‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 125 sur 382 · LES SOURCES · texte numérisé non relu

LES SOURCES

Eau thermale, sulfureuse.

Connue dès le commencement du xvi* siècle.

Émergence : Du calcaire non loin du point d'affleurement des ophites.

Cinq sources: S. Vieille, S. d'Enbas, S. Nou\elle, S. du Bois ou Froide, S. d'Ortecb. L'Annuaire des Eaux minérales de France en indique 8. La S. Vieille et la S. Froide sont à peu près les seules utilisées, la première surtout.

Débit : S. Vieille, 6 lit. par min.

S. d'En-bas, 22 ht. par min.

Température : S. Vieille, 32«.8; S. Froide, 11«,9; S. d'En-bas, 3œ,4; S. Nouvelle, 30% 2.

Caractères particuliers : Eau limpide, onctueuse au toucher, odeur sulfhydrique prononcée , saveur peu désagréable.

Établissement aménagé presque uniquement pour l'usage de l'eau en boisson. Il est de tradition de ne pas se baigner aux Eaux-Bonnes, et c'est fort heureux, car le faible

débit des sources ne permettrait pas l'application d'une autre doctrine. Sept à huit baignoires.

Service médical : Un médecin inspecteur; un inspecteur adjoint.

Climat doux, atmosphère habituellement calme, température assez constante en été.

E(fets physiologiques ; Appelées autrefois Eaux d'Arquebusades, comme spécifiques dans le traitement des blessures anciennes, ces eaux agissent principalement en activant les fonctions des organes de la respiration , et sont appliquées aujourd'hui presque uniquement au traitement de certaines affections de l'appareil respiratoire; signalées dès longtemps comme devant être employées avec prudence et surveillées dans leurs effets.

Les Eaux-Bonnes se transportent en grande quantité.

Classification chimique : Eau sulfatée à base de chaux, avec forte proportion de chlorure alcalin.

L'analyse d'une certaine quantité d'Eaux-Bonnes, expédiée à Paris, a donné les résultats suivants :

Analyse (0. Henry 1833.)

Eau 1 kil.

g''- Carbonate de chaux 0,00<i8

Sulfate de chaux 0, ii80

» de magnésie o,oi'i5

Cblurure de sodium 0,3'i23

» de potassium traces

» de magnésium 0,00(i(k

Acide silicique ei oxyde de

fer 0,0160

Matière organique suKurée.. . o,i065

lit.

Acide sulfhydrique 0,0055

Acide carbonique 0,006(t

Bibliographie : A. F. Andrieu, essai sur les Eaux-Bonnes.... Paris ibkl. —

E. Caienavc, recherches cliniques sur les Eaux-Bonnes.... Paris iSS"!, in-8.

Tarifées bains et de la buvette.

Le médecin inspecteur et le médecin inspecteur adjoint dirigent le service de l'établissement. Le tarif des bains et des douches est fixé ainsi qu'il suit :

Baim : du l" juin au l" sept, l fr. 00 c. pendant le reste de

l'année * 8^

(Le prix du linge n'est pas compris dans ce tarif. )

Pour les domestiques et journaliers, le prix des bains, par exception, est réglé ainsi :

Du !•' mai au i"' novembre, 0 fr. 50 c. Du I" novembre au !•' mai.. 0 30

Bainsdepicd 0 10

Bot wons. — Abonnement à la saison :

Pourles domestiques et journaliers. 1 fr. Pour les personnes de toute autre

classe ^^

Le prix des bains et des boissons se paye d'avance entre les mains du fermier ou d'un de ses agents , dont le bureau est situé à l'établissement.

Le Jardin anglais, qui n'est pas môme un jardin français (M. laine l'appelle spirituellement un préau), s'étend en face de la Grande-Rue, le long du rocher au pied duquel coule le ruisseau de la Soude, aujourd'hui encaissé. De grands arbres l'ombragent; on y trouve des bancs ou des chaises pour s'asseoir; enfin on y voit la rue et les maisons qui la bordent : c'est tout ce qu'on peut en dire. Il serait facile d'en faire à peu de frais un véritable jardin. Il est pourtant le principal rendezvous des promeneurs et des guides.

Deux sentiers, dont l'un s'ouvre dans l'angle et l'autre au centre môme du jardin anglais, montent à la Promenade Orammont, qui conduit, par une pente d'abord assez douce , puis plus roide , jusqu'à l'un des premiers plateaux du Gourxy. De là on découvre une vue étendue , sur la vallée d'Ossau et les montagnes qui la séparent de la vallée d'Aspe, le confluent du Gave de Gabas et du Valentin , la Montagne Verte et les villages d'Aas et de Béost.

La Promenade Jacqueminot, une branche de la promenade Grammont , commence à mi-côte et monte à travers une belle forêt de sapins, d'où la vue s'étend à une grande distance du côté du N. On peut môme par un beau temps apercevoir la ville de Pau au delà des vallées d'Ossau et de Néez. Des bancs commodes ont été placés sur toutes les éminences d'où l'on découvre des points de vue remarquables.

Le Kiosque est un petit paviUon bâti sur une hauteur rocheuse et boisée qui domine la gorge de la Soude. Les sources thermales qui font la richesse des Eaux-Bonnes sortent de la base de ces rochers, et ce n'est pas sans raison que les habitants des Eaux-Bonnes leur ont donné le nom de bute du Trésor.

Un petit sentier monte en serpentant de la promenade de l'établissement thermal jusqu'au kiosque. De ce point on découvre au-dessous de soi la grande rue du village, le cours du Valentin et la route jusqu'à I^runs.

La Promenade Xynard, due à

la munificence de M. Eynard le

Philhellène, a été taillée sur les

pentes boisées qui dominent la

I rive g. du Valentin; vis-à-vis

de l'autre côté du Gave, se dresse la Montagne verte , qui n'offre i)as d'aspects pittoresques.

La Promenade horizontale ,

cette belle allée ouverte en 1842 et exclusivement réservée aux piétons, contourne le flanc de la montagne deGourzy, en restant toujours à la même hauteur. Elle doit, quand elle sera terminée , réunir les deux établissements des Eaux-Bonnes et des Eaux-Chaudes; mais un avide propriétaire , qui demandait un prix fabuleusement exagéré pour une petite pièce de terre rocailleuse, en a retardé jusqu'à ce jour l'achèvement; du reste la nouvelle route lui fera probablement une concurrence redoutable, a Le reste du pays, dit M. laine, n'est qu'escarpements et descentes ; quand, pendant huit jours, on a connu la fatigue de grimper courbé, de descendre en trébuchant, de réfléchir par terre aux lois de l'équilibre, on trouve agréable de marcher sur un terrain uni et de laisser aller ses pieds sans songer à sa tête ; c'est une sensation toute nouvelle de sécurité et de bien-être. La route serpente sur un versant boisé que les eaux d'hiver sillonnent de ravins blanchâtres; des sources épuisées se glissent sous ces traînées pierreuses et les couvrent de plantes grimpantes ; on passe sous les gros hêtres, puis le long d'une plaine inclinée, peuplée de fougères, où les vaches paissent, agitant leurs clochettes; la chaleur est tombée, l'air est doux, un parfum de verdure saine et sauvage arrive avec la moindre brise; dans le demi-jour passent de belles promeneuses en blanche toilette, dont les ruches de dentelle et les mousselines flottantes

se soulèvent et frémissent comme des ailes d'oiseau. Nous allions tous les jours nous asseoir sur une pierre au bout de ce chemin; de là, à travers toute la vallée d'Ossau, on suit le torrent devenu rivière; la riche vallée, coupée de moissons jaunes et de prés verts, s'ouvre largement au bout du paysage , et laisse le regard se perdre dans le lointain indistinct du Béarn. De chaque côté , trois montagnes avancent leur pied vers la rivière et font onduler le contour de la plaine ; les dernières descendent comme des pans de pyramide, et leurs pentes d'un bleu pâle se détachent sur les bandes rougeâtres du ciel terni. Le fond des gorges est déjà sombre ; mais en se retournant on voit la cime nue du Ger resplendir d'un rose tendre et garder le dernier sourire du soleil. »

Une plaque de marbre blanc des environs de Gabas, érigée à l'extrémité de la Promenade horizontale, porte les noms de MM. deKergorlay, de Ville, Moreau et Dulong de Rosnay, qui en ont conçu les premiers le projet, et commencé l'exécution.

Une autre promenade , moins agréable, traverse le Valentin, passe au village d'Aas et gravit en serpentant les flancs de la Montagne verte. Il faut deux heures pour aller des Eaux-Bonnes jusqu'au sommet du plateau. En redescendant, on peut, pour gagner Laruns, traverser Aas , Assouste et Béost. On remarque dans l'église d'Aas une assez bonne copie d'un bon tableau de Crayer, dont l'original se trouve au musée de Lille. Assouste conserve encore quelques vestiges de son ancien château. « Pendant les guerres entre les catholiques et les protestants qui désolèrent le Béarn en

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