‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 483 sur 511 · KARNAK · texte numérisé non relu

KARNAK

dont la construction appartient à Méneptàh II (xix« dynastie, vers 1310), et oui plus tard se trouva englobé, comme la partie antérieure du temple de Hamessès III, dans l'enceinte de la cour.

Au milieu même de la cour, dans le grand axe de l'édifice, sont les restes d'une avenue formée do deux files de 6 colonnes chacune {b\ qui paraissent avoir porté les diverses images symboliques servant d'enseignes aux Égyptiens, telles que le bélier, l'ibis, l'épervier, le chacal, etc. Leurs sculpture* portent les légendes de Tanraka xxv dynastie, 695-688) et de Psammétik I" (xxvi8 dynastie. 665- 611). On y lit aussi le nomdu4«Ptolémée, Philopator. Les colonnes avaient 21 mèt. de hauteur totale.

Une seule est restée sur pied, à l'extrémité de la rangée de droite; toutes les autres sont renversées et brisées.

Deiuvième pyltine. En avant du pylôue (CC) qui forme le fond de la grande cour que l'on vient de parcourir, mais qui n'offre plus qu'un aspect de ruine et de bouleVersemen't, il y a un large perron de 7 marches (g) aux deux côtés duquel se dressaient deux colosses monolithes en granit rouge (hh), de 7 mèt. de proportion, l.'n seul, celui de droite ou du S., est encore sur pieaV, quoique très-mutilé ;. le second est abattu et enfoncé sous les décombres. La statue est debout, les jambes séparées: elle porte la légende de Hamessès III, le constructeur du temple latéral que l'on a wsité tout à l'heure.

Le perron donne entrée dans un vestibule fi) de 15 mèt. de large sur une profondeur de 7 mèt. 50., dont les parois, décorées de tableaux religieux, se dressent verticalement à la hauteur de près de 30 mèt. Les sculptures de cet imposant vestibule appartiennent à Ramessès II (Sésostris, 1 107-1341).

La porte du fond a 20 m. 60 de hauteur: elle ouvre sur la

Grande salle des Colonnes ou salle Hypostyle. — Cette salle (D), cens-

truite sous le règne de Séti, père et prédécesseur de Ramessès II, est la plus vaste qui existe dans aucun des monuments égyptiens.

Elle a 102 mèt. de large sur 53 de profondeur. Cent trente-quatre colonnes (mm) de proportions colossales portent le plafond, qui n'a pas moins de 23 mèt. de hauteur dans sa partie centrale. 12 colonnes, plus grosses que les autres, (II) y forment, sur 2 rangées, une avenue centrale ; ces colonnes, de plus de 10 mèt. de circonférence, égalent en grosseur la colonne monumentale de la place Vendôme. A droite et à gauche de l'avenue centrale, les autres colonnes forment un double quinconce, dont les plafonds sont moins élevés de 10 m. que la partie reposant sur l'avenue centrale. Toutes, ces colonnes, entièrement couvertes de sculplures, sont restées debout au milieu des ruinesquiles entourent.

Les bas-reliefs extrêmement remarquables qui décorent la face extérieure (n) de la muraille du N. se rapportent aux expéditions de Séti. Sur la paroi extérieure (k) de la muraille opposée, celle du S., et sur là partie contiguè' (e) du pylône qui la précède, le pharaon Sagan k (le Sésak de la Bible) fit représenter, longtemps après, ses campagnes contre le*royaume de Juda.

Les villes et les peuples vaincus, figurés par des captifs enchaînés, sont accompagnés de cartouches où sont inscrits leurs noms.

Troisième pylône, et cour de Touthmès I. — La grande salle des Colonnes était fermée à l'E. par un pylône (EE) à peu près de mêmes dimensions que celui de l'O.; son état de ruine est encore plus complet. La porte centrale (p), pariaquelle on le traverse, ,a« près de 16 mèt. de hauteur. Elle conduit à un espace découvert (FF) large de 15 mèt. qui longe tout le front du pylône, et au milieu duquel, dans le grand axe de l'édifice , s'élevaient deux obélisques monolithes (qq) de près de 23 met., en granit rose de Syène. Celui du S. est

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encore debout sur sa base ; l'antre est à terre et brisé. Les légende de la face sont de Touthmes V (xvm^dyn. vers 1660); les légendes latérales appartiennent à Kamfr sès II, et sont conséquemmen postérieures aux premières à»

250 ans. Les autres décoration* intérieures de cette petite cour intermédiaire sont de "ïoutbmes IV (quatrième successeur de Toutimès Ier) etd'Aménophis III son ni* Quatrième pylône, et cour drt C*riatides. Un quatrième pylône (GG moins élevé que les précédents pt dont il ne reste guère que des ruines t séparait l^space découTert que l'on vient de traverser d'une nouvelle cour intérieure (H) d'environ 75 mèt. sur 19. Un vestibule (r) de 13 mèt. de longueur sur 4 naèT~ de large, occupe le milieu du pjlône et formait la communication d'une cour à l'autre. Deux obélisques (ss) pareils à ceux qui précédaient l'entrée du vestibule, er.

décoraient la sortie, et les piliers à caryatides (ou piliers osiriaques comme on les nomme) qui formaient une galerie continue au pourtour de la cour, devaient être d'un très-grand effet.

Toute cette partie de l'édifice, y compris les deux obélisques, appartient à Touthmès I. De ces deux derniers obélisques , celui de gauche ou du N. est encore debout; les débris de l'autre jonchent le sol. Ils étaient au nombre des plus* grands monolithes de ce genre que possédât l'Égypte. Celui qui reste en place a tout prèi de 30 m., presque autant que l'obélisque de Saint Jean de Latran à Rome, le plus grand que l'on connaisse, et au delà de 6 m. de plus que l'obélisque de la place de la Concorde.

Le côté oriental de la Cour de* Caryatides était fermé par un corps de constructions moins profond que le pylône du côté occidental, et que 1 on traverse sous un portail en granit (t) dont le couronnement domine les terrasses du péristyle. Ce portail donne sur un

vestibule de 6 mèt. sur 12, d'où l'on pénètre dan» une petite enceinte découverte, («), profonde de 6 mèl.

et large de 15, qui précède immédiatement l'entrée du sanctuaire.

TIIKBES.- KARXAK.

îo*ïr>

Deux portes pratiquées au N. et* relies parties.

La vibration sonore rendue

au S. de cette enceinte donnent entrée de chaque côté dans une chambre (zz') de 7 mèt. sur 10. On voit encore dans celle du Nord (z) les restes des colonnes à pans coupés dont elle était décorée.

Sanctuaire. — Cette partie du temple a été communément désignée, par ceux qui ont décrit les ruines de Karnak, sous Ja dénomination d'appartements de granit (II).

Klle est la plus vieille en date dans l'ordre des constructions ;elle est aussi la plus complètement ruinée. Ce n'est plus en quelque sorte qu'un amas de décombres informes, à travers lesquels une investigation persévérante a néanmoins permis de retrouver les traces de la distribution primitive.

Au centre, et tout à fait isolé, était le sécos ou sanctuaire proprement dit (v); tout autour régnaient des corridors ou des galeries, sur lesquels s'ouvraient nombre de salles ou de chambres particulières, richement décorées de bas-reliefs historiquesou religieux. Ces sculptures sont toutes du temps de la xvm« dynastie. Mais les premières constructions remontent beaucoup plus haut; car sur des débris de colonnes polygonales, en dehors de l'enceinte orientale des appartements de granit (voir ci-dessous, x), on a trouvé le cartouche du roi Ousertésèn, de la xn« dynastie (la 2« des dynasties théoaines). Parmi les sculptures peintes qui se sont conservées dans quelques-unes des chambres du sanctuaire, les tableaux les plus importants sont ceux de la salle de Touthmès III, ainsi qu'on la désigne. Ce n'est rien moins que l'histoire complète des expéditions militaires de ce prince en Mésopotamie, en Éthiopie et dans le S.-O. de l'Arabie, depuis la 22* jusqu'à la 40" année de son règne (entre lfiOi-lf>ftfi\. Une

partie considérable de cette inscription est aujourd'hui déposée au Musée du Louvre. Les déblayements tout récents de M. Mariette (1858-59) en ont dégagé de nou-

par

des blocs de granit au lever du soleil, ce phénomène qui a donné autrefois tant de célébrité à la statue de Memnon, a été remarquée aussi dans les appartements de granit. Voici ce que disent à ce sujet ceux des membres de la Commission scientifique de 1798 auxquels on doit la description de Thèbes : « Il nous est plusieurs fois arrivé, lorsque nous étions occupés à mesurer les monuments ou a dessiner les bas-reliefs dont les parois des murs sont couvertes, d'entendre à la même heure, après le lever du soleil, un léger craquement sonore qui se répétait plusieurs fois. Le son nous a paru partir des pierres énormes qui couvrent les appartements de granit, et dont quelques-unes menacent de s'écrouler. » La cause physique du phénomène est bien connue. ,

Grande cour postérieure. —En quittant les appartements de granit, si l'on continue d'avancer a l'E., dans le sens du grand axe de l'édifice, on voit d'abord, à peu de distance des ruines, les restes (.r) de colonnes polygonales d'Ousertésèn que nous avons déjà mentionnées. Un peu plus loin, deux énormes blocs [y) ont dû servir de base à des statues colossales ou à des obélisques. Enfin, à la distance d'une cinquantaine de mèt.

des appartements de granit, on se trouve de nouveau devant une masse de constructions considérables (LL). C'est le

Palais de Touthmès III. La façade, ainsi que la porte d'entrée, en sont complètement ruinées.

Deux piédestaux (a) en avant du portail étaient probablement surmontés d'obélisques. Aux extrémités de droite et de gauche de la façade, on voit quelques restes de

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murs avances, ou plutôt do trois piliers à caryatides (M»') précédés de colonnes, lesquels probablement faisaient partie d'une galerie couverte qui s étendait sur tout le front du palais. Des portes latérales conduisaient dans des appartements intérieurs, composés, comme on en peut juger par ce qui en reste sur la droite, d'une ou plusieurs salles d'entrée, et d'un couloir (<•) parallèle au mur d'enceinte du S., menant à une suite de chambres (d) adossées à ce mur. Les deux dernières chambres, a l'angle S.-E., ont leurs plafonds soutenus par des piliers.

Au milieu du mur ruiné de la façade, en regard des deux piédestaux vides que nous avons mentionnés, le portail donne entrée dans une grande salle (e) de 44 mèt. de largeur et de 10 à 17 mèt. de profondeur. Cette salle, de foruie rectangulaire, a son plafond soutenu par 2 rangées de colonnes dans le sens de sa longueur, outre une rangée de piliers carrés qui y formaient une galerie dans tout son pourtour. Les murs de clôture sont presque entièrement détruits, surtout à 10., à 1E., et au N. A l'angle S. O., dans la partie la mieux conservée, une porte donne accès à une petite chambre (f) nommée

Chambre des ancêtres, dont la décoration intérieure est un des monuments historiques importants qu'ont fourni les temples de l'Egypte. On y voyait le roi Touthmès faisant des offrandes devant cinquante-sept de ses prédécesseurs au trône de l'Egypte. Ces personnages sont représentés assis sur quatre rangs, et chacun d'eux est accompagne de son cartouchcpfénom. Ce précieux bas-relief est aujourd'hui déposé au Jtfusée du Louvre.

Au delà du mur maintenant détruit qui formait le fond de la grande salle dont l'angle de droite est occupé par la Chambre des Ancêtres, et-:t un espace (g) de

20 mèt. sur 16, tellement encombré qu'au premier abord on i peine a en reconnaître la fonte.

On y trouve néanmoins plueiecrs rangées de colonnes, dont qurques-unes à pans coupés, et, tou ù fait au fond, les restes d'une »u:tt de chambres, au nombre de s«p :

qui devaient s'adosser à la edjraille d'enceinte orientale (M.. Xz centre, et dans l'axe de la grand:

porte de la façade, est un peu* édifice carré (h) de 4 mèt. dans tous les sens, entièrement isolé cornu les sanctuaires. C'était sans dou* ce que nous nommerions aujourd'hui la chapelle du palais. I/inuricur est orné de sculptures exécutées avec soin, el dont les couleursont encore tout leur écli:.

Les légendes de Ptolémée Alex.u.dre qu on y trouve indiquent ui:^ restauration comparativement récente. Une porte (i) pratiquée dao> le mur d'enceinte, auquel s'adosse ce petit adytum, donnait issue sa dehors.

Depuis le grand portail extériear du premier pylône, à l'O.. jusou a ce point extrême de l'édifice, ùl E .

la longueur totale de ce gigantesque monument de Karnak est Jr 305 mèt. Sa plus grande largeurs; celle du premier pylône, 113 mèt.

Le pourtour total est d'environ 950 mètres.

Récapitulation chronologique. Ce vaste ensemble de construction qu'on désigne sous le nom de temple de Karnak, et qui fut tout à U lois un sanctuaire religieux et uni:

habitation royale, présente deui grandes divisions bien distinctes, dont l'espace découvert (FF) compris entre la grande salle des colonnes et la cour des Carvatwie>, marque la séparatiou. La division orientale, qui comprend la cour des Caryatides, les appartements de granit, et le palais de Touttmès III, est la plus ancienne. Eil< est tout entièVe l'ouvrage de li xvnic dynastie (entre 1700 et 1506 sauf le sanctuaire ou temple proprement dit, noyau de toutl édince.

dont la fondation remonte à U mi

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THKDES.— KARNAK.

dynastie. La division occidentale, c est-à-dire la grande salle des Colonnes, la lr* cour avec sa colonnade centrale, et le grand pylône formant la façade, appartient à la , à la ix» et à la xxn» dynastie (entre 1464 et 900), indépendamment des restaurations postérieures qui eurent lieu surtout sous les Ptolémées. On voit par là que pendant plus de 2800 ans les

rois d'Egypte ne cessèrent pas de travaillercomme àl'envi à l'agrandissement, à l'embellissement et à la conservation de cet immense édifice, qui était en quelque sorte le monument national par excellence. Il n'est pas sans intérêt de réunir ici lesdates principales que la lecture des légendes permet d'assigner aux diverses parties de l'édiEce.

xir* DT*.|vers 2800.

vers lliô5.

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