ROUTE 106. DE PERPIGNAN A MONTLOUIS. — OLETTE
plus ou moins excitantes, et agissant sur tels ou tels organes en particulier, suivant leur température et leurs principes, peuvent être appliquées au traitement de beaucoup d'afl"ections diverses, et réunissent la plupart des propriétés curatives que l'on trouve disséminées dans les eaux minérales des Pyrénées.
Classification chimique : Eau sulfurée à base de .soude , avec fer et iode, et forte proportion de .silice.
Nous donnons ici l'analyse de M. Bonis comme la rapporte l'Annuaire des eaux de la France.
Analyse (Bouis.) Eau i lit.
S. St- S. de la André. Cascade.
gr. gr.
0,Oit785 0,038'i2 0,008'21 0,00y'40 0,035'i2 CjOaSiii 0,00813 0,00773
Carbonate «le soude. . . .
Potasse Csilic. ou carb.) .
Soude idem
Chaux idem
Magnt'sie
Fer
Alumine
Iode
Sulfure de sodium....
Sulfate de soude
Chlorure de sodium...
Acide silicique
(;lairine
0,02829 0,03010 0,06500 0.06200 0,03160 0,03200 0,1 «00 0,16'tOO 0.03'iOU 0.03600
0,'»3ir.0 0,142966
Azote et oxygène indét. indéi.
Bibliograithie : Annuaire des eaux de France. Paris, i85'i; in-4». — Bouis, ValléedeU r^t— Filliol, eaux minérales des Pyiénéos. Paris, i853; in-i2.
Du pont des (iraus à Thuès, la route côtoie la base d'une montagne rocheuse, parsemée çà et là de châtaigniers ; la rivière coule sur la dr., à 10 met. au-dessous. Après avoir longé la rive dr. pendant 1 kil. 1/2, on passe de nouveau sur
la rive g. par un beau pont de pierre et l'on traverse
6 kil. (64 kil.) un petit groupe de maisons dépendant de Thuèsentre-Vails, v. de 274 hab. , situé sur la rive opposée , à l'embouchure du ravin de Carença , dans un petit bassin où se montrent quelques arbres, et que dominent de grands pics k la cime boisée.
L'église s'élève sur une légère éminence au milieu du village. La forge de Thuès, établie dès l'an 1533, a cessé de fonctionner à cause du manque de combustible. Les forêts des environs ont été graduellement dévastées, et par suite, l'industrie métallurgique a constamment diminué d'importance ; peut-être attendra-t-elle pour se relever qu'un chemin de fer international lui apporte du charbon de terre du bassin houiller de San Juan de las Aha- (lesas(V. R. 109).
La gorge de Carença , qui débouche dans la vallée de la Têt, immédiatement au delà de Thuèsentre-Valls, semble presque inaccessible, tant elle présente un aspect sauvage. Les deux parois sont deux murailles extrêmement élevées, distantes de (quelques mètres à peine sur toute leur hauteur. La perpendicularité de ces rochers à pic se continue pendant plus d'un kil.; aussi est-ce avec diificulté et quelque péril qu'on y pénètre , tantôt côtoyant la rivière, tantôt s'élevant péniblement sur l'un des côtés. Cette gorge se termine aux étangs de Ca^ rença , situés tout près de la frontière, sur le versant septentrional de la Coum^ dels Gours (2870 met.). On peut les atteindre en 5 h. de marche, mais le chemin de Saint- Thomas et de Prats de Ballaguer est préférable (Yoy. plus bas). De
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
riches mines de cuivre existent dans les environs des étangs, et, si l'on en croyait les paysans, l'une de ces mines serait aurifère. L'exploitation de ces gisements métalliques a été commencée à diverses reprises, mais n'a jamais été suivie régulièrement, h cause des neiges qui rendent cette position inhabitable pendant huit mois de l'année.
Les étangs de Carença, comme ceuxdeNohédas(R. 105), ont donné lieu à un grand nombre de légendes superstitieuses qui se racontent encore dans les villages : c'est là, dit-on, que se réunissent les esprits de la montagne.
Si , au lieu de suivre la gorge de Carença jusqu'aux étangs , on s'éloigne des bords du torrent principal pour pénétrer à g. dans une gorge qui remonte directement vers le S. , on laisse à dr. le Roc de Prats (2845 met.), avant de franchir le sommet de la chaîne-frontière au col de Jéganne . d'où l'on peut descendre, sur le versant espagnol, à Campredon (Voy. \ltin('raire de V Espagne).
Après avoir dépassé Thuès et perdu de vue l'ouverture étroite de la gorge de Carença, on continue à remonter la rive g. du torrent. I^ vallée, presque complètement inhabitée, est dominée de toutes parts par de hautes montagnes grises où se montrent cà et là quelques arbres ; sur les pentes inférieures, on voit des vignes et des noyers. A g. , des gorges étroites s'ouvrent de distance en distance.
6 kil. (69 kil.^ Fontpédrouse (P^ontaine pierreuse), v. de 890 hab. , est situé sur la rive g. de la Tôt, au-dessous de la route , dans un pe-
tit vallon parsemé de rochers gris.
La plupart des habitants sont muletiers; ils se distinguaient autrefois par un costume particulier.
Au sortir de Fontpédrousf , la route se rapproche de la Têt, audessus de laquelle de solides murailles la soutiennent, passe deux fois dans le roc vif, franchit sur un pont-viaduc de trois arches le lit d'un torrent souvent desséché, et laisse à g. le vallon sauvage d'où descend la rivière de Prats de Ballaguer. Sur le promontoire qui domine l'entrée de ce vallon (lu côté de l'E., se trouve le v. du même nom. dépendant de la commune de Fontpédrouse. Au-dessous, on aperçoit les restes d'une vieille tour.
Au confluent même, entre la rive dr. du torrent de Prats de Ballaguer et la rive dr. de la Têt, s'est bîiti le hameau de Saint-Thoma'< . qui a donné son nom à trois sources sulfureuses jaillissant à 500 met. en amont sur la rive g. du torrent, à côté d'une prairie qu'ombragent quelques peupliers. Un petit établissement , contenant (juelques chambres et plusieurs baignoires, a été construit en 1842 pour utiliser ces eaux. Les résultats sont assez favorables, mais la concurrence que lui font tant d'autres sources de même nature , disséminées dans la vallée de la Tèt . nuiront toujours à la pros périté de cette entreprise.
De Saint-Thomas et de Prats de Ballaguer, un sentier mène au fond de la gorge, en suivant d'aburd la rive dr. , puis la rive g. du torrent, repasse sur le versant oriental, un peu en aval du lac où le torrent prend son origine, et s'élève par une suite de zigzags au col de Naufont ,