‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 361 sur 382 · ROUTE 112. DE PERPIGNAN A PORT-VENDBES · texte numérisé non relu

ROUTE 112. DE PERPIGNAN A PORT-VENDBES

arcade inlacte; un côté entier a été abattu et remplacé par des maisons; les trois autres sont murés.

A 2 kil. 1/2 au S. de Saint-Genys se trouve, sur la rive dr. du ruisseau de la Koca, descendu du pic des Trois-Termes (1129 nu';t.) , le villajre de La Roca de l'Àlbêra (1003 bab.), que dominent les ruines de son château, dont la tour ronde, encore bien conservée , est couronnée par une gracieuse bnterne à jour. C'est dans ce château que se réfugia le premier roi de Majorque , •inand Pierre 111, son frère, vint, avec une poignée de chevaliers, le surprendre dans Perpignan pour l'empêcher de se liguer contre lui avec Pliilippe le Hardi.

Sur l'autre rive du ruisseau, du côté du N.. le charmant i»etit ermitage de Notre-Dame de Tnmja couronne un monticule de 82 met.

de hauteur, au-.lessus d'une vallée agréablement ombragée.

A 1 kil. au S. du village, dans le Ut même du torrent, jaillit une source carbonatée ferrugineuse, nommée dans le pays t'ont de lAram, fontaine du cuivre, à cause de la saveur métallique qu'on y trouve à un haut degré.

Dans les environs , on voit un dolmen assez bien conservé , dressé an centre d'un espace d'environ 40 met.

de circonférence, pavé de grandes

dalles.

Au sortir de Saint-Genys des Fontaines par la route d'Espagne, on traverse successivement plusieurs misseaux, et, laissant à g. (2 kil.) YilleUmgue deU Houts, v. de 401 h. , situé sur une colline de 117 met. de hauteur, au pied du pic de Saint- Christophe (1001 uièt.), on entre dans la vallée du Tech, que l'on remonte en se dirigeant au 8. O. On

voit à g., à 2 kil. de disUnce, sur une hauteur de l.i4 met. . Montesquieu, V. de 351 hab., dominé par les ruines d'un ancien château que, suivant Desclot, sa châtelaine, la dame .\lis.sen ou Klisande. défendit vaillamment contre Philippe le Hardi, en lui faisant penlie beaucoup de monde dans trois ou quatre

batailles.

Le 7 décembre I79:i, après leur victoire de Saint Ferrét>l (Y. H. 108), les Espagnols, au nombre de 6000.

attaquèrent la crôte .les Albères audessus de Villelongue et Montesquieu, occupée par l'armée française. « A la pointe du jour, dit M. Fervel, ce fut comme un coup de théâtre. En (pielqiu's minutes, tout fut enlevé, batteries, camp, Villelongue et la Roque. Les Espagnols avaient perdu 48 hommes et nous 1210, dont 760 prisonniers.

Nous avions perdu , en outre , 34 bouches à feu, 38 caissons, :>700 projectiles, 2000 fusils, 2 drapeaux et l'ambulance de Saint-Genys, où 28 mahides furent égorgés.

Les généraux français furent punis de leur honteuse défaite : de Vergés et de Bernède périrent sur l'échafaud, et Raimond alla mourir de chagrin dans les prisons de Perpignan. »

Léglisp de Montesquieu est du style roman; en dehors, on montre un tombeau de chevalier.

Parmi les nombreux erroitag*»

des environs de ce village, le plus

curieux et le plus visité est celui

de Saint- Ohrittophe, situé à 3 kil.

de Monle.s<iuieu. sur la crôte même

des Albères, à une hauteur de

10<»1 met. De ce point, on jouit

d'une vue très-étendue sur les plai-

, nés du Roussillon. En suivant le

1 plateau gazonné de la crête qui

court dans la direction du N. o. an S. E. , on atteint en 1 h. 1/2 de marche le pic des Trois-Termes

(1129 met.), ainsi nommé parce qu'il forme le nœud de trois chaînons : celui de Saint -Christophe; un second qui se dirige au S. vers les pics del Pigné ({).=)9 met.) et de Llobreqat (924 met.); un troisième qui court vers la Méditerranée, et, faisant un détour vers le N., atteint son point culminant au pic de Seules (12.')7 met.).

Le pic des Trois-Termes offre un des sites les plus imposants des Pyrénées-Orientales. On voit les trois chaînons, séparés par des vallées remplies «l'arbres, rayonner vers trois points de l'horizon •. au N., le Bois-Noir, peuplé de taureaux sauvages, cache l'origine du vallon de la Roca , au delà du(|uel s'étendent les plaines du Roussillon ; à l'O. , le ravin de Rome se déverse du côté de Perthus et des Écluses; au S., le Llobregat descend vers la Junquera, et plus loin, apparaissent les campagnes de la Catalogne ; à TE.

s'arrondissent les rivages de la mer en deux arcs immenses : h g. le golfe du Lion , à dr. celui de Rosas.

Après avoir dépassé Montesquieu , la route du Boulou traverse plusieurs ruisseaux, et vient enfin se réunir à la route d'Espagne, à 1 kil.

au S. du Boulou (V. R. 108).

DIlneàPort-Yendres.

18 kil. Uouie de poste.

Au delà d'Elne, la végétation prend un caractère de plus en plus méridional. La route, au lieu d'être bordée , comme elle l'est fréquemment entre Narbonne et Perpignan . de haies de pourpier de mer, au feuillage d'un vert blanchâtre, et

de tamarix gallica , présente souvent des cactus mêlés aux roseaux servant de clôtures aux propriétés.

A 2 kil. (15 kil.), on traverse, sur un pont suspendu, le Tech, large souvent de 250 met., puis, à 1 kil. plus loin, le ruisseau de Soréda. et, laissant à g. le village de Palau del Vidre (Voy. page 664), on se dirige au S. E. par une loute parfaitement droite. Après avoir laissé à dr. la route qui conduit au Boulou, par (4 kil.) Saint- André et Saint-Genys des Fontaines (Voy. ci-dessus) . on franchit le ruisseau de Massane, en entrant à

5 kil. (20kil.)Argelei-8ur-Wer, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Céret , V. de 2447 hab. , située au milieu de belles et fertiles campagnes, au pied des Albères, à 2 kil. de la Méditerranée. Elle était autrefois fortifiée, et elle a soutenu des sièges nombreux. On voit encore quelques vestiges de ses murailles, démolies en partie par les Français en 1642. Les habitants eux-mêmes avaient forcé la garnison espagnole à se réfugier dans l'église, et ils l'y tinrent assiégée jusqu'à l'arrivée de l'armée française. Les Espagnols s'emparèrent d'Argelez le 23 mai 1793.

L'église d'Argelez possède plusieurs tiibleaux peints sur bois et sur cuir. Dans une chapelle à dr., un de ces tiibleaux sur bois représente une dispute entre le diable et saint Michel au sujet d'une âme qu'on pèse dans une balance.

En sortant d'Argelez, on se rapproche de la mer, dont la côte , toujours basse et sablonneuse depuis les environs de Narbonne, rencontre ici les premiers rochers projetés par la chaîne des Albères. Arrivée ellemême au pied des collines, la route

ITINÉRAIRE DES PYRENEES

décrit une forle courbe, puis vient longer un instant le rivage près de Porteills, traverse le ruisseau Ravaner, et passe près de plusieurs forts situés à g., entre autres celui i\\i Mirador, dont la poudrière, frappée par la foudre, sauta en 1818.

7 kil. (27 kil.) ColHoure, l'ancienne Cauco-Illiberis , ville fortifiée de 3846 hab., est située dans une position pittoresque , autour d'une baie semi-circulaire. Son origine remonte h une haute antiquité; elle existait dès l'an .^i.'i.') de Rome, époque où des ambassadeurs romains y débarquèrent pour se rendre à Ruscino , et demander aux chefs des Sardons de s'opposer au passage d'Annibal. Lors de la chute de l'empire romain , elle partagea les destinées du Roussillon, et fut plusieurs fois saccagée. En juillet 1793, le général espagnol Ricardos voulut commencer la campagne contre les Pyrénées- Orientales par la prise de CoUioure; il envoya 3000 soldats attaquer la ville où se trouvait alors une très-faible garnison. Les a<;saillants rencontrèrent d'abord en dehors des murailles un petit poste de Français qui paraissait devoir leur opposer peu de résistance : en effet « ceux-ci , dit M. Fervel, semblaient n'avoir plus à attendre qu'une mort glorieuse; soudain des coups de feu se font entendre ; c'était une centaine seulement de Français qui , bravant les ordres de la place , venaient de s'échapper par-dessus les remparts , et accouraient au secours de leurs frères. L'ennemi , se croyant coupé .

s'arrête, tourbillonne, perd la tête, et s'enfuit dans le plus grand désordre , laissant sur la mcmlagne 400 morts ou mourants.

«Le lendemain, l'escadre ennemie parut dans les eaux de Collioure;

mais ce fut en vain qu'elle chercha des yeux, sur les montagnes, le drapeau dont son pavillon venait saluer la victoire. En revanche, elle put de ses batteries muettes contempler ;\ loisir un spectacle qu'elle n'attendait pas : la populace de Collioure traînant sur la plage et jetant à la mer le cadavre de son gouverneur, l'infortuné Valette, dont la conduite, la veille, avait laissé prise à de vagues soupçons, et qui venait de se donner ou de recevoir la mort. »

Vers la fin de la même année, les Espagnols attaquèrent Collioure de nouveau, et, grâce à la trahison de Dufaux, gouverneur du fort Saint- Elme, ils parvinrent à s'emparer de Collioure et de Port-Vendres, dans l'espace de quelques heures. Ils trouvèrent dans la ville 88 bouches à feu, un hôpital complet et des provisions de toutes sortes. Les Français y perdirent 150 hommes, entre autres le représentant Fabre.

L'ancien commandant de Saint-Elme échappa au supplice des traîtres en passant à l'ennemi ; mais un décret national voua sa mémoire à l'exécration publique. Quatre mois après, les Espagnols étaient forcés de rendre la place au général Dugommier.

j Collioure est généralement mal 1 bâtie et percée de rues étroites :

! elle notîre d'ailleurs rien de remar- (juable, si ce nest une croix gothi- (|ue en pierre érigée dans le cimetière. A quehjues met. du rivage, à l'extrémité N. de l'anse, on voit un petit îlot rocheux, couronné d'une chapelle dédiée à saint Vincent.

\ Ine fois l'an, à 9 h. du soir, une procession maritime promène la châsse du saint tout autour de la rade à la lueur des tlambeaux.

Les fortifications élevées par Vauban ont été modifiées depuis. Le fort

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