I.BS EAUX
Eau thermale sulfureuse.
Connue depuis le xvm' siècle.
Émergence : Du terrain primitif.
Onze sources , réparties entre les établissements Llupia et Massia , et désignées en général par des numéros ou d’après leur emploi enr bains, douches, etc.
Débit en 24 h. : S. n° 1 , Llupia, 734 hectol. (Bonis).
Temp&ature : De 38* S. n“ 1 , Llupia, à 21*,8 S. Riel (Bouis).
Caractères particuliers : Eau limpide, devenant louche au contact de l’air prolongé (h* 1), très-onctueuse au toucher, dégageant des bulles de gaz (azote , oxygène, acide carbonique) , odeur sulfureuse légère , saveur sulfo-alcaline , dépose de la glairine.
Deux établissements convenable
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ment aménagés pour buvettes , bains, douches.
Service médical : Un médecin-inspecteur.
Emploi : Boisson, pure ou coupée avec du lait; bains, douches, boues ét conferves en topiques.
Effets physiologiques : Action spécifique sur la peau et sur les muqueuses, excitation assez vive.
Ne se transporte pas.
Classification chimique : Eau sulfurée à base de soufre.
Analyse (Bouis.)
S. M ostia.
Eau 1 Ut.
Sulfure de sodium o,otW
Carbonate de soude 0,0048
Soude 0,0410
Silice 0*0470
Sulfate de soude. 0,0150
Chlorure de sodium. ........ 0,0140
Chaux |
Magnésie.. j 0,0030
Sulfate de chaux '
Matière azotée 0,02 1 0
Bibliographie : Bouis , eaux minérales sulfureuses de Molitg.... Pcr|>ignnn, i84i ; in-8. — Filhol , eaux minérales des Pyrénées. Paris, 1853; in- 12 — Annuaire des eaux dé la France, 2« partie, 1853.
Sur la montagne aride située en face de Molitg , de l’autre côté de la Castellane, se dressent les ruines du château de Paracols, qui d’après une légende d’origine phénicienne, aurait été fondé sur un espace de terrain circonscrit par la peau d’un bœuf coupée en lanières. C’est là que naquit, dans le xn* siècle , le troubadour Bérenger de Paracols.
On peut aussi visiter, aux environs de Molitg, les 'ruines de Notre-Dame de Corbiac (Y. H. 103).
DE ItOLITG A QUÉRIGUT.
A. Par Moauet.
9 h. de marche. Sentier de montagnes. Guide indispensable. Les détails concernant celte route août puisés en majeure partie dans l’ouvrage de M. de Chausenque.
Au delà de Molitg, ou remonte le monotone vallon de la Castellane, en suivant la rive g. du torrent, et bientôt on dépasse la région des vignes, pour entrer dans une zone moins méridionale, où le thym , la lavande , la santoline et beaucoup d’autres plantes aromatiques, tapissent les collines pierreuses. On passe près des ruines du monastère de Notre-Dame de Corbiac et du château de Pierre de Corbiac, troubadour distingué du xiu" siècle ; puis on atteint
4 kil. Mosset, b. de 1267 hab., situé sur la rive g. de la Castellane, à l’entrée d’un vallon qui remonte vers le N. C’est ici l’extrême frontière septentrionale du patois catalan ; sur le versant opposé des montagnes qui dominent Mosset, les paysans parlent la vieille langue limousine ou romane à peu près dans sa pureté primitive.
Aux environs de Mosset , on exploite des carrières de marbre.
Au-dessus de Mosset, le vallon remonte à l’O. , et on en suit les contours sur le versant septentrional, entre les montagnes nues du Hoc de LescaXes, qui la dominent du côté du N.* et la grande forêt de Sehanera (Forêt Noire), qui recouvre les pentes du pic d’Orbania, du côté du S. Après avoir traversé plusieurs torrents, on passe Sous une butte qui porte la tour ruinée
Jkà.
ROUTE 103- DE MOLITG A QUÉRIGUT. 603
de iïqscarda; puis, eh remontant par un sentier rempli de pierres écroulées , on arrive sous un second monticule où s’élèvent quelques pans de murs de l’ancien couvent de 8 kil. (12 kil.) Monasty. Là, on laisse à g. le vallon principal, et, prenant à dr. un vallon latéral tout parsemé de blocs, on monte par une pente rapide et fatigante jusqu’au col de la Marguerite ou de Djaou, qui sépare le département des Pyrénées-Orientales- de celui de l’Aude, a A l’E. , on voit la gorge nue de la Castellane , avec ses hauteurs arides, où les nombreuses saillies de granit apparaissent sur la cime des buttes comme autant de ruines crénelées , descendre vers le bourg de Mosset, dont on distingue encore parfaitement les maisons; à l’O. .au contraire, se montre la charmante combe de Laparut, où des eaux vives se cachent sous les sapihs pour reparaître dans les clairières et se perdre de nouveau sous l'ombrage. »
On descend dans cette combe, dont les eaux réunies se dirigent au N., et vont, sous le nom de Guette, faire mouvoir les importantes usines de Roquefort (V. R. 100), puis, remontant à l’O. par un magnifique bois de sapins, on gravit une terrasse herbeuse appelée Pla de la Galline , d’où, en se retournant, on jouit d’une vue magnifique sur les plaines du Roussillon. Au - dessous , a le fond de Laparut apparaît dans toute sa grâce charmante , et , par delà le col de la Marguerite qu’on vient de traverser, le regard s'étend jusqu’à la Méditerranée. Au-dessus de la vallée de la Têt, qui s'élargit et va se perdre dans la plaine, se montrent les premiers chaînons des Pyrénées . dominés par la triple cime
du Canigou; à côté de son immense promontoire se blottit l’humble chaînon des Albères, qui va mourir sur les rivages de Port-Vendres. »
En s’éloignant de la terrasse de la Galline, on contourne les flancs septentrionaux de la montagne de Carcanîères,et, sans suivre de direction fixe ni de sentier tracé , on atteint facilement une autre terrasse appelée Pla de la Madré (plateau de la Mère). Le panorama est différent; ce ne sont plus les plaines brûlées du Roussillon dominées par le blanc Canigou : on découvre des vallons noirs de sapins, qui descendent au N. vers l’Agly, le chaos des Corbières, toutes sillonnées de vallées courtes, sinueuses et profondément encaissées, et plus loin, les vertes plaines du Languedoc.
Les régions qu’il faut traverser au delà du Pla de la Madré consistent en grands pâturages parsemés de monticules, et dominés, tantôt par des bois de sapins, tantôt par des pentes neigeuses; sans guide, il serait facile de .s’égarer et de descendre dans le vallon d’Escouloubre, qu’on voit s’ouvrirau N. O. (V. R. 100). Arrivé en vue de ce vallon, il faut continuer à contourner les flancs du Carcanières, jusqu’à ce qu’on domine enfin la vallée de l’Aude qui se dirige du S. au N. entre des parois de montagnes escarpées. Rien d’aride et de désolé comme la gorge de ce torrent ; vers son origine seulement , le bassin vert de Formiguères et de Puyvalador attire et repose un peu le regard. Plus haut apparaissent les noires montagnes des Angles , où la route de Montlouis se perd sous les sapins pour passer sur le versant de la Tôt.
On descend des pentes rapides tellement couvertes de genêts que
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le sol disparaît parfois sous un voile d’or; puis, traversant une forêt de hêtres, on arrive sur les bords de l’Aude qu’on franchit sur un frêle pont de bois, appelé pont du Marchand, et formant la limite des départements de l’Aude et de l’Ariége.
« Ce site est un des plus sauvages que l’on puisse imaginer ; on ne voit que des eaux écumeuses grondant contre leurs rives , et des berges escarpées où les arbres implantent çà et là leurs racines surles aspérités des rochers. » Le pont franchi, on n’a plus qu’à monter par un sentier rapide sur le versant occidental de la vallée , et à traverser un petit plateau pour redescendre dans le vallon de
Quérigut (V. R. 96).
B. P mr le» Xohéda».
to h. Sentier de montagnes.
Plusieurs sentiers difficiles conduisent de Molitg aux étangs de Nohêdas. Le meilleur est celui qui , partant du château de Paracols, traverse un petit ruisselet coulant au S. du château, gravit les hauteurs calcaires dont la crête, jadis 'boisée , sépare la vallée de la Castellane de celle de l’Orbania , et, après avoir contourné un pic situé sur le sommet de la côte, descend à Conat ( 388 hab. ) , situé au confluent des deux vallons. L’église de ce village, du style roman, est encore parfaitement conservée ; on y remarque surtout les élégants chapiteaux du portail.
A une faible distance des habitations, sur la rive dr. du ruisseau, coule un filet d’eau minérale ferrugineuse , désigné dans le pays sous le nom deFon d'Aram (Fontaine de cuivre). *
Laissantàdr. une deuxième source minérale sur le flanc d’une montagne que domine la petite chapelle de Sainte-Marguerite, et le vallon qui remonte au N. O. vers Orbania , v. de 436 hab. , où jaillissent deux autres sources de même nature, on suit le vallon de l’E. , qpi s’élève vers Nohédas (326 hab.). On longe d’abord le versant .méridional , puis , passant sur le versant opposé, on traverse plusieurs groupes épars de maisons qui composent la commune. Au delà d’un moulin situé sur le torrent , on commence à entrer dans les solitudes des montagnes , et l’on ne voit plus que. des granges isolées au milieu des pâturages. On laisse à dr. un vallon qui remonte au N., puis, à gauche, un autre vallon au-dessus duquel apparaît un eol que prennent les montagnards pour descendre à Olette (V. R. 106) parle vallon d’Évol; et, suivant toujours le ruisseau principal, on arrive enfin, après une marche de 4 à 5 h. depuis Molitg, aux Gourga ou Gouffres de Nohédas. Le premier n’est qu’un petit étang où s’accumule le trop-plein des lacs supérieurs, situés presque mmédiatement au-dessus.
L’un, connu sous le nom d ’Estalat (Etoilé), situé à 2110 mèt., a la forme d’un parallélogramme; l’autre, plus élevé, est presque rond et a reçu , à cause de sa -belle couleur, le nom d’étang Bleu. En franchissant le petit col de l’arête, qui s’élève au S. de ces étangs, on atteint bientôt le bord du gourg 1 Soir, le plus grand et le plus remarquable de tous (2081 mèt.). Il se trouve situé dans un vaste entonnoir, ouvert seulement du côté de l’E. pour laisser un libre passage aux eaux , et reçoit une