‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 276 sur 511 · ARABE · texte numérisé non relu

ARABE

aïwa ou n'am— la.

taib— mouch taib.

fi'l.

ana berid— tend enté ?

nerid— teridoun?

ana okdir— tokdir enté?

nokdir— tokdiroun ?

ana rai h— ente raïh.

nahna rahin — ana be^ouh.

fiai okhra.

ta'allam — waçal .

charab — rakad. fèbcm — 'araf.

zn'am — nazal.

nawra-suma'.

charab doukhan— mâcha, rakab— 'am.

safar— dann.

tèkèllem— istrah reja'— 'araf.

chemm — kbatar.

chaf— ente chouft?

ana 'arèf bil'arabi.

tehki bil fransawi.

tehki chouiè chouiè.

esami moujsoufeh.

rejol— merat.

joui— jouzc.

abou— ouram.

walad— cheikh.

ssabU- bint.

akh— okht.

jcçed — ras.

dra'— yed.

ssak— gadem.

fissantial.

goumrouktchi — gawas.

askeri— hékim.

tajir-dellal.

ksis— rahéb.

khayat— sarmati.

bakkal— hainmal.

hallak— 'attar.

1 Le «trbe arnir n'exule pa4 en aube; on le remplace pJr une circonlocution; aia«i, j'ai un cheval •« rend p»r l'équivalent chez moi un cheval 'mdi hoçan. Le «erbe être «e »ou$-enteod ordtnaircaical, eiemple : je stii» content, ana ferhôn, c'e^t-i-dire moi content.

Libraire— blanchisseuse .

Habillement t.

Chapeau — bonnet.

Habit — pantalon .

Gilet— souliers.

Jupe — robe.

Manteau— chemise .

Bas —ceinture.

Mouchoir— serviette.

HarnachemtnU, etc.

Selle— bride.

Mors— etrier.

Cravache.

Sangle— courroie.

Cheval {en général).

Cheval de Mulet— âne.

Lanterne.

SYRIE.— PALESTINE

Fusil— pistolet.

Sabre— couteau.

Lance— poignard.

Adjectif t.

Bon— meilleur, très-bon.

Mauvais— méchant.

Grand— petit.

Eloigné— rapproche.

Mouillé — sec.

Cher— bon marché.

Chaud — froid.

Fort-laible.

Malade— bien portant.

Honnête— voleur.

Poli— impoli.

Nécessaire— inutile. Fi dèle— trompeur.

Laborieux— paresseux.

Couleurs.

Blanc— noir.

Brun— gris.

Kouge— Jaune.

Adverbes.

Ici-là.

De là— vers là.

En haut— en bas.

A u tour — auprès.

En face— derrière.

En avant— en arrière.

filelbùch.

born ita— tarbouch, tawb— serwal.

sadriè— na'al.

jubbè-foustàn.

bornons— garnis, tcborab— zonnar .

mahrama— mendil.

esbab rukoub, etc.

serj — lajjam .

feklc-rikiab.

kourbacii.

chariha — habl.

kheïl.

gidich.

bagl— hitnar

fil eslihi.

tufeng— tabanteha.

seïf— sikkin.

Sifat.

taïb— ahsan.

redi— chérir. ' kebir— sagbir.

ba'id— garib.

nediàn— yabis.

nedif— waçékh.

ghali— roukhiss.

harr— baréd.

gawi— d*àïf.

•alil— mabsout.

• saleh— harami.

adib— galil edeb.

lazem— ghaïr 1 emin— khajn.

chaghll-keslàn

abiad— aswad.

asmer— sendjabi.

ahmar— assfar.

azrak— akhdar.

fil elwdn.

hône — honik.

min bdne— ila bdne.

fog— taht.

hawl— djeunb.

gibal— vrara.

koddam— ila wara.

yeminàn— chimalan aslàn — t'bedàn.

zeman tawil— fil gadem.

anifio— fil hal.

gawam— wakhra.

chouïè— ktir.

ziad— ma ikfi.

la cheï aslàn.

gaddech— keïf?

hourouf jerr.

lia— min.

fi— 'an.

ma'— ghaïr.

min chan— kbilaf.

esamx d-'adedwahed— wahdè.

etnein — tlatè — arba'.

khamsè— aitlè— seba', tmaniè— tUa* — 'achra.

hidacb— tnach-tlittach.

arba'tach— khamsatach— sitUch.

sbatach— tmantach .

tisatach — 'echrine.

wahed ou 'echrine— Uatlne.

arba'ïne— khamaine.

aittine-aeb'ine.

tmanine.

tia'ine.

miè -mièteïn.

elf— elfeïn.

tfchrat êïaf— miet elf.

awal — tani.

talit-rabl'.

nusf— tult— roub'.

mda'ef — tlat edaf.

Ba'dh iitilohat.

fil beC oui icktira.

kem i»wa?

ghourch wahad — bechlik.

mcdjidi.

ghali-ehali ktir.

roukhiss— mouch ghali.

bidfa' ada fakàt. . .

fil chorb wal akl.

an a djou'an— ana àtcbân.

wein moodjoud moïèh?

'andak cheï lilakl ?

fil hahtca.

ia walad !

a tini limounada.

Un orgeat— une glace.

Du café — du thé.

Une pipe—du tabac.

Un narguilè.

Du sucre— du halwa.

De l'eau-de-vie.

Un journal.

Qu'avez-vous à manger ?

Qu'est-ce qui sera le plus tôt prêt ?

Le déjeuner.— -Le dîner.

Fourchette — cuiller.

Couteau— serviette.

Assiette— verre.

Sel— poivre.

Huile— vinaigre.

Soupe— bouillon.

Pain— vin.

Viande bouillie.

Viande rôtie.

Bœuf— veau.

Mouton— poulet. Poisson.

OEufs à la coque.

OEufs sur le plat.

Omelette.

Légumes— salade.

Dessert — fruits.

Dans un hôtel- Avez-vous une chambre?

Un bon lit?

Les draps sont-ils propres ?

Un matelas.

Une couverture de laine.

Un vase de nuit— les lieux.

Savon— eau à laver.

Serviette— lumière.

Table— chaise.

Tapis— natte.

Mon linge est sale.

Faites venir une blanchisseuso.

Quand aurai-je mon linge?

Je veux aller dormir tout de suite.

Eveillez-moi demain de bonne heure.

Pour demander l'heure.

Quelle heure est-il?

Minuit— midi, l'ne heure— deux heures.

Trois heures et demie.

Quatre heures un quart.

Six heures moins un quart.

bzourat— dondurtna.

kahwa — tchai.

tchibouk— tutune.

narguilè-

'aragi.

gazetta.

eïch' andsk lilakl ?

maza ioujed hadeur lil akl ?

ghada— "acha.

fourtak— malla'ka.

sikkin— fouta.

sahne— kibbayi.

mèlèh— feulfeul.

zeït— khall.

khoubz — charab.

lahm masloukh.

lahm mechwi.

bagar— ajel.

ghanem— djadj.

aèmèk.

baïd-baid broucht.

baid mou'lli.

ioumourtalik.

khodar— salata.

noukl— tmar.

fil loianda.

andak awda?

takhttaib?

ehcr».hef nadif?

ferch lil nawm.

ihram lil gâta.

ibrik-kenef.

saboun— moiè nadifé.

menachif— daou.

tawlè— kursi.

sidjadè-hassir.

hawayi moassakh.

jib el gboussalè.

oï wakt ta'tini cl ghassil?

berid anam del wakt.

wa ïni boukra bakir.

toual 'an el wakt.

Eïsa'a el an?

nusf oui leîl— ed dour.

sa'a — sa'a tentein.

sa'a tlatè ou nousf.

nrba' ou roub'a.

sitte illa roub'a.

VOCABULAIRK.

Le temps.— Jours de ta semaine.

Aujourd'hui.

Ce matin— ce loir.

Demain— demain matin.

Hier— hier soir.

Il y a trois jours. Dans dix jours.

Dimanche— lundi.

Mardi— mercredi.

Jeudi— vendredi.

Samedi — une fête.

L'année — les mois i.

Pour voyager et moyens de transport.

TJn cheval— un âne.

On chameau.

Une valise — une malle.

Une charrette.

Un bateau— barqus à voiles.

V aisseau— à vapeur.

Un courrier— un coureur.

Un interprète— un cuisinier.

Pour partir ou s'arrêter.

Quand partons-nous?

Je veux partir tout de suite.

Jusqu'où allons-nous aujourd'hui?

A quelle heure arrivons-nous au Khan ?

Où peut-on passer la nuit ?

Marchons plus vite.

Vous allez trop vite.

Pour demander son chemin.

Est-ce là le chemin de. . . ?

Toujours tout droit.

Est-ce à droite — à gauche ?

Revenez en arrière.

Vous vous êtes trompé de route.

Je vais à Saîda.

Je tiens de Jérusalem.

Par* dessus la montagne.

Le long de la rivière.

Sur le bord de la mer.

En descendant la vallée.

Quelle distance y a-t-il jusqu'à. . . ?

Le chemin est-il bon ?

C est une grande route.

C'est un mauvais sentier.

Voulez-vous m'y conduire ?

Y a-t-il des voleurs?

Ville— village.

iruJf/— eyam ej jumo .

eliawm.

es subh— el meça.

boulera— boukra bakir.

ems— ems el meça.

fi tlat eyam.

ba'd sitté eyam.

el ahad— el etneïn.

el talata— el arba'.

el khamis — el juma*. es sebt — 'yd.

séné— echhoor.

fis sefer teel echia bimatkhoçou.

hoçàn— himar.

jemel.

khourdj— sandouk.

'araba.

flouka— flouka bikola' .

aba'— merkeb nar.

postaji— sayi.

terdjumân— àchi.

/i* sefer tre/ nusoul.

eï wakt nsafir.

berid asafir gawam.

lahad weïn nerouh eliawm?

ci sa* a nouçal il al khan ?

em nokdir nenam elleïl ?

nemchi fil 'ajel.

temehi ktir.

soualan et-tarik.

min hône edderb ila°...

dofthri dpghri.

fil yemin— fil chimal.

eurja' 'ala khalf.

goulout 'an edderb.

ana jaïh ila Saïda.

ana raïh min Qouds.

foog el jebel.

bi hadd en-nahr.

fi chatt el bahr.

bil nuzoul ilal wadi.

kera sa'a ioujad lahad ?

edderb taïb?

derb marhour.

derb ma'kouss.

terid tedilni?

youjad serrakine.

beled— daya.

i Vot*t poar ki inoii le cendrier turf, p. M 2.

.SYKÎE— PALESTINE.

Khan — maison.

Cabane— tente.

L' H . m »fk | tri* n T\

Jigiise— cnapeiii* .

lffân ioft— —>t î H . \ ■•vv u i y- c»^^ ^ i u • j •

Cou? en t-~mosquée .

aeir— janu.

Ruine— antiquités.

Kuaran — comea gauini*:u.

Vieux château.

^,iisr ^uuiui*

Tour— moulin.

nnpfl i f i|t/\tiri

ujjruj — lanou u .

La mer— une île.

ti uuxir — jcxiren.

Un lac— un marais.

Une rmere.

il dur.

Ruisseau — citerne»

Fontaine— puits.

naba— bir.

Montagne— défilé.

jebel — sahkb.

Plaine — vallée.

sanl— wadi»

Rocher — bois.

ssakbr — heurd.

yuel est cet arore r

chou ad a chadjar r

INoru — suu.

cuimal — gouoi.

UUOSl— Cil.

ma^nreo — mai iirek. .

A rabe— Turc.

araoi — tourki io?nianiii.

r rançais — a n ^îaui.

frensiz — inglit.

lia lie n— lAU^at: .

ualian--mosk.ow .

Virée — Arniciiit'ii .

roum i*— e rraèn .

Juif— tributaire.

y ahoud — ra'ya .

il pleut.

fi chita-

n pleuvra*

sa ichatu.

il • piu nier.

sar cuiia eniuarm.

Il fait un grand vent.

fi hawa kùr.

Une tempête— un orage.

caou— ma'».

Pour appeler.

Eh l'homme !— la fegjme !

Eh le garçon !— Eh la fille 1 Comment t'appelles-tu?

Viens ici— Va-t'en.

Prends garde — gare.

Bonjour— bonsoir.

Adieu.

Vous êtes un brave homme.

Je suis malade.

Allez chercher un médecin.

Je tousse— j'ai la fièvre.

J'ai la diarrhée— la migraine.

Y a-t-il un pharmacien ?

Un purgatif — un vomitif.

Un fébrifuge.

Un cataplasme.

Un vésicatoire.

De la charpie.

Iai poste.

A quelle heure arrive le courrier?

Avcz-vous une lettre pour moi?

Combien paye-t-etle?

Ul ts/ûtV.

ia rejolî— ia heurmal ia walad!-ia bint!

chou ismak?

ta' al— rouh-emehi.

wa'a — dabrak.

sabah el kbeir— meç a el kheîr

khatrak.

enté rejol taïb.

ana sakhin .

jib el hekim.

anamnazzal— fi tkhoum.

fi jirian— raçt bioujani.

ioujad ijazi?

musbil— mougayi.

qat' el himma.

lazaka.

araka.

kit tan.

fil botta.

ei w akt ioussal es sayi?

on.lak mektoub min chani?

kaddech el hijra?

VOCABULAIRE. «01 Au bain. Fil hammam.

Il fait très-chaud aujourd'hui . allons au el harr schedid el iawm , nerouh ilal

hammam-

bain.

Volontiers, car je suis très-fatigué.

Nous roici arrivés. — Otet mes bottes.

Où mettrai- je mes c flots ?

Baigneur, je te confie ma montre; prends

garde qu'elle ne s'égare.

Ce bain jouit d'une bonne réputation.

taïb, ana ktir ta'ban.

wousoulna— aqla' djixmeti.

feïn nehot esbabna?

dellak , awda' andak saati; aleiha.

adal bammam mcchhourbil ir

dir balt-k

Mettes ces sandales pour que les dalles hott adal na'leïn natta la ioudja* ridjlak

ne tous brûlent pas les pieds.

Mettes ce pagne autour de voa reins.

Allons, masse-moi un peu.

Frotte-moi avec la brosse.

C'est assex— Ce n'est pas assex.

Savonne-moi la tète.

C'est trop.— Arrète-toi.

Verse-moi de l'eau chaude .

Il fait trop chaud ici, sortons.

Enveloppes-Tous la tête de ces serviettes. Prépare-moi un bon lit (de repos).

Vient m'habiller.

Void le prix du bain. N'oublie! pas le garçon.

A rd— terre.

'al al belata.

schedd adal mendil 'ala dahrak.

iallah! keyisni schouiè.

dallakni bil kaffab.

bikeffi-la ikeffi.

aghsil raçi bis saboun.

ziad— bes.

cskini moyeh sakhouneh.

el harr ktir bon — nerouh barra.

leff el fou ta 'ala raçek.

ahdarni ferach taîb, nedif.

taal, 'atini esvabi.

khod kirayeh el hammam.

bagbchich min chan el dellak.

khod.

géographiques.

Kala'h — forteresse.

Bahr— mer, quelquefois, lac.

Bir— puits.

Beit— maison.

Bohaïreh— lac.

Bordj— tour.

(en Égypte).

Kefer (hébreu)— village. Kherbèh— ruine.

Khoraibèh— pet,te ruine.

Koubour — tombeau .

Mar (syriaque)— saint.

Médian— défilé.

Medîneh— Tille.

Nfersa— port.

Mina— havre.

Nahr— fleure et rivière.

Ras — cap, promontoire.

N ebi— prophète .

Neba' — source.

Nokb— déûle, gorge de montagne.

Scharq-est.

Hadjar— pierre. Schimal— nord.

Hissar— forteresse. Sébil— fontaine bâtie.

Kalim— ancien. Souq— marché.

Karieh —bourg et village. Tell— colline , tertre.

Kamar — lune. Wadi— vallée, torrent.

Kantarah — pont.

A ces mou se joignent, dans la composition des noms géographiques, beaucoup de mots usuels, par exemple, ceux de Abou, père ; Oum, mère; Mn, fils, pluriel béni,

Oriknt. «14

Djebel— montagne.

Djedid— nouveau.

Djeiireh— fle.

Djoun — golfe.

Djiasr — pont.

DjuDOub— sud.

002 SYRÎK.-PALESÎINE.

Vint, fille , pluriel benât; Cheikh , vieillard, chef. On intercale très-souvent l'artic!* /•/ , ou Tune de ses formes euphoniques ed, en, er, es, ech, et, qui ne sont que l'art. . lui-même, absorbé par la lettre initiale du mot qui le suit, ainsi : ed-Drtr, le courent, au lieu de el-Dtir, ech-Cheïkh, au lieu de el-CheikhHou* derons prévenir quejlei noms propres qu'on rencontrera dans la suite de cet ouvrage présenteront quelquefois une orthographe différente de celle que nous leur avons donnée dans ce vocabulaire; la nécessité de conserver la prononciation locale nous a fait passer, dans ce cas. sur oe qu'exigerait l'étymologie ou l'orthographe correcte.

Section IV — Manière de voyager. 8 ai son , itinéraires, etc

S 1- Communications maritimes et postales. — Douane. —Passeports.— Monnaies. — Papier de crédit. — Le service qui dessert le plus régulièrement les côtes de Syrie est celui des Messageries Françaisti. De quinzaine en quinzaine, deux paquebots longent la côte en touchant à toutes les échelles, l'un venant directement de Marseille par Alexandrie d'Egypte et remontant vers' Smyrne, l'autre venant de Marseille par Syra et Smyrne et redescendant vers l'Egypte. Le* paquebots du Lloyd desservent aussi la côte de Syrie jusqu'à Beyrout, venant de Rhodes et de Chypre, mais ils ne correspondent avec Jafa et l'Égypte que pendant certains mois d'hiver, à l'époque dite du pèlerinage. C'est par ces deux voies que doivent être adressées toutes les correspondances. 11 existe à Jérusalem une agence de> Messageries françaises qui reçoit les dépêches de Jafa. Des courriers payés par les consulats se rendent, de quinzaine en quinzaine.de Beyrout k Damas, et réciproquement; enfin un service de dromadaires établi entre Damas et Bagdad, aux frais du consulat anglais, franchit le désert en huit h dix jours. En dehors de ces communications établies par les Européens, et les seules qui puissent inspirer de la confiance , il existe aussi des courriers ottomans entre Beyrout et Jérusalem, une fois par mois, en quatre à cinq jours, entre Beyrout et Damas tous les quinze jours, trajet en vingt-quatre heure*, • et tous les huit jours entre Damas, Homs, Hama , Alep et ConstanUnople. En général, les Européen» devront toujours s'adresser à leur» consulats pour transmettre ou recevoir leurs correspondances, si ce n'est dans les ports où existerrt des bureaux des deux paquebots français et autrichiens. Les formalités de douane et de passe-port sont presque nulles et sont toujours aplanies moyennant un léger baghehich.

Les poids, mesures et monnaies sont comme dans le reste de I» Turquie (Voir p. 310-312.) L'unité monétaire est toujours la piastre (en arabe gherch, au pluriel ghrouch\ divisée en 40 paras (en arabe mutryè, pluriel misârch). Les monnaies d'or sont la livre et la demi-lirre turques (de 108 et de 54 piastres), le ghazi et le demi-gbazi (de et de 11 piastres); les monnaies d'argent sont le medjidié ou talari (de 23 piastres), le demi-medjidié et le quart de medjidié; enfin le» monnaies d'alliage sont le bechlick (de 5 piastres), le demi-bi-( hlict. la piastre et la demi-piastre (kamary). Presque toutes les monnaie étrangî>res ont cours et se prennent, sauf les variations du change : la guinée anglaise pour 117 pia^fre ?0 paras, le napoléon d'or potr

93 p. èO, la p^co do 5 fr. pour 2-'î p. 20, la colonnade espagnole pour 26 p. Le papier- monnaie n'a pas cours en Syrie. Pour voyager hors des grandes villes, le voyageur devra toujours se pourvoir d'un sac de petite monnaie. On devra se munir de lettres de crédit, surtout sur les banquiers européens de Beyrout, qui vous adresseront au besoin à leurs correspondants des autres villes.

S *2. Drogmans, équipages pour voyager, cheikhs, rançons, escortes, etc. — Nous pourrions répéter ici ce que nous avons dit sur ce sujet, p. 457-150. Nous devons ajouter, toutefois, que dans la Svrie proprement dite et la Palestine, pays beaucoup plus fréquentés par les Européens que l'Asie-Mineure, la plupart des voyageurs se contentent de faire prix àvec un drogman, qui leur sert à la fois d'interprète et de guide, et se charge de tout fournir: équipements de voyage, montures, nourriture et logement, pour un prix qui varie de Î0 a 10 fr. par jour et par personne, selon le traitement que l'on demanda et selon le nombre des voyageurs. Le matériel que le drogman devra fournir consiste en deux tentes, une pour les maîtres, une pour les serviteurs; cantine, batterie de cuisine et vaisselle proportionnée au nombro des voyageurs, linge de table et de toilette, matelas, couvertures et draps de lit, tables et sièges pliants, etc. On comprend que pour transporter tout ce bagage il faut, outre les chevaux de selle nécessaires aux étrangers et au drogman, un certain nombre de chevaux do charge, ou mieux de mulets, accompagnes do leurs moukres ou conducteurs, dont le nombre est toujours d'au moins un par deux ou trois bétes de somme. Ajoutez-y un cuisinier, homme indispensable, et la petite caravane présente tout de suite un nombre assez imposant. Les moukres emmènent ordinairement en sus un ou plusieurs Anes, qui leur servent de monture, et dont le voyageur n'a pas a payer le prix. Les drogmans de la' Syrie sont sinon plus honnêtes et plus intelligents, au moins plus' habitués aux Européens et mieux surveillés par les consulats que dans le reste dè l'empire ottoman. Les meilleurs se trouvent à Beyrout et à Jérusalem, mais il ne faut nullement attendre d'eux les connaissances d'un cicérone italien ou de quelques courriers de la Grèce, pour vous signaler les localité* intéressantes, ou pour obtenir quelques renseignements historiques. Leur ignorance à cet égard est complète. Le vovageur doit faire lui-même son itinéraire d'après ses livres, ses cartes, et abandonner tout au plus au drogman le soin de régler les étapes. Si l'on ne veut devenir son esclave, il no faut prendre un drogman que sous la recommandation de quelque personne de confiance, un banquier, un consul (ne s'en rapporter nullement a celle d'un maître d'hôtel), lui faire signer devant la chancellerie consulaire un contrat détaillé, spécifiant «bien tout ce que l'on attond de lui, quant au matériel a emporter: tentes, lits, linge do table, cantine, nourriture; quant au nombre des bétes de somme et à leur qualité; spécifier aussi que tous les batjhchich, frais de guides, de gardes, seront à leur charge, que les jours où l'on ne marchera pas, ou pendant le séjour dans les grandes villes ou les couvents, le prix sera réduit de moitié. Le voyageur devra surtout bien établir qu'il

604 SYRIE. — PALESTINE

entend toujours rester maître absolu des routes qu'il veut prendre et de la durée du séjour qu'il fera dans telle ou telle localité. Bien n'est plus commun que de voir les drogmans imposer leur volonté aux voyageurs, les forcer à s'arrêter ou à marcher quand ils ne le voudraient pas , les empêcher de visiter une localité intéressante sous un prétexte quelconque (histoire de voleurs, manque de provisions, mauvaise volonté des moukrei , etc.). Pour éviter toutes ces velléités d'insubordination, il faut que le vovageur puisse toujours menacer le drogman de la justice des chancelleries consulaires, et que loute désobéissance se traduise pour lui en une privation de salaire, ou suppression de bonne main , bien spécifiée par le contrat : c'est le châtiment qu'il redoute le plus. Grâce à ces précautions, le voyageur pourra parcourir la Syrie avec aisance et sécurité, s'en remettant a son drogman du soin de tous les détails. A moins d'une connaissance parfaite de la langue et du pays, il aurait peu d'avantages à faire ses affaires par lui-même ; le drogman saurait, par de fortes primes prélevées sur ses moindres achats et sur toutes ses transactions, regagner bien vite ce que l'étranger aurait cru pouvoir économiser. En général, il ne faut pas se presser de conclure un traité avec un drogman, si l'on veut lui faire accepter ses conditions. On gagne beaucoup à attendre un jour ou deux. Dans l'intervalle les concurrents se présentent et rendent le premier plus accommodant. Il est d'usage de payer au drogman ayant le départ une partie de la somme convenue pour l'achat des .provisions qu'il doit emporter , telles que thé , café , Bucre, riz, vin, etc. A chaque station principale , on lui paye un à-compte , mais il faut réserver la grosse somme, et surtout la bonne main pour la fin du voyage. Le jour du départ fixé, il est très-difficile d'obtenir qu'on se mette en route : mille détails oubliés deviennent une cause de retard, et ce n'est qu'à une heure assez avancée de la soirée qu'on peut enfin partir. Aussi la première étape est -elle toujours très-courte. Il est également difficile de faire des étapes de plus de huit heures; aussi le voyageur pressé d'arriver dans un temps donné devrait-il faire mention du nombre des étapes dans la convention faite avec son drogman.

Escortes. — Cheikhs. — Nous répéterons ici ce que nous avons dit pape 54 et page 459 sur la nécessité de porter des armes dans un pavs où tout le monde en porte, ne fût-ce que comme maintien ; voyager seul et désarmé serait provoquer une attaque de la part de tel ou tel Arabe, qui n'y songerait pas s'il prévoyait la moindre apparence de résistance. On a, du reste, singulièrement exagéré les dangers d'un voyage en Syrie. Les consuls donneront, à ce sujet, les renseignements les plus précis et réduiront à leur juste valeur les rumeurs qui circulent souvent en Europe sur les guerres entre les tribus, les violences contre les chrétiens, querelles locales qui ne menacent en rien la sûreté des voyageurs.

Il faut distinguer, à ce sujet, trois sortes d'excursions : 1» Sur les routes fréquentées par les Européens, dans le* rayon îles consulats , sur les côtes, dans la région du Liban, de Bevrout à Ds-

MANIÈRE DE VOYAGER. «05 mas, ou de Beyrout à Jérusalem par Nazareth, la sûreté est presque absolue : deux ou trois Européens, avec le nombre de serviteurs que nous avons énumérés plus haut, drogman, cuisinier, moukres, qui tous portent leurs armes, forment une caravane assez imposante pour n'avoir k craindre aucune attaque. Si les armes sont bien apparentes, les pistolets portés dans une large ceinture, le fusil en bandoulière sur l'épaule, il est mémo inutile de les charger. Les troupes de Bédouins que l'on rencontrerait sur les bords'du lac de Mérom, du lac de Tibériade ou dans la plaine d'Esdrelon, vous abordent amicalement, demandent à voir vos armes, admirent leur mécanisme, et terminent presque toujours en vous demandant un peu de poudre ou de tabac. Ils savent depuis longtemps qu'il y a peu à gagner a attaquer les Européens; la supériorité de leurs armes, la manière résolue dont ils se défendent, rendent la tentative dangereuse pour les Arabes et leurs chevaux; de plus, le profit est peu considérable; les Européens portent sur eux plus de papier que d'argent, leurs vêtements ou bagages sont de peu d'utilité pour le voleur et ne servent qu'à le fairo découvrir ; entin il y a toujours plainte de la part des consuls, recherches actives, et le châtiment au bout.

2* A certaines époques et dans certaines régions que les consuls vous désigneront, il est nécessaire de prendre une escorte de quelques cavaliers fournis par les autorités locales, un commandant turc ou le cheikh d'une tribu, moyennant un baghehich déterminé par l'usage : une escorte de quatre cavaliers pendant une excursion de trois .ou quatre jours à Jéricho, k Màr-Saba, etc., se paye environ 100 piastres ou 25 francs. Il ne faudrait peut-être pas compter beaucoup sur leur dévouement en cas d'une attaque sérieuse, mais leur présence prévient cette attaque. * Cent Arabes respecteront un Franc, s'ils le voient accompagné par un Bédouin de leur tribu ou d'une tribu amie ; mais que le Franc marche seul, que plusieurs Francs cheminent ensemble sans une escorte arabe, qu'ils s'avancent escortés par des Arabes d'une tribu onnemie, on les attaquera. » (M«n« de Gaxparin, t. III, p. 145.)

3' Enfin, dans d'autres régions (k quelques heures à l'E. do Damas, sur toute la rive orientale du Jourdain et de la mer Morte, au S. d'Hé bron), il est absolument impossible de pénétrer sans payer un droit de passage ou de conduite. Les cheikhs des tribus, souverains presque indépendants sur leur territoire, regardent comme un droit d'en interdire l'accès à tout étranger sans en exiger une rançon, et refusent à tout Arabe qui n'est pas de leur tribu, ou au moins d'une tribu amie, le droit d'escorter le voyageur, de lui fournir les moyen* de transport, la nourriture, etc. Ainsi, pour aller de liama ou de Damas k Palroyrc, de Damas dans le Ledja, de Jérusalem k Pétra, il faut faire marché avec un cheikh, qui devient alors responsable de tout. Il faut, bien entendu, la garantie du consulat pour sanctionner le traité et savoir si le cheikh a réellement l'autorité qu'il s'attribue. Le cheikh se dirige habituellement par le pays où son autorité est reconnue ; il traite avec les cheikhs des tribus voisines, s'i est obligé de passer sur leur territoire. Parfois il arrive en route des contestations entre

SYRIE.— PALESTINE

le cheikh qui vous conduit et d'autres cheikhs qui prétendent L'empêcher de passer ou fournir de force leurs chameaux ou leurs hommes d'escorte. L'Européen doit rester étranger à cette querelle et toat mettre sous la responsabilité de celui avec qui il a traité. Après beaucoup de cris et de menaces sans effet, ces querelles finissent toujours par une transaction entre les Arabes et par une demande de haghehich, que l'Européen pourra réduire en persistant avec fermeté dans son refus, jusqu'à ce qu'elle soit devenue raisonnable. Un léger présent termine alors toute difficulté.

S 3. Hôtel*, Khâns, Hospitalité, Couvents, Campement. — L« villes principales de la côte, et surtout Beyrout, possèdent des hôtels tenus à l'européenne, où l'on trouve assez de confortable » des prix relativement modérés, mais qui s'élèvent toujours de 8 à 12 fr. par jour. A Damas, à Jérusalem, on trouve maintenant des hôtels où l'on est également bien traité aux mêmes conditions. Dans l'intérieur du pays, quand on no voudra pas campor soii6 la tente#or. aura la ressource des khâns ou de l'hospitalité des particuliers, chrétiens ou musulmans. Depuis la maison du cheik maronite jusqu'au gourbi de terre du fellah, tout s'ouvre devant le baghehich promu par le drogman. En beaucoup de localités on peut s'adresser à l'hospitalité des couvents. C'était autrefois à peu près la seule ressource du paya ; aujourd'hui il est plus avantageux do les éviter. L'hospitalité est loin d'y être gratuite, bien qu'on n'en réclame pas ouvertement le prix. Tout voyageur aisé y laisse, à titre de don, une somme au moins égale à celle qu'il aurait dépensée dans un hôtel, et si le don était insuffisant, on saurait lo lui faire comprendre. Le drogman seul en profite, car on lui paye toujours sa journée : pour lui l'hospitalité du couvent est gratuite ; les libéralités que son maître r«< 6ien faire ne le concernent pas. On payerait donc à la fois l'hospitalité du couvent et la nourriture et le logis que le drogman ne vous aurait pas fournis. Le seul moyen d'éviter ce surcroît de dépense est de stipuler d'avance que les jours où on logera dans les couvent», son salaire sera réduit de moitié. Ceci posé, il serait injuste de méconnaître que dans les couvents on est en général bien traité ; que plusieurs d'entre eux, comme les couvents du Carmel, de Nazareth, sont par eux-mêmes intéressants à visiter, et qu'enfin quelques-uns. perdus dans le désert, comme ceux de Mar-Saba et du Sinaï, sont le seul abri quo rencontre lo voyageur fatigué de la vie nomade. Ilfau' ôtre prévonu que les couvents grecs du désert ne s'ouvrent que sor la présentation d'une lettre de recommandation, dont il faudra so munir dans les grandes villes.

§ 4. Équipements, Chevaux. Moukres, Campements, Chameaux et Dromadaires, etc. — Nous n'ajouterons rien a ce que nous avons dit dans notre Introduction générale sur l'équipement des voyage»": restreindre son bagage autant que possible, laisser les malles et les caisses dans les villes, pour no garder que le strict nécessaire, e*i le précepte le plus important dans un voyage de cette nature. I selle à l'européenne est indispensable pour une femme; les homme» * habituent assez vite à lu selle arabe, beaucoup de voyageurs croie»'

MANIERE 1)K VOYAGEU. 6()7

devoir adopter le costume des indigènes, ou au moins porter lo tar- . bouch {bonnet rouge). C'est la une fantaisie qui non-seulement n'a aucun avantage, mais qui a môme ses inconvénients. Aujourd'hui le costume européen est un porte-respect en Syrie, et rien n'est au contraire moins respecté que les sujets du Grand-Seigneur. Les consuls voient d'assez mauvais œil ces déguisements assez innocents. Sauf de très-rares exceptions, un Européenne peut se flatter de passer pour un Arabe, môme après de longues années de séjour dans le pays.

Les chevaux de la Syrie, qui payent peu d'apparence, l'emportent sur les chevaux turcs pour la patience et la sobriété. Habitués comme eux 'p. 32G) à camper à la belle étoile sans quitter leurs harnais, à ne manger un peu d'orbe que le matin et le soir, on les voit marcher tout le jour, par les chemins les plus rocailleux, et, si le soir ils rencontront un bout de plaine, d'eux-mêmes ils partent au galop avec une ardeur inconcevable. Pousser quelques cris gutturaux en forme d'encouragement, étendre les deux bras au-dessus de leurs oreilles, et surtout tirer un ou deux coups de feu, porte leur joie à leur comble. Il devient difficile do les arrêter. En peu de jours lo voyageur devient assez cavalier pour se permettre ces petites fanta- $ias et y trouver un grand divertissement.

Les moukres , qui accompagnent à pied les chevaux de bagage, sont bien autrement pittoresques que les agoyates de la Grèce. Coiffés d'énormes turbans, couverts de vêtements bizarrèmont bariolés , armés de vieux pistolets dans leurs larges ceintures de cuir, pieds nus et le visage basané, ils marchent gaiement du matin au soir, poussant chevaux et mulets, les tenant en bride dans les passages difficiles, les relevant et les rechargeant quand ils tombent; ils montent de temps k autre et à tour de rôlo sur un àno pour se reposer quelque temps; le soir, ils dressent la tente et ils se couchent los derniers, souvent à la belle étoile , et sans reposer pour veiller sur les chevaux; ils sont les premiers sur pied pour seller les chevaux et replier bagage. Four ce rude métier il ne leur est rien dû, ou plutôt leurs gages sont compris dans le loyer de leurs chevaux ( 25 piastres ou 6 fr. 25 c. par jour ) : la gratification qu'il est d'usage de leur donner est d'environ 5 francs au bout de huit jours de voyage. Leur docilité est à toute épreuve, et leur mauvaise volonté, alléguée quelquefois par le drogman, est toujours lo fait de ce dernier. Leur seul défaut est leur lenteur ; le premier jour surtout, l'établissement des tentes le soir, l'opération inverse le matin, sont interminables. Le voyageur doit se lever lui-même à 4 heures et les presser continuellement, s'il veut partir à 6 heures : lo temps de plier la tente, de déjeuner, de resserrer la vaisselle dans la cantine, de recharger les chevaux, demande deux grandes heures, qu'on parvient à peine a raccourcir les jours suivants. On marcho 4 ou 5 heures. A 11 h., on fait halte jusqu'il 2 ou A h., et l'on repart jusqu'au soir. Quand on rencontre un village, on renouvelle ses provisions, les reufs , l'invariable poulet, et l'orge pour les chevaux. Lorsque le eoucher du soleil approche , il faut absolument s'arrêter : les Arabes ont horreur de marcher dans l'obscurité, et la promesse d'un baghehich peut seule

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les y décider. Une fois le campement choisi, la première chose est d'installer le cuisinier, toujours fort long dans ses opération*. En même temps on balaye la place, on déploie la tente , on étend les nattes, les tapis, puis les lits, on dresse la table, les sièges; puis viennent le souper et la veillée, qui se prolongent longtemps sous la tente des serviteurs, alors que les maîtres dorment depuis longtemps. Rien n'égale le charme de cette existence errante , le sentiment d'indépendance absolue qu'éprouve sous sa tente le voyageur dégagé de tous les besoins factices de la vie civilisée.

L'àne est une monture sémillante et commode, dont on apprécier» l'avantage dans les grandes villes.

C'est en Syrie , pour les excursions à Palmyre, à Géravsa, à Pétra, que le voyageur commencera à user du dromadaire (Hédjine) et du chameau (Djémel). Ces deux noms ne désignent qu'un seul animal : « Ce qui distingue le chameau du dromadaire , dit M»* de Cràsparin, ce n'est ni l'espèce ni la bosse , il n'y a qu'une espèce et il n'y a qu'une bosse, c'est l'allure : le chameau est le cheval de trait, le dromadaire est le cheval de selle ; le chameau porte les lourds fardeaux et marche au pas; le dromadaire porte l'homme et trotte. » Le chameau à deux bosses ne vit que dans les régions plus froides de' la haute Asie.

Quelques mots d'instruction sur l'art de monter ce singulier animal ne seront pas inutiles au voyageur : la première difficulté qui se présente est d'enfourcher sa monture; le dromadaire, debout, avec sa selle, n'a guère moins de dix pieds de haut; h un sifflement particulier du chamelier, il plie les genoux et se couche ventre contre terre : il est encore aussi élevé qu'un cheval ordinaire. On monte dessus comme on monterait sur un cheval. Dès qu'il sent l'homme sur son dos, 1* dromadaire se relève des pieds de derrière ; il faut prévoir ce mouvement et se pencher en avant, en se tenant solidement au pommeau de la selle : presque aussitôt il se relève des pieds de devant, et le voyageur doit s'incliner rapidement en arrière , sans quoi, il lui arriverait ce que M. Alexandre Dumas a si spirituellement raconté dans une page devenue classique sur la matière (Quinze jours au Sinai}- « Je résolus de faire , avant que les autres arrivassent, et en présence de mon ami Béchara , un essai sans importance apparente, mais dont le résultat /levait être de me familiariser avec l'animal. En conséquence, comme si j'avais l'esprit parfaitement libre, je m'accrochai en fredonnant au pommeau de la selle et au* cordages qui en pendaient, et après les trois élans classiques, j enjambai le monticule et me trouvai à cheval; mais à peine étais-JÇ affermi, que ma bête, qui savait sa profession de dromadaire aussi bien que moi mon métier de cavalier, releva brutalement tout train de derrière, ce qui me mit immédiatement le nez K buit pouces plus bas que les genoux, et me valut dans la poitrine un coup atroce du trusquin de la selle, qui est relevé de près d'un pied et terminé par une boule de bois ornée de cuivre. Au me'nie instant, le train de devant se releva avec la même spontanéité que J ** remarquée dans son prédécesseur, son train de derrière, et je "

tis que le dossier de la selle me rendait avec usure dans les reins le coup que le pommeau m'avait donné dans la poitrine. Béchara, qui ne m'avait pas perdu un instant de vue pendant mes exercices de voltige, me fit remarquer l'excellente combinaison de ces deux proéminences, sans le secours desquelles je serais inévitablement tombé en avant ou en arrière. Béchara m'avait fait cette judicieuse remarque, le visage riant, comme s'il eût voulu me prouver que j'étais ingrat envers ma selle; mais, comprenant son inconvenance, il m'invita, pour se raccommoder avec moi, à profiter do ma situation pour regarder le paysage. En effet, du point élevé où j'étais parvenu , j'embrassais un horizon immense. »

Il faut user, pour descendre du chameau , des mêmes précautions que pour y monter, et exécuter les mômes mouvements dans un ordre inverse. Le dromadaire n'a qu'un simple licou, plus ou moins orné de coquillages, au moyen duquel on le dirige : la selle est une selle arabe, étroite et haute, qu'on exhausse sur le dos de l'animal avec des coussins, des tapis, afin qu'elle ne le blesse pas durant les longues marches, c On obtient difficilement, dit M»« de Gasparin, que la selle soit deux jours de suite accommodée de la même manière: tantôt elle penche à droite, tantôt a gauche ; tantôt le tapis et les coussins vous jettent en avant, tantôt en arrière. De là viennent les trois quarts de la fatigue. » Une fois installé au haut de son dromadaire, le voyageur a le choix entre cinq ou six positions. 11 peut s'y tenir comme il le ferait sur un cheval, ou de côté, comme une amazone, ou encore prendre entre les deux positions un terme moyen. En tous cas, il faut suivre les mouvements de l'animal au moyen d'un coup de reins très-fatigant au début.

L'allure du dromadaire cause à quelques personnes des souffrances qui ressemblent à celles du mal de mer; mais c'est là un fait exceptionnel. Beaucoup de voyageurs déclarent que, quoique très-sujets à ce dernier mal, ils ont fait de très-longues courses à dromadaire sans rien ressentir de semblable.

Les dromadaires marchent ou trottent; ils galopent rarement, et dans ce cas désarçonnentinfailliblement leur cavalier au bout de très-peu de temps. Ils font, en marchant au pas, une lieue par heure, et trois ou quatre, en trottant. Us peuvent soutenir cette allure pendant une journée entière, et faire trente lieues d'une traite. Ils supportent admirablement la soif, et on en a vu rester vingt-cinq jours sans boire, tout en exécutant des marches forcées. Leur nourriture quotidienne se réduit à une boulette de pâte qu'on leur fait manger le matin , et à * une poignée de fèveroles le soir. Il faut dire cependant qu'ils ne sauraient passer auprès d'un buisson épineux , d'une tige de chardon , sans essayer d'y mordre ; aussi, quand les marges de la route en offrent en abondance , il y a do quoi épuiser la plus longue patience. Ils tirent sur leur licou et font éprouver au bras qui les conduit des secousses de chaque instant. « C'est, dit M» de Gasparin, la bête

la plus patiente et la plus impatientante qui existe Vingt arrêts

par minute devant la moindre épine, invincible opiniâtreté, manger solennel et bruyant, lèvres sensuelles qui ruminent avec volupté ,

blO

SYKIE. — PA LKSTI N E .

brisement do nos pauvres corps, résultat de ce broutoment perpé — tuel, tout cela nous a poussés jusqu'aux dernières limites de 1» patience.» Ace tableau il manque un trait qui n'eat pas le moins déplaisant : un grognement rauquo et désagréable qu'il fait entendre continuellement, et souvent une odeur infecte difficile à supporter.

Noua avons parlé du chameau coureur; quant au chameau porteur, quelques mots suffiront. Nous les empruntons à M»« de* tlasparin : « Les Arabes leur mettent à tous un bat, dont la concavité embrasse la bosse. Sur ce bat, on place un filet de grosses cordes, qui traîne à terre des deux côtés; les malles, les sacs de nuit et les cantines s'entassent dans ces filets, dont on relève et fixe les boots sur lo dos de l'animal : les chameaux de charge marchent ordinairement la téte et lo cou libres de touto entrave. »

La provision d'eau est portée dans de vastes outres aplaties . qui pendent le long des flancs de l'animal. Le chameau peut porter en moyenne 200 à 300 kil. Pendant tout le temps qu'on le charge, il fait entendre son grognement, espree de protestation contre l'excès du fardeau. Si alors on lui enlève une fraction minime de la charge, il se tait et obéit avec docilité. Le chamelier marche à pied, à côté de sa hôte; de temps à autre, s'il veut arranger quoique chose au chargement ou se reposer, on le voit escalader l'animal avec une dextérité prodigieuse, et, sautant sur son genou de devant, se penchant à son oou, s'accrochant aux cordes du bât, parvenir jusqu'au sommet de la bosse sans arrêter la marche de la béte. Le chameau , animal assez maussade, connaît son conducteur et lui rend souvent les plus affectueuses caresses. Le soir, au campement, rien n'est plus pittoresque que l'aspect de ces animaux, acroupis en cercle autour du feu allumé parleurs maîtres.

S 5. Saison favorable, hygiène. — Les saisons les plus favorables pour parcourir la Syrie sont le printemps, de la tin de mars au moi;» de juin, pour le voyageur qui vient de l'Egypto et de la presqu'île Sinaltique; et l'automne , du mois de septembre à la fin de novembre, pour celui qui vient de la Grèce ou de la Turquie d'Asie. En décembre commencent ordinairement les pluies dans les plaines, et la neige sur les montagnes, et il devient alors presque impossible de camper sous la tonte, à cause do la boue et de l'humidité. En été. les chaleurs sont tellement fortes, qu'on ne pourrait voyager dans la journée ; tout le pays est brûlé et désolé. Le printemps est la saison où la Syrie présente l'aspect le plus riant par la fraîcheur de la végétation ; mais les torrents des montagnes sont quelquefois gênants et le beau temps est moins constant qu'en automne : en revanche, celui-ci se ressent encore de la sécheresse de l'été.

Quant aux précautions hygiéniques a observer, nous n'avons in rien à ajouter ù ce que nous avons dit dans notre introduction générale et à la p. 439 (Turquie d'Asie ). Dans la saison chaude, il faudra suivre l'hygiène de l'Egypte, se garer avec soin des coups de soleil, en se couvrant la téte d'un chapeau à large bord, avec un grand voile ou lakouffièh des Arabes, pour protéger la face, le cou et les épaules, porter de la flanelle. et«\

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