DE PERPIGNAN AU VERNET
5^ kil. Roule de poste; plusieurs voitures publiques tous les jours; servii^e parfaitement organisé. De Perpignan à Prades, 5 et 3 fr. De Prades au Vernet, 2fr.
42 kil. de Perpignan à Prades V. R. 101).
Au sortir de Prades. on laisse à
g. le v. de Codoiet (V. R. 101), et l'on franchit sur un pont pittoresque la Taurinya , dont on voit la vallée remonter au S. vers le Canigou. La vallée de la Tôt est encore large et fertile; mais déjà les montagnes qui la forment, plantées de vignes et d'oliviers, partout où la culture est possible, s'élèvent et se resserrent ; la route se rapproche de la rive dr. du fleuve, qui roule ses belles eaux vertes dans un lit encaissé, au-dessous d'un pont pittoresque. On laisse à dr. l'embouchure du Conat ou Orliania, descendu de l'étang d'Estalat (V. R.
103), puis on traverse le Merder tout près de son confluent avec la Tét.
2kiL (44 kil.) Ria, v. de 1000 hab. , bâti en amphithéâtre le long des deux rives de la Têt, jouit d'une belle vue sur les montagnes admirablement cultivées qui l'entourent, à l'E. sur la vallée de Prades, et à ro. sur la gorge de Villefranche.
Au-dessus de la route, sur la rive dr. , s'ouvre une grotte remarquable par les stalactites qu'elle renferme. Dans les environs se trouvent plusieurs usines métallurgiques.
A 1 kil. au-dessus de Ria, la Têt alimente une prise d'eau qui, depuis un temps immémorial, met en mouvement plusieurs forges auxquelles on a dernièrement ajouté un hautfourneau. La grande abondance de l'eau motrice et la proximité des mines de fer et des bois de sapins du Canigou assurent la prospérité de cet établissement métallurgique.
Cependant la vallée se resserre de plus en plus, et bientôt la roule et la rivière remplissent presque tout l'espace compris entre les mchers en deçà de
ITINéRAIRE DES PTRÉNKES.
4 kil. (49 kil.). Villefranche, V.
forte de 813 hab., située à 392 met.
au-dessus de la mer, dans une gorge étroite qu'elle ferme entièrement. Elle dut, dit-on. son origine "à Guillem-Raymond , comte de Cerdagne et de Confient, qui l'érigea en ville par une charte datée de l'an 1075, et son nom actuel à la grande quantité de privilèges et exemptions que lui accorda ce seigneur: elle s'est appelée aussi Libéria. En 1641 elle se rendit aux Français, lors de la conquête du Roussillon par Richelieu. Plus tard.
nouveau . mais ils en furent bientôt chassés en 16iS4, après six jours de siège. En 1674, les principales familles de la ville ourdirent une conspiration pour secouer le joug de la France. Le plan des conjurés était ainsi arrêté Pendant la nuit du vendredi au samedi de la semaine de la Passion, 200 Es])agnols s'enfermeraient dans une vaste grotte située au S. de Villefranche . et le lendemain de très-grand matin, des miquelets, portant leurs armes cachées dans des bottes de paille, entreraient dans la ville aussitôt après l'ouverture des portes. Au premier signal, les Espagnols enfermés dans la grotte se réuniraient aux miquelets, tomberaient à l'improviste sur les Français et les massacreraient tous jusqu'au dernier.
En môme temps un corps de troupes, parti de Puycerda, se trouverait aux environs pour se jeter dans la place dès qu'on s'en serait rendu maître. Ce plan échoua par la trahison de dnna Inez de Llar, tille de Charles de Llar, l'un des principaux conspirateurs : ayant entendu à travers une cloison qu'on jurait la mort des Français , elle
courut avertir son amant, M. de Perlan, lieutenant du roi. Quelques heures après, les principaux conjurés étaient arrêtés et appliqués à la torture; le père d'Inez périt de la main du bourreau; sa tôte fut exposée dans une cage de fer audessus de l'une des portes de Villefranche.
Les deux dames inconnues qu'on avait enfermées au château de Salces pour avoir participé aux crimes <le la marquise de Brinvilliers . furent transférées dans leur vieillesse au château de Villefranche;
les Espagnols s'en emparèrent de l'une y mourut en 1717; l'autre ob-
tint la permission d'avoir la ville pour prison.
Le 4 août 1793, le générai espagnol Crespo s'empara de cette de( du Confient, mais il fut obligé de l'abandonner 20 jours après.
a Le 19 septembre de la môme année, dit M. Fervel, (iilly, commandant le 2* bataillon ties grenadiers du Gard, reprit Villefranche par un de ces coups d'audace si fréquents à la guerre, après une victoire décisive. » 11 n'avait que 450 hommes sous ses ordres; a arrivé en vue des remparts , GiUy laisse dans la gorge , en avant de Sardinia. le gros de son monde, disposé de manière à simuler la troupe la plus nombreuse possible, et, prenant avec lui 60 grenadiers seulement , il s'avance en parlementaire jusqu'aux avantpostes espagnols. lA il mande le commandant de la j)lace, qui s'empresse de se rendre à son injonction, a Vois . lui dit-il , sur ces hau- «teurs, l'avant-garde <le Dagobert.
« Je viens te sommer en son nom :
a rends-lui la place et tu es libre : 't autrement, pointde(juartier!» Un«* heure après, la garnison de. Villefranche défilait entre deux hkies