‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 126 sur 511 · PAR THUR1A ET LE COUTKNT DE VOL'RKÀSO · texte numérisé non relu

PAR THUR1A ET LE COUTKNT DE VOL'RKÀSO

(6 h. 15 m.) On far* bien de coucher dim courent de Vourkeno , «r on ne trwe pa» de lofti* eonrembU à M*»rom«li.

r.RKCE.

Roi tf 40.

Apres avoir traversé le pont de bois de Kalamata et le petit bourg où se tient le marché àla viande, on arrive (45 m.) au v. d'Asprokhoma.

La route serpente au pied des monts Makriplagf, à travers des bois d'oliviers et des champs cultivés, jusqu'au [i h.) v. de P/iortnùi. A gauche, dans la plaine, les ruines romaines de Palœo-Loutra se détachent au milieu des mûriers et des figuiers. Sur la colline à droite se trouvent des vestiges de l'antique

Thuria. C'est dans cette ville que commença latroiaièmeguerre de Messénie. Tburia, rebâtie par Epaminondas, occupe la colline élevée de Palaeo-Kastro, séparée des monts Makriplagi par un ravin profond. On voit encore des restes considérables du mur d'enceinte, une citerne creusée dans le roc, et les ruines d'un petit temple dorien.

11 faut ensuite franchir une colline dans la direction du N.-O., pour descendre à (1 h.) Kortsogli et à (15 m.) Gliata. Le chemin se perd souvent au milieu des bosquets, des ruisseaux et des ter* rains marécageux avant de traverser le Pamisus pour monter jusqu'au (1 h.) v. de Lézi. Ce village est situé sur le revers S. du mont Evan, ou saint Basile, nui se relie au mont Ithdme, dont le sommet hardi se dresse vers le N.

On gravit ensuite un chemin roide et pénible jusqu'au (45 m.)

Couvent de Vourkano (5 h. 45 de Kulan<ata), placé dans une situation pittoresque, sur le flanc du mont Kvan, au milieu d'un bois de cyprès et d'orangers. En passant sous la grande porte, on remarque deux pie>ls antiques en marbre et d'un fort beau travail. La grande cour intérieure est entourée d une double galerie sur laquelle donnent les chambres des caloyers et des voyageurs. Au milieu s'élève une église byzantine, qu'une profusion d ornements n'a pas pu rendre belle.

En quittant le couvent, on gra-

vit par un chemin escarpé la crétt qui joint le mont Évan au moni ltbôme, et l'on atteint (15 m ) prè> de la porte de Laconie, l'enceinte de Mepsene .

Messène. Histoire.-— On ne peut s'empêcher d'éprouver une vive sympathie pour les Messéniens, qui luttèrent avec tant d'héroïsme, et de constance contre les Spartiates pour défendre leur indépendance. Après avoir soutenu trois guerres acharnées et trois sièges prolongés sur les monts Ira et Ithôme, les malheureux habitants de la Messénie furent obligés de s'expatrier ou do subir l'esclavage le plus cruel.

Le rétablissement de la Messénie fut le coup le plus sensible qu'Epaminondas porta à la puissance de Sparte. Avant la bataille de Lcuctres aucune ville n'avait porté le nom de Messène. Epaminondas, en choisissant l'emplacement de la nouvelle ville, se montra aussi bon général qu'habile politique. Le mont Ithdme, outre l'avantage de sa position militaire, étaitsacréaux yeux des Messéniens par le culte de Jupiter, qu'on y célébrait depuis la plus haute antiquité, et par le souvenir des luttes héroïques de leurs ancêtres.

Messène, par son alliance avec les Thébains et les Arcadiens, n'eut plus rien àcraindredeSparte. Apres la chute de Thèbes. elle favorisa les plans de Philippe de Macédoine et ne prii aucune part a la bataille de Chéronéc. Les Messéniens devinrent plus tard membres de la ligue achéenne et combattirent avec Antigone Doson à Sellasie ;-2-22), où ils eurent la satisfaction d'écraser leurs cruels persécuteurs, les Spartiates. Messène fut assiégée par Dem< trius Pharus, qui trouva la mort sous ses murs, et par Nabis, tyran de Sparte, qui dut se retirer devant Phiiopnemen , accouru de Mégalopolis.

Plus tard, Messène, ayant déclaré la guerre à la ligue achéenne, réussit à s'emparer de Phtlopc*men et n'eut pas honte de con-

Routs 40.] MESSJ

damner à mort son libérateur (183).

Mais elle fut prise et châtiée sévèrement par Lycortas, successeur de ce héros.

Auguste, pour punir Messène i'avoir soutenu le parti d'Antoine, donna à Sparte une partie de son territoire. Cette condamnation fut révoquée sous Tibère. Au temps de Pausanias, Messène était encore une ville importante.

Description. — Des ruines de la i Porte de Laconie.où nous sommes arrivés, la vue s'étend sur l'emplacement de i'antique cité et le v.

de Mavromali, qui en occupe la partie centrale. L'acropole de Mes- *ène couronnait le sommetdu mont ithôme ; la ville était située sur le rêver* S. O. qui se cieuse en forme de coquille, et présente plusieurs petites éminences. Cette vaste assiette de terrain est bornée au X.-K. par 1 Ithôme, au S.-E. par le mont K van. à 10. par les escarpements du mont Psoriari, enfin, au N. ei au S. par des collines peu élevées, qui, de ce dernier côté, ne manquent pas la vue de la mer.

Jl eut été difficile de trouver sne position plus agréable pour sne grande ville, et plus forte au point de vue militaire.

A en juger par son enceinte, M?*frène était la place la plus importante de la Grèce. Le mur descendait du sommet de rithôroe à la Porte de Laconie, puis, touraaot à angle droit, s'abaissait de l'fi. à l'O. sur le revers de la montagne. Près du v. de Simissa, qui brille au S.-E., au milieu de la terdure, le mur changeait de direction et t»e prolongeait pondant ikil. parallèlement su cours d'une petite rivière qui suit la base du Psoriari. Formant ensuite un nouvel angle droit, il remontait de l'O. à TE. jusqu'au sommet de IItaôme, pour, rejoindre l'acropole.

La ville d'Épaminondas a disparu ei o'i laissé que quelque* ruines dispersées au milieu des champs fertiles et des bois d'oliviers et de caénes qui couvrent cette vaste enceinte.

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En suivant la tournée que nous allons indiquer, le voyageur pourra voir en quelques heures tout ce que Messène renferme de curieux.

On part de la Porte de Laconie, ainsi appelée de sa position sur la route ae ce nom ; ce n'est plus qu'un amas de pierres helléniques, avec quelques soubassements de tours, comme celles que nous dé* crirons plus loin. Laissant à gauche un chemin pour (15 m.) Mavromati, on gravit au N. le flanc du mont Ithôme par un sentier fort escarpé, qui décrit de larges zigzags. I^épassant (1 h.) à gauche des soubassements de tours antiques, et un sentier par lequel on redescendra à Mavromati, on parvient (1 h.) sur un plateau peu étendu, qui forme le sommet de la montagne. Le vieux monastère ruiné de Vourkano, qui l'occupe, est bâti sur l'emplacement de l'antique temple de Jupiter Ithomate.

Tout à côté, et au S., était le temple des grandes Déesses. Au S.-E.

du plateau, où la montagne est à pic, on remarque des ruines du murd'enceinte, des soubassements de tours et quelques débris d'une maçonnerie antérieure à l'époque d'Épaminondas. Du sommet de l'Ithôrae, on aperçoit à ses pieds l'emplacement de Messène et en face le mont Évan. La vue s'étend plus loin sur le Pamisus, le ffolfe de Coron, le Taygète, la plaine d'Arkadia et la mer Ionienne.

Il faut revenir sur ses pas et prendre le sentier à l'O. que nous avons indiqué, pour descendre (t h.) h Mavromati. Ce v., dansune position gracieuse, ne renferme que quelques habitations sales et misérables. On y remaroue la fontaine Clepsydre, entourée d'un mur antique à moitié caché sous une végétation luxuriante. Cette fontaine est celle où , selon la fable, les nymphes Ithôme et Néda lavèrent l'enfant Jupiter que les Gurètes avaient soustrait a Saturne,

et dont l'eau servait au temple de Jupiter Ithomate.

On se dirige ensuite au N. par la route qui serpente au pied de i'Ithôme, à travers un bois d'oliviers, de chênes et de lauriers, jusqu'à (1 h.) la muraille du N., où se trouve la Porte de Megalopolis ou d'Arcadie. Cette porte, avec le mur et les tours qui s'y rattachent, forme la partie la mieux conservée de l'enceinte, et donne une idée complète des fortifications de Messine.

Ces murailles, solidement implantées dans le sol, qui ont résisté aux ravages du temps et des hommes, tombent bloc par bloc sous les efforts des lauriers, dont les jeunes pousses s'introduisent dans, les interstices et déchaussent, en se dé veloppant, les assises les plus massives. Quelque pittoresque que soit In chevelure de lauriers qui revêt les murailles, il serait cependant à désirer que l'on extirpât l'arbre classique', qui, dans un temps peu éloigné, aura achevé son œuvre de destruction. La porte de Mégalopolis se compose de deux entrées, séparées par une cour de 60 mèt. de circonférence.

On remarque encore l'énorme linteau de la première entrée, qui avait 5 m. 73 de long. 1 m. 16 de large, et 1 m. 12 de haut. 11 est brisé en deux morceaux, dontTun est à terre, et l'autre appuyé sur le montant de la porte. Près du seuil se trouvent les vestiges de la route antique, pavée de grandes dalles. La cour, de construction hellénique comme le reste de l'enceinte, se fait admirer par sa belle maçonnerie. Les deux assises inférieures du mur circulaire sont formées de blocs énormes. On y voit de chaque côté deux niches consacrées auxdieux protecteurs. Une inscription à moitié effacée, sous celle de gauche, indique que des restaurations ont été faites par QuintusPlotius Euphémion. La seconde entrée, donnant sur la campagne, était flanquée de deux grandes tours carrées, dont on voit encore les soubassements. A l'E., Ja belle muraille qui grimpe le versant de l'Ithéme se présente de

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la manière la plus pittoresque au milieu des arbres, et semble lutter de force avec les rochers qui l'entourent. Elle est construite de magnifiques blocs quadrangulaires, admirablement tailléset assemblés sans mortier ; son épaisseur est d'env. 2 mèt. Les tours, dont elle est flanquée à des intervalles trèsrapprochés, sont carrées et percées de fenêtres etde meurtrières.

On remarquera surtoutune grande tour encore presque intacte, bien que toutes ses assises aient été disjointes par un tremblement de terre. Des marches en pierre conduisent au premier étage, mais il n'y a aucune trace d'escalier pour arriver au second ; il est probable que l'on se servait d une échelle.

En suivant les murs du côté de l'O., on remarque encore une tour ronde et une poterne à l'angle N.-O. de l'enceinte.

On revient à Mavromati , et longeant le petit ruisseau qui s'échappe de la fontaine Clepsydre et fuit vers le S., on va visiter adroite, au sortir du v.. les ruines informes d'un petit théâtre qui n'avait que 20 mèt. de diamètre. Près de là se trouvait la fontaine Arsinoë alimentée par les eaux de la Clepsydre qui étaient amenées autrefois par un canal souterrain. Tout à côté se voient les soubassements du plus grand temple de Messène.

Quelques instants après , on atteint les ruines du stade, traverse dans sa longueur par le ruisseau de Mavromati. On voit encore un des côtés et l'extrémité supérieure de son enceinte avec seize gradins de pierre disposés en hémicycle. Tout autour du stade régnait une colonnade qui formait près du pourtour un double portique à trois rangs de colonnes.

A terre gisent un grand nombre des fûts doriques et cannelés dont presque toutes les bases sont encore en place. A l'extrémité S. du stade et toujours près du ruisseau, on trouve les murailles de la ville et les débris d'un petit temple.

LliOCTE 41.]

En coupant à travers champs dans la direction de l'E.. on rencontre des vestiges de tombeaux antiques près de Ja route de Simissa ; on revient en quelques instants de ce v. à Mavrornati par la porte de Messénie, qui n'offre plus qu'un amas de ruines.

De Mes.'ène à Navarin , R. 41; — à Kalamata, R. 40 — Uue route au N. conaut aa (1 b- 45m.) pont triple duMavroîuiaen*,a (lh. 10m.) Konptanlinous, et i J h. 30 m.) Phi^alèe.

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