‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 381 sur 511 · DE JÉRUSALEM A GAZA · texte numérisé non relu

DE JÉRUSALEM A GAZA

P.VB. BKÏT-DJlHaiN (KLRCTIléROPOLI$) .

(16 b. ou 20 h. avec le* ticunion* Itterilc*. On couch. • Be l-Netlif, on à Bal-Djibrin.)

Sauf la localité d'Éleuthéropolis, cette route ne présente guère d'autre intérêt que les souvenirs bibliques relatifs aux guerres des Philistins ; nous ne ferons que I les indiquer rapidement, d'après I les données de Robinson et de M. Porter.

De Jérusalem h Bcït-Djibrin, on compte 8 h. par la route directe, qui, malgré son nom de es-Soultani, est complètement abandonné* aujourd'hui. Les voyageurs passionnes pour la recherche des localités bibliques l'allongeront do 3 h., afin de voir le pays de Samson et de Goliath.

De Jérusalem h l'entrée du wadi- Rittir. •„» h. -20 F.R.144, n). Au delà, la route court à travers une série de vallons sauvages, de collines recouvertes de verdure au printemps, nues et arides le reste de l'année.

Les villages ne se montrent que de loin en loin au sommet des hauteurs à droite et à gauche; de temps à autre une éclaircie permet d'apercevoir la plaine et la mer à l'horizon. On remarque au S. sur les hauteurs Djéba, le Gibéab de Josué ;'xv, 57), et beaucoup plus loin Djciour, le Gédorde Juda I Cjiron. xii , 7-, On atteint

SYKIE.-- PALESTINE.

Kovn II*.

(1 h. 40: les villages de AUar el-FÔ- i la plaine, le Tell es-Safièh est idenka et AVar es-Soufla, dont le der- tihé pnr M. Porter [Handb. p. iV> nier possède une vieille église en avec Gath, patrie de (ioliath I

possède une vieiue eg ruines, puis (*20 m.) un khan ruiné, à une petite distance duquel on quittera la route es-Soultani pour prendre h droite le chemin de 1 h. 30).

Beït- Nettif, village situé sur une crête rocheuse, d'où l'on embrasse un panorama très-étendu sur les montagnes de Juda qui s'abaissent par une série de collines fertiles jusqu'à la plaine des Philistins. On aperçoit de ce lieu un grand nombre de localités , dont Kobinsona retrouvé les noms bibliques d'après les données d'Eusèbe et de saint Jérôme, mais que le voyageur se contentera sans doute de se faire montrer de loin, car il faudrait consacrer une journée entière à les visiter, et elles ne présentent aucun objet digne d'intérêt. C'est d'abord au N. Yarmouk, le Jarmouth de Josué fx, fl), puis Ain ech-Chems, l'antique Bethçémès, ville sacerdotale de la tribu' de Juda (Josué xxti, 16), où l'arche d'alliance fut renvoyée ar les Philistins l S.imuel, vi, 12.

9), Sarahy le Zorah où naquit Samson 'Jug. xm, 2), Tibni-h, Timnath, où il avait épousé une femme des Philistins et près duquel il accomplit ses plus fameux exploits Juges xiv, xv) ; y.anoua , le Zanoah de Josué [xv, 31 ; à l'O.

le regard plonge dan* le tradt e.t-Sonmf, la vallée de Élah ou du térébinthe (yiitacia terebintliu*) , dont le nom moderne n'est que la traduction, et qui vit le combat de David et de Goliath il Samuel xvir, 2). En face, au S.-O , le village de Chmpeikrh répond à celui de Sçocho et le Tell Zakanta, plus loin à l'O. répond à l'Azekah, mentionnés tous deux dans la même histoire. La position de Sçoçho est donnée par saint Jérôme. Azekah est encore nommé à « été do Makkôda, où Josué (x, 10, 16. Hl) poursuivit et pendit les cinq rois des Amorrhéens. Enfin, plus Uni ii JE., un monticule isole rlnns

patrie

Sam. xvn, 4), où plus tard DaviJ.

fugitif, contrefit la folie I Sas xxiï, 10-l.V, mais où il revint e:suite se mettre sous la proteenc:

d'Akis ib. xxvn, 2, 4), L'arche y::

envoyée quelque temps ri Sam. t Kobinson pense que la valU' de Zénhathah, où le roi Asa à*:

les' Éthiopiens (Il Chrori. xiv. 1' était près de cette localité. lt es-Saheh est couronné des ram*»

d'un vieux château des croisai?»

connu sous le nom de Blar.e'*gardt. Saladin et Richard C>:3de-Lion se le disputèrent de ll!ri ii 1102. On y découvre une t très-étendue sur toute la plaine i* Gaza et d'Ascalon. Lu colline le village présentent aussi calques restes d'antiquités.

Le voyageur qui ne craint psd'allonger sa route de 3 retm> pourra se rendre de Beït-Netuf i cette localité en h., et de la regagner Beït-Djibrin en 3 h. pâle village de Dikhrin, ou se trouvent des cavernes assez curieuse?- Les voyageurs plus nombreux, qui se contenteront de voir t«»uî»*ces localités des hauteurs de Be Nettif, redescendront au S. pourrjoindre la route es-Soultani, pris de laquelle ils admireront un f pantesque térébinthe, le plus ber de ces arbres que l'on puisse vc-.r en Svrie. On se dirige ensuite a; S.-O.* jimou'h «2 h. 30

Beït-Djibrin, l'antique Betào gabris de Ptoléméc et de la tab> de Peu'inper, plus connue sous> nom d ÉleutheropoliS. Cette ville, relativement mutierne. est mectionnée parmi celles oui reçurrr:* les bienfaits d*v Septimc - Sév*!v 202 après J.-C. . Eusèbe la comme le chef-lieu d'un cran i district et le siège d'un évéehé Elle fut rasée en 796 par les Sarrasins. Elle se releva plus tar.i.

et ^on nom primitif reparut sot:> la forme nouvelle de Rcigebert»

Au xii* siècle, lC3 croisés y v\c vèrent uno fortrre-sc ei uncé'gliï *

Koitk 148.] PKIT-DJIDKIN ^LKl THÉKOPOLLS

la même époque, mais qui x être réparée plusieurs luis, no-

dont la défense futcontiée aux Hospitaliers de Saint-Jean. En llhT, elle retomba dans les mains des musulmans, pour être reprise par Richard Cœur-de-Lion. liibars la rasa 50 ans pins lard. Une tradition, qui ne parait pas remonter au delà du vile siècle, y place la victoire que Samson remporta sur les Philistins avec la fameuse mâchoire. Ueï t-Djibrin est un village bati en étage, situé dans un étroit vallon, couvert d'un»; belle végétation. On y trouve des ruines considérables d'une enceinte invgulirre formée de gros blocs caries superposas sans ciment. Le côté de^l'O. présente en dedans une série d'arcades arrondies, dont les voûtes sont encore en partie employées comme* magasins. Celte enceinte mesurait environ \H0 ni.

carrés. Au milieu s'élèvent les ruines d'une forteresse, probablement de dû

tamment en 1551, d après une inscription arabe que l'on voit sur la porte. La forteresse i«. environ 60 met. carrés. L'intérieur présente aussi des arcades et des voûtes.

l)u côte du S. on voit les ruines d'une jolie chapelle.

A environ '200 met. en remontant le ravin, on trouve d'autres subxtrurltons massives et un beau puits qui parait romain.

Il faudra prendre un guide pour visiter à quelques centaines de mètres du village, sur la paroi O.

de la grande vallée qui vient au S.

rejoindre celle de Keït-Djibrin , d'immenses chambres souterraines , où l'on pénètre par une grande porte sculptée dans le roc avec beaucoup d'art. Ou entre rfans de vaste - chambres en voûtes régulières, dont les parois ont été aplanies et ornées d'espèces de corniches sculptées et de niches. Une de ces chambres mesure HO met. de long. Klles sont éclairées par des ouvertures pratiquées à la partie supérieure. De l'autre côté de la vallée, sont d'autres souterrains plus vastes encore, qui occu-

pent toute la profondeur de la montagne. Ce sont de longues rangées de chambres en coupoles, dont quelques-unes mesurent 22 met. de diamètre sur '20 de hauteur, reliées par des portails en arcades et des galeries, dont quelques-unes sont éclairées par des ouvertures rondes pratiquées nu sommet. Dans les chambres latérales , on remarque des niches semblables à d'anciens tombeaux.

Une petite caverne contient une fontaine avec deux inscriptions coutiques ; sur une autre voûte, Kobinson a vu des figures qui lui ont pnru semblables aux caractères sinaïtiques. l'ne partie de ces chambres s'est écrouiêe; d'autres présentent de grandes tissures ou des blocs .suspendus aux voûtes d'une manière menaçante. Robinson, à propos de ces souterrains uniques dans toute la Syrie, rappelle que cette partie de la Palestine fut, pendant la captivité de Babylone, occupée par les Kdomites, populations essentiellement troglodytes, auxquelles on pourrait attribuer ces travaux.

Plus loin, dans cette vallée, à 11 kil. \ 2 de Peït-Djibrin, ou voit les ruines pittoresques de Y église de Sainte-Anne, pr» s de laquelle sont encore d'immenses cavernes semblables aux précédentes. Kn face, sur la rive O. du wadi, s'élève un tell,, en forme de cône tronqué, qui semble avoir été régularisé par la main de l'homme, et au pied duquel on voit des tombeaux creusés dans le roc avec des rangées de niches sépulcrales.

La base du tell est entourée de fondations de pierres taillées, et toute sa masse est également percée d'immenses cavernes, qui forment un labyrinthe obscur où l'on ne peut s'engager sans une longue licclle, de peur de s'égarer dans le dédale de chambres voûtées, de galeries et d'escaliers qu'elles renferment. Kobinson n'y a trouvé aucune inscription qui put éclairer le mystère de leur construction. Ce sont les excava-

SYRÎ K. — PALESTINE.

Route 14*

tions les plui remarquable» de la Syrie ; elles rivalisent avec les catacombes de Rome et ne sont pas du même style que celles de Pétra. Peut-être répondent-elles à la localité de Maresça, fortifiée par Roboam II (II Chron., xi, 8\ et près de laquelle Asa délit les

xv, 9-15). îSelon était k 2 milles

Ethiopien!

Eusèbe, Maresça d'tf leuthéropolis.

Une route de 6 h. conduit de Beït-Djibrin à Hebron, par (2 h ) ldhna, probablement l'antique Jedna d'Eusebe, le pittoresque wadi el-Frandj, et (-2 h. 4ô min.) Tf/ybit/t.leBeth-Tappoab de Josué(xr,53); Ton y voit les restes d'une vieille forteresse d'où l'on franchit une haute montagne pour gagner i l h. \h) Hebron.

Au delà d'Hébron, on franchit une série do basses collines, dans la direction du S.-E.; on laisse à gauche fl h. 10 min.) le v. d el- Kobeibèh et (1 h.) l'on atteint la plaine, et (30 min ) le v. désert d' es-Sakkaryèh, où 1 on voit quelques restes de colonnes de marbre. On ignore a quelle localité ancienne répondent ces ruines.

Plus loin 'ÔO min ), une masse de ruines du nom de AdjUin rappelle l'Églon de .Tosué. (x, 3(> ; xn, 12; xv, 39). On arrive enfin - 45 min.) à

Oum-Lakis, que M. Porter {Hundb., p. 261) identifie avec l'antique LakigÇ, pris par Josué (x, 'M, fortitié par Roboam (II Chron.. xi, 9) et qui fut assiégé par Sennachérib (II Rois xviii, 14; xix, S) ; c'est aujourd'hui un terrain plat avec quelques pierres taillées, un vieux puits et 'quelques colonnes vers le S.-O. ; on y reconnaîtrait diflieilement l'emplacement d'une ville forte. Les données d'Eusèbe ne correspondent pas non plus parfaitement.

On continue à travers la plaine jusqu'à (45 min.) Boreir, gros village avec un puits abondant, des jardins et des palmiers. On lon^e ensuite le waai-Sirosim, que l'on franchit (35 min.) en face au v. de Simsim ; on laisse k gauche Nidjid,

pour gagner f55 min.) Beit-Hano\ assemblage de huttes entour< d'une barrière formidable de ca tus; le paysage et la populat rappellent l'Egypte. Franchisse ensuite des dunes plantées magnifiques oliviers, on arri^ .

(1 h. 30 min/

Gaza, en arabe Ghazzch. — 7T-toxrc — C'est une dos ville? * plus anciennes du monde, Hliv déjà mentionnée dans la (icr/ • (x, 19) avant l'époque d'Abrahr Les Aborigène", nommés Hnr; • ou Hivites, furent dépossé.i..'? .

les Caphtoriens, tribu êgypiie::' (Deutér., il, 23). et Gaza devint des cinq villes principales c ■ Philistins et le centre de la rr* gigantesque des Anakins, •].

Josué ne parvint pas à détrv.entiercment (Josué x, ^?*?, ?3 . I quise un instant par la tribu Juda 'Juges, i, 181, Gazn lut biew reprise par les Philistins, qui >i juguèrent les Israélites pen-ia quarante ans. Klie fut témoin1!' exploits et de la mort t\c San* (Juges, xvi, 13. 21-3oi. Pnr.s temps historiques, cette ville r sous le commandement de Bi' soutenir un siège meurtrier ro'.'.'- Alexandre le Grand Le Lérns h même blessé grièvement dar- v.

sortie, et ne put emporter ville qu'au bout de quatre r:.

Gaza, toujours exposée par s-i i sition aux ravages de la gin"* dans les rivalités des Lagide- c des Séleucides, fut deux lois née dans le premier siècle n-;l'ère chrétienne. Elle se reljrJ pourtant et devint de b«">nne Ver" le siège d'une églsse chrétien bien que l'idohhne y ait pe^:

jusqu'au vc siècle. Sou*.- le : * d'Arcadius, les dernières \-h furent détruites et une gra; église y fut élevée en 40H Kn£:* Gaza fut prise par les Ara* * et vit naître le célèbre do '-*.«:•"" musulman Kch-Chafe'i. Au te: :»

des croisades, elle était ruire»

les Templiers y élevèrent en 11 une forteresse, qui fui prise à »

à droite Dimreh et Déir-Ethnéid lin du xn« siècle par le« musul-

"RoL'TK 149.

inans, auxquels elle est restée depuis ce temps, quoiqu'elle aie été enlevée momentanément en 1799 par Bonaparte, au début de l'expédition de Syrie.

État actuel.— l raza est maintenant une ville d'environ 15 000 hab., dont ^00 ou 300 chrétiens. Klle est comprise entre deux chaînes de dunes : l'une, àl'O., qui la sépare de la mer distante de 4 à 5 kil.; l'autre, à l'E., qui est couronnée par un blanc Avéli, nommé Mékam-el- Montar, d'où l'on découvre tout le

Says environnant. Au S.-E. et au . s'étendent de3 jardins fertiles en arbres fruitiers de toute nature et de magnifiques bois d'oliviers.

La ville elle-m^me semble une réunion de villages disparates groupés autour d une colline à sommet aplani, le Serai, la grande mosquée, et plusieurs maisons de pierre appartenant aux habitants fes plus considérables. Cette colline semble formée en partie de débris d'anciens édifices, on y trouve beaucoup de fragment* d'architecture, surtout du côté O.

La grande mosquée, placée à peu près au centre, se reconnaît de loin à son grand minaret octogone.

C'est sans doute une ancienne église chrétienne, attribuée par la tradition a l'impératrice Hélène, mais qui date plutôt d'Arcadius et d'Eudoiic. L'intérieur est divisé en trois nefs par deux rangées de colonnes corinthiennes, avec un sanctuaire également supporté par des colonnes. La longueur-totale de l'édifice est d'environ 40 met.

La façade regarde le X.; une aile a été surajoutée postérieurement à la face occidentale.

Gaza n'a plus ni enceinte ni portes, et cependant, dit M. Porter (Handb., p. ,263 , sa position, a la frontière d'Egypte et à l'entrée du Désert, semble l'ouvrir à toutes les incursions des Bédouins Mais ses habitants sont eux-mêmes moitié maraudeurs, moitié recéleurs, et les Bédouins ont intérêt à les ménager. La tradition de Samson s'y est conservée , et l'on voit son

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