DE PARIS A ORTHEZ ET A PAU, PAR BORDEAUX ET MONT-DE-MARSAN
De Paris à Bordeaux.
583 kil. chemin de fer (V. R. 1).1
De Bordeaux k Mont-de-Marsan.
1(18 kil. — Chemin de fer du Midi.— Trois convois par jour. — Trajet eu 3 h. Sa m. et 5 h. 30 m. — 16 fr. go c., (2 fr. A5 c.,9fr. 10 c.
109 kil. de Bordeaux à Morcens (V. R. 2).
A peu de distance de la station de Morcens, le chemin de fer laisse à dr. Arjusanx, chef-lieu de canton de 728 hab. (arrondissement de Mont-de Marsan), situé sur le Bez, un des affluents de l’Adour.
9 kil. (118 kil.). Arengosse, V.
plus considérable que son chef-beu île canton , car sa population dépasse 900 habitants, possède un beau château.
7 kil. (125 kil.). Xgos, v. de 1400 hab.
9 kil. (134 kil.). Saint-Martind'Oney, v. de 700 hab., au delà duquel un tunnel ou canal de 3000 met., dont 1500 mèt. en maçonnerie , que l’on a été obligé de construire tout exprès pour un ruisseau, a retardé longtemps l’ouverture du chemin de fer.
14 kil. (148 kil.). Mont-de- Marsan ( hôtel des Ambassadeurs; on y mange des" ortolans au mois d’août) , le chef-lieu actuel du département des Landes, ville de 5210 hab., occupe une position avantageuse au confluent du Midou et de la Douze, dont la réunion forme la Midouze. Elle est bien bâtie et bien arrosée. Elle renferme un certain nombre d’édifices pubhcs, — préfecture, palais de justice, maison de détention, casernes, — qui , sans être remarquables par leur architecture, attirent cependant les regards des étrangers; ses promenades, surtout celle qu’on nomme la Pépinière, sont agréables; elle fait un commerce assez considérable avec les Landes et avec Bayonne; elle possède une source minérale ferrugineuse et froide 1 ; mais elle n’offre absolu-
l Cette source doit son origine & une dissolution produite par les eaux sur les dépAis de minerai de fer hydroxyde que
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ment rien d’intéressant à un étranger, si ce n’est son histoire.
Mont-de-Marsan (la montagne de Mars) doit sa fondation à Charlemagne. Une vieille charte en langue romane en fait foi. Au ix« siècle, les Normands qui avaient remonté la Midouze l’assiégèrent et s’en emparèrent malgré la résistance héroïque de ses défenseurs, commandés par Déodat ou Dieudonné de Lobanner, et en détruisirent jusqu’aux derniers vestiges.
« En 1 141 , les descendants de Déodat songèrent à en relever les rui • nés, dit M. Pascal Duprat , qui a recueilli pour V Histoire des villes de France, publiée par M. Aristide Guilbert, des documents complètement inédits. Ce n’était pas seulement pour eux un acte de piété domestique ; plus d’une raison les y conviait. Les habitants de l’Armagnac, par de fréquentes incursions, dévastaient le pays. En outre, les rives du Midou , envahies par une épaisse forêt, étaient devenues le théâtre de toutes sortes de brigandages; on avait donné le nom de maü-pa* , mauvais pas ou pas fatal .
A ce foyer de crimes. Après avoir obtenu de Bérenger de Canteloup la donation du territoire, Pierre de Lobanner, Comte de Bigorre, prit solennellement possession du vieux cap de Mars, en attestant l’âme de l’empereur Karl, le bienfaiteur de sa lignée. » ,
Cette ville, ainsi fondée pour la seconde fois, se développa pénible-
renferme le sable quartzeux des landes.
L’établissement dans lequel elle est utilisée ne reçoit des malades qu'accidentellemeni il contient neuf baignoires et une buvette. Un temple, fondé probablement à l’époque de la domination romaine, avait été élevé sur la petite éminence qu’occupe la ville actuelle.
meut. D’abord l’abbaye de Saint- Sever et l’évêohé d’Aire se disputèrent la possession de l’église, et l’abbé de Saint-Sever dut acheter 130 sous morlas le désistement de l’évêque d’Aire. Puis, deux siècles après, Gaston Phcebus (les comtes de Béarn avaient hérité des comtes de Bigorre) bâtit dans la ville un château fort, qu’il nomma, par ironie, Nou li bos (tu ne l’y veux pas).
Cette forteresse n’était pas faite pour attirer un grand nombre de nouveaux habitants.
Ce fut à Mont-de-Marsan que François I" rencontra pour la première fois Mlle d’Heilly, qui devint si célèbre et si influente sous le nom de duchesse d’Etampes. Ce fut aussi dans cette ville qu’il épousa, en vertu du traité de Madrid, Éléonore d’Autriche, sœur ai née de Charles-Quint et veuve d’Emmanuel de Portugal. Le mariage fut célébré, en 1527, dans l’église du couvent de Sainte- Claire, dont Marie d'Albret, la tante du roi, était alors abbesse. Ce couvent, fondé en 1270 par Gaston VIlI, fut pillé et démoli pendant les guerres de religion par les protestants, qui incendièrent aussi le monastère des frères de l’Observance. En vain Henri IV s’efforça-t-il plus tard de régler, par de sages ordonnances, l’administration des affaires de la cité. Sous, Louis XIII de nouveaux troubles religieux éclatèrent; les protestants et les catholiques occupèrent tour à tour la ville et le château. En 1822, le château fut rasé par ordre du roi , et les habitants aidèrent & le démolir. On transforma en promenade l’emplacement qu’il avait occupé. Mais ce n’était qu’un demi-remède : car, si elle avait perdu sa forteresse, la ville
conservait son enceinte. Pendant les troubles de la Fronde , le prince de Condé y logea un corps de troupes considérable. Enfin, en 1727, soit crainte de nouvelles occupations militaires, soit désir véritable d’avoir un plus vaste espace à leur disposition, les habitants demandèrent l’autorisation d’abattre une partie de leurs murailles. Le maréchal de Montrevel leur adressa, en 1726, la lettre suivante :
Voire ville, messieurs, est trop ouverte de tous côtés pour que le service du roi puisse être intéressé en vous permettant de faire l’ouverture que vous demandez depuis la tour du château jusqu'au jardin du sieur de Prugue; puisque cela pourra contribuer à diminuer les maladies que le défaut de promenades pour prendre l'air vous procure, à ce que pensent trois médecins.... Vous pouvez doue vous donner ce soulagement.
Immédiatement après la réception de cette lettre , les travaux de démolition furent commencés, et sur les débris de l’enceinte on traça la promenade qui a conservé jusqu’à ce jour le nom do Montrevel.
La Midouse, qui se forme à Mont-de-Marsan de la réunion de la Douze et du Midou, est navigable depuis ce confluent jusqu’à son embouchure dans l’Adour, au Hourquet. La Douze, formée elle-même à Roquefort, de la Doulouze et de l’Estampon, est flottable en trains depuis son origine jusqu’à Mont-de-Marsan, sur une étendue de 29 440 mètres.
La navigation delà Midouze a été améliorée en même temps que celle de l’Adour, au moyen des fonds spéciaux alloués dans ce but par la loi du 30 juin 1833; mais elle rencontre encore sur certains points de sérieux obstacles qui ne tarderont pas
toutefois à disparaître. On compte, de Mont-de-Marsan au Hourquet, 42 955 mèt. La pente totale de la rivière est, à l’étiage, de 0", 387 5 par kil. ; le tirant d’eau varie de •>“.70 à 1 mèt.; la charge des bateaux s’élève en moyenne à 15 tonnes, au maximum à 25. La force du courant suffit à la descente ; à la remonte, le halage se fait, comme sur le haut Adour, avec des bœufs.
Les produits des droits de navigation ont été, en 1853, de 4269 fr.
98 c. En 1852, on avait compté à la descente 16 556 tonnes; à la remonte, 6359; total, 22 915 tonnes.
Les principales denrées ou marchandises qui descendent la Midouze sont les céréales, les légumes, les fruits, les vins, les eaux-de-vie et les bois. Le commerce remonte surtout des fourrages, des métaux-, de la houille, des matériaux de construction et des minerais.
De Mont-de-Marsan à Tarbes, à Bagnères de Bigorre, à Cauteret», etc. (V. R. 34 et suivantes).
De Mont-de-Marsan à Orthez.
53 kil. — Route de poste desservie par des voilures publiques.
On traverse l’Adour avant
16 kil. Saint-Severf hôtels des Voyageurs, du Commerce) , chef-lieu d’arrondissement du département des Landes, V. dé 4808 hab., appelée au moyen âge cap de Gascogne, agréablement située à 4 kil. environ de la rive g. de l’Adour dans une contrée accidentée et fertile.
César, ou plutôt un de ses lieutenants, avait fondé, sur l’ernpla,cement qu’occupe aujourd’hui Saint- Sever, un camp qui, appelé d’abord Castrum Cæsaris, prit ensuite le nom de Palestrion. Vers le v* siè-
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cle , les Vandales martyrisèrent au pied de ce château fort un des apôtres de la France méridionale, saint Sever, dont la ville actuelle porte le nom. Cette ville, comme beaucoup d’autres, dut son origine à une abbaye. Quand, vers la fin du x' siècle , les Normands envahirent l’Aquitaine, le duc de Gascogne, Guillaume Sanche, se prosterna devant le tombeau de saint Sever et fit vœu d’ériger en l’honneur de ce saint un magnifique monastère, s’il triomphait de ses ennemis. 11 fut vainqueur et s’empressa de réaliser sa promesse (982). Le monastère fondé, des moines de l’ordre de Saint-Augustin vinrent l’habiter, et bientôt une ville, s’étant bâtie alentour, s’entoura de fortes murailles. Si, en 1296, les Anglais parvinrent à s’en emparer, ce ne fut qu’après trois mois d’un siège opiniâtre. Ils la gardèrent un siècle et demi. Charles VII la leur enleva en 1426. En 1559, Montgommery y étant entré, ses soldats s’y livrèrent aux plus affreux excès contre les personnes, l’église et l’abbaye.
L’année suivante, les catholiques, commandés par Montluc, la reprirent aux protestants, mais il leur fallut l’emporter d’assaut. Sous la Fronde elle eut beaucoup à souffrir des violences d’un chef militaire nommé Balthasar, que le prince de Condé y avait envoyé. Depuis elle n’a plus fait parler d’elle, mais elle a vu naître le général Lamarque, auquel elle a élevé un monument funéraire sur la place des Platanes (le corps du général repose à Eyres, à 4 kil. de la ville).
« Petit centre, peu de vie, telle est Saint-Sever, » a dit un de ses historiens contemporains. Quelques relations commerciales la rattachent
cependant aux contrées environnantes. Elle a des tanneries et des fabriques d’huile de lin; il s’y fait en outre un commerce assez considérable de bestiaux, de vins et d’eau-de-vie.
« La basilique, construite par Guillaume Sanche , en commémoration de l’expulsion des Normands, présente, dit M. Cénac - Moncaut , des particularités architecturales qui en font la création la plus grandiose et la plus intéressante de la Novempopulanie. » Malheureusement le temps et les hommes ne l’ont pas épargnée. Elle a beaucoup souffert surtout lors de la prise de la ville par Montgommery : « ils n’en laissèrent debout, selon un procès-verbal évidemment exagéré , que la voûte ; »
aussi offre-t-elle des parties des xiii*, xiv, xv* et même xvu« siècles. * A côté des trois absides du nord, qui ont conservé leur grand appareil, quelques débris de leurs corniches à billettes et de leurs modifions historiés, celles du sud, complètement détruites, n’offrent qu’une construction grossière et récente. Une haute tour carrée , bâtie sur le croisillon septentrional, comme un donjon destiné à défendre ce sanctuaire, porte de nombreuses traces de l’incendie qui rongea la porte romane du transsept. Le gable du couchant, enfin, qui ne put arracher aux flammes que le grand arc roman de son porche, reçut une immense fenêtre ogivale au xVf siècle et une porte gréco-romaine au xvn«. » A l’intérieur, M. Cénac-Moncault signale à l’attention des- archéologues un certain nombre de colonnes romanes cylindriques, ici renflées à. la romaine, là, couronnées d’énormes chapiteaux dans le goût du x* siè-
cle, îles arcs à tores tronqués, de grandes arcatures apphquées contre la plupart des murs du chevet, les galeries basses et hautes des croisillons, et certaines dispositions excessivement rares. Les orgues dataient du xv" siècle ; brisées par les protestants, elles ont été rétablies au siècle dernier.
Le clôt ire, détruit entièrement par les protestants, avait été rebâti au xvif siècle. De petites colonnes romanes, retirées des décombres, ont été plaquées sur des piliers de briques qui supportaient des arcs plein-cintre.
Des anciennes fortifications de Saint-Sever, il ne reste plus que des fossés et quelques pans de remparts couronnés de créneaux.
Des hauteurs de Morlane et de Mirande on découvre de beaux points de vue.
On compte 2G kil. de Saint-Sever à Dax (V. R. 2).
Au sortir de Saint-Sever, la route il’Orthez, se dirigeant au sud, traverse le Gabas, puis passe à Dûmes, v. situé sur un affluent du Gabas.
12 kil. (28 kil.). Hagetmau, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Saint-Sever, V. de 3104 h., située dans une position agréable sur le Louts , au milieu d’une contrée riche en gibier à plume. Elle a eu le malheur d’être fortifiée; aussi fut-elle prise, pillée, incendiée, pendant les guerres de religion.
Henri III, roi de Navarre, mourut dans son beau château, aujourd’hui détruit, qui fut, en 1574, le théâtre d’un drame émouvant.
Quand , après le massacre de la Saint-Barthélemy, le roi de Navarre, prisonnier à la cour de France, et forcé d’abjurer sa religion, eut été contraint do confier
au comte de Grammont la mission d’aller rétablir le culte catholique dans le Béarn , le comte de Gram mont se rendit à son château de Hagetmau , où il réunit plus de deux cent cinquante gentilshommes. A cette nouvelle, le baron d’Arros, ancien lieutenant général de la reine Jeanne dans le Béarn, alors octogénaire et aveugle, fit venir son fils et, lui remettant une épée nue, raconte d’Aùbigné, il lui parla en ces termes :
« Qui vous a donné la vie?
— C’est .4 vous, mon père, que je la dois après Dieu, lui répondit le jeune homme.
— Or, votre Dieu, s’écria le vieillard, vous redemande cette vie.... Allez, mon fils, et, pour accomplir l’entreprise à laquelle je vous invite, n’ouvrez point les yeux sur le nombre de ceux qui vous accompagneront, mais sur leurs vertus et sur leur courage; ne fixez point vos ennemis pour les compter, mais seulement pour les frapper de mon épée que Dieu bénira dans vos mains. »
« Le jeune homme obéit. Bien qu’il n’eût que trente-sept compagnons, il n’hésita pas à attaquer les deux cent cinquante gentilshommes réunis au château de Hagetmau ; il les surprit , et massacra tous ceux qui ne prirent pas la fuite. Déjà il levait son épée teinte de sang sur la tête du comte de Grammont, lorsqu'une femme, jeune et belle, s’élançant tout à coup hors du château, lui demanda la vie de son prisonnier. C’était cette Corisande d’Andouins, la*belle-fille du comte, qui devint plus tard la maîtresse d’Henri IV. Le jeune d’Arros céda aux larmes de la comtesse et, à soq retour, son père le blâma d'avoir
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épargné a le corbeau qui lui crèverait les yeux. » C’est à Hagetmau qu’Henri IV vint faire hommage à sa belle maîtresse de la victçire de Coutras. Il lui écrivit souvent, même des tranchées, de charmants billets remplis des protestations d’amour les plus tendres.
« Je ne manquerai, lui disait-il, à la fidélité que je vous ai vouée. Je vous garderai fidélité jusqu’au tombeau. » La comtesse de Grammont, qui ne se faisait, à ce qu’il parait, aucune illusion sur son amant, avait substitué infidélité & fidélité et ajouté : « Je le crois. »
Le Louts franchi au sortir de Hagetmau, on monte à
6 kil, (34 kil.), Momuy, relais de poste, v. de 800 hab. , d’où l’on découvre un vaste panorama; puis on descend, en inclinant au sudouest, dans la vallée du Luy de France, que l’on traverse. Après avoir ensuite laissé Castaignos à g. , on sort du département des Landes pour entrer dans celui des Basses- Pyrénées, où l’on ne tarde pas à trouver
5 kil. (39 kil.). Saull de Navailles, v. de 1500 hab., situé sur le Luy de Béarn et dominé par les ruines d’un vieux château.
7 kil. (46 kil.). Sullespisse, v. de 833 hab-, est à moitié chemin entre Sault-de-Navailles et Qrthez. De la route, on peut apercevoir à. g.
sur la colline les restes d’un camp attribué aux Romains.
7 kil. (53 kil.). Orthez (V. R. 5).
De Mont-de-Marsan A Pan.
82 kil. — Roule de poste. — Service de voilures publiques.
On traverse Bretagne, v. de 408 hab. , entre Mont-de-Marsan et
14 kil., Grenade, chef-lieu de
canton de 1450 hab. (arrondissement de Mont-de-Marsan), situé sur la rive dr. de l’Adour. Remontant alors la rive dr. de l’Adour, on passe à Bordères, puis k Caxères, et l’on rejoint la route de Bordeaux à peu de distance d’Aire.
18 kil. (32 kil.). Aire (hôtel de la Poste), chef-lieu de canton de l’arrondissement de Saint -Sever (Landes), V. de 4480 hab., est située sur la riveg.de l’Adour, qu’un pontde pierre, achevéen 1834, relie à la rive dr. Elle est le siège d’un évêché fondé vers l’an 500. Sa cathédrale, consacrée à saint Jean-Baptiste, souvent détruite et reconstruite , assemblage bizarre de différents styles, est petite et dépourvue de caractère. Le choeur a été bâti dans la seconde moitié du xvin* siècle ; les nefs collatérales datent de 1837 . L’église du Mas d’Aire, consacrée à saint Quitterie, est plus intéressante, bien qu’elle ait été rebâtie en briques au xm* et au xj v* siècle; car de l’ancien édifice roman, il reste encore le chevet central, qui est de plain-pied avec les autres parties de -l’église, et que des cachots séparent des absides latérales qui servent de cages aux escaliers descendant dans la crypte. « On peut encore voir, dit M. Cénac-Montcaut, scellés à la muraille de ces cachots humides, à berceau plein-eintre, les deux anneaux et les chaînes de Ter qui retenaient les prisonniers du chapitre par la jambe et par le cou. » L’auteur du Voyage archéologique et historique dam l'ancienne vicomté de Béarn signale aussi aux archéologues qui visiteraient cette église un sarcophage placé dans l’ancienne crypte de la basilique romane, près du tombeau primitif de saint Quitterie, cuve grossière de
marbre , entièrement dépourvue d’ornementation. Ce sarcophage, fort ancien, a conservé son couvercle , orné d’une tête à double profil à chaque angle ; il est divisé en deux bas-reliefs par un cartouche central destiné à recevoir le nom du défunt. Les bas-reliefs représentent des scènes de l’ancien et du nouveau Testament : Adam et Eve, le sacrifice d’Abraham, Jonas, Tobie, la résurrection de Lazare , etc. Les artistes de la Gascogne n’ont pas été capables d’exécuter les sculptures de ce curieux sarcophage, qui a dû être, dans l’opinion de M. Cénac- Montcaut, sculpté en Italie au iv* ou au v* siècle, comme celui du Luc , et acheté par un évêque.
Sous les Romains, Aire, dont la fondation est inconnue, s’appela Ficus Julii. Ravagée par les Vandales , elle plut à Alaric II, roi des Visigoths, qui l’habita pendant quelque temps, et qui y fit publier, en 506, par Amien, l’abrégé des seize livres du code Théodosien. Après la bataille de Voulon, elle passa sous la domination des Franks. Elle fut ensuite occupée, c’est-à-dire ravagée par les Vascons, les Sarrasins, les Normands. Elle appartint plus tard aux Anglais; mais, au mois de février 1337, Gaston de Foix, s’en étant emparé, l’obtint du roi de France, en dédommagement des frais qu’il avait faits pour la conquérir. Elle eut beaucoup à souffrir pendant les guerres de religion. Enfin, en 1814, après la bataille d’Ortliez, le général Clausel y repoussa une attaque de l’armée anglaise avant de se replier sur Toulouse.
Aire possède aujourd’hui un collège , un séminaire, et un couvent consacré à l’éducation des filles.
Après avoir gravi la côte du Mas
d’Aire, la route, bordée de châtaigniers, se dirige au sud sur un plateau, ayant, à dr. ou à l’ouest, la Grave; à g. ou à l’est, le Lees. On laisse à g. le bois de Cazamont. Au delà des hameaux de Larguerai et de Pourin , on passe du département des Landes dans celui du Gers , puis on rentre dans les Landes, et, à peu de distance du v. de Sarron (287 hab.) , on entre dans les Basses- Pyrénées.
17 kil. (49 kil.). Garlin, relais de poste, un des chefs-lieux de canton de l’arrondissement de Pau , a une population de 1380 hab. La route le laisse à g. Le pays dévient de plus en plus accidenté ; la route monte et descend sans cesse. Au sommet des côtes que l’on gravit, on découvre au sud , au delà d’une contrée fertile et riante, toute la chaîne des Pyrénées, qui se développe de l’est à l’ouest. Le pic du Midi d’Ossau attire surtout les regards par sa hauteur et sa forme particulière. A l’ouest du pic du Midi d’Ossau, on distingue le pic d’ Anie; àl’est se montrent le Vignemales, couvert de glaces, et le pic du Midi de Bigorre.
Après avoir souvent monté et descendu , on descend rapidement , dans la vallée du Luy de France, à
12 kil. (61 kil.), Auriac, relais de poste , v. de 339 hab.
A peine la route a-t-elle franchi le Luz qu’elle remonte pour redescendre bientôt. Enfin, on laisse à g.
\availles (881 hab.), à dr. Sauvagnon (783 hab.), et à g. Serres-Casleis (7 36 hab.) , avant d’atteindre une triste plaine. qui s’étend de ces coteaux, d’où l'on a découvert de si beaux points de vue, jusqu'au Gave de Pau. Cette lande s’appelle le Pont-Long . De nombreux cours d’eau
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la traversent. On aperçoit Lescar, à dr. , à peu de distance de Pau.
21 kil. (82 kil.). Pau (V. R. 30).