Le raisin de Gaye a de irès-peiits grains
monieux comme celui de tant d'autres villages du Béarn, Uzos, Estos, Syros, Bizanos, Sestos et Abydos, indique évidemment une origine grecque. Dans les environs, sur les bords de la Nées, on a découvert de belles mosaïques romaines. Le beau château de Gèlos a été transformé en un haras qui contient une soixantaine d'étalons.
L'Hippodrome.
VHippodrome se trouve sur la route de Pau à Bordeaux, à 5 kil.
de Pau. Les courses, qui ont lieu du 18 juillet au 10 août, y attirent un grand nombre d'étrangers. En temps ordinaire il ne mérite pas une visite.
Morlaas.
10 kil. Route de voitures.
En sortant de Pau par la route de Tarbes, on trouve une belle avenue de chênes, connue sous le nom à'allées de Morlaas ; elle s'étendait autrefois à travers les bruyères jusqu'à la ville qui lui a donné son nom. A 2 kil. environ de Pau, on laisse à dr. la route de Tarbes, et l'on prend un embranchement qui, se dirigeant vers le N. E., traverse le plateau inculte et marécageux du Pont-Long , dont nous avons déjà parlé en allant de Montde-Marsan à Pau (Voy. page 67).
Ces landes , (dont le nom vient, d'après M. Palas.sou , de Pontus Longus (mer longue) , ont été formées par les érosions des lacs des Pyrénées , qui , en s'abattant sur la plaine, ont arraché la terre végétale, semé des pierres et formé des marais et des fondrières. Au x' siècle, elles s'étendaient encore dans toute la longueur du Béarn , depuis les confins du Bigorre jusqu'à Dax;
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mais elles ont été peu à peu réduites par la culture, et maintenant on s'efforce de les fertiliser entièrement; les paysans doutent peu du succès, car ils offrent déjà jusqu'à 1000 fr.
d'un hectare de landes. Près de Morlaas on voit de nombreuses ruines qui prouvent que le sol était autrefois cultivé. Au delà de ce désert, traversé par l'Oussère et le Luy de Béarn , s'élève une chaîne de collines arides; à leur base, du côté du N., se trouve
10 kil. Morlaas, b. de 1721 hab. , chef-lieu de cant. de l'arrond. de Pau, qui fut pendant un certain temps la capitale du Béarn et le siège de l'hôtel des monnaies des souverains du pays. D'après une légende , il doit son nom au meurtre d'un vicomte de Gascogne, qui est mort là au xi* siècle, assassiné par un de ses vassaux, Fortun-Loup , auquel on a dit : mort tu l'as.
L'église de Morlaas , bâtie et consacrée à sainte Foi, par Centulle IV (celui qui fonda Sainte-Croix d'Oloron), a une longueur de 56 met.; composée de trois nefs , elle présente à peu près le môme aspect général que Sainte-Croix. « S'il n'est plus permis de suivre cette comparaison dans les détails, dit M. Cénac- Moncaut, il faut s'en prendre à l'incendie et aux dévastations que lui ont fait subir les protestants pendant les guerres de religion, et aux réparations successives qui ont eu lieu depuis, et qui, faites à la hâte et sans goût, ont complété sa mutilation. Son architecture n'est pas unitaire; le chevet, la nef et la façade appartiennent à l'époque romane, et tout le reste de l'édifice est gothique. La façade est surmontée d'une flèche hardie , au sommet de laquelle on
voit deux sculptures représentant les vaches du Béarn. La grande porte est du plus pur style roman; les colonnettes qui l'entourent sont à demi engagées dans des débris de maçonnerie; mais elles supportent encore plusieurs rangs de voussures fuyantes de la plus grande élégance , figurant des scènes de chasse, des oiseaux, des guirlandes de feuillages, et les vingt -quatre vieillards couronnés de l'Apocalypse, entièrement semblables à ceux de Sainte-Marie d'Oloron. »
C'est sur l'autel de cette église que Gaston IV , de retour de Jérusalem , dont il avait été l'un des premiers conquérants, vint jurer le for de Moilaas ou loi du Béarn.
On ne voit plus que des ruines du formidabiC château de Gaston, appelé la Hourquie, dans lequel toutes les monnaies du Béarn avaient été frappées depuis le xi*^ siècle jusqu'à l'établissement de la monnaie de Pau.
Bizanos.
Bizanos, est décrit dans la R. 41.
De Pau à Orihez, à llonl-de-Marsan et à Paris (V. R. *», 2 et i ); — à Dax el à Bordeaux (V. R. 5); — h Rayonne (V.
R. 6); — à Oloron (V. R. 7); — à Saint- Jean-Pied-de-Porl (Y. R. 22, 23); — aux Eaux-Chaudes (Y. R. 32 J; — à Tarbes tV. K. 39); — à Saint-Sauveur, Barége», Cauterets(Y. R. kl).
De Fau aax Eaux-Bonnes.
k2 kil. Diligences tous les jours en 6 h- (àraller)et5h. (auretour), pour 7ei6 fr.
— Voilures pariiculières pour 25 ou 30 fr. Relais de poste.
Au sortir de Pau, on traverse le Gave, qui porte le nom de cette
ville , sur un pont en pierre de sept arches, construit en 1748 et appartenant moitié à Pau, moitié à Jurançon. Des maisons bordent la route; elles dépendent de Jurançon, situé à dr. (2 kil. de Pau) au pied des coteaux qui produisent ce vin historique dont Henri IV but à sa naissance (voy. page 198). Au carrefour appelé la Croix du prince parce que Louis XIII, qui avait fait relever cette croix abattue , s'y agenouilla un jour pour prier, s'ouvre à g. la route de Gélos (Voy. page 201). Un peu plus loin on remarque, sur la g., la propriété du baron Bernadotte, neveu du roi de Suède , et bientôt on franchit le Néez sur un pont nommé d'Oiy (ce mot béarnais signifie huile), parce que le Néez est si calme en cet endroit de son cours qu'il ressemble à un ruisseau d'huile. Ce pont traversé, la route remonte la rive g. de la rivière jusqu'auprès de la source dont nous parlerons plus loin.
Près du quatrième kil. , une belle allée d'arbres, bordée d'un trottoir toujours sec , conduit à la propriété des Astous.
8 kil. Gan, la première ville que l'on traverse, a été une des treize villes du Béarn ; elle était alors fortifiée et a soutenu plusieurs sièges; sa population actuelle est de 3051 hab. Elle a la prétention d'avoir vu naître Cujas, mais elle est certainement la patrie de Pierre Marca, l'historien du Béarn (1.S54-1662 ). La maison dans laquelle il reçut le jour forme l'angle g. de la grande place , au milieu de laquelle s'élève la halle. Les bains de Gan, célèbres du temps de Bordeu, sont depuis longtemps abandonnés.
C'est à Gan que la route de Pau
à Oloron se déUche (à.dr.) de celle des Eaux-Bonnes (V. R. 7).
a Jouissez avec recueillement du charme de la fraîcheur , de la douceur ravissante de cette route, véritable jardin anglais, a dit l'auteur de Vltinéraire de Pau aux Eaux- Bonnes et aux Eaux-Chaudes.
Abandonnez-vous mollement aux rêveries, aux douces pensées qui vous viendront à l'âme, jusqu'à ce que la route tourne à gauche , que vous traversiez un petit pont (sous lequel le Néez fait une petite chute) et que vous soyez arrivé au village de Rébenac. »
7 kil. (ISkiL). Bëbenac, y. del0î7 hab. , n'a absolument rien d'intéressant, mais il est le berceau de la famille Bitaubé , que la révocation de l'édit de Nantes força de s'exiler. Le château, qui attire les regards sur la dr. au milieu de vastes prairies, a conservé le nom de Bitauhé. On a découvert récemment, à peu de distance du village , une grotte qui a environ 260 met. de profondeur.
A Rébenac, la route d'Oloron à Nay croise la route de Pau aux Eaux-Bonnes.
Près du dix-huitième kil., on peut aller visiter , à dr. , à trente pas de la route, les Sources du Néez; l'une semble jaillir du rocher, l'autre sort de la terre avec tant de force et d'abondance qu'elle fait immédiatement mouvoir des usines.
Cependant la route a gravi le coteau verdoyant qui couronne le village de Sévignac. On a quitté la vallée du Néez; on va descendre dans la vallée d'Ossau.
6 kil. (21 kil.). Sévignac, v. de 922 hab. , possède deux sources minérales, l'une sulfureuse, l'autre ferrugineuse , qui ne sont pas plus utilisées que celle de Gan.
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Du haut du coteau de Sévignac on découvre une \'ue étendue ; on aperçoit à ses pieds le joli bassin au milieu duquel s'est bâti le bourg (VArudy, dominé par une butte calcaire que couronne la chapelle de Saint-Michel. Arudy , chef-lieu de canton de 1878 hab. , possède : une église du style gothique construite au xiv« ou xvi« siècle, mais défigurée par des restaurations modernes; les débris d'une vieille tour ; une ancienne maison fortifiée et plusieurs maisons du style de la Renaissance. A ro. se montrent Bescat et Buzy; un peu au delà, dans la direction du S., on voit Izeste que traverse la route d'Oloron (V. R. 8); la montagne qui le domine renferme la grotte d'Espalungue (V.
R. 33). A l'entrée de la vallée d'Ossau sont groupées les maisons de Louvie-Juzon , où va descendre la route, et, au fond, au-dessus des montagnes qui la forment, se dresse le Pic du Midi d'Ossau , facile à reconnaître par ses deux pics d'inégale hauteur. Après avoir laissé à g. Meyracq et Sainte -Coîomme (1789 hab.) et traversé
5 kil. (26 kil.), Louvie-Juaon, v.de 1681 hab., dont l'église gothique du xv ou xvi« siècle possède un clocher plus ancien terminé par une pyramide octogonale , et où l'on remarque plusieurs maisons du xvi** et du XVII'' siècle, on franchit le Gave d'Ossau , sur la rive g. duquel la route de Pau se relie à celle d'Oloron (V. R. 8). En face du pont s'élève Vhôtel des Pyrénées, qui fait parfois manger de bonnes truites, un peu trop chères, aux hôtes qu'il a l'honneur de traiter.
Un chemin de grande communication relie Louvie-Juzon à Nay et à Lestelle. Après avoir gravi un col, il descend dans
la vallée de l'Eslarresou, monte à Mifaget (219 hab.), redescend, dans la vallée du Landistou, à Bruges (1557 hab.), franchit le Bces et s'élève sur le chaînon qui sépare la vallée du Bées de celle du Cave de Pau. Avant d'atteindre Asson (2661 hab.), il se bifurque. L'embranchement de g. (nord) descend au Bées, qu'il traverse pour gagner Nay (V. B. ^i); celui de droite (est) passe à Asson, traverse le torrent le Louzon, et va rejoindre la route de Pau à Baréges, k 3 kil. de Lestelle (V. R. kl). On compte environ 21 kil. de Louvie-Juzon à Nay, et 23 kil. à "Lestelle.
Au delà de Louvie-Juzon , on entre dans la Vallée d'Owau proprement dite, vallée trop vantée par certains écrivains, car ses montagnes, peu variées de formes, sont presque entièrement dépouillées des forêts qui les embellissaient autrefois. Le torrent a de belles eaux, mais il manque de force et d'ampleur; les coteaux sont trop cultivés pour pouvoir être pittoresques; la végétation est maigre, chétive et rare; les maisons ont un aspect gris et froid que les plus habiles coloristes ne parviendraient pas à rendre agréable; le soleil le plus ardent perd son éclat sur leurs toitures d'ardoises. La vallée d'Ossau n'a de vraiment beau que son ciel, d'intéressant que les costumes et les mœurs de ses habitants.
Parcourue dans toute sa longueur par le Gave du môme nom, cette vallée , perpendiculaire à la chaîne des Pyrénées, s'étend, sur une longueur de 16 kil. environ, de Sévignac jusqu'à une faible distance au delà de Laruns. Au N. 0. , elle s'ouvre par une vaste échancrure, et va se perdre dans la plaine d'Oloron; à ro., un chaînon transversal , qui s'élève graduellement à mesure qu'il se rapproche de la
ROUTE 31. LA VALLÉE d'OSSAU.
chaîne centrale, la sépare de la vallée d'Aspe (V. R. 28 et 29) ; au S. , elle est limitée par les rochers du Hourat (Voy. plus bas) , au-dessus desquels il n'y a plus que la gorge des Eaux-Chaudes et les vallons étroits qui entourent la base du Pic du Midi; à l'E., un autre chaînon perpendiculaire à l'axe des Pyrénées la sépare des vallées d'Azun et d'Asson. I^ largeur du bassin n'est pas uniforme et devient plus considérable au débouché des vallons latéraux ; en moyenne, elle est de 2 kil. environ. Dix-sept villages se groupent çà et là sur les bords du Gave et sur les flancs des montagnes qui le dominent; d'après le recensement de 1856, la population totale de la vallée est de 16 300 hab., presque tous adonnés à l'agriculture et à l'élève des bestiaux. Le nombre des animaux de toute espèce est évalué à plus de 60000: en été, les pasteurs mènent leurs troupeaux sur les pâturages des montagnes, mais en hiver, ils descendent dans la plaine et font pacager leurs brebis et leurs vaches dans les landes du Pont-Long, situées au N. de Pau (V. R. 30).
Ces landes appartiennent en grande partie à la vallée d'Ossau , mais elles sont maintenant en vente et trouvent de nombreux acquéreurs.
Pendant les xiv% xv* et xvr, et même jusqu'au milieu du xvii* siècle , elles ont été la cause de collisions sanglantes entre les Ossalois et les Béarnais des environs de Pau, de Lescar et de Morlaas.
Jusque vers le commencement du xir siècle, la vallée d'Ossau a été gouvernée par des comtes héréditaires; depuis cette époque, son histoire se confond avec celle du Béarn. Ses armoiries portent un
hêtre séparant un ours et un taureau dans l'attitude du combat, avec cette légende : Ossau et Béarn, vive la Vacca. C'est une allusion aux combats que se livrent les taureaux et les ours dans les pâturages élevés. Le nom de la vallée lui-même, Ossau, venant du latin ursi saltus, prouve que les ours étaient nombreux dans les montagnes avoisinantes.
Les mœurs et les coutumes des Ossalois diffèrent peu de celles des Béarnais de la plaine, et le grand nombre d'étrangers qui visitent annuellement les Eaux-Bonnes ne peut manquer de faire perdre aux habitants de la vallée tous leurs traits distinctifs. Le costume lui-même s'altère de jour en jour; il n'est conservé dans toute sa pureté que par les pâtres des montagnes ou par les guides et les baigneurs qui spéculent sur l'effet de leurs vêtements pittoresques pour se faire plus grassement rémunérer.
Les Ossaloises qui s'habillent encore à l'antique mode du pays portent sur la tète un capulet de drap écarlate doublé de soie de même couleur : chez les plus riches et les plus coquettes , la doublure est damassée. Sous le capulet, un petit bonnet rond, de mousseline ou de toile , en forme de calotte, retient les cheveux et s'attache .sous le menton, laissant passer par derrière de longues tresses qui tombent sur les épaules : la taille est serrée dans un job corset, ordinairement noir, mais dont le devant est revêtu de soie ou de velours cramoisi; sur le cou repose un fichu de soie ou de mousseline peinte, dont les pointes se cachent dans le corset, laissant passer entre
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elles les bouts du ruban de fil blanc qui forme coulisse, et serre la chemise autour de la gorge. Les manches du corsage sont assez courtes.
Deux jupes noires d'étoffe de lame descendent un peu plus bas que les genoux en plis symétriques; celle de dessus, bordée d'un large ruban bleu, est relevée et va s'agrafer derrière la taille. Enfin des bas blancs, d'une laine fine, se collent sur les jambes, et s'évasent au-dessus du soulier par une cannelure à côtes.
Les jeunes gens portent une veste écarlate; en dessous, un gilet blanc, à larges revers, qui laisse voir la chemise blanche plissée et serrée au cou par trois petits boutons rapprochés ; une culotte courte de drap ordinairement brun, ou même de velours noir, avec des poches à revers garnis de galons dorés; pour jarretières, des cordons en soie de diverses couleurs, terminés par des glands-, sur la chemise, une épingle à verroteries pendantes. Les bas blancs en laine ont la même forme sur le pied que ceux des femmes. Le soulier en cuir ordinaire est quelquefois remplacé par des sandales en fil garnies de bandelettes noires ou rouges qui se croisent sur le pied. Les cheveux coupés presque ras, sur le devant de la tête, flottent sur le cou, et sont couverts du béret brun.
L'âge mùr apporte quelques changements dans le costume des deux sexes. Les hommes, en vieillissant, abandonnent la veste courte et rouge pour en prendre une de couleur foncée et tombant à larges basques sur les cuisses. Les femmes aussi renoncent au capulet qu'elles avaient porté jusque-là, et lui en substituent un de couleur
noue, ou • s'atîublent quelquefois d'un 'mantelet à capuchon, orné d'une profusion de petits dessins en laine noire.
Les étrangers qui désirent voir les costumes des Ossalois dans toute leur richesse pittoresque, doivent assister aux fêtes du 15 août à La-
runs.
A 1 kiL environ de Ihôtel des Pyrénées, iur la rive dr. du Gave, se dressent, au sommet d un mamelon rocheux , les ruines d un vieux château. Ce château, qm dominait le v. dec'astetf (410hab.), s'appelait Castel-Gelos ; des murailles crénelées le reliaient autrefois à l'éminence voisine , dont le sépare un ravin profond et que couronnent léglise et le cimetière du village. Cette double forteresse commandait Ventrée de la vallée.
Quand l' Ossalois formait un Etat indépendant , le vicomte souverain héréditaire résidait à Castel-Gelos et ne pouvait le quitter que pour aller en guerre.
La vallée s'élargit, surtout sur la dr. ; de ce côté , elle forme une espèce de cirque cultivé, au milieu duquel se irou\e Bilhères (451 hab.), qui communique avec la vallée d'Aspe par le col de Marieblanque (V. R. 29)-, presque en face, sur la rive dr. du Gave, se montre le Port-de-Béon.
2 kil. 3/4 (28 kil. 3/4). Bielle , village de 891 hab., est l'ancienne capitale de l'Ossau. a C'était là, nous apprend ici M.**% que se réunissaient autrefois les députés de toutes les communes. C'est encore là que , dans les grandes occasions, et lorsqu'il s'agit d'un intérêt commun à toute la vallée, s'assemblent les autorités des divers villages. Un coffre à trois clefs et à Uois serrures con-
tient les anciennes archives de la vallée, dites trésor d'Ossau, et confiées h la garde de trois maires qui possèdent chacun une clef. « Les nombreuses compagnies industrielles que pendant un temps nous voyions surgir chaque jour, ajoute le spirituel auteur de Vltinéraire d'un touriste, et qui n'auTQfit pas à garder des archives aussi vieilles que celles d'Ossau ; ces compagnies , à ce qu'il paraît, n'avaient pas inventé du nouveau en nous annonçant pompeusement que , pour plus de sécurité, les fonds des actionnaires seraient renfermés dans une caisse à trois serrures et à trois clefs. Cette prétendue idée neuve n'était qu'une contrefaçon du môme coffrefort de Bielle. »
Les archéologues visiteront à Bielle : 1» l'église de style gothique; elle est à trois nefs et on remarque de nombreuses sculptures aux portails, aux clefs de voûte, sur les chapiteaux et sur les consoles:
2» près de l'église, les restes d'une abbaye d'architecture romane; 3» des maisons des xv« et xvr siècles, ornées de sculptures d'anges, de sirènes, de bas-reliefs, d'écussons, etc.; 4» les débris d'une tour et d'une maison fortifiée.
La route traverse ensuite les villages insignifiants de Belesten , Gère et Geleu; près de ce dernier on exploite d'abondantes ardoisières; sur l'autre rive du Gave on a laissé successivement Béon et Aste, qui ne méritent aussi qu'une simple mention. Plus loin, au-dessous de Louvie - Souhiron (400 hab.), une tache blanche attire les regards sur la montagne : c'est une carrière de marbre qui fournit à nos plus grands artistes les blocs qu'ils transforment ou qu'ils s'efforcent
de transformer en chefs-d'œuvre.
De cette mine inépuisable, mais insuffisamment exploitée, malgré la supériorité de ses produits, — car, d'après les rapports faits en 1823 et 1829 par MM. Héricart de Thury, Gisors et David, les marbres de Louvie peuvent soutenir la comparaison avec ceux de Carrare et de la Grèce , — sont sorties les statues de la place de la Concorde, celles qui décorent l'extérieur de la Madeleine, leCincinnatusde Foyatier, le Caïn d'Êtex, le Tambour républicain et le Talma (buste) de David, les quatre Êvangélistes et la Vierge de l'église deBétharram.etc.
Un chemin de montagne conduit de Louvie -Soubiron dans la vallée du Louzon, par le col de Louvie. Avant de franchir ce col, il remonte la vallée du Canceig, où il iraverse le hameau de Listo. \.e cl franchi, il descend, par le.boisde la Herrère, au village Les Ferrièrei , en laissant à dr., Arbéost (Y. R. 37). De ce village on peut aller par la vallée du Louzon , dans laquelle on trouve successivement Claverie, Calibets et Arlhez d'Asson, rejoindre près d'Asson la roule de Louvie-Juzon à Lestelle et à Nay ( Voy. cidessons, page 20"»), et se rendre dans le val d'Azun, par la montagne, soit à Arrens, soit à Aucun (V. R. 3T.) Ces divers passages, que noua nous bornons à indiquer, n'offrent aucun intérêt aux touristes.
A. dix minutes au plus de Louvie - Soubiron , sur la rive g. du Canceig, se trouve Béost, v. de 384 hab., qui possède une église romane du xii« siècle, restaurée en partie aux xv« et xvi- siècles, une jolie fontaine et des maisons deâ xv, xvi« et XYii' siècles. Un peu au-dessus, à l'extrémité supérieure d'un plateau , quelques cabane;* forment le hameau de Bagés. C'est là que demeure Gaston Sacaze , un
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berger, qui a appris sans maître le latin, le grec, le dessin, la musique , etc. , et qui s'est fait un nom comme botaniste.
Mais ce qui attire surtout les regards des étrangers, avant leur arrivée à Laruns , c'est le Gourzy , tapissé de belles forêts, et qui semble fermer la vallée; c'est surtout le Pic deGer, qui dresse fièrement sa tête chenue au fond de l'étroite vallée où jaillissent les Eaux-Bounes.
8kil. (38kil.de Pau, 33 kil. d'Oloron ) Xiarunt {Hôtel des Touristes) , chef-lieu de canton de 2239 hab. , a un vaste territoire qui s'étend jusqu'à la frontière espagnole, et qui comprend le Pic du Midi d'Ossau.
C'est un amas assez laid de maisons grises couvertes en ardoises. Sur la place s'élève une fbntaine en marbre, qn'un enfant du bourg, M. Coudurat, établi à Saint-Pétersbourg où il s'est enrichi par son industrie, a fait construire à ses frais. C'est le \h août qu'il faut voir cette place; elle devient, ce jour-là, le théâtre d'une grande fôte d'autant plus intéressante pour les étrangers , que presque tous les acteurs ou spectateurs ont conservé les costumes pittoresquesdeleurs ancêtres (V.p. 206).
L'église de Laruns mérite à peine une visite ; elle a été bâtie dans le style gothique, aux xve et xvi« siècles, souvent remaniée depuis, et flanquée d'un affreux portail d'architecture gréco-romaine ; l'intérieur renferme un bénitier en marbre du xv« siècle, dont l'exécution n'a rien de remarquable.
Un cliemin de montagne conduit de Laruns à Bédous clans la valloe d'Aspe, par le col de Las Arques (V. R. 29.)
A peine a-t-on quitté Laruns que l'on traverse le torrent ou plutôt le lit large et gris (la couleur manque
partout dans celte vallée) du torrent l'Arrieuzé , puis, laissant à dr. l'ancien chemin des Eaux - Chaudes , on vient franchir le Gave d'Ossau avant d'atteindre le point de bifurcation des routes qui conduisent :
celle de dr., aux Eaux-Chaudes, celle de g. , aux Eaux-Bonnes.
Le poteau placé près du petit cabaret en planche (bierre, limonade gazeuse, etc.), où une voiture spéciale attend les voyageurs qui .se rendent aux Eaux-Chaudes et qui doivent subir un transbordement assez désagréable, porte les indications suivantes, qui ne s'accordent pas tout à fait avec celles des bornes de la route : Eaux-Bonnes, 3 kil. 1/3, Eaux-Chaudes, 4 kil. 1/2, Pau, 38 kil., Oloron, 33 kil.
La route qui, du point de hifurcation, monte par une pente souvent trop rapide aux Eaux-Bonnes, n'a été ouverte qu'en 1808 sous l'administration de M. le général de Castellane, préfet des Basses-Pyrénées.
Elle est tracée sur la rive g. du torrent le Valentin , à la base ilu Gourzy aux flancs boisés. Du côté opposé .se dresse une triste montagne nue qu'on appelle la Montagne Verte. Sur la rive dr. du Valentin, on aperçoit, en montant, une espèce de château appelé le château d'Espalongue , qui appartenait à la famille de Livron, le village tVÀssoHste (1U4 hab.) et celui d'Aas (404 hab. ) , le propriétaire de.s Eaux -Bonnes. A g. de la route, à peu près à moitié de la montée, une plaque de marbre noir porte le nom d'une villa, la villa Castellane.
qui n'a jamais été construite , et au-dessous de l'emplacement de laquelle s'ouvre une grotte moins curieuse que ne le promet un écriteau trop louangeur. Rien ne vient, dans
cette montée passablement fastidieuse, détourner les regards qu'attirent les roches grises et nues du Pic deGer, jusqu'au moment où, la route tournant brusquement, on atteint les premières maisons des Eaux-Bonnes qu'on ne voit pas avant d'y entrer (V. R. 33).
S. B. Au moment où s'imprime ce volume (août 1858), on travailleà la construction d'une nouvelle route, plus facile et plus pittoresque, qui montera du point de bifurcation aux Eaux-Bonnes.