‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 55 sur 382 · ROUTE 10. SAINT- JEAN-DE-LUZ · texte numérisé non relu

ROUTE 10. SAINT- JEAN-DE-LUZ

constater le mal et d'y apporter un remède. Il conçut et pioposa de grands projets , que les guéries ruineuses de la fin <lu règne de Louis XIV ne permirent i)as de m<:ttre à exécution. A (juoi bon ra- ^ conter ici toutes les tentatives inulil's qui furent faites pour sauver la ville menacée d'une ruine totale?

Les tempêtes de 1749. 1782, 18r>, détruisirent tous les trav;ui\ entrepris , emportèrent des rues entières , et cependant la digue, construite sous la Restauration parM.de Raudres, avait 1.') met. de largeur h la base, 10 met. de hauteur au-dessus du sol; elle était miniie d'enrochements et d'une triple rangée de pilotis profondément enfoncés. La tempête de IK'2'2 dura huit jours.

Oiiiind elle sajtaisa, on ne trouva pas même un débris de cette digue sur une longeur de \M\ met. Partout, sur ces ruines qu'il avait faites. l'Océan avait jiassé son niveau.

De mémoire d'homme, aditun ingénieur chargé <le constater les dégâts, aucun spectacle de destruction n'avait été plus terrible.

\n lieu des cent navires de hautbord qui animaient autrefois son hassin, Saint-Jean-de-Luz possède ;i peine une ou deux barques de pèihe. Cihoure, sa voisine et souvent sa rivale, n'est pas moins ruinée; sa population n'est plus que de 17f)0 âmes. Toutefois un avenir meilleur semble réservé à Saint- Jean-dc-Luz. Ses bains de mer, fondés en Î8.')0, sont de plus en l.lus fréquentés. L'établissement de Sainte -Barbe, qui, malgré son installation i)rovisoire, avait reçu en \HW.\, 1854 et 185.'), un grand nombre de baigneurs, s'est, à l'aide «l'une souscription publique. agramli en .s'embellissanl; il a construit des

cabanes commodes, fondé un bufîet et un cabinet de lecture, créé des bains chauds, organisé un service d'omnibus, etc., etc. D'ailleurs, l'empereur Napoléon III, qui a visité plusieurs fois Saint-Jean-de- Luz, a conçu, dit-on, de grands projets destinés â lui rendre son ancienne imi>ortance.

L'église de Saint-.lean-de-Luz, dédiée à saint Jean-Baptiste, a été fondée au xiir siècle; mais, souvent remaniée depuis, elle n'a conservé <le la construction primitive (pie (luekiues fenêtres ogivales, et ses «leux portes du sud aux archivoltes gothiques. F:lle n'ofl're aucun intérêt architectural. Nous avons déjà parlé du tahleau de Restout, (pii décore une de ses chapelles.

M. Léonce Goyetche y signale à la curiosité des 'étrangers un tableau â légendes du jugement dernier, et une Vierge demi-nature tenant son fils sur ses genoirx, relégués sous le porche, et dont l'inscription gothi([ue et le style rappellent le xiV siècle.

•Les autres monuments publics ne sont pas plus intéressants que l'église. Mentionnons seulement I l'hôtel de ville, construit en 16.57, et l'hôpital civil (l'ancien hospice des i>èlerins de Saint-Jacques).

Parmi les maisons particubères, les plus curieuses pour leur architecture ou ])Our leurs souvenirs, sont : la rnai^on Esquerenen (rue Montante), une des rares maisons qui échappèrent à l'incendie de l.'^g^. le rhâtpnn Louis XIV, bâti sous Henri III ou Henri IV, fiantpié de deux tourelles en encorbellement, au toit aigu et couvert en ardoise. Il n'a j.lus malbeureu- .sement que deux rangs d'arcades au lieu de trois; —Joanoeniaon le

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ITINERAIRE DES PYRÉNÉES

château de l'Infante, construction irréguliùre des premières années du XVII' siècle, et récemment restaurée. Sur une j)laque de marbre placée au-dessus de la porte d'entrée, se lit cette inscrijjtion :

L'Infante je reçus l'an mil six cent soixante.

On m'appelle depuis le chasieau de l'Infante.

On peut visiter ;\ Tintérieur deux tableaux de Gérôme, représentant le mariage de Louis XIV et la réunion politique des royaumes de France et d'Kspagne. accomplie temporairement en 1701 '. Les anciennes fresques (jui décoraient le plafond de la grande .salle et des appartements voisins avaient été tellement dégradées par les pluies qu'on a dû les effacer ; les fresques actuelles .sont mo<lernes. De la décoration générale de IfiOO il ne reste que les armes de France, peintes au tympan supérieur de l'escalier, avec un entourage de fleurs de lis et de lettres L majuscules.

M. Léonce Goyetcbe cite encore :

— la maison Betheder , qui déploie sur le quai de belles lignes;— la maison Saint-Martin , ipii a conservé une tour au centre, des

1. A ce propos il n'est peut-être pas sans intérêt de relever uneerreur liir.torique trop accréditée. Louis XIV n'a jamais dit : // n'y a pivs de Pyrénées.

« L'ambassadeur d'Espagne dit tort à propos, raconte Dangeau dans son Journal, que le voyage d'Espagne devenait aisé, et que prest-ntemeni les Pyrénées étaient fondues. > Mme de Genlis signala la première l'erreur commise par Voltaire, et que M. Edouard Fouruier, beaucoup trop injuste envers l'auteur de V Essai sur les nicems et du règne de Louts A7K, a signalée k son tour avec une regrettable acrimonie dans son intéressant ouvrage, intitulé • {'Esprit dans l'Histoire.

mansardes h écusson et un balcon enfer ouvragé <latant de 1713,— la maison Leremboure , couronnée d'une corniche à médaillon et de pinacles en boules : — la maison des Ppndplet,(\n temps de Louis XIV; — la maison des Dasconaquerrr (entre le château de l'Infante et la mer), ofi a logé le cardinal Mazarin ; — les maisons Macnije ou J)op, Paijez, Dncos, Cazauran ou Dar fjaifinaratz, Saint-Jean ou de Rivière, Laxaldo, Dncontenia , Snpite-, enfin, sur la place de l'église, un vaste édifice en forme de chalet, vrai fac-similé du stvle indigène et prototype des constructions basques , h trois corps et trois étages surplombant, h la façade verticalement rayée de colombages peints en vert.

Au nord de Saint-.Iean-de-Luz, au delfi de rétablissement des bains, .se dressent h 'M) met. les hauteurs <le Sainte-Barbe, couronnées des débris d'un fort ruiné; on y découvre une belle vue sur la mer. A la Croix d'Archiloa , située à 1 kilom.

I>liis au nord en remontant vers Guettary. la falaise atteint .')() met.

Quand tm traverse la Nivelle, on voit h droite la douane, qui occujie l'ancien couvent des Hécollels.

et on entre dans Cihonre, dont la population niAle, adonnée exclusivement h la carrière maritime, est presque toujours absente, siirtout pendant la saison d'été. Son église n'a rien.d'intéressant: mais, dans la cour de l'ancien couvent des Recollets, on peut voir une fontaine de la Henais.sance. malheureusement fort mutilée. Un établissement de bains a été fondé ;\ Ciboure il y a quelques années. Il est dominé par le coteau de Bordagain, qui. .'i son point le plus élevé, atteint

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