‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 352 sur 384 · ROUTE 111. DE PERPIGNAN' A FIGUERAS. 65Ô · texte numérisé non relu

ROUTE 111. DE PERPIGNAN' A FIGUERAS. 65Ô

tans un des bastions de l’enceinte supérieure de la forteresse on voit un puits de 64 mèt. de profondeur , creusé dans le roc et recouvert par des casemates à l’épreuve delà bombe. Al’O. du fort, s’duvre le col de Panissas , plus fréquenté que celui de Perthus pendant le moyen âge, mais aujourd’hui rendu impraticable par le génie militaire , dà'ns l’intérêt dé la défense de la frontière. Au 8. du fort, et à 100 mèt. plus bas, se montre un petit fortin, an delà duquel commence le territoire espagnol. C’ôst là que les médecins Bailly / Pariset et François firent leur quarantaine, en 1821, à leur rètOUrde Barcelone oé ils étaient allés étudier et combattre la fièvre jaune, et mi ils laissèrent leur quatrième compagnon, le jeune Mazet, au nombre des Victimes-.

A S kit. à l’E. du Perthus, à l’origine de la vallée de Rome, au pied du pic de Llobregat, s’élève l’église de Saint -Martin <f Albera , très-petit monument que M. Taylor cite comme un modèle en miniature des églises romanes.

Après avoir dépassé les deux bor nes en marbre qui marquent les | frontières de la France et dè l’Espagne, on descend, Sur le versant méridional de la chaîne, dans la vallée du .Llobregat ( à travers un pays désolé, parsemé de rochers et planté çà et là de -chênes-liége au feuillage sombre. À l’É. , on voit s’élever sur la ligne de frontière le gppimet du pic de Llobregat 1(924 mèt.), dominé lui-même par le pic des Trois- Termes (1129 met.) , situé plus aul N. (V. R. 112). Bientôt on arrivé, en suivant la rive g. du Llobregat, à

* Icïl. râè kil.j La iünqxtera, pre-

mier v. espagnol . situé dans un vallon marécageux et rempli de roseaux : de là son nom. Les Romains l’appelaient Campus Juncarius.

Continuant à longer la rive g. du Llobregat, qui coule dans la direc tiondt» N. au S., on passe à côté du pont de Cammany et de la Montagne noire, où fut livrée, en 1794.

une bataille sanglante, dan? laquelle périrent les généraux en chef des deux armées , Dugoramier et La Union, et qui sè termina par la déroule des Espagnols.

On traverse le Llobregat , puis, au pont de Molli ns, la Muga, pour atteindre

3 h. de la Junquera, Figueras (Hôtel Dessaya , fonda del Corne rcio) , l’ancienne Ficaris , ville aux rues étroites , contenant une population de 8352 hab., et située sur le penchant d’une colline aplatie , au-dessus d’une plaine marécageuse et malsaine, arrosée <au N.

par la Muga, à l’E. par le Llobregat, au S. par le Manol. Du côté de l’O. seulement, s’élèvent quelques hauteurs couronnées de pins, derniers contre-forts des Albères; de tous les autres côtés, la ville est entourée de rizières et de champs d’oliviers.

Comme toutes les places frontières, Figueras a souvent été priée et reprise. La citadelle, appelée San Fernando , parce qu’elle fat construite sous le règne de Ferdinand VI. peu de temps avant la Révolution française . a été coestruite au-dessus de la ville dans le roc vif, en forme de pentagone régulier, et contient de magnifiques arse naux et d’autres moyens de défense , qui devaient la rendre imprenable.

Elle pourrait recevoir 20 000 hom-

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

mes île garnison et .'.00 chevaux, et a coûté 28 raillions 1/2 <le réanx : c’est la plus fort'» de l’Espagne. A peine terminée cependant, en 1794, elle se rendit aux troupes républicaines de la France, commandées par le général Pérignon; mais, lors de lapait, elle fut restituée aux Espagnols. En 1808, le général Duchesne parvint à y introduire 200 hommes, sous un faux prétexte, et s’en empara facilement. Troisans plus tard, le 10 avril 1811 , le docteur en théologie Rovira, aidé de quelques paysans, s’y glissa pendant l’absence de l’insouciant gouverneur, et en chassa la petite garnison française. Aussitôt après, le général Baraguey d’Hiliers, à la tête de 4000 hommes, s’avança vers Figueras pour, la reconquérir, et, par une brillante charge de cavalerie, mit en déroute 10 000 Espagnols accourus à la défense de la place menacée. La garnison de la citadelle, abandonnée à elle-même, et entourée par 13 000 Français, que commandait le maréchal Macdonald, se défendit héroïquement pendant cinq mois, et ne capitula qu’après avoir épuisé toutes 'ses provisions. Toutes ces capitulations successives firent faire aux Espagnols la remarque suivante : «Que la citadelle leur appartenait en temps de paix, mais qu’elle appartenait aux Français en temps de guerre. «.

Du haut du fort, on jouit d’une vue magnifique : au N., sur les Albères aux flancs plantés de chênesliège ; à 1*0. , sur des collines parsemées de bouquets d’oliviers; en face, vers PE., sur la plaine fertile traversée par de nombreux cours d’eau; et, enfin, sur le golfe de Rosas déployant son vaste demicercle de sable, depuis le delta

marécageux du Fluvia, jusqu’à la Punta del Falco.

Re Figueras à Aron V s del Mar. Route de diligences, i5 h. D’Arenys del Mar à Uarcelone. Chemin de 1er, 38 kil.

Voir, pour la description de cette route, VItinèraire descriptif et historique de l’Espagne , par M. G. de Lavigne, Paris, Hachette et Cie.

Projet de chemin de fer entre Perpignan et Barcelone par Bellegarde.

Au sortir de Perpignan , le tracé suit à peu près la même direction que la grande route, remonte la vallée du Tech dans la direction de Céret, revient à l’E. vers le ravin de Rome, attaque les rochers du col de Panissas , à 50 ou 60 mèt. à l’O, du fort de Bellegarde, et, traversant l’arête frontière par un tunnel d’environ 2000 mèt., descend sur le versant espagnol en côtoyant à peu près la route, dont la pente est peu Considérable. Au delà de Figueras, -il traverse les rivières Manol, Alga, Fluvia, Ter, passe à Girona , et, remontant par la vallée de laBonaula, passe le petit col de la Camallera, pour redescendre, par la vallée de la Tordera, à la petite ville d’Hostalrich , d’oû partiront deux voies conduisant à Barcelone : l’une , par l’Intérieur, celle de Granollers; l’autre, le long de la plage , par Arenys del Mar et Mataro.

De Figneras A Xesas.

2 h. 1/2. Chemin de mulets.

A l’extrémité de la plaine fertile de Figueras, on traverse le Manol, vis-à-vis du v. de Villasocra, puis on longe la rive dr. de la Muga, que l’on franchit pour atteindre le petit v. de pêcheurs connu sous le

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