à des gouverneurs qui ne daignèrent pas même l’habiter. L’un d’eux, M. de Marigny, fit enlever la charpente du corps de bâtiment construit par Gaston, pour fournir à Mme de Pompadour, sa sœur, une partie du

bois qu’elle employa à la construction de son château de Menars.

La Révolution mutila toutes ces constructions, abandonnées depuis longtemps par la royauté ; puis le domaine, s’en étant emparé, y établit une caserne et une poudrière. A dater de cette époque jusqu’en 1841 , l’administration municipale, aidée par le génie militaire, s’est complu en quelque sorte à en saccager, à en mutiler, à en détruire les parties les plus intéressantes. Il est heureusement classé aujourd’hui parmi les monuments historiques, et restauré avec autant de soin que de goût par M. Duban.

Les travaux, commencés en 1845, ne sont pas encore terminés.

C’est en quittant la station de Blois, ou plutôt en sortant de la tranchée des Granges, que l’on découvre le plus beau point de vue qu’offre le chemin de fer de Paris à Bordeaux. Pour bien jouir de ce magnifique paysage, il faut se retourner du côté de Blois. Les travaux d’art sont remarquables, mais la nature est encore plus intéressante et plus belle. Le chemin de * fer, soutenu à mi-côte par d’énormes terrassements entrecoupés de ponts pour l’écoulement des eaux , domine la Loire, qui forme yn vaste lac parsemé d’fles verdoyantes, et se perd à l’horizon lointain derrière un rideau d’arbres. Vu de ce côté, Blois se présente sous son aspect le plus frappant. Malheureusement, ce beau spectacle ne dure qu’un instant: on descend dans une plaine fertile, mais monotone, où la vue se trouve bornée : à dr. , par de petits coteaux, qui n’ont rien de pittoresque; à g., par la levée de la Loire, qui ne permet jamais d’apercevoir le fleuve. Cette

levée, eu effet, est une digue en I terre , garnie sur certains points de perrés , c’est-à-dire de murs en pierres sèches, haute de plus de 7 met. et large de près de 8 mèt.

Elle supporte la route de terre, mais elle est surtout destinée à contenir la Loire dans son lit, quand le fleuve grossit au point de déborder.

Elle date de Louis le Débonnaire, et elle a pris sous Philippe le Bel la forme qu’elle conserve encore aujourd’hui.

190 kil. Chousy j v. de 1469 hab.

Le château de Chaumont attire de loin les regards sur la g., entre Chousy et

195 kil, Onzain, v. de 2178 hab.

Le château de Chaumont I le Mont-Chaud ou le Mont-Chauve, occupe le sommet d’une colline escarpée et facile à défendre. Il doit par conséquent être fort ancien. On fait remonter son origine au x* siècle. lia été souvent reconstruit et remanié. Le comte d’Aramont et sa veuve, qui a épousé M. le vicomte Walsh , l’ont restauré avec un goût parfait dans le style du xvj' siècle. On y découvre une des plus belles vues de la Loire, et l’intérieur est curieux à visiter.

Le village de Veuves dépassé , on sort du département de Loir-et- Cher pour entrer dans celui d’Indreet-Loire.

207 kil. Xiimerayi v. de 1 161 hab.

Au delà du château de la Roche (à g.), le château d’Amboise domine les arbres qui bordent la Loire et les maisons bâties à sa base.

213 kil. Amboûe, chef-lieu de cant. du départ. d’Indre-et-LoiTe, V.

de 4433 hab. , est située sur la rive g. de la Loire, au pied d’un rocher

I derrière lequel la petite rivière de l’Amasse vient se jeter dans la Loire. Pour y aller de la station du chemin de fer, il faut traverser un faubourg et deux bras de la Loire, séparés par une lie habitée qu’oo appelle l’ïle Saint-Jean. La dernière arche du second pont est un pont suspendu. En face se dresse le château.

Aprèsavoirappartenu d’abord aux comtes d’Anjou, puis aux comtes de Berri, ce château fut confisqué, en 1434, et réuni à la couronne par Charles VII ; agrandi et embelli par Charles VIII, qui y naquit et qui y mourut, puis par Louis XII, qui préféra toujours Blois; habité souvent par François I", qui y passa une partie de sa jeunesse; abandonné par la cour après le sanglant dénoûment de la conjuration d’Amboise; transformé en prison d’Etat; cédé par Louis XV au duo de Choiseul ; racheté à la mort du duc et donné au duc de Pentbièvre; confisqué par la Révolution; octroyé sous l’Empire, par Napoléon, à son ancien collègue au consulat , Roger Ducos, qui, pour ne pas' l’entretenir, en fit jeter bas une partie et mutila indignement ce qui restait ; rendu, après la Restauration, au duc d’Orléans, héritier du duc de Penthièvre; restauré sous le règne de Louis-Philippe, et habité pendant cinq ans par Abd-el-Kader, prisonnier.

219 kil. Noisy, v. de 1200 hab.

222 kil. Fernou, v. de 1850 hab.

225 kil. Vouvray, v. de 2295 hab.

Ses vins blancs sont justement renommés. Au-dessus de ses nombreuses maisons de campagne s’élève le château de Montcontour , restauré depuis quelques années.

La route de terre , qui ne traversait

la Loire que sur le pont de Tours, restait le long de la rive droite du fleuve, où l’on trouve Rochecorbon, Marmoutier, Sainte-Radegonde et Saint-Symphorien. Le chemin de fer franchit la Loire sur le beau pont de Montlouis, composé de douze arches ayant chacune 24 met.

80 cent. , long de 383 met. ot haut de 25 met. au-dessus des basses eaux.

226 kil. Montlouij , v. de 2166 hab. , se trouve situé sur la rive g. de la Loire , A la g. du chemin de fer et sur les pentes d’un coteau calcaire dans lequel sont creusées de nombreuses habitations. Son église domine ses vignobles et ses vergers. Du haut des rochers de Montlouis, on découvre un beau et vaste panorama. On voit d’un côté le Cher, de l’autre la Loire et la Cisse.

Montlouis dépassé, le chemin de fer se dirige, à travers une plaine fertile parsemée de villages , sur la ville de Tours , qui se montre à dr.

On aperçoit à dr. la lanterne de Rochecorbon , à g. , le château de Cangé entouré de bois. On traverse la partie du Canal du Berri qui réunit la Loire au Cher. Ce bras, long de 2432 mèt. , comprend deux écluses de 5 môt. , 20 cent, de largeur, qui rachètent une pente de 31 cent., formant la différence de niveau entre les deux rivières qu’il met en communication. Au delà du canal, on remarque, à g., un petit château construit par le général Charron , ex-gouverneur général de l’Algérie , et bientôt après on entre dans la gare de Tours, gare plus belle que commode , car les convois ne peuvent pas la traverser, et il faut les retourner quand ils y arrivent pour les en faire repartir

n’importe dans quelle direction , ce qui occasionne une assez grande perte de temps et de travail.

La grande halle couverte en fer a 110 mèt. de longueur sur 33 mèt.

60 cent, de largeur. Les terraius acquis pour le service de cette gare, où viennent aboutir les chemins de Paris à Tours, de Tours à Bordeaux, de Tours à Nantes et de Tours au Mans, ont une superficie totale de quinze hectares. Il serait à désirer, pour la célérité, la facilité et la sécurité du service, qu’on fit à Tours ce qu’on a fait à Orléans, c’est-à-dire un raccordement direct qui éviterait aux trains de Paris à Nantes et à Bordeaux, ou «tea versa, les embarras et les lenteurs de ce qu’on appelle un rebroussement.

236 kil. Tours, le chef-lieu du département d’Indre-et-Loire, se tro uve située sur la rive g. de la Loire, entre la Loire et le Cher, à 69 mèt.

au-dessus du niveau de la mer; mais la gare du chemin de fer a été établie vers son extrémité sud, à 1000 mèt. de la Loire. Elle est le siège d’un archevêché dont les évêchés suffragants sont : le Mans , Angers, Nantes, Rennes, Laval, Quimper, Vannes et Saint-Brieuc ; le cheflieu d’une division militaire et de l’un des cinq commandements supérieurs créés par le décret du 25 janvier 1858 et confiés à des maréchaux de France. Sa population actuelle se monte à 38 065 hab.

Après avoir laissé, à g. , au sortir de la gare, la voie ferrée qui conduit à Paris, et, à dr. , celle*qui mène à Nantes, on franchit le Cher sur un beau pont de 6 arches dont "chacune a 20 mèt. d’ouverture. Au-dessous de ce pont, on aperçoit celui de la route de terre

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de Tours à Bordeaux, et bientôt, au delà d’un ruisseau, on croise cette route sur le beau viaduc de Grammont , ainsi nommé de l’ancien château d’été des archevêques de Tours, qui était situé à g. , et dont on peut voir encore quelques débris.

De ce viaduc et de la rampe courbe qui le suit, on découvre une belle vue sur les bassins du Cher et de la Loire, qui coulent parallèlement à 2 ou 3 kil. de distance, sur la ville de Tours et sur les coteaux de Saint-Symphorien , de Saint-Cyr, de Fondettes, de Rochecorbon et de Vouvray, qui forment l’horizon.

Il faut se hâter de jouir de cet agréable paysage; car, pour passer de la vallée du Cher dans celle de l’Indre, le chemin de fer a dû se creuser de profondes tranchées.

Mais on ne tarde pas à se rapprocher de la vallée de l’Indre, et déjà les remblais remplacent les tranchées. Sur la g. apparaît un petit château féodal qui semble bâti d’hier; c’est le château de Candé, construit en 1508 par François Briçonnet, maire de Tours. Sa porte d’entrée est ornée de riches arabesques. De vastes souterrains voûtés s’étendent sous les constructions, restaurées par M. Drake del Castillo.

Du côté opposé se montre le château la Roche , élevé tout récemment sur d’anciennes constructions, et appartenant à l’un de nos plus riches financiers, M. Delaville Leroux.

A peine a-t-on eu le temps de regarder les deux châteaux de Candé et de la Roche , que l’on travers la vallée de l’Indre sur un magnifique viaduc. Ce viaduc — un des plus beaux ouvrages d’^rtde la ligne entière — se compose de 59 arches qui ont chacune 9 mèt.

80 cent, d’ouverture. Sa longueur

totale est de 751 mèt., y compris les culées, de 20 mèt. chacune. Les rails sont placés à 21 mèt. 30 cent, au-dessus de l’étiage, pour les trois arches qui servent plus particulièrement à l’Indre, et à différentes hauteurs du sol dans la partie qui repose sur la terre ferme : aucune de ces hauteurs n’est inférieure à 17 mèt. 10 cent. Ce remarquable viaduc a coûté 2 078 761 fr. , et il a été construit en deux ans.

250 kil. Mont* t v. de 800 hab. , est situé sur la rive g. de l’Indre, audessous du viaduc. De la station ou aperçoit à g. , en remontant la vallée de l’Indre, • les tours du château de Montbazon (.Vous Basoni) , cheflieu de canton, V. de 1098 liab., située sur la rive g. de l’Indre.

259 kil. Villeperdue, v. de 850 h.

270 kil. Sainte-Maure , V. de 2678 hab., est située sur la route de terre, à la g. du chemin de fer, dans la jolie vallée de la Manse, plus profonde que celle de l’Indre.

Le beau viaduc à l’aide duquel on traverse cette vallée a 303 mèt. de longueur totale , y compris les culées (272 mèt. 60 cent, entre les naissances) ; il se compose de 15 arches à plein-cintre, ayant 15 mètres d’ouverture et 31 mèt. de hauteur sous clef de voûte, c’est-à-dire, à peu de chose près, l’élévation delà grande nef de la cathédrale de Tours. Les rails sont placés à 34 mèt. au-dessus du sol. Comme celui de l’Indre, le viaduc de la Manse a été bâti en deux ans, et on estime à 1 213 713 fr. le prix de sa construction. Sur le plateau qui sépare la vallée de l’Indre de celle de la Manse, le chemin s’est élevé de 67 mèt. 47 cent, au-dessus du niveau de la gare de Tours.

A la dr. de ce viaduc on aperçoit ,

sur la pente du coteau, une masse de constructions pittoresques. C’est le château de Brou, jadis flanqué de neuf tours, longtemps abandonné, et possédé actuellement par la famille de Foucauld. La tradition locale en attribue la fondation au maréchal Boucicaut, le contemporain et le compagnon de Jehan de Saintré.

Après avoir traversé la Manse h la station de Sainte-Maure , le chemin de fer remonte, à une certaine distance, la vallée de la Vienne, dont on aperçoit sur la dr. les coteaux boisés. On traverse, à Portde-Piles, sur un viaduc de trois arches, haut de 10 mèt. et long de 180 mèt., la Creuse, qui un peu au dessous va se jeter dans la Vienne , et qui forme eu cet endroit les limites des départements d’Indre-et- Loire et de la Vienne. La route de terre passe à g. du viaduc sur un pont de pierre.

282 kil. Porl-de-Piles, v. de 250 hab.

286 kil. Les Ormes, v. de 1715 hab., situé sur la rive dr. de la Vienne et communiquant avec la rive g. par un pont suspendu, possède un château dont le parc jouit d’une réputation méritée. Ce château, qui appartient à la famille Voyer d’Argenson, a été en partie détruit.

290 kil. Dangé, chef-lieu de canton , de 898 hab.

297 kil. /«grandes, v. de 900 hab.

304 kil. Châtellerault , chef-lieu d’arrondissement du département de la Vienne, V. de 14 084 hab., est située sur la rive dr. de la Vienne. Un pont en pierre, flanqué de tourelles et bâti par Sully, la met en communication avec son faubourg de Châteauneuf, situé sur

la rive g. C’est à partir de ce pont, ou plutôt à partir du déversoir de la manufacture d’armes, que la Vienne, qui nourrit d’excellentes carpes vantées par La Fontaine, commence à devenir navigable. Vue du chemin de fer, la ville n’offre pas un aspect agréable, et l’on comprend que Rabelais ait pu dire :

a Quand le diable offrit au fils de Dieu tous les royaumes de la terre , il se réserva, comme son domaine, Châtellerault, Domfront, etc.

La principale curiosité de Châtellerault est la manufacture d’armes, créée après la paix de 1815 pour remplacer celles de Charleville et de Mézières, qui, étant trop près de -la frontière, pouvaient être détruites au début d’une guerre d’invasion ; elle fabriquerait au besoin 20 000 armes à feu et 3500 sabres ou baïonnettes par an. Les produits des fabriques de coutellerie de Châtellerault sont estimés.

Au delà de Châtellerault, le chemin de fer, décrivant une grande courbe, vient traverser l’Auzon et la Vienne pour se diriger sur Poitiers par la vallée du Clain, rivière qui prend sa source à Hiesse, près de Confolens, dans le département de la Charente. A l’angle que forme l’embouchure du Clain et de la Vienne est le village de Cenon, où selon Dufour, l’historien du Poitou, Charles Martel défit les Sarrasins. Sur la dr. s’étend la forêt de Châtellerault , forêt de 1500 hect. , dont un tiers seulement appartient à l’Êtat.

312 kil. Les Barres, h. Près de la rive dr. du Clain on aperçoit sur un monticule le hameau de Moussais-la-Bataille , où , selon quelques écrivains, se livra, en 732, la bataille dans laquelle le sort du monde

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se joua entre les Franks et les Arabes, entre Charles Martel et Abder-Rhaman.

318 kil. La Tricherie, ham. de 250 hab.

321 kil. Dissais, v. de 1200 hab.

'825 kil. Clan, ham.

329. kil. Chasseneuil, v. de 1200 hab. Au delà de cette station, la dernière avant Poitiers, la vallée du Clain devient plus étroite et plus pittoresque. On franchit l’Auzance. Sur la dr. s’élèvent de petits rochers au* formes bizarres. On traverse deux fois le Clain au pied du coteau de Rochereuil. Bientôt Poitiers apparaît à g., étagé en amphithéâtre sur une colline au pied de laquelle la Boivre se jette dans le Clain. Avant de s’arrêter dans la gare on aperçoit successivement la tour de l’ancien château , le pont de Rochereuil, l’église de Montierneuf, l’hôpital général, le grand séminaire et la gendarmerie.

Au delà se montre la Visitation, actuellement une prison , la grande maison, pensionnat religieux, et l’église Saint-Hilaire.

337 kil. Poitiers, l’ancienne capitale du Poitou, aujourd’hui le chef-lieu du département de la Vienne, est située au confluent du Clain et de la Boivre , qui l’entourent de trois côtés , sur une colline dont elle couvre les pentes escarpées et le plateau arrondi , élevé de plus de 40 mèt. au-dessus des deux rivières. Sa population actuelle est de 30 873 hab.

En quittant la gare de Poitiers, on laisse à g. , au-dessous de Saint- Hilaire, les anciennes murailles de la ville, et on quitte la vallée de la Boivre pour rentrer par un tunnel dans la vallée du Clain. Ce tunnel a 300 mèt. de longueur. Il passe

sous la route de terre. Quand on en sort, on découvre une jolie vue sur la partie de la ville que l’on aperçoit des terrasses du parc de Biossac. On franchit le Clain, sur l’autre rive duquel on ne tarde pas à repasser. Cette rivière serpente dans de jolies prairies, ou baigne la base de petites collines rocheuses, cultivées autant que le permet la nature du sol. Elle coule, tantôt à la dr. , tantôt à la g. du chemin de fer, qui la traverse quatre fois entre Poitiers et Ligugé. Cette partie du trajet a nécessité de nombreux travaux d’art : il a fallu non-seulement construire des ponts, mais creuser des collines, ouvrir des tranchées dans le roc dur, ou soutenir les terres par des constructions en maçonnerie. Près du v. de .Saint-Benoit qu’on aperçoit à g. , à l’entrée d’un joli vallon boisé , on laisse à dr. l’embranchement de la Rochelle et Rochefort par Niort.

344 kil. Ligugé, v. de 650 hab.

Au delà de Ligugé on traverse une tranchée creusée dans des rochers grisâtres, puis, après avoir revu sur la g. la vallée du Clain, où l’on remarque un château moderne, on s’enfonce dans le tunnel des Brochées, qui a 429 mèt. de longueur.

356 kil. Vtionne , chef-lieu de canton de 2736 hab. , est situé à l’embouchure* de la Vonne dans le Clain, que le chemin de fer y traverse. Il a vu naître la célèbre marquise de Rambouillet, qui était une demoiselle de Vivonne.

Avant de s’éloigner du Clain, et de traverser un de ses affluents appelé la Dive, on laisse à g. le v. de Voulon, près duquel, en 507, les Franks, commandés par Clovis, livrèrent aux Visigoths, sous les ordres de leur roi Alaric II,

une bataille décisive qui eut d’immenses résultats pour l’avenir de la monarchie française.

Au delà de Voulon, on traverse la Dive, puis la Bouleure, dont on remonte la vallée.

371 kil. Couché-Vérac, chef- lieu de canton de 1887 hab.

Le chemin de fer, laissant sur sa dr. la route de terre et la Bouleure , affluent du Clain , monte sur le plateau qui sépare le bassin de la Vienne de celui de la Charente. Il se creuse pour y arriver des tranchées profondes. Ce plateau n’a de remarquable que sa fertilité. Il est couvert d’arbres à fruits, surtout de marronniers et de noyers. La vigne y est déjà cultivée en [berceau. Le climat devient plus méridional.

388 kil. Civray , chef-lieu d’arrondissement de 2227 hab. , situé à 3 kil. de la station.

A 3 ou 4 kil. de Civray, on sort du département de la Vienne pour entrer dans celui de la Charente.

403 kil. RuBec , chef-lieu d'arrondissement de 3109 hab., dont les pâtés de truffes et de perdrix continuent à mériter leur vieille réputation. Ces pâtés s’exportent dans le monde entier, mais ce n’est pas là la seule branche de commerce ou d’industrie de cette petite ville, qui vend aussi beaucoup de céréales, de truffes, de marrons.

Le tunnel des Plans, que l’on traverse entre Ruffec et Moussac,.

a 500 mèt. de longueur.

412 kil. Moussac, ham.

421 kil. Luxé, v. de 900 hab.

Lorsqu’on a franchi, à Luxé, sur un pont de 4 arches, ayant chacune 11 mèt. d’ouverture, la Charente, dont la vallée n’est, en cet endroit de son cours, qu’une sorte de

plaine, on s’éloigne de cette rivière , qui va faire de longs détours à l’ouest avant de se rapprocher d’Angoulême.

436 kil. Vers, b. de 2000 hab., à partir duquel la contrée que l’on traverse prend un aspect plus agréable. On aperçoit sur la dr. les coteaux au pied desquels coule la Charente. De charmants paysages se déroulent incessamment aux regards, quand le convoi sort des tranchées au fond desquelles il est trop souvent enfermé. On aperçoit de loin Angoulème. Le chemin de fer décrit une forte courbe et traverse la Touvre sur un pont de 6 arches avant d’atteindre

4SO kil. Angoulème ( buffet à la gare, établie dans l’ancienne École de marine), chef-lieu du département de la Charente, V. de 22 811 hab. , située sur un plateau ou promontoire, haut de 22 mèt., que baignent de trois côtés deux cours d’eau qui se réunissent à sa base, la Charente et l’Anguienne ; elle est entourée de remparts et de jardins qui permettent d’en faire le tour, et qui offrent au promeneur les points de vue les plus agréables et les plus variés sur les vallées, les plaines, les vignobles , les prairies, les manufactures de ses délicieux environs.

Au sortir de la gare d’Angoulèrne, on traverse dans un tunnel, long de 740 mèt., la montagne sur laquelle la ville est bâtie ; puis on franchit successivement les ruisseaux l 'Anguienne , les Eaux-Claires et la Charrau , avant de s’arrêter à la Couronne, dans la vallée de la Boëme.

457 kil. La Couronne , b. de 2550 hab. Diverses usines y occupent un grand nombre d’ouvriers. Il ne

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reste plus que de belles ruines de l’église de son ancienne abbaye d’Augustins. Fondée, en 1122, par un évêque d’Angouiême, nommé Lambert, cette église fut commencée en 1171 ; elle était regardée comme l’une des plus belles églises de l’Aquitaine.

En allant de la Couronne à Moutiers, on voit sur la dr. la petite vallée de la Boëme. Le chemin de fer a dû se creuser plusieurs tranchées longues et profondes.

464 kil. Moutiers , v. de 1639 hab.

La Boëme y reçoit une source qui, à peine sortie d’un rocher , fait tourner les roues d’une importante papeterie. Ce rocher porte le château de la Roche-Landry , bâti au ix* siècle, démoli en partie vers la fin du xiv, siècle et dans les dernières années du xv' siècle, réparé au xvii' siècle , et reconstruit, en 1855, par un banquier d’Angoulême.

C’est dans les environs de Moutiers que se trouve le viaduc des Couteaubières. Ce viaduc, long de 303 mèt., y compris les culées, forme une courbe de 2000 mèt. de rayon. Il se compose de 12 arches ayant chacune 10 mèt. d’ouverture.

Les rails sont à 13 mèt. au-dessus du sol. On continue à s’élever sur le plateau aride , sauvage et faiblement accidenté , qui sépare le bassin de la Charente de celui de la Dordogne. Le chemin de fer a dû s’y creuser de nombreuses tranchées, pour la plupart taillées dans le roc.

La plus importante de ces tranchées, celle des Rousseltères , a 28 mèt. de profondeur.

471 kil. Charmant, v. de 824 hab.

Après avoir traversé de profondes tranchées, on s’enfonce dans le tunnel de Livemant , qui a

1471 mèt. de longueur, et qui est suivi d’autres tranchées. A peu de distance de ce tunnel, on franchit le ruisseau de Chavenat sur un bel aqueduc en fonte qui a pour base des piles de maçonnerie. On entre alors dans la vallée de la Tude, affluent de la Dronne qui se jette dansl’Isle, une des rivières tributaires de la Dordogne. La Tude coule à la dr. du chemin de fer.

481 kil. Montmoreau , chef-lieu de canton de 675 hab. , n’a conservé de son ancien château que des bâtiments sans caractère servant à la gendarmerie, et une belle plate-forme d’où l’on découvre’ une vue étendue.

500 kil. Chalais , chef-lieu de canton de 793 hab. , possède quelques débris d’un ancien château, reconstruit, à diverses reprises, depuis le xive siècle.

En quittant la station de Chalais, on suit d’abord la rive g. de la Tude ; puis, quand on franchit cette rivière, on sort du département de la Charente pour entrer dans celui de la Charente-Inférieure. La Tude se jette à peu de distance dans la Dionne.

On côtoie la rive dr.de la Dronne, qui coule à la g. du chemin de fer.

Le pays que l’on traverse a peu à peu changé d’aspect. C’est une belle vallée-plaine enfermée dans de petits coteaux et ressemblant à un immense verger. La culture y est très-variée. Partout où le regard peut s’étendre, on aperçoit des vignes, des champs de céréales, des prés, des arbres fruitiers. De distance en distance, une courte tranchée dérobe la vue de cette belle et fertile plaine. On franchit la Dronne sur un pont de cinq arches, ayant chacune 11 mèt. d’ou-

verture , avant de s’arrêter à la Roclie-Chalais.

514 kil. La Rorhe-Chalaia, b.

de 13T9 hab., situé à 3 kil. de sa station, dans le département de la Dordogne. A peu de distance, on traverse une extrémité de ce département, puis on entre dans celui de la Gironde.

531 kil. Contrai, chef-lieu de canton de 3532 hab. , est situé à la jonction de la Dronne et de l’Isle.

C’est de sa station que part à g.

l’embranchement de Périgueux.

Au-dessous des Moulins et du château de Laubardemont , l’Isle, qui se jette dans la Dordogne à Libourne, à 31 kil. au-dessous de Coutras, commence à devenir navigable naturellement.

540 kil. Saint-Denis-de-Pille , b.

de 2932 hab.

La vallée-plaine del’Isle, que l’on continue à descendre, se montre de plus en plus fertile. On découvre à l’horizon le tertre de Fronsac, \ longtemps avant de s’arrêter dans la belle gare couverte de Libourne.

548 kil. Libourne, chef- beu d’arrondissement de la Gironde , V. de 13 290 hab., est située au confluent de l’Isle et de la Dordogne , sur la rive dr. de la Dordogne.

Le port peut recevoir des navires de 300 tonneaux. Il a malheureusement perdu l’animation qu’il avait autrefois. Il ne reçoit plus aujourd’hui que des gabares de Bordeauxet des caboteurs de la Bretagne, et il possède environ 65 bateaux de 2500 tonneaux.

Un pont suspendu a été jeté sur l’isle , un peu au - dessous de sa jonction avec la Dordogne. Le pont de pierre , construit sur la Dordogne par M. Deschamps, a 200 mèt. de

longueur sur 12 mèt. de largeur.

On en posa la première pierre le 24 août 1820, et quatre ans après, jour pour jour, il était ouvert au public.

En quittant la belle gare de Libourne , on aperçoit sur la dr. la ville dominée par ses casernes, et bientôt on franchit la Dordogne audessus du pont de pierre que traverse là route de terre. Le pont du chemin de fer, composé de 9 arches, a 220 mèt. de longueur, y compris les culées. C’est surtout quand on l’a dépassé qu’on aperçoit bien sur la dr. le tertre de Fronsac, à la base duquel coule la Dordogne.

Des deux côtés s’étendent de jolies prairies entourées d’arbres. On a dû y construire un viaduc de 100 arches, long de 11 80 mèt. C’est le viaduc d’Arveyrcs. A ces prairies succèdent des champs couverts de vignes.

553 kil. Arveyres, v. de 1400 hab.

Le chemin de fer traverse de petites tranchées , entre lesquelles on aperçoit, sur la dr. , la Dordogne. On voit du même côté le beau château de Vayres , que des bouquets d’arbres dérobent bientôt aux regards.

557 kil. Vayres, b. de 2000 bah.

Le pont de Vayres, composé de 4 arches , a une longueur totale de 50 mèt.

562 kil. Saint - Sulpice , v. de 1076 hab.

566 kil. Saint - Loubès , v. de 2515 hab. A la dr. du chemin de fer, on aperçoit le pont de Cubzac, qui traverse la Dordogne et sur lequel passe la route de terre. Ce pont, discuté de 1810 à 1835, fut adjugé , le 20 avril 1835 , pour 27 ans, 4 mois et 27 jours, avec une subvention de l’Etat de 1 million 500000 fr. , à M. Quenof, ingénieur civil, qui passa un acte de com-

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mande en faveur de M. Fortuné de Vergés, ingénieur des ponts et chaussées. Inauguré le 1*' mai 1840, il avait coûté, en sus de la subvention, 1400000 fr. à la compagnie et 900 000 fr. à l’Etat pour les abords. En y comprenant les ouvrages qui en dépendent, il a une longueur totale de 1545 mèt. La distance entre les aies des obélisques qui supportent les chaînes de retenue est de 545 met. Cette longueur se divise en cinq travées égales de 109 mèt. chacune. Le tablier a 7“,50 de largeur; au milieu de sa longueur, il est élevé de 28 mèt. au-dessus de l’étiage, et de 25“,50 vers les culées. Deux immenses viaducs, construits sur arcades en maçonnerie, viennent se raccorder, d’un côté, avec les culées du pont, de l’autre, avec des levées de terre qui se terminent à la route de Paris à Bordeaux. Celui de g. se compose de 28 arcades, celui de dr. de 29.

Le chemin de fer s’éloigne de la Dordogne pour traverser la plaine fertile d’Entre-Deux-Mers , qui sépare la Dordogne de la Garonne.

569 kil. La Grave d'Ambarès, v.

de 2666 hab. En s’en éloignant le chemin de fer décrit une forte courbe pour se rapprocher de la Garonne. Il laisse à g. le Carbon blanc, beau village de 735 hab., entouré de vignobles célèbres. Mais les travaux d’art et les beautés de la nature commencent à se disputer les regards des touristes. A dr. , quand les tranchées le permettent, on aperçoit la Garonne , qui va se réunir à la Dordogne pour former la Gironde. Sur la g. se montrent de gracieux coteaux couverts de vignobles et de maisons de campagne.

Puis, à trois viaducs, le premier de

18 arches et de 190 mèt., le second de 4 arches et de 70 mèt., le troisième de 7 arches et de 160 mèt. , succèdent trois tunnels de 180, 190 et 90 mètres, très-rapprochés l’un de l'autre.

578 kil. I»ormont, la dernière station, est un v. de 2760 hab., très-agréablement situé au bord de la Dordogne et auprès d’un coteau couvert d'habitations, de' vignes et de verdure. Ses industrieux habitants y construisent des navires.

On a, du reste, à peine le temps de l’apercevoir. On sort d’un tunnel quand on y arrive, on entre dans un tunnel de 400 mèt. quand on le quitte. Ce quatrième tunnel est suivi d’un cinquième, long de 280 mèt. A la suite de ce dernier souterrain on découvre sur la dr.

une vue admirable. On embrasse d’un seul regard presque toute la courbe de 6000 mèt. que forme la Garonne, et le long de laquelle s’étendent le port et les quais de Bordeaux. De nombreux bâtiments à voile et à vapeur sont à l’ancre ou naviguent sur ce vaste bassin, qui ressemble à une petite mer. Le soir, quand la ville est éclairée, ce spectacle a quelque chose de magique. On traverse la plaine de Queyries, sur un viaduc de 3 arches long de 40 mèt. La Garonne disparaît, mais les mâts de ses navires se dressent encore au-dessus des maisons ou des ateliers qui la dérobent . à la vue. On s’arrête pour le service des billets , et quelques instants après on entre dans la belle gare de Bordeaux (583 kil. de Paris), bâtie par M. Pépin Lehalleur, sur la rive dr. de la Garonne, dans le faubourg de la Bastide, et qui deviendra inutile, lorsque les chemins de fer d’Orléans et du Midi

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