‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 251 sur 382 · ROUTE 70. BAGNÈRES DE LUCHON. — HISTOIRE · texte numérisé non relu

ROUTE 70. BAGNÈRES DE LUCHON. — HISTOIRE

putait alors la monarchie de Charles- Quint au duc d'Anjou, vint la ravager; en 1 723, un incendie ladétruisit tout entière, à l'exception de l'église. Mais vers 1754, un des seigneurs des environs , ayant entendu parler des eaux de Luchon, se hasarda à venir s'y baigner, et en effet il guérit. M. d'Etigny, intendant d'Auch, auquel il raconta sa guérison, alla visiter à son tour la vallée de Luchon, et fit venir deux savants chimistes, Bayen et Richani, pour leur confier l'analyse des eaux. Encouragé par leur rapport, il se mit aussitôt à l'œuvre; sur ses ordres on traça, puis on ouvrit la route de Montrejeau à Luchon, et celle de Bigorre à Luchon par le col de Peyresourde. Enfin, il perça la belle allée des bains, connue maintenant sous son nom. « Cependant, pour ce méfait, il manqua d'être lapidé. Il fallut faire venir une compagnie de dragons pour forcer les Luchonnais à souffrir la prospérité de leur pays. » M. d'Étigny voulait aussi faire construire un établissement digne du Luchon qu'il rêvait dans l'avenir, mais il mourut avant de pouvoir donner suite à ce projet.

Son successeur, M. Lachapelle, commença les constructions : toutefois les travaux furent bientôt interrompus, et ce fut seulement en 1818 qu'un édifice tliermal fut définitivement achevé. Plus tard, le fermier des eaux construisit les bains Richard, et un M. Ferras éleva les bains Ferras ; mais l'affluence croissante des visiteurs rendit bientôt tous ces thermes insuffisants. Enfin la ville de Luchon .se résolut à bâtir un'nouvel établissement. Le 22 août 1848, les commissaires de la République en posèrent la première pierre.

l'établissement theumal.

a L'établissement thermal, construit par MM. François et Chambert, a , dit M. Ernest Lambron , 97 met. de façade sur 53 met. de profondeur, couvre une superficie de 5141 met.

carrés, et renferme tous les modes balnéaires connus jusqu'à ce jour, de manière à ne rien laisser à désirer pour une parfaite administration des eaux, La disposition générale est si bien coordonnée , que le malade, dès son entrée dans l'établissement, passe successivement, pour se rendre dans sa baignoire, par une atmosphère de plus en plus chaude et riche en principes sulfureux, et qu'au sortir du bain, au contraire, il voit décroître peu à peu ces conditions, de sorte qu'il arrive au dehors et regagne sa demeure sans transition brusque et dangereuse. A chaque ronde de bain, c'est-à-dire de cinq quarts d'heure en cinq quarts d'heure, il est mis à la disposition des malades 102 baignoires, pourvues chacune d'une douche locale ; 20 à 30 places dans les petites piscines, et 30 dans la piscine de natation; 5 grandes douches; 30 douches descendantes tombant dans autant de baignoires ; des étuves et des bains de vapeur pour 40 malades, etc., etc. •

Cet édifice ne se distingue aucunement par sa beauté architecturale, et ressemble plutôt à un entrepôt qu'à un i)alais des thermes. La façade .se compose de cinq pavillons juxta])osés et j)récédés d'un péristyle à massives et basses colonnes de marbre blanc. Le pavillon du milieu forme un vestibule et donne accès dans une grande galerie ou salle des pas perdus , qui se termine par un grand escalier.

irmÉRAIRE DES PYRÉNÉES.

Les parois de cette salle sont décorées de fresques dues à M. Romain Caze, et souvent critiquées.

D'après M. Nérée Boubée, la peinture allégorique située au-dessus du grand escalier a est d'un style vraiment magistral. Le premier f)er8onnage placé à g. du spectateur est le Génie des sources déxîouvrant les eaui et les montrant à la Chimie qui les analyse; sur celle-ci s'aj»[)uie la Médecine.... Plus loin, écoutant leurs conseils, l'Architecture trace les plans d'un édifice digne d'abriter ces eaux salutaires. Aux deux eitréraités du tableau, on voit les Génies des arts et des sciences. Ils sont de bien petite taille; l'artiste a-t-il voulu donner à entendre que les arts et les sciences sont peu cultivés à Luchon? »

Deux galeries longitudinales, appelées galerie antérieure ou des salles de bain et galerie du fond ou des douches, cou|)ent la salle des j)as perdus à angle droit, de sorte que rétablissement est partagé en six compartiments. Entre les deux compartiments du fond, le grand escalier conduit aux réservoirs d'eau sulfureuse et au palier des buvettes, situé sur la face postérieure de l'édjtice. Là, on se trouve à la base de la montagne, dans laquelle on pénètre pour suivre les galeries souterraines dont plusieurs sont taillées dans le granit; elles ont ensemble près de 1000 met. de développement.

N. B. C'est dans l'établissement thermal que se trouve le relief des Pyrénées eiiécuté par M. Lézat (V, p. 433).

LES BADX.

A. Kau thermale sulfureuse.

B. Kau thermale saline (sulfureuse dégénérée).

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