‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 66 sur 408 · DE BRINDISI A ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

DE BRINDISI A ALEXANDRIE

834 milles marins ou 1&26 kil. — Trajet en 82 h. environ.

En sortant du chenal tortueux du port de Brindisi, le navire met le cap au S. E. et court pendant quelques heures parallèlement à la côte d'Italie. Cette partie de la péninsule n'offre pas le spectacle grandiose et pittoresque que présente la côte de l'Italie méridionale du côté de TO.

La côte £. est basse et formée de collines sans relief et sans physionomie, d'un aspect monotone, faute de grands arbres et de montagnes. C'est bien l'aspect décrit par Virgile :

.... procul obscuros colles, humilem-

(que Yidemus Italiam. {/Etiêid.^ I. Kl, v. 531.)

A peine Tilot et le phare avancé qui signale Briodisi ont-ils disparu que l'on aperçoit sur la côte le clocher élevé de la cathédrale de Lecce, une des villes les plus intéressantes et les plus lettrées de cette partie de

l'Italie. On est déjà plus au large quand on passe devant Otranto, la ville la plus rapprochée de la péninsule hellénique, celle que les Turcs ont si cruellement ravagée au xv* s.

La côte italienne s'abaisse alors vers le S. S. 0. jusqu'au cap Sonia Maria di lenca, tandis que le navire, gardant sa direction, gagne de plus en plus le large. Par les temps trèsclairs, on peut apercevoir à TE. les sommités des monts acrocérauniens et de Corfou. Plus on se rapproche du S., plus les montagnes de Géphalonie deviennent visibles, et Ton passe en pleine vue de cette île. On range d'encore plus près la côte de Zante, aux blanches falaises. La côte de Grèce, encore très-éloignée à l'E., se distingue de mieux en mieux à mesure qu'on s'approche de recueil de Stanfuney et bientôt parmi les montagnes de la Messénie on peut reconnaître l'arête allongée qui constitue le sommet du mont Iihôme ; on range ensuite, mais de loin, l'entrée de la rade de Navarin, et le port de Modon, puis le petit archipel des îles de Sapienga, Cabrera et Venttico^ qui se groupent autour de la pointe S. de la Messénie. Sur un plan beaucoup plus éloigné, la longue chaîne du Taygète annonce laLaconie , et reporte notre imagination. aux anciens souvenirs de Sparte. Puis tout â'efface, bien que le navire relève uu peu sa direction du côté de l E. et s« dirige sur le cap Kryo (ou cap Saint- Jean}, la pointe S. 0. de i'ile de Crète. Les monts de Sphakia, puis les monts Blancs, montrent leurs hautes cimes pendant que Ton double le promontoire. On passe en mer près des ilôts de GosfO'Poulo et de Goxxo (de Crète), ou GavdOf l'antique Glauda mentioimée dans le voyage de saint Paul ( F. p. 17, b, note), puis on perd toute terre de vue jusqu'à Alexandrie (K., pour l'arrivée ù Alexandrie, R. 4, môme page, a).

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