‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 84 sur 384 · DE SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT A PAMPELUNE, PAR RONCEVAUX · texte numérisé non relu

DE SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT A PAMPELUNE, PAR RONCEVAUX

A Par VklcarUa

12 kil. et 12 lieues i/2 espagnoles.

Route de voitures de Saint-Jetn-Pied-de- Port à Valcarlos et à 3/S de lieue de P&mpelune. Route de muleta de Valcarlos à 3/4 de lieue de Pampelune.

A la sortie de Saint-Jean-Pied-de- Port, la route se bifurque; le bras de dr. , celui que nous devons suivre , se dirige sur la rive dr. de la petite Nive ou ruisseau d’Améguy, qu’elle remonte. A l’O. s’élève le pic de Beharia, dont le point culminant atteint 1019 mèt. A 6500 mèt. de 3aint-Jean-Pied-de-Port, la rive g.

de la petite Nive appartient à l’Espagne; toutefois la frontière française continue à suivre le sommet des montagnes qui ferment la vallée à l’O. et parmi lesquelles on distingue le pio d ’Adarca (1253 mèt.), le pic Mendimuts ( 1 198 mèt.) et le mont Hargaray (1201 mèt.); ce dernier domine Luzaide à l’O. La vue est toujours bornée, mais les détails sont agréables.

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

8 kil. Amcguy, le premier village que l’on rencontre, a une population de 907 h. Au delà , la vallée, qui offre l’aspect d’un parc, devient plus peuplée. On traverse d’abord le hameau de Bachoua , puis , à 2 kil. d’Arnéguy, on trouve celui d 'Ondarole, où la route, cessant d’être praticable aux voitures, passe sur la rive g. de la Nive au vil- Jage espagnol de Luxai de ou Valcarlos, qui donne son nom à la vallée. On continue ensuite à remonter, à travers des bois de châtaigniers aux troncs bizarrement contournés, puis de hêtres, la vallée dominée à l’O. par des montagnes dont la hauteur varie de 1100 à 1200 mèt. (le pic de Laurigna a 1277 mèt.). Au sortir de la forêt, on trouve la maison d’un garde espagnol, et bientôt après on atteint le col(l lOOmèt. env.) qui sépare leValcarlos du val de Roncevaux. Ce port (on l’appelle le port de Valcarlos ou de Roncevaux ) n’a rien d’intéressant. Les sommités qui le dominent sont peu élevées et couvertes d’une bruyère courte. Le versant méridional diffère peu du versant septentrional. Çà et là des bouquets de hêtres se montrent sur lies pentes des montagnes. Bientôt on se trouve sur un vaste plateau, peu inférieur au port comme élévation, s’étendant au S. et au S. O., couvert de pâturages, borné au N. et au S. par des montagnes généralement boisées, dont l’une porte le nom d’Altabiscar. Yues de ce point, elles ne méritent guère que le nom de collines. C’est dans la partie de ce plateau la plus rapprochée du port que s’élève 4 lieues, le couvent de Roncevaux, ën espagnol Romesvallcs , en latin roscida vallis, vaste bâti-

ment massif, lourd, dont l’architecture n’a aucun caractère, que domine une église vulgaire et qu’entoure un petit hameau. On ne pénètre dans la cour intérieure que par des voûtes à double porte, et, si la herse n’y manquait pas, on pourrait se croire dans une forteresse du moyen âge. Les moines augustins de l’abbave montrent encore avec orgueil le gantelet de Roland, ses bottes, et deux petits boulets rattachés par des chaînes assez courtes à deux manches de deux pieds de langueur environ : c’étaient les masses d’armes du paladin. Ils possèdent aussi les pantoufles de velours rouge et les guêtres de soie cramoisie de l’archevêque Turpin.

Une petite auberge espagnole est adossée au couvent du côté du S.

On peut s’y procurer du vin, des liqueurs, des truites, du chocolat, etc.

D’après la légende, douze pairs furent écrasés dans les défilés voisins de Roncevaux , sous les rochers que les Basques firent rouler sur eux. Roland y brandit en vain sa noble épée Durandal, et sonna pour la dernière fois dans son merveilleux cor d’ivoire. Les Basques, vainqueurs de l’armée franque, célèbrent encore leur victoire par le chant de guerre suivant :

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