ROUTE 35. DES EAUX-CHAUDES AUX BAINS DE PANTICOSA
la descente, qui est douce et facile; bientôt on entre dans la petite vallée du Rnumigas , arrosée par le Gallego et remarquable, disent les botanistes , par la grande quantité de plantes qui y croissent : c'est un des plus beaux centres de la flore pyrénéenne.
Laissant à g. un lac qui remplit un petit enfoncement au pied du pic de Pey relue, et évitant le passage des Pierres de Claude, plus court d'environ un quart d'heure, mais beaucoup plus pénible, on descend le cours du Gallego; on passe devant le poste des douanes espagnoles et, 4 ou 6 heures après avoir quitté la case de Broussette, 6n arrive à Sallent, v. bilti en amphithéâtre à la base du pic de Peyrelue, sur la rive g. du Gallego, au confluent de la petite vallée du Roumigas avec la grande vallée de Tena , et situé à une hauteur moyenne de 1252 met. audessus du niveau de la mer. Il n'offre rien de remarquable que sa petite église assez bien décorée, qui possède un trésor plus riche que celui de beaucoup de cathédrales.
On y trouve une auberge , dans laquelle, suivant l'expression d'un voyageur, on peut presque dormir; le chocolat à l'eau de cette auberge jouit d'une grande réputation.
De Sallent, un sentier difficile mène au col de Somport (V. R. 28) par le port d'Izas (2817 met.), qui sépare la vallée de l'Aragon de celle du Gallego. On compte 8 heures environ de Sallent à San Antonio.
A un quart d'heure de Sallent on traverse le petit village de Lanus, situé également sur la rive g. du torrent, et quelques instants après, à la sortie d'une suite de défilés étroits, boisés et montueux, on dé-
couvre à ses pieds la magnifique vallée de Tena , ancien lac , arrosée aujourd'hui parle Gallego. Resserrée de tous les côtés entre de hautes montagnes , parsemée de 1 1 villes ou villages qui brillent comme des points blancs sur sa surface verte, elle s'étend à perte de vue vers le S. 0. et laisse apercevoir au loin les vastes plaines de l'.\ragon. Derrière soi on a la gorge de Sallent, qu'on vient de traverser, et au fond (le laquelle se dresse, formidable et isolé, le pic de Peyrelue.
Le sentier ne descend pas au fond de la vallée, mais il continue à serpenter sur le flanc des montagnes qui le dominent h g. On laisse audessous de soi, à dr, , lesv. d'ElPllyo^ d'Escarilla et de San Dimiisio, à demi cachés par des bosquets de noyers; puis on entre dans une gorge qui s'ouvre à g. et où l'on trouve bientôt Panticosa, v. entouré de châtaigniers et de noyers magnifiques, mais composé de misérables cabanes; l'église elle-même est très-dégradée , et ses autels autrefois dorés sont maintenant dans un assez mauvais état.
De Panticosa, deux routes conduisent :
à Saragosse (27 lieues), et à Huesca (16 lieues >/2) Ces deux routes ont un tronçon cimimun de Panticosa à Biescas (2 lieues i/2).
Il fautau moins 1 h.l/2ou2h. pour aller de Panticosa aux Bains, a Presque en sortant du village on entre, dans une gorge étroite qui a pour nom VEscalar (escalier) , et jamais nom ne fut mieux mérité. La route s'attache aux flancs du rocher et surplombe par moments le torrent de Calderas, qui descend du lac de Panticosa et roule en mugissant au fond du précipice. Plus on s'élève en gravissant le long de cette cor-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
niche, qui laisse à peine un passage suffisant aux chevaux, plus la gorge se resserre . plus son aspect devient sauvage et la végétation rare et rabougrie; on ne voit plus autour de soi que le rocher. 3> Trois quarts d'heure après être parti du village, on aperçoit sur la g., à 100 met. de hauteur, une source d'eau minérale qui jaillit de la roche vive; Tàpreté des sentiers rend son exploitation presque impossible.
Enfin, le chemin tourne brusquement et l'on découvre une espèce de cirque formé par des rocs de granit presque entièrement dénudés, de l'effet le plus pittoresque et le plus sauvage. A dr. s'élèvent quelques bAtiments groupés çà et là: c'est Vétahlisiiement thermal; à g. s'étend un petit lac bleu qui vient baigner le pied des biltiments et dans lequel de magnificiues cascades se précipitent du haut des roches; le tout est renfermé dans une enceinte d'un kil. de diamètre environ.
Bains de Fanticosa.
RENSEIGNEMENTS (.ÉNÉRAIX.
HÔTELS. — l'Os neuf niaisontj qui forment rétabli ssenierit appartiennent toutes au luème piopriéiaire et sont parfaitement disposj-es pour la n-ception des ttran^jers. La maison de Abajo (en l)as) est à 3 «ta^es; elle contient ^3 appartements distincts et une chapelle.
La maison de lot Herpès ( Dartres ^ a 2 éta^çes et contient il appartements élégants et commodes. Les maisons del Estomayo ( de l'Estomac ), Borda , Nueva, sont également bien dispo.sées pour les voyageurs, et peuvent loger de 120 à i'iO malades. Léiablissemeni thermal de Panticosa est l'un des meilleurs de l'Espagne.
Prix, dune chambre par jour : 3 à I» réaux (environ i fr.).
En sus, prix d'un lit : k réaux (» f>'.).
Appartement dans la maison de la Prad^ra (Prairie) : il-i5réaux.(3à%fr.)
Déjeuner et dîner : ik réaux (3fr. 50).
Chevaux dans la maison Borda. On les paye ordinairement 20 rcaux ( 5 fr.) par jour.
PouTEiRS. — 2 réaux (50 c-)- Les malades s'en servent pour aller à la mai son de l'Estomac, située un peu en dehors de l'ctablissement sur le sommet d'une colline.
Le médecin-inspecteur de rétablissement est don Victoriano Usera.
Bains. V. ci-dessous le paragraphe spécial.
L'étabhssement de Panticosa n'existe que depuis 1820. A celte époque don Nicolas Guallart acheta ces sources moyennant une redevance annuelle de 4000 réaux (1000 fr.). et depuis il a fait construire les neuf maisons de l'établissement et le petit édifice élégant du Tcmplete, qui s'élève sur les bords du lac. De 1827 à 1831, 2747 malades visitèrent les bains de Panticosii , ce qui fait une moyenne d'environ bhO personnes; maïs, de 1835 jusqu'en 1839, le nombre des baigneurs diminua , h cause de la guerre civile et de l'insécurité des routes ; il ne fut [dus que de 420 par an; depuis, il a constamment augmenté : en 1851, il s'éleva à 594. Le bénéfice annuel du propriétaire peut s'évaluer à 50000 réaux (12.'jOO fr.) par an.
Les malades pauvres sont reçus, soignés et hébergés gratuitement.
Les E.spagnols, qui craignent moins que les Français de s'atta- ([uer à la réaUté, ont osé donner à leurs sources des noms très-significatifs, et il n'est pas besoin des indications d'un médecin pour guider les malades dans le choix qu'ils doivent faire parmi ces diverses l sources. U plus sulfureuse est