‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 250 sur 511 · D'ERZEROUM A KARS · texte numérisé non relu

D'ERZEROUM A KARS

y a 13 heures et on passe par Kizil, Kilissèh, Kéliach, Kotanli, Mesched , Ouzoun-Kilissèh : deux heures après ce dernier endroit, on franchit le Kars-Tchai et on entre dans la ville de

Kars, bâtie dans un repli de la rivière, et dominée par une citadelle du temps d'Amurat III. Les Russes la prirent dans la guerre de 3828-29, et ruinèrent ses fortifications, relevées plus tard et mises en état de défense par le général anglais Williams, quand les Russes l'assiégèrent en 1855, sous les ordres de Muravief. Après un assaut nocturne et infructueux, où les Russes perdirent près de 6000 hommes, la garnison décimée par la famine se rendit prisonnière, La ville n'a guère plus de 10 000 âmes, le tiers ou le quart de son ancienne population.

De Kars à Batoum, le voyageur a le choix entre deux routes de longueur à peu près égale, celle d'Ardahan et celle d'Artwin. La seconde est la plus suivie, et longe sur une portion de son parcours le Tehourouk-Sou. La première a sur l'autre un très-grand avantage pour un touriste : elle se tient à une plus grande hauteur etotTre à l'œil des vues bien autrement belles : c'est donc celle que nous croyons devoir adopter.

A partir de Kars, on voyage pendant trois heures dans une plaine populeuse et fertile, et on passe par les villages de Tchakmak et de Tchalgaver. Après ce dernier endroit commence une sorte de plateau inégal, peu cultivé, quoiqu'on y trouve beaucoup de bons pâturages, et d'où l'on descend sur (11 h. de Kars)

Ardahan, ville historique, eu ruines depuis l'occupation russe de 1829 : on y trouve 70 maisons, une forteresse démantelée par les Russes, et l'habitation du Bey, un peu moins délabrée que les autres maisons de riches habitants, seules bâties en pierre.

La route d Ardahan à Digvir suit un plateau à peu près sein-

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blable au précèdent, et on y, trouve les villages de Dikan, Panidak, Suromal et Zurzknb, séparés l un de l'autre par des intervalles de deux heures environ.

Digwir (8 h.) est le chef-lieu du district et de la jolie plains de Paschor. C'est un territoire fertile, couvert de bétail et de villages, dont la plupart ont malheureusement été ruinés par la dernière invasion russe : le langage et le type plus énergique des habitants montre que l'on est sorti de l'Arménie, et qu'on entre dans la Géorgie. C'est effectivement le

Ëays de Meskh ou des anciens !oschi. Un cdl peu élevé mène à (6 h.) Danesvorola, à travers un massif montagneux, couvert de neige pendant 8 à 9 mois de l'année, et portant à son sommet de larges pâturages, pendant que les flancs sont ombragés de forêts d'un fort bel effet. Puis on passe successivement à (1 h.) Reschid, chef-lieu d'un p.-tit district, à (2 h. 1-2) Kuula, petite ville de (H) maisons avec un bazar d'une vingtaine de boutiques, centre d'un territoire fertile avec quelques vignobles à (2 h.) Aima, au eonlluent de l'Aschara et de la Dchuwana, dans une situation extrêmement pittoresque, comme le sont, du reste, tous les lieux que nous avons cités depuis Digwir ; à (1 h.

Acho, joli village de GO familles, qui vivent dans une aisance remarquable pour le pays, et possèdent de nombreux troupeaux qui ont la faculté, moyennant un droit de 90 cent, par tête, de passer l'été dans les pâturages de Géorgie. — D'Àcho, deux routes se présentent encore au choix du voyageur :

Tune qui descend l'Aschara jusqu'à son confluent avec le Tchourouk-Sou, et ce dernier jusqu'à la hauteur de Batoum, oui est à 1 heure de son embouchure. C'est une route de ltf heures, et un décor perpétuel, très -beau, mais | très-peu varié, vu l'encaissement

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de la route entre deux chaîne de montagnes. Pour cette raison. I.

voyageur fera peut-être mieir d'aller droit d'Acho à la mer, ei coupant le magnifique Ko1o\;j Dagh, et en traversant J h. Didi icaghi, village de 18 maisons, Zéreh bozel et {5 h.) Jaghat, habités par une population mingrélienne, pe u agricole, physiquement très-belN\ mais assez sauvage de physionomie et d'habitudes. Ce sont i'.rhabitauts de la frontière tureorusse, qui longe précisément Ja crête au pied de laquelle sont bâtis ces hameaux : ils ne marchent qu'armés du fusil et du kama .

auxquels ils ajoutent une coni»aujourd'hui inoffensive, mais qui leur servait jadis à lier les captii?

dans leurs razzias en Géorgie. De puis Didewaghi, on descend san* interruption la vallée boisée de Kino, que M. J. Rrand. consul anglais à Krzeroum, déclare être Je plus magnifique coup d'œil qu'on puisse concevoir. » On atteint le^ bords de la mer [4 h.) au petit Tchou ■ rouk-Sou , oui porte l'empreinted'une ville déchue, avec un bazar important, à 0 heures de Batoum.

On fait ce dernier trajet en suivant les bords de la mer; on traverse trois ou quatre petites rivières qui descendent des hautes montagnes qu'on laisse sur la gauche, et après avoir tourné une jolie baie, qui est le KzQJ; des anciens, on atteint

Batoum, ville agréable et qui s'agrandit tous les jours à mesure que grandit l'importance de son port. On y trouve plusieurs khàns et cafés, *bàtis en bois, Le voyageur pourra s'y remettre un peu de ses fatigues, mais sans y séjourner longtemps , h cnuse des fièvres qu'occasionnent les eaux stagnantes de la plaine voisine :

pour les fuir, la population déserte ses boutiques pendant la saison dangereuse. On n'y manquera pas d'occasions pour regagner Trébizonde par mer.

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