PAR LS MONTENEGRO ET L HERZÉOOTI N B
Pour viiiter le Monténégro, il convient do »e munir à ScuUn d'une lellre de recommandai ion d'un de» coniult pour le prince, el d'une patte de l'aulorité ottomane, puis un loue une barque albanaise [îondra) pour la traversée du lac, e*limee 10 b^ure» (dont 5 employée! à
la rivièr* TiernofiUa jusqu'au débarcadère de Rjcha). l'no tondra à »i* rameurs »e loue un prix fort variable, de 20 à 50 fr. Le loarUte fera nageaient de bien débattre le» conditions.
On s'embarque au pied de la douane, et on remonte le lac en ayant constamment à 6a gauche les hauteurs abruptes de la Kraïna (frontière), dont le pied supporte quelques villages albanais catholiques : à droite s'étend la plaine pierreuse dont nous avons déjà parlé. Peu à peu, les masses grisâtres et crayeuses du Monténégro (Tsernagora des Slaves, Mali-Sis des Albanais, Kara-daqh desTurcs :
tous ces noms signifient Montagne noire) se détachent du brouillard.
On passe entre deux ilôts enlevés par les Turcs aux Monténégrins en 1846, Vranina et Lesendra : cette dernière est fortifiée avec soin.
On laisse à droite Tembouchure de la Moratscha, commandée par la citadelle turque de Jabliak, berceau de la principauté monténégrine, enlevée en 1853 par un brillant coup de main et rendue depuis à la Turquie. On remonte le cours sinueux de laTsernovitza, et on débaraue au pied du couvent de Rjéka, d illustration ancienne.
Les princes-évêques du Monténégro, expulsés par les Turcs au xvi* siècle, se réfugièrent dans ce couvent et en 6rent leur capitale : ce rang fut plus tard enlevé au couvent de Rjéka par celui de Cettigne, moins exposé aux invasions.
Rjéka possédait à la fin du xv* siècle une imprimerie slave, et on conserve à 1 évêché de Cettignc un rituel sorti de ses presses.
A Rjéka, on trouve une auberge avec des lits à l'européenne, mais il est prudent d'avoir des provisions a l'avance. Le voyageur peut y louer un cheval pour les trois heures de chemin qui le séparent de Cettignc. La route est
fdus praticable qu'on ne pourrait e supposer k voir les effroyables montagnes calcaires aux tranchantes aspérités qui forment tout le Monténégro. Si on a du loisir, on pourra visiter, à 1 1^ 30 de
[Route 67.]
Rjéka, la caverne d'où la rivière Tsernovitza sort d'un seul jet, à Obod, sur la gauche de la route directe. Celle-ci passe au gros bourg de Dobersko-Selo, à michemin. Une heure plus loin, au tournant d'une haute montagne, on découvre un beau bassin d une demi-lieue de large sur une lieue et demie de long, séparé en deux parties inégales par une pointede rochers au pied desquels s'étendent les 15 ou 20 habitations qui forment
Cettigne ou Zettigne (prononcez Tsettinié). A l'entrée de cette petite ville, sur Tunique place oùi aboutissent ses deux rues qui forment un T, est une locande bâtie à l'européenne, où le voyageur trouve à des prix très-modérés un confortable inattendu , comme nourriture et logement.
Les édifices remarquables de cette bourgade princière sont : le monastère, à la fois cathédrale, palais épiscopal et prison (notons comme trait de mœurs que les condamnés y sont consignés, mais nullement enfermés): — le Palais, longue habitation moderne, bdtie par Danilo Ier, avec une cour où sont rangés les canons turcs pris à la bataille de Grahovo, en 1858 :
Yar&enal, renfermant une partie des trophées de la même bataille (notamment le baïrak ou drapeau de Silistrie, les décorations des officiers supérieurs turcs, le révolver et le nécessaire du brave Karid Pacha, 1,200 carabines Minié, etc.) : enfin la Tour-auje-Tétes, dominant le monastère, et où l'on exposait les têtes des ennemis tues. La princesse Darinka, femme du souverain actuel, a obtenu la suppression de cet usage, souvenir de l'antique barbarie.
Le touriste qui veut pousser une pointe vers les montagnes pittoresques de l'Herzégovine doit louer un cheval à Cettigne et se diriger par une route de 12 heures environ, pénible au début, vers firahovo, au N.-N.-E. A deux heures de Cettigne, des hauteurs qui
Roctb G7.j C E T TI G N E . — T H K
dominent le village de Donji Kraj, on jouit d'une vue splendide, embrassant la moitié du Monténégro jusqu'au delà du lac, premier dédommagement des fatigues du chemin.
Après douze heures de voyage dansdes vallées sans eau, occupées par les tribus Tseklitz et Tzutze, on franchit une chaîne nue et on descend dans un joli bassin couvert de cultures et d'habitations, arrosé par une rivière qui se perd dans les rochers, et dominée par le petit fortin d'Umatz. C'est la plaine de GrahoTO, théâtre de la fameuse victoire remportée par Driirko Petrovich et ses 4,500 Monténégrins sur 7,000 Turcs formant un corps d'invasion sous les ordres de Hussein Pacha (13 mai 1858 i.
Cette victoire assura au Monténégro les cantons en litige, comme Grahovo, la Joupa, etc. Une route sinueuse et moins pénible que la précédente mène en 6 heures à la forteresse turque de Klobouk
bonnet), hardiment posée sur le sommet d'un pic flanqué d'énormes ravins. Près de là, la jolie rivière Trébinsnitza sort des rochers, et la route descend cette pittoresque vallée pendant 4 heures, jusqu'à Trébigné, où s'ouvre une belle plaine de trois lieues de large sur huit à dix de longueur.
Trébigné est une ville ceinte de vieilles fortifications oui paraissent dater des rois seroes, et les eaux limpides de la rivière qui les baigne ajoutent encore à leur effet curieux. C'est la Terbunia du Bas-Empiro, et au moyen âge le 6iége d'une principauté assez renommée. Le voyageur fera bien de descendre la rivière pour visiter quatre heures plus bas, près du village de Gallich, un lac temporaire qui rappelle celui deCzirnitz en Autriche, et se remplit en septembre d'une grande abondance de poissons appelés govitza, qui paraissent spéciaux à la localité. La rivière elle-même se décharge dans l'Adriatique pardivers I
anaux souterrains qui paraissent I