LES SOURCES DE LA TÊT
par les canaux de la rivière principale , à l’exclusion de ceux des affluents, sont évaluées à 12 000 hect.
Sur ce nombre, 10515 hect. sont arrosés par le canal de Corbères, dont la prise d’eau est au-dessous de Vinça (V. R. 101), et parles dix autres canaux inférieurs qui fertilisent les campagnes de Perpignan.
Pendant les sécheresses, l’agriculture de toute la plaine est en souffrance , et souvent le manque d’eau devient un véritable désastre public ; en revanche, quand la Têt déborde après des pluies trop prolongées, les champs cultivés sont ravagés par les eaux et couverts de débris. Si la Têt était retenue près de son origine à l’aide d’un ou plusieurs bassins régulateurs , les canaux recevraient toujours leur quantité d’eau normale; les eaux seraient toujours abondantes même au fort de l’été , et ne déborderaient jamais , même après la fonte des neiges et pendant les fortes pluies.
A 2 ou 3 kil. au-dessus des Bouillouses, la vallée de la Têt, changeant de direction, remonte vers le N. Elle laisse à dr. , derrière une arête de montagne, l'étang d’Aude (2147 mèt.), où la rivière de ce nom prend sa source , et à g. , de nombreux étangs , entre autres ceux de Carlitte, où les neiges donnent naissance, en fondant, aux premiers affluents de la Sègre. La Têt ellemême se forme de plusieurs ruisselets qui sortent des étangs situés à la base méridionale du Puy-Peyric ou de Prigue (2810 mèt.).
Excursion à la chapelle de Pont-Homeu.
I h. l/a à pied. Chemin de voitures.
On descend de Montlouis par la route du col de la Perche ; mais
au faubourg de la Cabanasse, on prend à dr. pour monter au y. de 3 kil. Bolquera (390 hab.). On s’élève alors par un ravin semé de rochers vers un bois de pins situé en face sur la pente de la montagne.
On traverse ce petit bois, et bientôt après on atteint la Chapelle de Font-Romeu, située sur un étroit pâturage, entouré de sapins et arrosé par l’eau d’une source. Cette chapelle doit son origine à une statue de la Vierge, trouvée, ditron, près de la source : de là son nom de h'ont-llnmeu (Fontaine du Pèlerin).
Elle dépend de la commune d ’Odello (515 hab.), située à 2 kil. sur le penchant d’une montagne.
L’intérieur de l’église est assez vaste, mais l’inégalité du terrain n’a pas permis de construire l’édifice sur un seul palier; de la porte on ne voit pas l’autel, et ce n’est qu’après avoir gravi plusieurs marches qu’on peut l’apercevoir. Der-, riêre l’autel est un troisième palier, auquel on peut monter par d’autres degrés : c’est là que se trouve dans une petite niche la statue delà Vierge de Font-Romeu.
Le 8 septembre, jour de sa fête, les montagnards des environs viennent l’adorer en foule. « Dans la nef, dit M. Henry, les'marguilliers, rangés derrière une grande table, vendent, hors le temps des offices, des médailles, des petites croix, des chapelets, des goigs ou cantiques catalans en l’honneur de la Vierge locale, des rubans verts ou rouges, pouvant servir de jarretières, Sur lesquels sont imprimés quelques mots sacrés. C’est par le grand débit de ces amulettes que la fabrique peut réaliser l’argent nécessaire pour l’entretien de la chapelle. »
A côté de la chapelle se sont bft-
SS PYRÉNÉES. ,s
ties plusieurs maisons servant d’auberges aux pèlerins, et laissant entre elles un espace assez considérable , qui , le jour de la fête , devient la place du marché. Du rocher sur lequel la chapelle est construite, jaillit la fontaine miraculeuse Comme toutes les autres sources sacrées, elle passe pour guérir toutes les maladies dont il a plu à Dieu d’affliger l’humanité.
A 400 raèt. environ de la chapelle, au sommet d’un rocher isolé (1958 mèt.) , s’élevait autrefois un petit oratoire remplacé par une grande croix. Un large sentier monte jusqu’à la base du roçher, dans lequel on a taillé un escalier de 36 marches. Du point culminant, connu sous le nom de Mi ronde ( Belle vue) , on jouit d’un vaste panorama : on découvre la chapelle, les habitar tions et les bois qui l’entourent; plus loin, Bolquera, Montlouis, Planés; du côté du S., toute la Cerdagne française, Eyna, Llo, Err.
Sainte-Léocadie, Nahuja, Palau; au S. O., la vallée de la Sègre, Puycerda, Belver, et dans le lointain , les cimes bleuâtres qui dominent Urgel.
De Font Romeu aux Escaldas.
2 b. Seillier de montagnes.
A moitié chemin , se trouve le v.
de Targassonne ( 160 hab. ) situé dans un magnifique chaos de débris granitiques. Pour les Escaldas,
Exenrsion de Hontlouis a l'église de Planés.
Planés est un petit v. de 201 hab., situé dans un vallon dont le ruisseau, coulantduS.au N., va se jeter dans la Têt, à 2 kil. en aval
ROUTE 100. FONT-ROMEU. — r PLANÉS.
de Montlouis; on peut s’y rendre, soit en prenant d’abord la route de Perpignan (V. R. 106) pour tourner ensuite à dr., soit en sortant par la route de Puycerda (V. R. 107) et en se dirigeant vers la g. par Saint- Pierre (tels Forçats, y. de 323 hab.
L’église de Planés est, par son étrange construction, une des plus remarquables de France; les chroniques catalanes et la tradition prétendent qu’elle a été bâtie par les Arabes; aussi le peuple lui donne encore aujourd’hui le nom de tn esquif a, la mosquée. Cependant il est certain qu’elle estd’une époque beaucoup plus moderne. Construite grossièrement en moellons, il serait assez difficile de lui assigner une date précise: mais, en considérant le système de la bâtisse et la forme du plan, M. Viollet - le .- Duc croit pouvoir affirmer qu’elle n’est pas antérieure au nu* siècle.
Le plan île l’église de Planés est un triangle équilatéral dans lequel se trouve inscrit un cercle dont le diamètre est celui de la coupole.
Sur chaque face du triangle est dé-i crite une demi -circonférence de même diamètre que celle de la circonférence intérieure, de sorte que l’édifice présente extérieurement un périmètre régulier composé de trois demi-circonférences ou absides alternant avec trois niches angulaires. Au-dessus de la coupole s’élève un campanile moderne. Autrefois la porte d’entrée était placée au milieu de la demi-circonférence qui fait face à l’Ocpident; maintenant elle est située dans un angle tourné vers le Midi. Dans l’intérieur, deux des absides sont formées par des tribunes ,oû se placent les chantres et les hommes; je bas de l’église est occupé par les femmes.
11 est probable que les trois absides sont la traduction symbolique et matérielle de l’idée de la Trinité.
Nous avons vu que, pour la même raison, les architectes des églises basques donnaient trois pointes aux clochers.
De Monilouis à Perpignan (V. R. 106); — aux Escaldas (V, R. 107); — à Bourg - Madame et à Puycerda (V. R. lOT).