DE CAMBO A SAINT-JEAN-PIED- DE-PORT
A. PAR L0LH06SÛA. — B. PiR SAW»T- ÉTlENNB-DE-BA»GORint.
A Par L.ouhoNiiO«.
ko kil. noute de voilures.
Au sortir de Cambo on suit la route (jui s'ouvre au S. , entre celle des bains (à g.) et celle d'Espelette (à dr.) et qui traverse d'abord une plaine cultivée d'où Ton découvre, à dr., le Mondarrain, à g., la montagne d'IJrsouia. Bientôt on entre dans la région montagneuse; on gravit et on descend des collines couvertes de fougères, de bruyères et de châtaigniers, du haut desquelles on aperçoit Itsassouàdr.
et Louhossoa à g. , avant de traverser la Nive sur un pont suspendu (à 5 kil. environ de Cambo). On monte alors dans le joli vallon verdoyant où se trouvent disséminées, à de grandes distances, les maisons de (3 kil.) Itouhossoa, v. de 530 h.
qui exploitent du kaolin et du pétunsé pour la préparation des pâtes à porcelaine. Au delà de l'église, remarquable seulement par sa scrtidilé, on traverse lUyhène dont on remonte la rive g., puis la rive dr., jusqu'à sa source. On franchit ensuite (6 kil.) un petit col au S.
duquel se dresse le pic Bordacaharra haut de 8C8 met., et, 2 kil.
après avoir dépassé le point de partage des eaux, on atteint, kKhaminoa, hameau dépendant de Helelte , la route de Rayonne à Saint- Jean-Pied-de-Port (V. R. 18).
6 kil. (22 kil. de Cambo). Irissary (V. R. 18).
18. kil. (40 kil.de Cambo). Saint- Jean-Pied-de-Port (V.R. 18).
B Par HaInt>K:ti*aBe de BaV^arr/.
8 h. 30 m. de marche environ. Route de voilures de Cambo jusqu'à i kil.
d'Itsassou, et de S«ini-Elienne de Baigorry à Saini-Jean-Pied-de-Pori. Chentin de mulets d'iisassuu à Sainl-Éiieiine de Baigorry.
A 4 kil. environ de Carabo, on quitte la route de voitures décrite ci-dessus (.4) , pour prendre à dr.
un chemin vicinal qui conduit à {\bm'in.)Itsassou, v. de 1463 hab. , le Montmorency de Bayonne pour les cerises. L'église, qu'on laisse à dr. sur la hauteur, possède une croix , un saint-sacrement , un calice, un saint ciboire en argent massif doré et de grandes dimensions, enrichis de pierres précieuses. Ces divers objets, dont le travail est vraiment remarquable, lui ont été donnés par un enfant du village nommé Pedro Detchegaray, qui avait fait en Amérique une fortune considérable. Ils ont souvent pendant la guerre d'Espagne tenté la cupidité des maraudeurs; on fut plus d'une fois obligé de les enfouir pour les soustraire à un coup de main et, un jour même, des chauffeurs s'étant emparés du sacristain, Pierre Tharons, lui mirent des charbons ardents sous les pieds, en le menaçant d'une mort affreuse, s'il ne leur révélait pas le lieu où il les avait cachés. Il avait courageusement gardé son secret lorsqu'on vint le délivrer.
Cinq minutes après avoir dépassé Itsassou on entre dans la gorge rocheuse d'où sort la Nive; de magnifiques châtaigniers en ombragent les abords. Ils deviennent bientôt plus rares, puis disparaissent entièrement. La gorge , trop vantée par certains écrivains qui n'ont vu ni les Alpes ni même le Jura, est aride et triste. Le sentier suit la rive g.
de la Nive, dont les ejiu^ vertes roulent sur un lit de roches noirâtres. En divers endroits il passe sous le rocher qui surplombe. Enfin, à 10 minutes de l'entrée de la gorge, il traverse im rocher bas, mince et étroit, qui domine presque à pic la rivière. Celte porte, ouverte on ne sait à quelle époque ni par qui, s'appelle le Pas de Koland.
Selon la tradition, le célèbre paladin n'a eu, pour se frayer un passage, qu'à frapper de son pied vigoureux ce rocher qui arrêtait sa marche. Une ligne noire et une in.scription rappellent l'inondation du 16 juin 1856. Les eaux de la Nive se sont élevées ce jour-là jusqu'au sommet de l'espèce d'ogive que forme cette ouverture évidemment artificielle.
Le Pas de Roland franchi, on aperçoit, à l'extrémité de cette gorge désolée, une montagne couverte de champs, de prés et d'arbres; on franchit sur un pont de pierre d'une seule arche, près du moulin de Laxia, un ruisseau limpide, descendu d'un joli petit vallon latéral que domine le Mondarrain et qui s'étend jusqu'à la frontière d'Espagne. De ce pont à Bidarray, on remonte sur la rive g. la vallée de la Nive , qui , de disUnce en distance, s'élargit ou se rétrécit.
C'est une agréable promenade; on est presque toujours à l'ombre ; le sentier, qui tantôt monte, tantôt descend, tantôt reste en plaine, suit presque constamment la rivière.
Sur deux points seulement il s'en éloigne pour éviter ses trop longs circuits. Les montagnes manquent malheureusement d'élévation, de caractère et de variété; mais la Nive est limpide, la végétation abondante, le paysage toujours gra-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
ROUTE 16. SAINT-ÉTIENNË DE BAIGORRY.
cieux, le calme profond; pendant deux heures de marche on ne rencontre que des fermes isolées. De nombreux ruisseaux aux eaux claires descendent dans la Nive sur ses deux rives.
En arrivant à (3 h. 15 min. de Cambo) Bidarray, commune de 1241 hab. , dont les maisons sont disséminées sur une vaste étendue, et dont l'église, voisine du pont, est à 158 met. au-dessus de la mer, on traverse, sur un pont de pierre d'une seule arche, la Yehuiri ', qui prend sa source en Espagne, Des montagnes plus élevées, mais nues et d'un aspect triste , apparaissent au fond de la vallée. La frontière espagnole n'est, au S. , quà 4 kil. (à vol d'oiseau). Cinq minutes après avoir traversé la Yehuiri , on atteint un vieux pont de pierre jeté sur la Nive. Ce pont a quatre arches. La plus grande, en plein-cintre, est flanquée de deux arches plus petites qui sont ogivales; quelques maisons se sont groupées alentour sur les deux rives. Dans l'une d'elles, située sur la rive g. , on peut se procurer du vin, du pain et des œufs, quelquefois même de la viande.
Ici le chemin se bifurque ; un bnis passe par la vallée de la Nive, l'autre bras par la montagne.
Le chemin de la vallée, plus long que celui de la montagne, remonte la rive g. de la Nive, dont le lit est profondément enciUssé jusqu'à (6 kil. environ) Saint-Martin d'Arossa, V. situé à l'extrémité occidentale d'une assez grande et belle plaine, àl kil. d'Eyharcp, d'où part une route de voitures qui conduit à (8 kiL) Irissary (V. R. 18), par(Hi-
t. D'après la carie du dépôt de la guerre. Cassini appelle cette rwière Espaloutra.
hardou el Ossès (2018 hab.), dont la vallée est regardée par les Basques comme l'une des plus fertiles et des plus variées de leur pays. A partir (PEybarce, v. situé à la jonction de la Nive et de la Nive du Baïgorry , la vallée se resserre de nouveau; la route, praticable aux voitures, remonte la rive g. de la Nive de Baïgorry, et rejoint, au delà du hameau de L^ispars, près des premières maisons de Saint- Étienne de Baïgorry, la route de Saint-Jean-Pied-de-Port (8 kil. environ d'Eyharce).
Le chemin de la montagne, un peu plus court, ne demande que 3 heures de marche, et n'est praticable que pour les bètes de somme.
Il remonte d'abord une jolie vallée arrosée par un petit ruisseau qu'on traverse à 30 min. de Bidarrav.
40 min. plus haut on atteint le point culminant du passage, dont l'élévation au-dessus du niveau de la mer n'est (jue de 345 met. La vue y est bornée. La crête des montagnes qu'on aperçoit sur la dr. forme les frontières de la France et de l'Espagne. On redescend dans un vallon boisé qui ne tarde pas à s'élargir, et au fond duquel se dressent des montagnes plus élevées que celles dont on est entouré, A 45 min. du col, on traverse le torrent sur un pont de pierre, et, 25 min. plus loin, on rejoint la route de la vallée. On est encore à 40 min. de Saint-Ktienne de Baïgorry. On passe au hameau de Leispars avant de laisser à g. la route de Saint-Jean-Pied-de-Port.
Saint- Htienne de Baïgorry, chef-lieu de canton de 27GO hab., est situé sur les deux rives de la Nive à laquelle il donne son nom.
dans une vallée verdoyante domi-
née par des montagnes arrondies trop dépouillées d'arbres. La partie qui se trouve sur la rive g. se nomme Baïgorry ; celle de la rive dr., qui possède l'église, .s'appelle Saint-Étienne. Les maisons formant la commune sont disséminées sur une étendue de plus de 12 kil.
Près du beau jeu de paume qui a été récemment reconstruit, on trouvera quelques cabarets où l'on pourrait au bestiin passer la nuit.
Saint-Étienne de Baïgorry a vu naître, en 1769, dans le vieux château d'Etchaux , le général Harispe, inhumé à Lacarre (V. R. 18).
De Saiiit-Élienne de Baïgorry à Roncevaiix et à Pampelune par les Aldudes (V. K. 17).
Au sortir de Baïgorry. la route de Saint-Jean-Pied-de-Port gravit une assez longue côte, de laquelle on découvre, en se retournant, de jolis points de vue. On passe d'abord à Orcos, v. situé à 171 met., puis on continue à s'élever jusqu'à 251 met. On redescend alors à/ rouleguy, v. de .529 hab., el on découvre à TE., au delà de Saint- Jean-Pied-(le-Port, de belles montagnes qui disparaissent à mesure que l'on s'abaisse dans un vallon monotone et insignifiant. On laisse à dr. Anhaux, v. de 705 hab, ; puis à g., les hameaux de Moiissourils et de Sorhouela; et, après avoir franchi deux petits affluents de la Nive, séparés par une petite colline du haut de laquelle on aperçoit pour la première fois Saint-Jean- Pied-de-Port et sa jolie vallée, on voit à g. Ascaratj v. de 445 bal)., au delà du(}uel on franchit le ruisseau d'Arnéguy; enfin, on traverse l'hart-Cize, sorte de faubourg de Saint- Jean -Pied -de -Port , v. de
605 hab., dont l'église, bien située , a un chœur du xiif siècle non terminé.
10 kil, de Saint-Etienne de Baïgorry , Saint- Jean-Pied-de-Port (V. R. 18j,