‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 89 sur 384 · ROUTE 22. MAULÉON · texte numérisé non relu

ROUTE 22. MAULÉON

prendre. IL est aujourd’hui en assez mauvais état; ses murailles, flanquées de larges tours rondes et percées de meurtrières, menacent ruine; les fossés qui l’entourent sont à demi remplis de pierres.

11 parait inhabité. Dix minutes suffisent pour y monter. A l’entrée du pont on découvre de charmants points de vue sur la vallée du Saison.

Un pont pittoresque, dont les arches inégales sont festonnées de lierre et de ronces, réunit le faubourg de la rive dr. à celui de la rive g. De ce pont on jouit d’une vue charmante sur un moulin, d’où l’eau s’échappe en plusieurs chutes de 8 à 10 met. de hauteur,- se brise sur les rochers, se divise latéralement en nombreuses cascatelles , et recouvre d’écume toute la surface du. Saison. Vis-à-vis du jeu de paume et de la promenadè, sur la rive g. du Saison , s’élève une grande maison du style da la Renaissance, appartenant à M. Dandenna. Quàtre pavillons carrés entourent le corps principal, dont les murs ne sont pas même crépis. Le portail à pleincintre est orné de colonnes et surmonté d’un balcon. Çà et là sur les murailles on remarque des têtes sculptées. Du reste , au-dessous du château, on trouve d’autres maisons de la Renaissance ornées aussi de têtes sculptées, des débris d’une tour plus ancienne et quelques fragments de murailles.

L’église de Maulôon se trouve située à plus de 300 mèt. de la ville.

Composée d’une seule nef, large de

12 mèt., longue de 31 mèt., elle se termine par un chevet à pans coupés qui occupe toute la largeur de l’édifice. Comme presque toutes les églises de la Soûle, elle est surmontée d’un clocher à triple pignon,

destiné, à ce qu’il paraît, à faire comprendre le dogme de la Sainte- Trinité. Vers le xn* siècle, les Basques éprouvaient encore beaucoup de difficultés à saisir les mystères de la religion chrétienne, quand un prêtre eut l’heureuse idée de bâtir un clocher à trois pointes. La lumière se fit aussitôt dans l’esprit de ses ouailles , et bientôt tous les habitants de la Soûle purent voir s’élever au - dessus de leur église la preuve matérielle de l’Unité en trois personnes. M. Cénac - Moncaut appelle ces clochers des clochers arguments.

Le bâtiment, d’une laideur si peu commune, qui a été élevé récemment à l’entrép de Mauléon, doit contenir un couvent de dominicains et le collège.

C’est dans la ville de Mauléon que, vers le milieu du xvi“ siècle, fut assassiné Roussel, évêque d’Oloron (V. page 76). Désirant convertir les Basques aux idées de la réforme, Roussel s’était fait précéder à Mauléon par un missionnaire qui entama- tout d’abord le sujet des indulgences, et fut obligé de descendre de chaire , poursuivi par les huées et les imprécations de la foule.

A cette nouvelle, l’évêque se rend aussitôt à Mauléon, et parle hardiment contre le dogme de l’intercession des saints. Dès les premiers mots, des cris l'interrompent; Arnaud Maytie, l’un des notables du lieu, s’avance jusqu’au pied de la chaire, et frappe à coups de hache sur la tribune, qui s’écroule et entraîne l’évêque dans sa chute. Roussel fut rplevé grièvement blessé , et peu de jours après mourut en allant prendre les bains des Eaux-Bonnes pour se rétablir de ses blessures.

Après la fin des guerres de reli*

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

gion, Henri IV récompensa ce pieux attentat en nommant au siège d’Oloron le fils ( ou le neveu?) du meurtrier.

Mauléon est la patrie du savant Henri Sponde et de l’historien des Basques Oihenart.

De Mauléon à Saint -Jean -Pied -déport par Saint-Just et Larceveau, èt A Pau par Navarrenx (V. R. 33).

Après avoir laissé derrière soi le château et la ville (le Mauléon, on remonte la rive dr. du Saison presque parallèlement à la rivière :

à l’O. , ou à dr. , on voit la route de Mauléon à Larceveau serpenter à travers une jolie vallée jusqu’au sommet d’un col peu élevé ; à l’E. , ou à g., s’élèvent des collines aux pentes douces: sur les deux rives du Saison s'étendent des champs cultivés, des prairies et des oseraies. Au printemps, la rivière roule une grande masse d’eau à travers ces campagnes, se creuse un nouveau lit sur plusieurs points, et recouvre les cultures de galets et de sable. En 1793, un ingénieur offrit de l’encaisser, à la condition qu’on lui donnât en échange la propriété des terrains sablonneux que dévastent les inondations. Le marché ne fut pas accepté, et le Saison continue à ravager périodiquement les campagnes qu'il arrose.

Cette belle vallée-plaine, qu’entourent des montagnes trop nues, est parsemée de nombreux villages.

Ceux que l’on rencontre sur la rive dr. en allant de Mauléon à Tardets sont: (3 kil. de Mauléon) Libarrenx et Gotnn (ensemble 479 hab.) ; (7 kil.) St-Étienne; (8 kil.) Sauguù (425 hab.); (10 kil.) Trois- Ville»

(327 hab.); (11 kil.) Sorholus (589 hab.). Sur, la rive g. se trouvent

successivement : (2 kil.) Garindein (339 hab.) ; (5 kil.) Idaux (425 hab.) ; (6 kil.) Mendxj ; ( 7 kil.) Mmditte (443 hab.); (9 kil.) Ossas (344 hab.); (13 kil.) Alos (307 hab.) Enfin, on remarque à l’E. les ruines d’un petit castel avant d’arriver à

12 kil. de Mauléon (64 kil. de Salnt-J ean-Pied-de-Êort ) Tardet»

(Hôtel des Pyrénées chez Julienne), bourg de 443 habit. , chef-lieu de canton de l’arrondissement de Mauléon, qui n’a de remarquable que son torrent, sa plaine admirablement cultivée , et ses châtaigniers épars sur les collines.

De Tardetsè Ochagavia (V. R. 25); et à Saint-Jeao-Pied-de-Port par Ahusky

Presque au sortir de Tardets, la route entre dans un vallon arrosé par un affluent du Saison, appelé tiaslon , où se trouve

69 kil. Montory, v. de 1160 hab.

— le premier village béarnais — situé au pied d’une montagne élevée. La route, quittant la vallée du Gaslon, qui incline au S., s’élève, par une pente roide, au col de Lapùce , d’où l’on n’a qu’une vue peu intéressante, et redescend presque immédiatement dans une valléeplaine arrosée par le Bqrlanès, qui descend du pic d’Agonce (1390 met.), près de Sainte-Engrace.

7 kil. (24 kil.de Mauléon, 78 kil.

de Saint-Jean-Pied-de-Port). Larme est un village de 1301 hab. (relais de poste), qui n’offre aucun intérêt, mais d’où l’on voit se dresser, vers lo S., le pic d’Anie, souvent couvert de neige.

Au sortir de Lanne, la route ne traverse pas de nouveau le Barlanès, comme l'indiquent plusieurs cartes fautives, mais elle longe toujours la

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