‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 223 sur 382 · ROUTE 63. DE TAREES A BAGNÈRES DE LUCHON · texte numérisé non relu

ROUTE 63. DE TAREES A BAGNÈRES DE LUCHON

droite; ce n'est qu'après avoir traversé le Canal (TAlaric , creusé , diton , par le roi visigoth que tlovis vainquit h Voulon , et laissé à dr. dans les terres le v. de Barhasan de Bat (802 hab.), qu'elle oblique à g. pour s'élever sur un plateau, en contournant la base méridionale d'un grand bois qui en recouvre les pentes. On traverse alors des campagnes peu fertiles, au milieu desquelles on voit d'abord à dr. (9 kil.

de Tarbes), Angos, v. de 202 hab. :

à g. (10 kil.), Calaianté, v. de 233 hab. ; puis encore à dr. (10 kil.) , Mascaras, v. de 374 hab. , situé sur une colline dominant à l'E. le petit ravin de Lasserem.

Plus loin, on descend du plateau pour franchir le ruisseau Larret- Derrière, qui, plus au N., traverse de grands bois et va se jeter dans l'Arros; on laisse à g. sur une colline (15 kil.) Lhez, V. de 193 hab., puis Bordes, v. de 933 hab., situé sur l'Arros, et. remontant la vallée dans la direction du S. E. , on franchit l'Arros à

18 kil. Tourna!/, chef-lieu de canton, V. de 1408 hab.

20 kil. De Tournay à Bagnères de Bigorre par Cieutat (V. U. 62).

Au delà de Tournay , on longe la rive dr. de l'Arros jusqu'à

l kil. (19 kil.) 0;:on, v. de 821 hab. situé sur un monticule; puis on se dirige brusquement au S. E. vers les hauteurs du plateau , par le ravin du ruisseau la Lune.

1 kil. (20 kil.) Lanespède , v. de 449 hab., au delà duquel, traversant la Lène, ou longe sa rive g.

jusqu'à

6 kil. (26 kil.) Pérée , v. de 213 hab. Là on entre définitivement dans la région des landes. On laisse

à g. sur la hauteur le \. de Lulilhous (316 bab.), et l'on descend, par une grande colline couverte de bruyères, dans le ravin où la Baise- Derrière prend sa source , et où vient aboutir du côté de l'O. la route de Bagnèros de Bigorre à Bagnères de Lucbon (V. R. 62).

8 kil. (34 kil.). Lannemeran (Lanné-Mitan, Lande-Milieu), cheflieu de canton , bourg de 1570 hab..

est situé sur la rive dr. de la Baise-Devant, tout près de la source du Gers, qui jaillit sur le plateau un peu plus à l'E. La chapelle de Lanneme/an , édifice insignifiant du reste, date de l'époque romane ; elle offre, comme celle de Cieutat, une ouverture spécialement destinée aux Oàr gots. La disposition de ce guichet." fermé par une claire-voie de chêne toute moderne, prouve que. jusqu'au milieu du xvii» siècle, les r.agots ne pénétraient pas dans la nel elle-même.

Il existe dans le voisinage de Lannemezan des traces d'une ancienne voie romaine qui se prolongeait le long des crêtes jusqu'à Bordeaux, en restant toujours sur la ligne de partage entre l'Adour et la Garonne.

A 2 kil.de Lannemezan 36 kil.>« la route croise presque à anjfte droit celle d'Auch à la vallée d'Aure.

A 2 kil. du point de croisement, la route d'Espagne descend du plateau des Landes dans la petite vallée du Biouet , puis dans celle de la Neste, dont elle suit d'assez loin la rive g. On laisse à g. les villages de : (5 kil.) Labarthe, chef heu de canton de 810 hab., où l'un croise la route de Capvern à

Saint-Bertrand (V. R. 62) ; —4 kil.

(9 kil.) Izaux (320 hab.); — 3 kil. (12 kil.) lJ)rtet (568 hab.), dominés tous trois par des collines arides et brûlées. 'Vis-à-vis de ce dernier village , de vastes grottes s'ouvrent dans les rochers ; plusieurs d'entre elles sont fortifiées et percées d'embrasures par où les assiégés pouvaient tirer sur les assaillants; il n'est pas douteux que ces grottes n'aient servi de refuge aux habitants pendant les guerres de la féodalité. On prétend qu'on y a découvert des trésors : de là viendrait le nom de Lortet {Vor tect ; aurum tectum). Plus loin, la gorge de la Neste se resserre, et, après avoir traversé le v. de 1 kil. (13 kil.) Hèc1^€S (1062 hab.), aux environs du(iuel on exploite une carrière de beau marbre noir, la route suit le bord même de la rivière. 'Vis-à-vis de Hèches, près du hameau de lléchettes , on voit une ancienne tour à signaux très-pittoresquement située sur un rocher qui surplombe le torrent, ainsi que deux pierres druidiques.

8 kil. (21 kil.) Sarrancolin, V.

de 1086 hab. , tire son nom de sa position entre deux escarpements:

serrée collvhe. Elle est très-ancienne, fort laide et mal bâtie. Son éghse, construite à la fin du xii* siècle ou au commencement du xiir, présente un grossier mélange de pleinscintres et d'ogives; les boiseries du chœur datent du xvi' siècle, mais elles ne sont pas moins médiocres que le reste de l'édifice. On gardait autrefois près de l'autel les cendres de saint Ébons , patron de Sarrancolin; en 1793, elles furent jetées au vent. Le prieuré a complètement disparu, et, de l'ancienne ville , il ne reste plus que cinq ou six maisons à

pignons et à croisées du xii"= siècle; une porte de ville en ogive encore munie de ses rainures de herse, de ses gonds , et surmontée de sa tour carrée, et les débris du castel abbatial, où, dans l'année 1280, les moines qui s'étaient révoltés se défendirent vaillamment contre l'évêque de Comminges.

"Vis-à-vis de Sarrancolin, sur la rive dr. du torrent, se trouve le village A'Ilhet (729 hab.), au débouché d'un vallon où l'on voit les cinq plus vastes grottes de la vallée de la Neste. Aux environs, on exploite de belles carrières de marbre.

A i)eu de distance, au S. de Sarrancolin. une autre gorge, descendue des montagnes boisées de l'O., offre une communication facile avec Bagnères de Bigorre (V. R. 60).

Sur le versant méridional de cette gorge sont les immenses et magnifiques carrières de marbre de Beyrèdc, un peu au-dessus du v. de môme nom ; dans le commerce , on connaît généralement ce marbre, ainsi que celui d'Ilhet, sous le nom de Sarrancolin. Au delà de

1 kil. (22 kil.) Beyrède, v. de 519 hab., on parcourt une espèce de défilé entre deux terrasses , dont les hameaux de Jumet , à dr.; Camous (131 hab.); Fréchet (48 hab.), et Pailhac (71 hab.), occupent les rebords. Après avoir franchi ce passage désolé, on entre enfin dans le bassin de

6 kil. (28 kil.) Arreau, où commence la vallée d'Aure proprement dite. (V. R. 61)].

Après avoir laissé à dr. la route d'Espagne, on franchit le Gers, qui n'est encore qu'un simple ruisseau , et bientôt on atteint

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ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

2 kil. (38 kil.) Pinas, v. de 385 h. , au delà duquel on franchit la petite rivière de la Save, pour remonter sur le plateau des Landes de Lannemezan, d'où l'on découvre à dr. la riche vallée de la Neste s'étendant de ro. à l'E. , toute parsemée de villages. Ceux de la rive dr. sont:

Tu::aguet (1304 hah.); Anères (404 hab.) ; Saint-Laurent (1623 hab.) ; Saint -Paul (606 hab.); Mazères (631 hab.).

Vis-à-vis de ce dernier village, la route, sortant du département des Hautes-Pyrénées, entre dans le département de la Haute-Garonne à peu de distance de

12 kil. (50 kil.), Montrejeau (Mùns Regdlis) , chef-lieu de canton de l'arr. de Saint- Gaudens (Haute- Garonne), V. de 3940 hab., située à l'extrémité du plateau, sur la pente d'une colline dont la Garonne vient baigner la base méridionale, un peu en aval de son confluent avec la Neste. Du sommet de cette colline, on jouit d'une vue magnifique sur les deux vallées, et sur la haute chaîne (lue dominent au S. les monts Maudits.

L'histoire de Montrejeau est celle

de tout le pays de Comminges (V. Muret , R. 69). Kn l'an vu , des émigrés venus d'Espagne pour prendre part au mouvement qui, à cette époque , agita le Midi , s'avancèrent jusqu'au pied de la ville, mais ils furent défaits et contraints de regagner précipitamment la vallée d'.Vran.

L'église , de construction moderne, n'offre aucun intérêt; elle a remplacé une église ogivale dont quelques débris, datant du xiV ou du XV' siècle, existent encore. Le parc (le M. Lassus de Camon, situé près de la ville, est le plus beau parc des Pyrénées ; il renferme un vallon tout entier.

.V Montrejeau, la route se bifurque ; celle de dr. continué à longer la rive g. de la Garonne jusqu'à Saint- Gaudens et Toulouse, tandis que celle de g. , traversant le fleuve sur un beau pont en marbre de six arches , se dirige au S. dans la plaine, où elle rencontre bientôt, près de la croix de Bazert. la route directe de Toulouse à Bagnères de Ludion (V. R. 69).

39 kil. (89 kil.) Bagnères de Lu* chou (V. K. 70).

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