‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 149 sur 511 · SY1U · texte numérisé non relu

SY1U

tautînople (trajet direct en 33 h.), tous les mercredis.— Pour Corfou et Trieste (trajet direct en 4 jours), tous les dimanches.

Ligne gréco - orientale, pour Chio et Smyrne, tous les mercredis (correspondances iiiyrne, tous les vendredis, avec laligTe" d'Anatolie jusqu'à Constantinople; tous les 15 jours, le vendredi, avec la ligne de Syrie et Caramanie, et tous les 15 jours , le lundi , avec la ligne directe d'Égypte. F. Smyrne). — Pour le Pirée, Zaute, Corfou, Brindes, Ancône et Trieste, tous les dimanches. Dans ce voyage le paquebot touche en outre une semaine à Cerigo, et l'autre semaine S Ithaque.

Pour l'île de Candie, tous les 8 jours. Bateaux- poste grecs.— Pour le Pirée et Nauplie, tous les mardis, correspondant tous les 15 j . avec la ligne des côtes de Morée.— Pour Cythnos (Thermia), le Pirée, l'Eubée et Stylida, tous les 15 jours, le jeudi.— Pour Tinos et Andros, le samedi (retour le jour même). — Pour Mykonos , Naxos , Paros , los et Santorin (Thin), tous les 15 j., le lundi (retour de Santorin, le mercredi.).

L'île de Syros (qu'il ne faui pas confondre avec Scyros, où Achille fut caché parmi les filles de Lycomède), est située par 37° 22' dé latitude et 22° 35' de longitude E. du méridien de Paris; sa longueur, du N. O. au S. E., est d'environ 23 kil., et sa largeur, de PO. à TE., d'environ 9 kil. Elle est mentionnée et décrite par Homère comme la patrie d'Eumée, le fidèle serviteur d'Ulysse. Mais elle ne joua aucun rôle aux temps historiques. Elle a vu naitre le philosophe Phérécyde, maître de Pythagore.

La ville antique occupait l'emplacement de la ville moderne; le peu de fragments qui en restaient ont disparu dans les constructions nouvelles. An moyen âge, les habitants se retirèrent sur la colline escarpée qui domine la rade, et y fondèrent ce qu'on appelle aujourd'hui le Vieux Syra. L'île de Syros était restée la plus catholique

des Cyclades, et a joui longtemps à ce titre de la nroteciion de la France. Pendant la guerre de l'Indépendance, elle sut se tenir à l'écart et conserver une neutralité habile ontreles Turcs et lesGrecs.

Elle reçut une partie des populations fugitives de Psaraet de Chio.

C'est de cette époque que date la ville moderne, qui, grâce à sa position centrale au milieu des Cyclades, ne tarda pas à devenir l'entrepôt général de l'Archipel, et le

J>oint de croisement de toutes les ignés de paquebots à vapeur.

Le port et la ville de Syra, bâtis en amphithéâtre, et dominés par la haute pyramide du Vieux Syra, présentent un aspect fort pittoresque quand on y arrive par mer. Les dimensions de la ville paraissent doublées. Le soir, et surtout lorsqu'il y a quelque fête, les lumières de Syra offrent une illumination fort remarquable. Une

f grande activité règne dans le port; es navires à vapeur, les bâtiments de toute grandeur, jusqu'aux légers caïqs, qui semblent courir sur la vague comme des mouettes, l'adresse des marins qui les montent, la diversité des costumes, tout cela frappe et séduit le voyageur : le peuple grec se montre là sous son aspect le plus favorable. Le port de Syra offre un excellent mouillage aux navires, mais il est petit, encombré, et sa jetée est insuffisante pour le protéger entièrement contre le vent du N. et le vent d'E. La construction des vaisseaux y a pris un assez grand développement, mais le manque d'eau potable sera un obstacle à sa prospérité. Quoiqu'il en soit, Syra est aujourd'hui la seconde ville, on pourrait presque dire la capitale réelle de la Grèce, et sa population s'élève à environ 25000 hab., dont (>000 catholiques, concentrés dans le vieux Syra.

Au sud du port, on aperçoit le Lazaret, édifice régulier, isolé sur un rocher aride, et qui a tout l'air d'une prison. Du côté diamétralement opposé, et à la base de la je-

LES ILES. [Route 53.]

tée, on débarque à côté de la douane, sur un petit quai où se trouvent les agences des Messageries françaises et du Lloyd autrichien , ainsi que le café le plus fréquenté de Syra (*j L'/iâ,-).

La Ville moderne, qui porte le nom d Hermoupolis, a deux rues principales : la rue des Marchands,

Earallèle au quai ut ornée de outiques assez animées, et la rue à'Éole, perpendiculaire au port et aboutissant à la place d'Othon , vaste rectangle ou l'on a planté quelques arbres rabougris, qui ne leuvent le protéger contre Je soeil.

Du côté du N., s'élève en amphithéâtre, sur les falaises, un quartier neuf, qui contient les maisons les mieux bâties, les demeures des consuls étrangers. On y construit la nouvelle cathédrale grecque, surmontée d'un dôme et précédée d'un narthex, formé de colonnes ioniques. Au delà de ce quartier, on arrive sur une falaise couverte de moulins très-pittoresques.

Dans la partie S. de la ville, le long de la Marine, se trouvent les chantiers de construction pour les

navires, et la source qui fournit l'eau douce à toute la ville et au port: hommes, femmes, sont occupés à remplir de vastes amphores, dont ils chargent leurs bétes de somme.

Vers l'angle S.-O. de la place d Othon, s'élève l'ancienne cathédrale, derrière laquelle on trouve une rue assez régulièrement b;ltie et bien dallée, qui monte jusqu'aux dernières maisons de la ville nouvelle. Cette rue se continue avec une chaussée assez régulière sur l'esnace nu qui sépare Hermoupolis au

Vieux Syra. On franchit un grand ravin sur un pont de pierre, et immédiatement commence un large escalier, brûlé parle soleil, auquel succèdent une rue à pic, puis un dédale de rues en zigzag, oui unissent toutes par aboutir à 1 église Saint-Georges. On traverse

TKocTB w.j de syra

des passages voûtés, on monte d'escalier on escalier et de terrasse en terrasse, sur des pierres polies et glissantes, qui sont surtout dangereuses k la descente.

Parvenu au sommet de la colline, sur la plate-forme de l'épi i se Saint-Georges (la cathédrale latine , on est amplement dédommagé de ses fatigues par le magnifique panorama des Cyclades :

c'est, au N.-E., l'île de Tinos, cachée en partie par les hauteurs de Svra. et à l'E., Mykonos, séparée de Tinos par un larjçe canal, au delà duquel on aperçoit, par les temps clairs, les Iles de Nicaria et | de Samos. Un peu plus au S.-E. et en li pne directe de l'îlot qui porte le phare, sont la grande et lapetite Dél'»«. dont les hautes montagnes '•mpiètent sur les terres basses de Mykonos. Au S.-E. et a une grande osstance, se montrent Naxos, Paros et Antiparos. Au S., la vue est arrêtée par les montagnes de l'Ile de Syros. mais une brèche laisse apercevoir Siphnos, et, un peu plus à l'O., Milo , reconnaissable à ses deux pics coniques.

Du coté du S.-O., la plate-forme de Saint-Georges est suspendue nu -dessus d'un ravin profond. Du { côté de l'O., sur un niveau un peu inférieur* celui de l'église, s'étend un plateau couvert de moulins ; on y trouve un sentier bien tracé, qui | conduit (30 m.i sur un col d'où se découvre la cote occidentale de l'île. Un peu plus loin {15 m.) s'élève une chapelle, d'où la vue s'étend, du N. auS., surles îles d'Andros, d'Eubée, de Chio, de Zéa, de Thermia, sur les rochers de Pipén et de Séripho-Poulo , et les iles de Sériphos et Siphnos. De ce point, on descend en 1 h. au petit port de Poaeiddn, ou la Bella Grazia, qui n'abrite plus aujourd'hui que de petites barques. On y voit quelques maisons, entourées de jardins verdoyants, avec quelques palmiers, dont l'aspect réjouit le regard au milieu des rochers nus de Syros. De ce petit port, on peut revenir à Syra en 1 h. 80, par un

AU P1REK.

vallon qui s'ouvre vers l'E. et conduit sur une hauteur, où se trouve une vaste exploitation de marbre micacé. Quelques minutes après, on atteint un col d'où se déroule une fort belle vue sur la ville, et notamment sur le vieux Syra et l'église Saint-Georges. Un sentier mal tracé ramène à la nouvelle ville.

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