‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 78 sur 382 · A PAR SAINT -PÉE. B PAR LA RHUNE · texte numérisé non relu

A PAR SAINT -PÉE. B PAR LA RHUNE

A Par Salnt-Pée.

30 kil . Route de voitures jusqu'à Olha, 15 kil.; sentiers d'Olha à Soura1de,8 kil.; i"oute de voitures de Souraide à Cambo , 7 kil.

On sort de Saint-Jean-de-Luz par la route de Rayonne, et. après avoir dépassé les dernières maisons du faubourg, on prend à dr. un chemin qui va traverser à l'E. un petit vallon pour s'élever ensuite sur un plateau boisé, dont la hauteur absolue au-dessus de la mer est d^environ 85 met., et que recouvre en partie le grand bois de Fagossou. On laisse à dr. le château de Fagossou, puis on incline vers le S. E., et, à 9 kil. environ de Saint- Jean-de-Luz , on redescend dans la vallée de la Nivelle au hameau û'Ibarron, où plusieurs chemins viennent converger sur une petite place; on prend celui de l'E. pour longer la rive dr. de la Nivelle jusqu'à

14 kil. Saint'Pée sur Nivelle) gros b. de 2701 h., situé à 30 met.

de hauteur moyenne au-dessus du niveau de la mer. La route, tournant

alors brusquement vers le S., lais.se à dr. l'église et à g. les ruines du château de Saint-Pée, dont les traditions populaires ont fait pendant longtemps le séjour d'êtres fantastiques; puis elle se détache de celle qui conduit à Sare (V. ci-des.sousB), incline à g. , traverse le petit groupe de maisons d'0//ia (15 kil.), et abandonne la vallée de la Nivelle, pour remonter à l'E. un vallon arrosé par un ruisseau latéral. Elle s'élève ensuite à travers de petits bois à plus de 100 met., près du hameau de Behola^ passe à Amespetlou^ franchit plusieurs petits ruisselets descendus des hauteurs assez escarpées du S., et, contournant la base méridionale d'une colline haute de 196 met., touche à Ordotx avant d'atteindre

9 kil. (23 kil.) Souraïde, v. de 635 h. , situé au débouché de plusieurs vallons d'où descendent les ruisseaux qui forment le Laxa. A 1200 met. de ce village, la route qui domine la rive dr. de ce ruisseau vient aboutir h la grande route de Rayonne à Pampelune par Elisondo que l'on suit en descendant vers Rayonne.

1 kil. (25 \i'\\.)Fspele1teÇV.Î{. 14).

A 2 kil. de ce bourg, sur le sommet du plateau compris entre la vallée du Laxa à l'O. et celle de la Nive à l'E. , la route se bifurque à 129 met. (le hauteur absolue; cellB de Rayonne continue à monter au N.

vers Ustaritz; celle de Cambo, se dirigeant à l'E., descend par un petit ravin dans le rnllon de VAraya, où Ton exploite ime carrière de pierres et qui est arrosé par un des affluents de la Nive. On remonte de nouveau sur un plateau couvert de bruyères, du haut duquel on découvre en face de soi TUrsouia et

derrière soi la Rhune et le Mondarrain.

5 kil (30 kil.) Cambo (V. R. 13).

B Far la H hune.

6 kil. jusqu'à Ascain; 3 b. ijl, ascension de la Khuiie; 2 h., descente. 17 kil. de Sare à Camho.

Pour aller de Saint-Jean-de-Luz à Ascain, on peut remonter en bateau avec la marée montante le cours de la Nivelle, que bordent à dr. et à g. de belles collines boisées, ou bien prendre le chemin, praticable seulement pour les chevaux, qui domine la rive g. de cette rivière et qui va être indiqué.

Après être sorti de Saint-Jean-de- Luz par le pont de Ciboure, on prend à g. un chemin creux, et, au delà d'une ferme qu'il faut traverser, on gravit une petite colline du haut de laquelle on jouit en se retournant d'un joli point de vue sur les villas éparses du coteau de dr.

et sur la baie de Saint-Jean-de-Luz.

Le chemin monte et descend sans cesse, suivant les ondulations des collines couvertes de chênes \evis et de châtaigniers. Enfin après une heure de marche on voit s'ouvrir à l'E. un petit vallon daspect assez triste, dominé par des hauteurs couvertes de bruyères et d'ajoncs.

Au fond de ce vallon, sur la rive g. de la Nivelle et à l'embouchure d'un ruisseau, se groupent les maisons formant la commune de

6 kil. Ascain (1113 h.; cabarets), qui possède une source d'eau ferrugineuse froide, mais n'offre rien d'intéressant.

Un chemin de chevaux conduit directement en 2 h. d'Ascain à Sare par un col dont le point culminant n'a que 179 met. Il faut 4 h. envi-

ron pour faire ce trajet si l'on passe par la Rhune.

Après avoir traversé Ascain, ou remonte au S. vers le fond du vallon par un sentier pavé que bordent des murailles en pierres sèches et quelques peupliers. On passe à côté d'une maison dont la porte à pleincintre est sculptée , et bientôt après le sommet de la Rhune, qu'on voyait depuis Ascain se dresser en face de soi à lextrémité du vallon, se cache derrière l'Hucelhaya ; mais en revanche la vue commence à s'étendre du côté de la plaine, et déjà la mer apparaît par-dessus les bois de Fagossou (V. A.). De nombreuses carrières sont ouvertes dans les montagnes que l'on gravit. A 1 h.

du village, on revoit le sommet de la Rhune, qui restera toujours visible.

En se retournant , on distingue très-bien sur le bord de la mer Guettary, Bidart et Biarritz. La montagne devient de plus en plus roide, maison entre bientôt (30 m.) dans un petit vallon où se trouvent quelques arbres et des cabanes à brebis. Ce vallon traversé, on gravit un nouvel escarpement (15 m.), au sommet duquel s'étend un dernier plateau. Laissant alors à g. le col qui sépare la Rhune proprement dite d'un autre sommet moins élevé , on monte (45 m.) à travers les rochers, en décrivant des zigzags, jusqu'au sommet de la Hhune, haut de 900 met. d'altitude. Là on jouit d'un admirable panorama.

En se tournant du côté du N., on découvre tout le pays basque et une partie du Réarn. On distingue très-bien les vallées de la Nivelle et de l'Adour, Ascain, Saint-Pée, Sare, Saint-Jean-de-Luz et sa baie pittoresque, Guettary, Bidart, Biarritz, Bayonne, etc. La vue s'étend jus-

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ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

qu'aux landes du Boucaut. A TO., la mer forme l'horizon ; à l'E. , se dressent les sommets de la grande chaîne; au N. enfin, les regards charmés plongent dans de vastes vallées que dominent de hautes chaînes de montagnes, parmi lesquelles la Haya attire surtout l'attention. Au N. 0. , on découvre le Passage et Saint-Sébastien. La vue de la Rhune est, je n'hésite pas à le déclarer, une des plus belles vues de la chaîne des Pyrénées.

Au sommet de la Rhune existent encore les ruines d'une redoute qui rappellent la bataille sanglante que se livrèrent les Français et les alliés en octobre 1813 pour la possession de cette montagne, ({ue le maréchal Soult avait choisie comme centre de ses opérations militaires.

L'armée française, chassée d'Espagne, occupait un grand triangle dont les Pyrénées , depuis Irun jusqu'à Saint- Jean - Pied - de -Port , formaient la base; presque toutes les hauteurs étaient couronnées de redoutes, et la Rhune, déj;i fortifiée par les escarpements qui l'entourent de trois côtés , était en outre défendue par de nombreux ouvrages. Mais l'armée anglo-portugaise avait l'avantage du nombre et celui de l'attaque; Wellington avait à sa disposition 44 000 hommes, dont 24 000 devaient tenter le passage de la frontière par la Bidassoa et 20 000 par la Rhune.

Soult n'avait sous ses ordres cpie 31 000 hommes, dont IG 000 étaient de simples conscrits. En outre, les troupes françaises étaient démoralisées par leurs défaites successives.

Dans la nuit du 7 qui précéda l'attaque, un orage terrible se forma sur le sommet de la Rhune et

éclata avec une incroyable violence sur les positions françaises près de l'embouchure de la Bidassoa.

Pendant la tempête . qui épargna le camp des Anglais, 'Wellington avait fait transporter ses canons sur les hauteurs de Saint-Martial (V. R. Il ) et préparer à l'insu des Français des fascines et des pontons pour le passage de la Bidassoa.

A sept heures du matin, le canon commença à tonner, et, avant que le général Soult, qui passait alors une revue, eût i>u faire galoper son cheval jusqu'au bord de la rivière, les positions étaient déjà emportées et les Français battaient en re traite. la résistance ne fut obstinée qu'aux redoutes de Louis XIV et de la Croix des Bouquets (V. R. 11). En même temps, le général espagnol (liron . à la tête des troupes d'Andalousie, gravissait les pentes méridionales de la Rhune; bientôt après, les chasseurs portugais montèrent du côté de l'O. , s'emparèrent de la redoute de la Bayonnette, située au i>ied delà Rhune, et re|)Oussèrent une première attaque du général Clausel , (jui occupait le sommet de la montagne. Les chasseurs portugais essayèrent les premiers l'escalade de la redoute; mais ils furent repoussés avec énergie par les Français, et se retiraient en désordre quand le régiment anglais du colonel Colborne, venant à leur aide, renouvela l'attaque. Cependant le général Clausel se maintint sur la montagne pendant toute la journée, et ce fut seulement après avoir appris que les Espagnols de Giron avaient contourné la Rhune du côté de l'E. et qu'il» avaient déjà occupé des positions très-importantes sur le territoire français, qu'il évacua sa position.

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