‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 388 sur 511 · A PÉTRA. H · texte numérisé non relu

A PÉTRA. H

Djébel Ousdoum. Le territoire ou l'on est arrivé est celui des Arabes Djéhàlin; ce sont eux qui fournissent l'escorte dont le voyageur doit se faire accompagner pour pénétrer plus avant dans le S.

Laissant k droite, après Maïn, les sites ruinés de Djenbèh, de Karyétrin (Kérioih) et de Béyoudh, et plus loin dans le S. -O. une autre ruine appelée Ttll'arad, où M. Robinson croit retrouver le site de l'antique citéchananéenne d'Arad, dont les habitants repoussèrent les Israélites lorsque ceux-ci voulurent pénétrer en Palestine par Kadescn-Barnéa, on passe successivement par et-Tayib (2 h Khdeïb (1 h.), el-Mouseïk (35 m.\ Koudjeïm-Sélamoh (45 m.) et Souri eïd, (10 m.), tous lieux insignifiants.

Bientôt après Soudeïd,on arrive (1 h. 40 m.) à l'entrée du ravin par lequel on va descendre aux bords de la mer Morte. On voit là quelques restes de fondations assez grossières, marquant l'emplacement d'un ancien village que les Arabes désignent sous le nom de Zo'ara el-ftika, ou Zo'ara d'en haut.

Le ravinqui commence k ce point est aussi appelé wadi-Zo'ara. Une descente parfois très-rude conduit ensuite k (ih. 15m.) Kala't Zo'ara.

Cet ancien fort, de construction arabe, qui commandait le passage principal conduisant du plateau au Ghor, était situé sur un rocher isolé, au bord du ravin où roulent en hiver les eaux du torrent. Un mur forme autour du rocher une enceinte dans laquelle on pénètre par une porte en ogive formée de pierres bien taillées ; il y a là aussi, indépendamment d'une source, des citernes creusées dans le rocher.

Ce nom de Zo'ara, qui remplit en quelque sorte tout ce long escarpement , puisqu'on le trouve appliqué, dans la tradition arabe, aux deux extrémités de la montée et au wadi qui en parcourt toute l'étendue, présente avec la dénomination biblique de Tzo'nr, que l'hi-itoiredeslillesdeLoth a rendue

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si célèbre, une ressemblance bien laite pour fixer l'attention. Dans une dissertation lue en 1H50 au s o i n d e l' A cad ém i o d e s I n s cr i p t i o n s et Belles-Lettres il a été établi «l'une manière tout à fait évidente, par le rapprochement des textes de toutes les époques qui se rapportent à cette localité antique, que remplacement du Tro'arae la tîenèse ne peut en effet se chercher que vers l'extrémité inférieure du wadi Zo'ara, quoique des savants, et l'éminent auteur des BiblicalHcsrarches lui-même, M. Kdward Kobinson, aient cru retrouver ce site fameux sur la plage opposée «le la nifr Morte.

De Kala'at Zo'ara, une dernière descente aboutit 45 m.; à une plaine boisée sur les bords de la mer Morte, w2ô min. plus loin, au S.-E., on ntteint l'extrémité X. du Djébel - t )u*doum , montagne de sel minéral j>ur, longue de plus de .'1 lieues et haute de 10U met C'est laque M. de Sauloy a cru retrouver les ruines de Sodome. Cette découverte n'a été» confirmée *par aucun des voyageurs qui ont depuis visité le Djébel-Ousdonm.

Xou« c itérons entre autres M. Van de Velde, MM. (i. (Iraham et A. Isaaes , photographes , enfin l'un de nos collaborateurs, M. Coppingor, dont les patientes-recherches n'ont pas duré moins d'une journée sous la conduite des guides de M. de Sauley. Les prétendues ruines de Sodome ne sont, à ce qu'il paraît, que des amas de pierres apportées pendant l'hiver par les torrents qui descendent de deux ravins de la large vallée comprise entre le Djéhel-Ousdoum et les falaises de Zo'ara.

A environ 10 m. de l'extrémité du Djchel-Ousdoum, et sur la plage de la mer Morte, se trouve ce que M. de S.mlcy regarde comme les restes d'un château , d'un post?

avancé do la ville antique. C'est un tas peu considérable de pierres roulées, qui indiquent sans aucun doute l'emplacement d'un tombeau. En résumé ce site c*t peut-

- SI N'Ai. Ko LTE lôl.

être celui de Sodome, mai* on n'y remarque pas la plus légère trace de la ville.

Se dirigeant aiors au S.-E. oa suit la base du Djébel-Ousdoum.

dans les flancs duquel se trouve fl h. 20 une belle grotte, pour contourner bientôt après l'extrémité S. «le la mer; la plage présente de< dangers après le temps des inocdations , (jui l'ont détrempée et amollie. C est ici que déd>ouche le wadi ol-Arabah, appelé dans cett^ partie extrême} flhôr cs-Safièh, du nom d'un village situé non loin de la côte, près d'un wadi considérable, de Korilhi qui aboutit à l'angle S.-E. de la mer Morte, à 2 h.

HO m. d'Ousdoum. A partir de Salièli, le chemin se porte au X. On continue do longer la côte, franchissant le wadi cl-Koràhi , pui> le wadi Koneinèh, en laissant à g une grande péninsule que, d'après sa forme, les Arabes ont nomm>; elLisân, la Langue;, et l'on arrive fi h. d'es-Safièh>, au déboucled'une é-troite vallée , le tcadi rd- Dera'ah. qui descend des hauteur* de Kérak. Le village de Mezra'ah esi 'situé non loin du point ouli vallée débouche, et à j>eu do distance du village se trouvent des ruines sans non» qu'on a mal à propos identifiées avec le site de Tzo ar. Ici, la route qui remonta le wadi tourne do nouveau à l'E.

pour atteindre (4 h. 30 m.)

Kérak. Celte place est aujourd'hui, et depuis longtemps, Li plu> importante delarégion élevée qui domine à l'Orientale wadi ol-Arabnh. Dès le temps dos rois d'Uraël, c'était, sous le nom de Kir, la plus forte place de la terre de Moah. Dans la version chaldaïque d'Isaïe xv, 1: xvi. 7). le nom est rendu par Krakd-Monb, le château de Moah. Le nom fut également connu des (Jrecs et des Romains sous la même forme (Xac^u^xC dan 5 Pioléméo et dans Etienne de nyzanee: ; le livre des Macchabée^ a seulement Khâr<ikn, appellation que l'usage a perpétuée.

Au moyen âge. Kérak fut pnsv

. Rouit 101. 1) HKBRON

par les Croisés, qui y construisirent une église et en tirent le siège «l'unévêché dontle titre s'est maintenu dans l'église grecque ; seulement ce titre est celui d'évoqué de Pv'tra Pctrx dcscrti) , parce que l'ignorance de l'époque confondit Kérak avec la fameuse Pétra de l'Idumée. La population , selon Burckhardi, est de 5 à 600 familles, dont un tiers au moins se compose encore de chrétiens du rite grec, ce qui n'a pas empêché qu'en plusieurs occasions la population musulmane ne se soit montrée d'un fanatisme brutal vis-à-vis des voyageurs.

Kérak est bâtie au sommet d'une ♦ •ininenco entourée de profonds ravins comme de fossés naturels ; ses murailles, ilanquées de tours massives, sont à demi ruinées. La citadelle, qui parait dater de l'âge «les croisades, est au côté O. de la ville, dont elle est séparée par un fossé taillé dans le roc vif. On a entrevu à Kérak des restes intéressants de l'époque romaine.

De Kérak ù Hesbon, Amman et Bozroh, R. 126.

La route en sortant de Kérak court droit au S. jusqu'à Pétra, .10 h. environ) ayant à dr. les hauteurs profondément ravinées qui dominent le wadi el-Arabah. Dans un rayon de deux ou trois heures autour de la ville, MM. Irby et Mangles ont relevé de plusieurs points un grand nombre de sites ruinés, qui montrent combien ce canton fut autrefois florissant. Le pays est magnifique, resplendissant de verdure, et annonce une grande fertilité.

La première localité que nous ayons à citer depuis Kérak (Pi h.), cstTofilèh, bien que dans l'intervalle on rencontre beaucoup de villages et de ruines. A 2 h. avant Tofilèb, on passe un ravin escarpé, nommé wadi el-Ahsa, qui descend au Ghdr à travers les hauteurs dans sa partie inférieure «"'est le wadi-el-Koràhi}, et qui, ■.•"Ion toute probabilité, marqua

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