ROUTE 112. DE PORT-VENDRES A ROSAS
De Port-Vendres à Rosas.
7 h. Sentier de rnontatjnes.
.Vu sortir de Port-Vendres , on monte sur la colline qui s'élève en face du côté du §. 0., et, laissant à g. le phare Béar, on redescend sur le bord de la mer à ÏAnsc de Paulilles. Là, on franchit un ruisseau qui prend son origine à l'U.
au pic de taillefer (514 met.), et l'on monte au S. sur une seconde colline d'où l'on domine les caps Llestreill et Castell.
6 kil. Banyuls sur-Mer, v. industrieux contenant, avec les hameaux voisins, une pop. de 2619 h., est situé sur le bord d'une petite anse semi- circulaire, à l'embouchure d'un ruisseau descendu du col de Banyuls. Sa population a plus que doublé depuis cinquante ans; aussi l'ancienne église, tro]) petite désormais, a été démolie et rebâtie sur un plan plus vaste ; il n'en reste plus qu'un joli portail roman.
L'anse de Banyuls n'est fréquentée que par de petits caboteurs; le mouvement total en 1844 a été de 343 navires jaugeant 3189 tonneaux.
Le nombre des navires appartenant à des armateurs du village était de 27, d'un port de 178 tonneaux.
A 2 lieues au S. 0. de Banyuls, à l'extrémité de la vallée, s'ouvre, à 362 met. de hauteur, le col de même nom , célèbre par les lut tes de 1793. En ettet, lors de la première invasion des Espagnols, il fui défendu avec une grande intrépidité par les habitants du village, ayant à leur tête Sylvestre Douzans , procureur de la commune.
Très- peu nombreux , ils résistèrent à 4000 Espagnols, et périrent presque t^us dans le combat ; ceux qui
survécurent à ce désastre furent faits prisonniers et conduits à Barcelone ou à Figueras. La Convention nationale, admirant la conduite des habitants de Banyuls, décréta qu'ils avaient bien mérité de la patrie , et qu'il serait élevé sur la place du village un obélisque de granit pour rappeler leur glorieuse résistance.
Le 25 octobre de la même année, le col, défendu par 1400 Espagnols sous les ordres du général Arias, fut enlevé })ar les trois colonnes françaises des chefs de brigade Rair mond, Rampoii et Clauzel ; mais, cinquante jours après, il était reconquis par les Espagnols, et le»
Français laissaient sur le terrain 23 pièces de canon , 300 prisonniers et 200 morts ou blessés. Après la prise de CoUioure, le général Dugommier fit déposer les armes aux Espagnols sur la place de Banyulssur-Mer, exigea en outre la délivrance des prisonniers natifs de ce viLage, et demanda pour eux des indemnités et des secours, qui leur furent accordés.
En sortant de Banyuls, on rer monte la vallée pendant 1 kil. eu:viron. Laissant alors à dr. les deux alalayas de la tour Reiy (86 met.) et de la tour SayoU, on traverse le ruisseau, on passe à la base occidentale d'une autre atalaya, la tour Baille, puis d'une quatrième, la tour Pages, située à 146 met. d'altitude, et l'on s'élève de plus en plus sur le plateau terminal des Albères, dont la hauteur moyenne est d'environ 300 met. Après avoir laissé à dr. le pic Jouan, haut de 457 met. , on redescend par de nombreux zigzags dans un petit ravin (jui va déboucher à 300 met. du corps de garde de VAnse Cerbère, et l'on remonte au
6 kil. (12 kil.) Col deU Balistres
ITiNEHAlRE DEH PYRENEES.
(260 met), qui forme les limites de la France et de l'Espagne. A 1 kil. à l'E., à 208 met. de hauteur, sur le bord immédiat de la mer qui ronge ses falaises escarpées , s'élève le signal du Cap Cerbère. A 3 kil. à l'O. , sur la même arête de collines , se dresse, au haut d'un petit pic de 500 met. d'altitude, la tour Carroig, grande atalaya qui correspondait, au N., avec la tour de Madaloth (Voy. pag. 6()9) , au S. avec le vieux château de Viridaria, dominant la montagne de Rosas.
3/4 de lieue de la frontière, San Miguel de Culera, petit port sans importance. Dans les environs on a dernièrement découvert et commencé k exploiter de puissants filons d'arsenic aurifère.
3/4 de lieue (l h. 1/2) Uansa est situé en face de quelques îles.
Au delà de ce village, le sentier, cessant de longer le bord de la mer qui se recourbe vers l'E. , s'enfonce dans l'intérieur des terres.
1 h. (2 h. 1/2) Vall de Selva, dont le port, connu sous le nom de Selva de Mar, est situé à une 1/2 lieue plus au N., sur la rive orientale d'une
baie profonde. A 1 kil. à l'O. de Vall de Selva s'élève un ancien monastère très-célèbre dans la contrée, San Pedro de Roda , construit , sui vaut quelques auteurs, sur l'emplacement d'un temple de Vénus, laissant ce monastère à g., on s'élève sur l'arête de la montagne appelée Sainte- Onu fre, pour redescendre à
1 h. 1/2 (4 h.) Roms (V. R. 111).
De Vall de Selva , il faut marcher pendant 2 h., par de très-mauvais sentiers, pour atteindre, à l'extrémité de la presqu'1'3 de Rosas, l'ancien cap Aphrodision, aujourd'hui cap Creus. On doit y ériger un phare. Sur ses rochers, dernières protubérances de la longue chaîne des Pyrénées, on pourrait se croire dans une île déserte au milieu de la mer. Sauf les récifs et la côte de France qui se profile au loin vers le N., on ne voit que la surface bleue (le la Méditerranée, où brillent cù et là les voiles blanches des navires.