‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 239 sur 382 · ROUTE 67. DE TOULOUSE A NARBONNE · texte numérisé non relu

ROUTE 67. DE TOULOUSE A NARBONNE

nouze, et l'on s'enfonce dan* une tranchée assez profonde avant d'at teindre la belle gare de Carcassonne, bâtie prl^s du pont du canal du Midi, à l'extrémité septentrionale dé la ville.

91 kil. Carcassonne, (Hôtels Bernard, saint Jean-Baptiste, Bonnet), chef-lieu du département de l'Aude , V. de 19 915 hab., est située sur la rivière de l'Aude, qui la divise en deux villes parfaitement distinctes; la Ville basse et la Cité. La première (19 000 hab.), autrefois fortifiée, mais ouverte maintenant, s'étend dans une plaine fertile, sur les bords de son fleuve , de son canal, et dé sort chemin de fer, se renouvelle et s enrichit incessamment, tandis que la Cité (1000 hab.) tombe en ruine, végète et meurt dans sa double enceinte de murailles et de tours qui couronne le sommet d'une éminence trop escarpée pour que des maisons puissent se construire sur ses pentes. La ville neuve a des rues tirées au cordeau et coupées à angles droits, des places carrées, des maisons uniformes et sans caractère; elle ressemble à toutes les ville» modernes; on la voit d'un coup d'œil; mais en revanche, elle est gaie, animée, adnnrablement arrosée, parsemée de verdure > eiitourée de magnifiques promenades.

Li vieille ville. aU contraire, aux rues tortueuses, aux masures délabrées, à la population misérable, si triste qu'on la croirait déserte, mérite une longue visite ; les artistes et les archéologues y passeront d'heureux instants, car ses fortifications, qui ont été classées parmi les monuments historiques, et dont la restauration a été confiée à M. Viollet-le-Duc , sont l'une des principales curiosités, non-seule-

ment du midi de la Francs , mais de la France entière; en effet, comme l'a dit l'habile architecte qui en a fait une étude spéciale, elles sont un cours presque complet de l'art des fortifications du vi« au XIV siècle; enfin l'église de Saint-Nazaire qui domine toute la Cité . et qui a été la cathédrale du diocèse de Carcassonne avant la Révolution , offre aux amateurs une nef du xi« siècle , aux gros piliers cylindriques, aux voûtes en berceau plein-cintre , aux rares fenêtres et aux bas côtés étroits, qui contraste, par son style lourd et massif, avec un transsept, des chapelles^ des vitraux et un chœur de la plus ieoquette, de la plus riche, de la plus légère , de la plus merveilleuse architecture du XI V siècle'.

De Carcassonne à Quillan, S3 kil. pour 5 fr. et k fr. (V. H. 99); - â t»ërpignau ,V. H. 99); — àMonilouls (V. R. 100).

A peine a-t-on quitté la gare de Carcassonne, qu'on traverse le canal du Midi sur un pont de 12 met.

d'ouverture: puis, au delà d'un remblai d'où l'on découvre bien la ville haute, on franchit l'Aude sur un pont de pierre de 5 arches de 1 8 met. A p. , les regards sont attirés par le Signal de Nore (1210 met.), point culminant de la Montagne Noire, qui disparaît bientôt derrière dès petits coteaux rapprochés du chemin de fer. On cesse aussi de TOir la Cité, et, après avoir dépassé deux tranchées et traversé le ruisseau de la Porte de Fer, on s'enfonce dans un souterrain de 400 met. de longueur, où le chemin est à

I.PourUdescriptlon détaillée dc»da»x villes de Carcassonne, \oir V Itinéraire Je BorJeaux à Ceile , par Adolphe I Joanne. Pai is^ Hachette et Cie.

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

101 met. au-dessus du niveau de la mer.

98kil. Trèhes, riche v. de 1871 h.,

situé à g. de la voie entre l'Aude et le canal du Midi. Au delà, on entre dans la région des oliviers. On commence à longer, du côté du S., la montagne d'Alaric , une des dernières ramifications de la chaîne nue et grise des Corbières. Du côté opposé, on laisse le château de Saint- Julia, et plus loin celui de Millegrand. Le vent du N. souftle quelquefois avec tant de violence sur cette contrée, qu'on a dû border le canal du Midi d^une plantation de cyprès formant une haie très-serrée , pour rendre la navigation possible. On aperçoit à g. , entre deux tranchées rocheuses , l'Aude que le canal domine à une certaine hauteur.

\03kiL Floure , ham.delôOhab. , dépendant de la commune de Barhaira (405 hab.).

108 kil. Capendu^w de 692 hab. .

dominé par un mamelon rocheux qui porte les ruines d'un ancien château et d'une église du xiv siècle. Au S. , s'élèvent les flancs nus de la montagne d'Alaric. Au N. , on découvre toute la Montagne Noire; mais bientôt, au delà d'une tranchée de pierres rouges, elle disparaît derrière de petites collines. On franchit au 112' kil. la rivière de Douzens sur un pont de 20 met. , et au 114' le ruisseau de Cabriac sur un pont de 8 met.

116 kil. Moux (676 hab.). Le chemin de fer , s'éloignant de plus en plus de l'Aude et du canal , traverse la route de terre et pénètre dans un défilé rocheux au sortir duquel on aperçoit sur la dr. , dans la vallée insignifiante de VOrbieu, le v. de Caumon. Au 121* kil. on traverse

VOule, et 3 kil. plus loin la Jeurre.

127 kil. Lézignan, b. de 27 54 hab.

Le chemin de fer se rapproche de l'Aude, et suit dans la direction de l'E. la monotone vallée de l'Orbieu.

Au 133" kil, il franchit cette rivière sur un pont de fer à treillis, long de 100 met. et pesant environ 300000 kilogr.

135 kil. Villedaxgue, ham,

140 kil, Marcorignan (544 hab.) A peine a-t-on quitté cette station qu'on entre dans une gorge formée par des coteaux rocheux et nus ; des haies de petits amandiers bordent les champs. On passe dans une longue tranchée, profonde de plus de 15 met. Quand les talus s'abaissent, on aperçoit à dr. le v. de Montredon (512 hab.). On traverse la route de terre , puis la prise d'eau de Narbonne, et, sortant enfin de la gorge, on voit s'ouvrir à l'E. une vaste plaine couverte d'oliviers, au miUeu de laquelle apparaissent les monuments de Narbonne. On franchit le canal de la Robine sur un pont de 20 met., avant d'entrer, à 9", 10 au-dessus du niveau de la mer, dans la gare de

149 kil. Narbonne (Hôtels de France, de la Dorade), chef-lieu d'arrondissement du département de l'Aude, V, de 14 300 hab., située à 8 kil, de la Méditerranée , dans une vaste plaine d'où l'on découvre, d'un côté, la chaîne des Cévennes, et de l'autre, celle des Corbières, que domine la cime neigeuse duCanigou, traversée par le canal de la Robine, qui la divise en deux parties, le bourg ei la. cité, et entourée d'une enceinte de murailles percée de quatre portes. Ses rues sont généralement étroites et tortueuses.

I Les TedOAagie* qui fondèrent Tou- 'louse furent aussi , selon toute

apparence , les fondateurs de Narbonne. Cette ville était depuis longtemps florissante, lorsque les Romains pénétrèrent dans les Gaules.

Pythéas de Marseille, qui vivait environ 280 ans avant Jésus-Christ, en parle comme d'une des plus opulentes cités de la Celtique. La première colonie que les Romains envoyèrent dans cette partie de l'Europe fut établie à Narbonne, 116 années avant le commencement de notre ère ; elle prit alors le ncm de Narbo Martius. Elle devint la capitale de la Province et la rivale maritime de Marseille"; le proconsul y résidait; une flotte romaine, car c'était un petit port de mer, y stationnait habituellement. Elle possédait des monuments magnifiques, temples, théâtres, thermes, etc., dont il reste à peine encore quelques débris , et jouissait d'une grande prospérité. Mais, sous Tibère, elle devint la proie d'un effroyable incendie, et les empereurs Dioclétien et Constance, en divisant la province Narbonnaise en deux parties, diminuèrent de moitié l'importance de son ancienne métropole. Le christianisme s'y introduisit vers le milieu du m* siècle.

Au commencement du V siècle, Narbonne fut successivement ravagée par les Alains, les Suèves, les Vandales et les Visigoths. Souvent prise et reprise pendant les siècles suivants, elle perdit peu à peu son importance et devint une grande ruine jusqu'en l'année 719 , où elle fut occupée par les Sarrasins. El Samah, leur chef, releva et augmenta les fortifications de la ville détruite, dont il fit sa place d'armes et la base de ses opérations miUtaires, Après la bataille de Poitiers , Charles Martel vint

l'assiéger, mais il fut contraint de se retirer, Pépin,devenu roi des Francs, l'assiégea de nouveau en 752; il ne put pas non plus s'en emparer. Toutefois, en repartant pour le Nord , il laissa devant ses murailles une partie de son armée, et, après sept ans de blocus, les Franks y entrèrent par trahison. En 793, les Arabes essayèrent de la reprendre , mais ils ne parvinrent à occuper que les faubourgs. Sous le régime féodal dont l'institution signala la fin du règne de Charles le Chauve , elle appartint, ou du moins la parlie donnée jadis à Aymeric appartint à des vicomtes relevant tantôt des comtes de Toulouse , tantôt des comtes de Barcelone, qui n'ont joué qu'un rôle subalterné dans l'histoire.

Dans le xiii* siècle , Narbonne échappa aux désastres de la croisade contre les Albigeois. L'abbé de Cîteaux Arnaud-Amaury .se fit seulement élire archevêque de Narbonne en 1212, et s'intitula duc de Narbonne , ce qui autorise à penser que le vicomte avait été chassé de son domaine. Mais il ne put défendre ce titre contre les prétentions de Simon de Montfort, qui, en 1216, reçut de Philippe Auguste l'investiture du duché de Narbonne , en môme temps que celle du comté de Toulouse, Son fils Amaury , en 1224 , abandonna tous ses droits au roi de France, de qui releva désormais exclusivement la vicomte.

Cette vicomte , après avoir longtemps appartenu à une branche cadette de la maison d'Aragon, fut cédé*, en 1447 , au comte de Foix, Gaston VI, qui la donna, en 1468, à Jean, son fils puîné. Celui-ci prit une part assez active aux affaires de France, siégea aux États gêné-

ITlUéRAIRE DES PYAÉIféES.

rauxde 1484, fe*aUiâ hu d\ic d'Orléans contre la négente Anne de Beaujeu, fit avec Charles VIH la première campagne d'Italie, combattit vaillamment à Fornovo, et repoussa de la Bourgogne les troupes de l'empereur Maximilien. Il avait pris , après la mort de son neveu François Phdebus, le titre de comte deFoiXjdont il prétendait dépouiller sa nièce Catherine, à laquelle il disputait aussi la Navarre.

Mais il n'eut jamais que le titre.

Catherine conserva la Navarre française et le Comté. Il mourut en 1500, et son fils Gaston, en 1507, échangea avec Louis XII sa vicomte de Narbonne contre le duché de Nemours. Narbonne alors fut pour toujours réunie au domaine de la couronne.

Louis XII jugea prudent de fortifier son acquisition contre les attaques possibles de l'Espagne; mais la population de cette ville avait beaucoup diminué dépuis les temps anciens, et l'on eut la mallieureuse idée de lui faire une nouvelle enceinte proportionnée au nombre actuel de ses habitants. C'était la condamner à ne jamais réparer\se.s pertes. On démolit donc les murs bâtis par les Visigoths et les fortifications élevées par les Arabes ; les faubourgs de la ville du moyen âge et de la cité antique disparurent avec les monuments romains qui les illustraient. Ces glorieux débris servirent à construire une nouvelle enceinte plus étroite que l'ancienne .

et où l'on ne retrouverait aucun vestige de la grandeur passée de la capitale de la Narbonnaise, si François I", devenu roi avant que ce travail fût achevé, h'eût ordonné que du moins toutes les pierres sculptées fussent rés^rvéen pour le

courohnement des bastions et des courtines.

Au surplus, l'événement a démontré que la précaution de Louis XII était superflue. Narbonne n'a pas eu de siège à soutenir depuis qu'on l'a si bien fortifiée, et son rôle s'est complètement effacé dans l'histoire. L'ancienne capitale de la Province romaine n'est plus aujourd'hui, comme nous l'avons dit, qu'un chef-lieu d'arrondissement.

Sous le règne de Louis XIII, Narbonne se distingua par son attachement à la cause royale. Ce fut dans ses murs que se dénoua la célèbre conspiration de Cinq- Mars. Quand Louis XIII et Richelieu se rendirent au siège de Perpignan, Richelieu, atteint d'une maladie grave, se vit obligé de s'arrêter à Narbonne, où il fit tnême son testament. Le roi , se séparant de son ministre, alla seul à Perpignan ; mais il tomba malade à son tour, et revint à Narbonne. Instruit pendant son séjour des projets de Cinq-Mars, il donna l'onire de l'arrêter avec ses complices. Cinq-Mars était sur le point de sortir des murs, lorsqu'il fut saisi par les archers du cardinal (1662).

Narbonne a vu naître les trois empereurs romains Carus, Carinus et Numérien ; Térentius Varro, l'ami de Cicéron; le musicien Mondonville.

Aujourd'hui Narbonne récolte ou fabrique des vins et du miel. Parmi ses établissements industriels on cite surtout ses distilleries, ses tanneries et ses poteries.

Uéglise de Saint-Just , l'ancienne cathédrale de Narbonne (l'arche v6ché de Narbonne , supprimé à la Révolution , n'a pas été rétabli) , fondée en 1272 sur los débris de deux

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églises antériettres, dont la première avait été construite en 445, et la deuxième pendant le règne de Charleniagne, n'a pas été terminée; elle ne se compose en réalité que d'un vaste chœur de 40 mètres de haut, a Les chapiteaux des piles , dit M. Viollet-le-Duc, sont complètement dépourvus de sculptures: mais en revanche , l'agencement des arcs et des moulures, la construction des voûtes, sont exécutés avec une perfection qui ne le cède à aucun des édifices du Nord. Les vitraux des fenêtres, posés seulement dans le xiv siècle, ne présentent que des grisailles avec entre-lacs «le couleur; il semble que l'on ail tenu à bannir la sculpture et la peinture de cette église ; aussi estelle d'un aspect passablement froid.

C'est plutôt l'œuvre il'un savant que celle d'un artiste.

a Outre la grandeur de son plan , ce qui donne à la cathédrale de Narbonne un caractère particulier, c'est la double ceinture de créneaux qui remplace les balustrades sur les chapelles , et qui réunit les culées des arcs-boutants terminés en forme de tourelles. C'est qu'en effet cette abside se reliait aux fortifications de l'archevêché, et contribuait du côté du N. à la défense de ce palais. »

Le sanctuaire a conservé sa clôture formée de tombeaux d'évêques.

Les orgues datent de 1741.

On conserve dans la sacristie (lu'elques manuscrits dont les enlunii nures intéresseront les amateurs.

Du sommet de la tour on jouit d'une belle vue sur les plaines voisines , a mer et les étangs , la chaîne des Cévennes au N., et celle des Pyrénées au S.

Un cloître reliait la cathédrale à

l'archevêché. Il fut commencé dans la seconde moitié du xiv« siècle par Pierre de La Jugie , et continué par Roger de Beaufort son successeur.

L'ancien palais des archevêques, Vhôtel de ville actuel, communique avec la cathédrale : il est situé au centre de la ville , sur la rive g.

du canal, et se compose de constructions de divei-ses époques. La façade offre trois tours d'inégale hauteur. La première tour {des téiégraphes) date du commencement du XIV* siècle; elle est crénelée, percée de longues meurtrières, et dominée sur les angles par quatre tourelles; son aspect est celui d'un énorme donjon féodal. La deuxième (tour Saint -Martial) a été bâtie en 1380; son aspect est moins sévère; elle est couronnée de mâchicoulis et percée de baies ogivales. C'est entre ces deux tours que l'hôtel de ville a été construit sur les dessins de M. Viollet-le-Duc, dans le style orné de la fin du xv* siècle. La troisième tour, appelée de la Madeleine ^ à cause d'une chapelle attenante, est séparée de la seconde par un passage recouvert de deux arcades.

Le Musée, fondé en 1833, occupe ^ au premier étage de l'hôtel de ville, onze salles de diverses grandeurs, et comprend en outre un vaste jardin dans lequel sont consenés des tombeaux chrétiens des premiera siècles, des inscriptions funéraires romaines, des bas-reliefs antiques, <les colonnes et des chapiteaux. Un bel escalier, construit au xviii^ siècle, monte à la première salle (l'ancienne salle des gardes), qui a été décorée en 1634. On y remarque plusieurs antiquités phéniciennes^ romaines et visigothes, ainsi qnft dans la salle suivante, dont le pla-

ITINÉRAIRE DF.S PYRÉNÉES

fond est orné de 49 grands tableaux de l'école italienne, représentant des Muses et des Génies. La troisième salle, qui s'étend sur toute la longueur du corps de bâtiment construit par M. VioUet-le-Duc, forme une belle galerie où sont exposés les plus beaux tableaux du Musée.

A. g. s'ouvre une autre pièce destinée plus spécialement aux statues, et dans laquelle on a placé une suite de chapiteaux romans, provenant de la démolition des anciens cloîtres et des amciennes églises de Narbonne. De l'extrémité de la galerie on passe dans l'ancienne salle à manger des archevêques. Cette salle , décorée de trophées de chasse, contient, outre divers plâtres, un magnifique buste en marbre blanc de Carrare, sculpté par Puget.

Elle communiqué avec une autre salle située dans la cour Saint- Martial, que le cardinal Jean Roger de Beaufort, père du pape Clément VI, fit construire dans les dernières années du x\' siècle. Les armes de ce cardinal sont sculptées sur la clef de voûte. On a réuni dans cette salle les principaux objets d'archéologie et de curiosité.

C'est dans une salle voisine qu'on a placé un Silène en marbre blanc, trouvé, lors des travaux du chemin de fer, près de la gare actuelle. Le bras droit , l'avant-bras gauche , une partie de la jambe gauche et le pied droit manquent. Le Musée possède en outre une très-riche collection de dessins originaux, d'aquarelles, de gravures, un très-beau médaillier, un herbier, des échantillons de roches, etc. , etc.

La bibliothèque, réunie au Musée et installée dans une salle moderne, se compose de 2166 ouvrages, formant environ 6000 volu-

mes. Elle est ouverte au public les mardi , jeudi et samedi , de 2 à .5 h. Véglise Saint-Paul, commencée en 1229, mérite seulement la visite des archéologues; mais tous les étrangers qui s'arrêteront à Narbonne ne devront pas manquer de faire le tour de la ville en dehors de ses murs, qui sont comme un musée en plein air ; car dans toute leur étendue , et surtout près de la porte de Béziers, ils présentent une suite de bas-reliefs, d'inscriptions et de fragments antiques, mêlés aux pierres de taille et disposés avec une espèce de symétrie.

C'est François I" , le protecteur des arts, qui a fait détruire les édifices romains pour utiUser leurs débris dans la construction des murailles, a Mais il faut, dit M. Mérimée, rendre cette justice à l'ingénieur de François I*', qu'il a placé la plupart des inscriptions de manièro à pouvoir être lues; qu'il n'a point retourné ni détruit les bustes et les bas-reliefs; entin qu'il a plaqué l'intérieur des portes des fragments de sculpture qui lui ont paru les plus curieux. Ce n'était donc point tout à fait un ignorant; il raisonnait la barbarie. »

Le port de Narbonne était, du temps des Romains, un vaste lac appelé Rubrensis ou Rubresus. Les étangs de Sigean, de Peyriac et de Gruissan , sont les restes de cet estuaire, qui s'étendait jadis trèsprès de Narbonne, sur une plage nommée encore, aux xiv« et xv*' siècles, port des Galères. Aujourd'hui, le port de Narbonne est à 21 kil. 1/2 au S. (V. la Nouvelle R. 98).

De Narbonne à Perpignan (V. R. 98;:

— à Ceue et à [.yon (V. U. 97). -

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* PARTIE HjiA

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