‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 171 sur 382 · ROUTE 47. DE TARDES A SAINT-SAUVEUR · texte numérisé non relu

ROUTE 47. DE TARDES A SAINT-SAUVEUR

magniluiuc gorge un peu trop dépouillée darbresdans sa partie inférieure. .

Une ligne blanche, tracée horizontalement à une assez grande hauteur sur le roc taillé à pic, et continuée, tantôt par des échelles horizontalement placées que supportent des barres de fer enfoncées dans le roc. tantôt par un étroit sentier, attirait jadis l'attention du voyageur. C'était l'étude d'une route nouvelle qui restera (on y travaillait en 1858) constamment sur la rive dr. du Gave, durant la plus grande partie du trajet , afin d'obvier ainsi aux éboulements fréquents des rochers qui surplombent la rive g.

De Pierrefitte à Luz en effet, on ne compte pas moins de 7 ponts : le pont de vaielongue, le pont de VÉcheUe et le Pont y'euf sur le Gave; plus loin, au-dessous du pont plus pittoresque de l'ancienne route, le pont d'Enfer , sur le Gave de Lartigue, qui descend des montagnes de TE. au milieu de rochers jaunis par le soufre et par l'ocre ; e beaupontdelai/i/adère(fileuse), construit eu pierres de serpentine par MM. Livet et Lefranc; un autre pont sur le Gave entre Sassis et Sère; enfin, le septième sur le torrent du Bastan, îi l'entrée de Luz. « Au sortir de ce défilé, dit encore George Sand, nous aperçûmes au fond de la gorge, qui insensiblement s'élargissait devant nous, la délicieuse vallée de Luz inondée des feux du soleil levant. U hauteur des montagnes qui bordent la route ne permettait pas encore au rayon matinal d'arriver jus<iu'à nous. Le merle deau ne faisait pas entendre son cri plaintif dans les herbes du torrent. L'eau écumante et froide soulevait avec effort les voiles de

brouillard étendus sur elle. A peine, vers les hauteurs, quelques lignes de lumière doraient les anfractuojjités des rochers et la chevelure pendante des clématites. Mais, au fond de ce sévère paysage, derrière ces niasses noires, ûpres et revèches comme les sites aimés de Salvator, la belle vallée, baignée d'une rosée éliiicelante, nageait dans la lumière et formait une nappe d'or dans un cadre de marbre noir. »

9 kil. (4G kil.). Le village de Chèse (190 h.) est situé sur la rive dr. du Gave, près du pont de la Hiludère, dont l'obélisque j)orte l'inscription suivante : La vallée de Bamjes à la reine llortense. 1807. II fut em- I)orté en 1301 par un éboulement formidable de neige qui engloutit plus de cent personnes. Les églises de ce village et du hameau voisin de Saint-Martin, ayant résisté à l'avalanche, .sauvèrent ceux qui y vivaient cherché un asile. Le village de Chèze fut seul rebâti, elles habitants de Saint-Martin s'établirent dans les villages voisins moins exposés. Saliyns ('273 h.), situé plus haut sur la rive dr. du Gave, à 3 kil. de Luz, a 'été également menacé •l'une destruction totale. Vis-à-vis •le Chèze, sur le versant oriental •lu pic de Viscos (2143 met.), se montre le v. de Vi.scos, près duquel jaillit une source ferrugineuse.

Entre 5a;:o5 (rive g.) et Visos (rive dr.), et à une faible distance de Saasis, V. de 101 h., situé sur la rive g.' on passe sur la rive dr. du Gave , et bientôt on arrive au petit groupe de maisons de Serre ou Lasserre.

l-'église de ce hameau, assez complète, rappelle le tyi»e primitif des églises romanes ; elle date certainement d'une époque antérieure au XJ1« siècle. En en déblayant récem-

ment les abords, qui s'étaient considérablement exhaussés par suite •l'inhumations séculaires, on a relevé un grand nombre de tombeaux.

Cette circonstance, rapprochée de l'importance de l'édifice, permet de supposer que l'église de Lasserre fut construite pour une agglomération d'habitants beaucoup plus considérable que celle qui l'entoure aujourd'hui. Sa situation sur un lieu escarpé, favorable à la défense, pourrait donner à croire que les premiers habitants de la vallée de Luz se groupèrent sur ce point et y fondèrent leur première capitale.

Mais, lorsque les Templiers eurent construit leur établissement au milieu des vertes prairies de la vallée, il est |)robable que la population afflua sur les rives plus riantes du Bastan , et Luz finit par remplacer l'ancienne ville de Serre, qui perdit toute son importance , et qui ne forme plus qu'une moitié de commune, ayant avec le village d'^*-quièze une population de 413 h.

C'est à Esquièze qu'on danse le (jaharet mieux que partout ailleurs.

Les jeunes gens se réunissent par^s de tous les falbalas et de tous les accoutrements ridicules du canton. Un d'entre eux, représentant Bayard, s'avance d'un air héroïque sur un cheval de bois. Tous les jeunes gens dansent avec des contorsions grotesques une espèce de drame dont l'action consiste dans l'enlèvement d'une jeune fille; mais le chevalier sans peur et sans reproche la délivre et la reconduit à ses parents.

Lu chapelle d'Esquièze, malgré sa reconstruction toute moderne, a conservé une petite fenêtre percée d'un fer de lance à la clef, dans le genre moresque, une lucarne à as-

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