DE PARIS A PAU, PAR BORDEAUX ET DAX
810 kil. — !'• classe, 93 fr. 80 c. — 2« classe, 71 fr. 35 c. — 3« classe, «lî fr. 9SC.
De paris a Dax.
731 kil. — Chemin de fer.
583 kil. De Paris i\ Bordeaux (V.
148 kil. De Bordeaux à DaxiV.
De Dax à Faa.
79 kil. — Route de terre.— Chemin de fer concédé de Dax à Ramous et de Ramous à Pau.— Diligences tous les jours; deux départs pendant l'été. Coupé, 12 fr.; intérieur, 10 fr. ; banquette, 10 fr. ; rotonde, 8 tr. — On pave pour Orthez (service spécial), 6 fr., 5 fr. et k fr.
A 6 kil. de Dax, on traverse le Luy entre Saurjnac, v. de 800 liai)., qu'on laisse à dr., et Cambrnn, hara. qui dépend de Saufrnac, et qu'on laisse à g. ; puis, continuant à se diriger au sud-est, on passe prîs d'Estibemix (17 kd.) et de Mouscardès (21 kil.), avant d'atteindre ri7/i (2.') kil.), V. de l.'>77 hah., h peu de distance duquel on sort du département des Landes pour entrer dans celui des Basses-Pyrénées.
39 kil. Orthez (hôt. Bcrgerot, h la Belle Hôtesse, chez Senais), cheflieu d'arrondissement et de canton du département des Basses-Pyrénées, V. de 6(i94 hab. , est située sur une colline de la rive dr. du Gave de Pau, à la jonction des routes de Dax, de Bayonne, de Pau, d'Oloron , de Mauléon et del Mont-de-Marsan.
Malgré sa position, .ses industries, son commerce (jambons de Bayonne) qui est assez considérable , elle man- (jue généralementd'animation ; mais on y visitera avec intérêt le pont, la tour de Moncade et l'église paroissiale.
Avant d'être la capitale du Béarn , Orthez, dont l'origine est inconnue, appartint aux vicomtes d'Acqs (Dax).
Ce fut (iaston VI, dit le Bon, qui, s'en étant emparé, la réunit à ses domaines, et Gaston VII, y ayant fait construire ce fameux château de Moncade, dont nous allons visiter bientôt le dernier débris, y fixa sa résidence. Pendant tout le temps que régna la dynastie de Foix, elle brilla du plus vif éclat; mais elle commença <\ décliner dès que le rh;\teau de Pau devint le séjour favori des seigneurs d'Albret. Elle ne fut plus qu'une des cinq sénéchaussées du Béarn. Malheureusement pour elle, elle recouvra pendant les guerres de religion une ])artie de son ancienne influence. Le protestantisme, qui avait été introduit en l.')61 . y avait fait, en moins de deux années, «le tels progrès que Jeanne d'Albret y fonda une université calviniste. Quand Terride, envoyé par le roi de France pour y rétablir le culte catholique, se fut acquitté de sa mission, il se vit bientôt obligé de s'y renfermer; mais Montgommery, le général protestant, emporta la place d'a.ssaut le jour même de son arrivée, et un horrible carnage déshonora cette victoire. Plus de 3000 catholiques périront égorgés; le (iave roula des Ilots de sang; les tombeaux des morts furent violés, et les soldats jouèrent aux quilles avec le crâne de Gaston Phœbus. La peste, qui ne tarda pas à éclater, enleva le
petit nombre d'habitants échappés à cette boucherie. Repeuplée de protestants, Orthez s'opposa longtemps au rétablissement du catholicisme et à la réunion de la Navarre à la France. Enfin, Louis XIII supprima son université, et, à dater de cette époque, la résistance alla s'affaiblissant. Toutefois, les protestants sont encore plus nombreux k Orthez que dans toute autre ville du Béarn.
Le 27 février 1814, Orthez donna son nom à une bataille livrée dans ses environs. Le maréchal Soult.
qui n'avait que 20 000 hommes sous ses ordres , y fut battu par l'armée anglo-e.spagnole , que commandait Wellington et qui était forte de 50 000 hommes. Les vainqueurs perdirent plus de 10 000 hommes dans cette journée, et Soult se retira avec .ses blessés et ses canons sur Saint-Sever. Certains écrivains anglais ont soutenu que Soult avait 40 (KX) hommes y compris 9000 con- .scrits, et Wellington .37 000 .seulement. Les Français, disent-ils, perdirent 4000 hommes, et les alliés 2300. Une blessure que reçut Wellington sauva, si l'on doit les en croire, l'armée française menacée d'une destruction presque complète dans sa retraite.
Le nouveau pont d'Orthez n'a qu'une arche. Le vieux pont construit sur les rochers qui encais.sent le Gave se compose de quatre arches ogivales fort inégales en hauteur et en largeur, et, comme pre.sque tous les ponts du moyen âge , il forme le dos d'âne. Sa largeur est de 3 met. 50 cent. Au milieu .s'élève une tour assez bien conservée qui servait à sa défense , et dont la voûte ogivale ne porte aucune trace de herse. L'étage supérieur, auquel on montait par une porte quadrilaté-
rale ouvrant sur le pont, n'était percé que de deux meurtrières à arbalète, l'une en regard de la ville, l'autre en regard de l'ennemi.
L'ouverture ménagée à l'angle sudouest du même étage s'appelle la finestro dous caperans (la fenêtre des prêtres). Lors de la prise d'Orthez, les calvinistes forcèrent un certain nombre de prêtres à se précipiter par cette ouverture dans les eaux du Gave.
Ldi tour de Moncade , le seul débris qui reste du château d'Orthez bâli au xiiie siècle par Gaston VII , s'élève sur un plateau entouré de trois côtés de ravins profonds, et accessible seulement du côté de l'est.
Elle a trois étages. Sa couronne de mâchicoulis a été récemment rétablie. Les bâtiments d'habitation, qu'entourait une triple enceinte de murailles détruites par Richelieu, s'étendaient sur le plateau à l'ouest du donjon.
Le château d'Orthez , appelé quelquefois le château noble, à cause de sa magnificence, a été.
sous le règne de Gaston Phœbus, visité en 1388 parFroissart.qui nous en a laissé une curieuse description.
« Je fus envoyé querri en mon hôtel (de la Lune) car c'étoit où est si il vit, le seigneur du monde ui le plus volontiers veoit étrangers pour ouïr nouvelles. Quand il me vit, il me fit bonne chère et me retint de son hôtel, où je fus plus de douze semaines. Avant que je vinse en sa cour, je avois été en moult de cours de rois, de ducs, de princes, de comtes et de hautes dames, mais je n'en fus oncques en nulle qui mieux me plut ni qui fut sur le fait d'armes plus réjouie que celle du comte de Foix étoit.
On veoit en la salle, et es cham-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
bres et en la cour, chevaliers et écuyers d'honneur aller et marcher, et d'armes et d'amour les oyoit-on parler....
« L'usage du comte de Foix est tel ou étoit alors, etl'avoit toujours tenu d'enfance, que il se couchoit et levoit à haute none et soupoit à mie nuit et quand de sa chambre à mie nuit venoit pour souper en la salle, devant lui avoit douze torches allumées que douze varlets portoient, et icelles douze torches étoient tenues devant sa table qui donnaient grande clarté à la siille ; laquelle salle étoit pleine de chevaliers et de écuyers, et toujours étoient à foison tables dressées pour souper qui souper vouloit.... »
Ce château, témoin de fêtes si brillantes, fui aussi le théâtre de crimes épouvantables. Gaston Phœbus y jeta dans un cul de bassefosse, après l'avoir poignardé de sa propre main , Pierre de Béarn , gouverneur de Lourdes, qui refusait de lui rendre cette place ; il y assassina son propre fils, qui s'y laissait mourir de faim parce qu'il était accusé injustement d'avoir voulu empoisonner son père. Blanche de Navarre y mourut empoisonnée par son beau -frère et par sa sœur.
L'église d'Orthez a été construite aux xiv« et xv siècles. Le chevet à pans coupés est formé de trois parties qui correspondaient aux trois nefs primitives. Elle n'a maintenant qu'une large nef divisée en quatre travées égales par des faisceaux de colonnes saillantes.
D'Orthez h. Bayonne (V. R. 6); — à Saint- Palais et à Saint-Jean -Pied-de- ?ort(V. R. i9);->NavarreuxeiàMau»
léon (V. R. 20).
.D'Orthez à Pau, la route reste
sur la rive dr. du Gave de Pau, qui tantôt s'en éloigne tantôt s'en rapproche. On y découvre presque constiimment de gracieux paysages.
Quand le temps est clair, on voit très-bien le pic du Midi d'Ossau, au-dessus de la chaîne des Pyrénées. On laisse à g. la route d'Orthez, avant d'atteindre Castetis, v.
de 540 hab. , situé près du ruisseau le Clamondé, en face de Sarpnurenx (rive g. du (iave). On passe ensuite à Àrgagnon - Marserin (515 hab.), où l'on remarque de très-beaux châteaux. On laisse : à dr. CmOuzb, à g. Mont, sur la Geùle, que l'on traverse; h dr., tendresse, et, au del;\ du Hens, Avance; on monte hLacq, vis-ji-vis du(iuel on aperçoit Abidos, sur l'autre nve du Gave; puis on descend au bord de la rivière de l'Agle, que l'on traverse, et près de la rive g. de laquelle se trouve le hameau de Panacau.
W \iii. (59 kil.). Artix, v. de 742 hab, , est le relaisde poste. A peine Ta-t-on quitté que l'on voit la route se dérouler en ligne droite, au sud-est, sur une longueur de plus de 16 kil. , dans la belle, riche et fertile vallée du Gave de Pau. Au delà de l'Aulouse , on trouve successivement Inhastide-Cézéracq (627 hab.) . Denguin (620 hab.), Aussevieille à g., V. de 172 hab., situé sur l'Ousse, que l'on traverse; Siros (218 hab.), Poey, V. de 418 hab., situé à g., sur la rive dr. de l'Ousse, au pied d'une colline boisée. Enfin, à 7 et à 6 kil. de Pau, on laisse à g. les routes (|ui conduisent à Le.scar (V. R. 30), et, après avoir aperçu à g. , Lons (962 hab.) on traverse Billère (680 hab. ), (pii n'est plus qu'à 2 kil. de Pau.
20 kil. (79 kil.) P«u(V. R.30).