BAZARS. — BAINS
[ROUTE li]
étoffes de soie et de coton, des fez et autres aitieles analogues.
Le bazar Kkdn-Khalil (le vrai nom éuit KhalUi) est situé dans le quartier Gamalièh, quartier ainsi appelé parce que c'était là et c'est encore li en partie que les chameaux Tieoneot décharger leurs marchandises, n a été éUbli en 1292, par un officier du sultan el-Achraf Salàh ed- Diii, dont le nom, KhatU, est resté ao bazar, sur remplacement qu'oc- CQptient auparavant les tombeaux des khalifes (c'est-à-dire des souverains arabes de l'Egypte, antérieurs aux sultans mamelouks) ; il est pourvu de marchandises de prix de toute sorte: draps, habillements, soieries, étoffes brodées, tables et coffrets incrustés de nacre, armes, ustensiles de cuivre, ivoire, plumes d*autruche, et en général de tous les produits du Soudan et de TYémen. Les jours de marché sont le lundi et le jeudis de neuf heures du matin à onze. I>iver8es sortes de marchandises y sont vendues à la criée par des employés spéciaux [dilUUs), qui parcoui^nt les allées du bazar, escortés d'une foule d'oisifs ou d'acheteurs, en annonçant à haute voix le prix demandé ou offert de chaque article. C'est un spectacle animé, curieux à voir une fois. Nous ferons remarquer en passant qu'il est prudent de n'accorder <u général que moitié du prix demandé par le marchand.
Le bazar Hamzatcyih (des disciciples de Hamzah), dans le môme <{uartier et à peu de distance des précédents, à dr. de la rue Neuve, ^exclusivement occupé par des marçlunds chrétiens. Il est ouvert tous les jours, sauf le dimanche. Les étoffes eUutres marchandises y sont principalement de fabrique européenne; le^ articles les plus importants de ce ^r sont : la parfumerie, les papiers, les porcelaines, les cristaux, les étoffes de colon, la mercerie et la ^coguerie; les porcelaines et les étoffes forment deux groupes distincts.
Un peu plus loin, en allant vers la porte ou Bâb-Zoellèh et la mosquée el-Hoeyed, est le bazar Àkkadin, où l'on tient les articles de passementerie, le galon, etc.
Tout à côté, à deux pas de la mosquée, est le marché de Mouayyad,pour le coton, la laine, tous les articles de literie, et en général les étoffes et châles de laine, surtout les articles communs et à bas prix.
De l'autre côté de la porte Zoellèh, le Kasêabit^Ridoudn est le bazar aux cordonniers.
Dans le Soukkaryèh ou bazar des marchands de sucres, qui donne son nom à la rue , près de la fontaine de Toussoun-Pacha, sucre, amandes, fruits secs, conserves.
Au bazar de Souk el-Silah (marché des armes), près de la mosquée du sultan Hassan, sont les armes de tout genre.
Le Caire a en outre plusieurs marchés pour les denrées, indépendamment des échoppes de revendeurs analogues à nos fruitiers. Les grands marchés de bestiaux et de matières premières se tiennent à l'extérieur de la ville ; le voyageur pourra trouver quelque intérêt à en étudier Taspect; il n'aura qu'à se rendre : le dimanche, au grand marché aux légumes de Gizèh, sur la rive g. du Nil; le samedi, à Boulaq, pour la foire aux baudets, chameaux, etc., et tous les jours, sauf le dimanche, au port de Boulaq, pour assister aux grandes opérations qui s'effectuent en céréales, gommes, dents d'éléphant, plumes d'autruche et divers produits du Soudan.
Le marché aux esclaves n'ezist plus.
Bains, — Les bains sont nombreux au Caire, ainsi que dans toutes les grandes villes de l'Orient; on en cite une trentaine de premier ran^, notamment Hammam -Yesbak, Hammàm-el-Soult&n. Et-Tabbalah (de la joueuse de timbale), le plus grand de tous, mais non le mieux tenu.
EGYPTE. — LE CAIRE
près de la porte Bab.Cha*ryèb; les bains El-Mouayyad, Ak-Sounkôr, El-Margoucb, Es-Soukkaryèb, etc.
Aucun n'a de caractère architectural particulier. La multiplicité des salles, des bassins surmontés de petites coupoles en fait le mérite. Ce sont tous des bains chauds; on n*en connaît pas d'autres. Ils ne diffèrent en rien de ceux de Constantinople. (F.
p. 199, pour les diverses opérations du bain arabe).
Par devoir religieux autant que par goût, les habitants fréquentent assidûment ces sortes d'établissements, surtout en biver. L'été permet au bas peuple de faire ses ablutions dans le fleuve, mais l'hiver le prive de ce moyen économique; alors quiconque peut disposer de quelques piastres se rend, une fois au moins chaque semaine, aux bains publics, et s'y procure à peu de frais une jouissance dont tout le monde, riche ou pauvre, est également avide.
Les riches ont tous des bains chez eux, ce qui ne les empêche pas de se réunir quelquefois aux bains publics comme en une partie de plaisir : ils retiennent, en ce cas, le bain pour eux seuls pendant la journée. Une société d'étrangers peut faire de même, en arrêtant d'avance les conditions avec le maître du bain. Le local est le même pour les hommes et pour les femmes. Quelquefois, mais rarement, le local est divisé en deux parties; de règle, chaque sexe a ses heures. Pendant le tour des femmes, on étend à la porte un tapis qui avertit de leur présence.
Fontaines. — La plupart des fontaines du Caire (sébils) sont des fondations destinées» à procurer de l'eau gratuitement à tout le peuple. Elles sont en grand nombre; ce sont des réservoirs où l'eau est appoi-tée du Nil à dos de chameau. Elles sont en général ornées de colonnes de marbre et de grilles. Les plus élégantes, dans l'ancien style sarrasin, sont les deux qui se trouvent près de la face
E. de la mosquée de Hassan et celle du grand tekké d'el-Habounyèh (f.
ci*après) . La rue qui va le long du Kbalîg, vers la porte Es-Séidèh-Zeiné, en contient aussi plusieurs. La fontaine circulaire de la rue Souk-el- Asr porte une construction supérieure formée de deux étages d'arcades.
Dans ces dernières années, on en a b&ti quelques-unes dans le style de Constantinople (F. p. 146),maiscese»sais n'ont généralement pas été heureux. Les mieux réussies sont celles de Toussoun et d'Ismaîl-Pacha.
Ordinairement l'étage supérieur de la fontaine est surmonté d'une éeoU gratuiUy entretenue par la même fondation que la fontaine, et où l'on enseigne aux enfants du peuple les éléments de la lecture, de l'écriture et de l'arithmétique. Les parents ont tout au plus à payer au midtre de l'école une demi-piastre par semaine, et cette légère rétribution est même plus que compensée par ce que chaque enfant reçoit une fois par an sur le fonds commun : une mousseline de tête, 4 ou 5 piks de colonnade, quelquefois plus, une paire de souliers, et, en argent, une piastre ou une demi-piastre. Il est très-rare que les filles participent à cette instruction.
Une autre sorte d'établissements également entretenus par des fondations charitables sont les abreuvoirs pour les animaux {fiôd). Ils sont, comme les citernes, très-souvent accompagnés d'une école gratuite. Un des plus beaux ae trouve dans le quartier el-SovMar, près de Bab el- Tourbèh. Il a été bâti pour un certain Abd-er-Rbaman Kiaya (sans doute le même personnage que celui dont le tombeau est à £1-Axbar).
On y entre par une belle porta ogivale; l'abreuvoir proprement dit est au fond d'un grand vestibule dont le fond et la voûte sont très-ornés.
La construction supérieure est à jour et ornée d'un grand toit en auvent.