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(Route 162.J LE CAIRK. —
dent du Nil jusqu'au port de Boulait, et se prolongent au N. par de vertes prairies vers les riches campagnes du Delta.
La ville, comme on peut le voir en l'examinant du haut de la citadelle, ou en jetant un coup d'œil sur le plan, a dans son ensemble la forme d'un carre oblong. dont la plus grande étendue du S.-O. au N.-E. est d'environ 4 kilom. sur 2 kil. de large. Un canal, le khalig, dérivé du Nil, un peu au-dessous du vieux Caire ou Fostàt, la traverse dans toute sa longueur, et une branche du même canal l'enveloppe à l'O. Sa largeur est d'une dizaine de mètres. Il va porter l'eau jusque vers Héliopolis et au delà. Un grand nombre de ponts généralement en pierre traversent ce canal , mais aucun d'eux n'est digne d'attention.
Quatre grandes places peuvent servir de points de repère : VEsbèkych, au N.-O., que 1 on rencontre tout d'abord en arrivant au Caire, est un vaste square qui sert tout à la fois de lieu de promenade et de réunion, c'est le centre de la partie civilisée. Le Birket el- Fiï, grand espace marécageux, au milieu du quartier arabe, et enfin les places RuuméiUh et Karamcïdan au S.-E., au pied de la citadelle.
On compte huit rues principales [Sekkch] : trois dans le sens de la longueur, et cinq transversales.
La plus large, la plus importante de ces dernières est la rue du Mouski ou quartier Franc, qui va de rEsbékyèh jusqu'à la grande rue longitudinale, étendue du faubourg Ilassanyèh et de Bab cl- Foutouh à Bab es-Séïdeh ; cette rue touche aux principaux bazars. La rue la plus longue est celle qui longe le kbalig depuis Babes - Seïdeh - Zeïneb jusqu'à Bab- Cha'ryèh. Elle n'a pas moins de 5 kilomèt., grâce à ses détours.
A droite et à gauche des grandes voies, rayonnent les ruelles (derb) et les impasses (atfèh) et s'étendent les différents quartiers. La plupart
des petites rues intérieures ont à chaaue extrémité une grande porte que l'on ferme chaque soir et qui a son gardien. Ce qu'on nomme un quartier (haret) se compose d'un certain nombre de ruelles n'ayant qu'une entrée générale, qui se ferme le soir, çomme les rues particulières; plusieursnéanmoins sont traversés par une rue ouverte. Le nombre total des quartiers est de 53. Ils prennent leur dénomination soit des édifices qu'ils renferment, soit des classes ou des professions qui les habitent, ainsi :
le quartier des chrétiens ou des coptes {Haret en-Na$sara),àu N. de rEsbékyèh, le quartier des Francs [Haret cl-Freng) appelé aussi Afoti«h, à l'E. de l'Esbekyèh, le quartier juif (Haret el-Yahoud) à l'E. du Khalig et au N. de la rue du Mouski prolongée. Le quartier grec est situe dans la partie E. de la ville, au delà de la grande rue longitudinale. Le Haret et-Touloun, à l'extrémité S. de la ville, en est le quartier le plus ancien, puisqu'il appartenait au vieux Caire (Fostàt).
Le Caire n'est plus, comme il l'a été autrefois, entièrement entouré d'une enceinte fortifiée ; les agrandissements de la ville dans plusieurs directions, à l'O. notamment et au N., ont dépassé sur beaucoup de points l'enceinte primitive. Là où elle s'est conservée, du côté de l'E et du S., elle présente une muraille épaisse, flanquée de tours rondes ou carrées, et percée de portes munies aussi pour la plupart d'ouvrages de défense. On compte aujourd'hui 71 portes ; plusieurs, par la raison qui vient d'être indiquée, se trouvent maintenant dans l'intérieur. Telle est celle qu'on nomme Bab ez- Zoueïli'h, vers le milieu de la grande rue longitudinale, et à côté de la mosquée el-Moeyed. Cette porte marquait au S. la limite de la villo avant Saladin. Celles qu'on cite comme les plus belles sont : Bab el-Foutouh (la porte des Victoires), Bdb cn-Nair (la porte de la Con-
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quête), situées toutes deux près de I les descriptions des Mille et unr 1 angle N.-E. de l'enceinte, enfin ATusfs. Lorsqu'on la voit apparaître
ftab et-Touloûn dans sa partie S. La citadelle, vers l'angle S. -E., domine la ville ; mais elle est ellemême dominée par un mamelon presque contigu, sur lequel Ménémet-Ali a fait éb»ver un fort.
Tout cela ne présente pas les éléments d'une défense sérieuse.
Malgré l'énorme mortalité que la peste y porta en 1835, et qui enleva près du tiers des habitants, on évalue la population actuelle du Caire à environ 360 000 âmes, dont 260 000 musulmans , 1£ 000 Coptes, 9 000 Francs. 4 000 Juifs , 2 000 Grecs et autant d'Arméniens.
La ville compte 1 300 okeh ou Ichâns où les caravanes déposent marchands et marchandises, plus de 300 fontaines ou citernes, 3 à 400 mosquées, 70 bains publics.
Les chrétiens des différentes communions y ont une trentaine d'églises ou de chapelles et les juifs 10 synagogues
à travers les massifs de palmier* et de sycomores en arrivant du Delta ou du Nil, où lorsqu'on la contemple du haut de la citadelle avec ses maisons peintes, ses palais blancs, et ses innombrables minarets aux formes élancées, elle présente un aspect réellement «-aisissant. 11 ne faut pourtant pa?
s'attendre à retrouver la même splendeur lorsqu'on descend aux détails : l'intérieur de la ville est
tros-irrégulier. Les rues, ou plutôt les ruelles, sont pour la plupart étroites, sinueuses; et comme elles ne sont pas pavées, elles sont toujours ou noueuses ou rpmplies d'une couche épaisse de poussière. Un grand nombre de mosquées et de maisons ont un aspect délabré. Rarement rencontre-t-on une place qui ne soit pas a demi obstruée de décombres; et comme au-dessus de beaucoup de rues on tend des toiles ou
Le Caire est, après Constantino- des nattes pour les garantir du sople, la plus grande et la plus belle leil, on y marche dans une demiville de l'Orient musulman. Les obscurité. Les rues principales plantations magnifiques, les ave- (xekkèt) sont généralement bordées nues qui ravonnent à partir de d'une double rangée de boutil'Esbékyèh forment autour d'elle ques ; rien de plus animé que ces des promenades de plain-pîed, et grandes rues, de môme que les lui donnent un charme qu aucune marchés et les bazars, surtout le autre ne présente. La civilisation j matin, avant la grande chaleur du
péenne, en pénétrant dans ce plus avant qu'elle ne l'a fait
europ pays j
dans aucune partie de l'empire ottoman, ne lui a pas enlevé son caractère original. Sauf les maisons à l'italienne, bâties autour de 1'Esbékyèh , sauf ces palais et ces établissements nouveaux construits depuis Mohammed-Ali, qui n'appartiennent à aucun style, le Caire est une ville tout orientale, ou pour mieux dire purement sarrasine ; car le stvle arabe des premiers temps de l'islam y est bien moins mélangé de byzantin et de syrien qu'à Alep, à Damas, et ailleurs. Des maisons élevées à toit plat, des constructions de formes singulières et tout à fait fantastiques, y rappellent à chaque pas
jour. Dans la foule bigarrée qui s*v
f>resse. on reconnaît à côté de 'humble fellàh , du Bédouin a la démarche fière, du Copte ou du juif à la mine sombre et concentrée, du Grec actif et éveillé, du kawass arnaoute grave et digne, tous les types des nègres, depuis la couleur d'ébène des habitants du Soudan , jusqu'au teint clair des Berbérins. Les caravanes arrivant de tous les points de l'Afrique et de l'Arabie, les chameaux pesants et solennels, les dues lestes et sémillants emportant au galop des Levantins petits-maîtres, ou des femmes enveloppées dans d'immenses voiles de couleur sombre, le pacha qui passe à cheval t étouffant sous la redingote
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boutonnée du Nizam, les porteurs d'eau avec leurs outres de cuir visqueuses, les portefaix de toute nature, les sais criards touiouYs prêts à frapper de la courbach l'Arabe indolent et jusqu'aux pauvres femmes fellàhines trop lentes à se ranger, tout cela forme un spectacle d'une variété toujours nouvelle dont l'étranger ne peut se lasser.
Les maisons sont entièrement construites à l'orientale. Lafaçade en est quelquefois bariolée de grandes banaes alternativement rouges et blanches, comme le sont aussi les mosquées. L'étage inférieur est en pierre; les étages supérieurs, au nombre de deux ou trois, sont en brique. Les fenêtres grillées sont appelées rochân, ou plus communément mèchrébyèh (Moucharabis). Ces grillages, au lieu des losanges uniformes de Constantinople, - forment ici des dessins très-variés. Dans les bonnes maisons, ces fenêtres sont maintenant garnies intérieurement d'un châssis vitré que l'on tient fermé en hiver ; car dans cette partie de l'Egypte , on éprouve une vive sensation de froid quand la température descend au-dessous de 15°. On ignore cependant ce que c'est qu'une cheminée ; les pièces sont chauffées, quand il est nécessaire, au moyen d'un brasero. Beaucoup de maisons portent au contraire, à leur partie supérieure, comme précaution contre les chaleurs de l'été, un auvent en planches, ouvert du côté du X. et destiné à saisir au passage la moindre brise fraîche qui viendrait à souffler.
Il est peu de maisons dont le plan n'ait un manque absolu de régularité. Les appartements sont de différentes hauteurs, si bien qu'on a presque toujours à monter ou à descendre une ou ^plusieurs marches pour passer d une pièce à une autre. Quant à leur disposition intérieure, c'est celle de toutes les habitations musulmanes (F. p. 294, 310 et les arti-