‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 110 sur 257 · DE II06ENT-LE-II0TR0U A ALENÇON · texte numérisé non relu

DE II06ENT-LE-II0TR0U A ALENÇON

PAR BELLÈME ET MAMËRS.

61 kil. — Route de poste. — Voif. de corresp. jusqu'à (21 kil.) Bellème. — Coupé, 2 fr. 10 c; intérieur et banquette, t fr. Sâ e.

21 kil. Bellême (H. 17).

A dr., derrière (22 kil.) SairJ-Martin du Yieum-^Beltémê (2700 hab.), s'é-

tend la forêt de Bellême. On laisse ensuite du même côté : Origni^le* BuUn (44S hab.; carrières de pierres àhfttir), Chemilly (693 hab.); et, à g.,

Vaunoise (428 hab.), puis, au delà du ruis eau de Clinchamp, Origni h"liouj! (666 hab.). Une belle avenue conduit, près de ce dernier village, au efiAteau de Chèreperrine (1200 mèt.).

— Onfiranchit TOme Saosnoise, avant de quitter le départ, de TOrne pour entrer dans celui de la Sarthe.

36 kil. Mamers (hôt. : de la Tète- Noire, d'Espagne)^ cb.-l. d'arrorid. du départ, de la Sarthe, V. de hH'àl bab., «se concentre, pour ainsi dire, tout entière, suivant M. Léon de la Siootiîre {Le Maine ei Anjou), autour de deux places, l'une grande, Tautre trop grande. Sur la première, sont les halles neuves, Téglise Saint-Nicolas, la salle de speclacl€j les hôtels principaux. (Autour de l'autre, vaste et déserte comme les places de certaios villages de la Flandre ou de la Lom* bardie,s'élèvenldes maisons élégantes et commodes. » L'aimen couvent de la Visitation, où ont été leuais les tribunaux Civii et de commerce , la mairie, la btbHothèque (4000 vol.), une eoUection géologique, le coUége, la prison, \a. justice de paix, la souspré fecturr et la caserne de gendarmerie, longe en partie cette place.

Une petite promenade, plantée de tilleuls, s'étend devant la gendarmerie.

Ville forte au moyen âge, Mamers tomba au pouvoir de Hobert de Bellême verslafindu xi's.jTnais les Normands en chassèrent peu après les Percherons; et, pour la délendre contre les entreprises d'Hélie de la Flèche, ils bâtirent des forts à Tentour et de puissanlesmurailles, dont il ne reste qu'une petite partie. Des fossés de circonvallation, dits fossés de Robert le Diable, aujourd'hui entièrement comblés, furent aussi creusés à 8 kil. 0. de la ville, près de Saosnes (577 hab.).

Mamers fut prise par le connétable de âaint-Poly en 1404; puis, en

MÂlfERS

1417, par les Anglais, qui s'en étaient déjà emparés en 1359. Le comté de Salisbury en rasa les fortifications en 1428| et les ligueurs livrèrent une partie de la ville aux flammes en 1590.

V église Saint-I^icolas , ancienne collégiale, se compose d'une nef romane et d'un seul collatéral, du style ogival; le poitaiL appartient à la Renaissance (1556). La tour est surmontée d'une lourde flèche.

L'église Notre-Dame (dans la partie intérieure de la ville), restaurée en 1831, date du xvi» s. Elle se compose d'une nef avec collatéraux, d'un chœur agrandi en 18G1, et de cinq chapelles absidales, construites en 1864. Trois anciennes chapelles, au S., ont été converties en sacristie. Quelques fenêtres cintrées, au N., indiquent le style de la première église, qui devait être terminée par une abside orientale.

« Un portique, très41evé et voûté en plein cintre sans arêtiers, précède le portail, dont l'ouverture est divisée par un meneau ou colonne d'ordre dorique. Au-dessus, dit M. l'abbé Tournesac {BuLleiin monumental), s'élève une élégante petite flèche en hois^ terminée en 1776.

c L'intérieur, dépourvu de sculptures, satisfait néanmoins par l'harmonie des lignes et la distribution des travées de la nef, qui reçoit la lumière par des fenêtres à meneaux et tympans flamboyants. Les collatéraux et les chapelles offrent des voûtes en tuffeau appareillé; mais, au lambris qui couronnait la nef principale, a succédé, en 1831, un lattis en plâtre avec nervures prismatiques qui imitent parfaitement une voûte en pierre. »

Mamers est renommée pour ses fabriques de toiles.

[A 12 kil.au N. de Mamers, sur la lisière N. de la forêt dePerseigneetdans la c de Louzes {'Mb hab.), se trouve le Mteau de la Tournerie, qui date de la seconde moitié du xvi* s. (salle richement décorée de peintures).

Une route de poste, longue de 43 kil. , relie Mamers au Mans, Cette route traverse : — (10 kil.) Courgains (1257 hab.) (16 kil.) Dangeul (1020 hab.);

— (24 kil.) Ballon (R. 23) ; — (34kiL) Souligné-sous-Ballon (R.23);^et (40 kil.) Cotttotnet (640 hab.; église ro« mane).]

De Mamers a la Ferté-Bernard, R. 21 ;

— à Montagne (V. V Itinéraire général de la France, {Normandie, par Ad. Joanne),

Après avoir laissé à dr. le village de Saint-Longi.'i (kï^ hab.), on franchit le ruisseau de Rutin et Ton voit se détacher à g. le chemin de Fresoây-sur- Sarlhe. 4 kil. plus loin, la route dé« crit un crochet pour descendre dans la vallée de la Bienne où se trouve (à g.) le Val (99 hab.; château).

A 2 kil. au S. du Val,^ suir la nve dr. de la rivière» le v. de Saint-* Rmy-duPlain (883 hab.) possède une église ogivale et une élégante chapelle du môme style, déd éc à Noire-Dame de Tontp-Aide. Sur une hauteur escarpée se dressent les ruines délabrées, mais encore majestueuses, de l'anciencftdleattdeSàM- Remy. Sur la rive g. de la Bienne, se voient les petits ehdteauz 4$ JfOtt* lins et de CUnchemor.

47 kil. Neiifchâtet, v. de 1494 hab., pour la plupart sabotiers, est agréablement situé sur la lisière S. E. de la forêt de Perseigne. A 2 kiL au N.

dans la vallée, se trouvent les débris insignifiants de Vahbayede Perseigne, fondée en 1145 par Guillaume Talvas^ comte d'Alençon.

La roule traverse la forêt de Perseigne, qui offre des coteaux escarpés et de belles futaies. Après être redescendu dans la plaine, on croise le chemin de fer du Mans à Gaeo.

59 kil. Saint Patemey ch.rl. de c.

de 536 hab., où ont été découverts (les débris d'antiijuités celtiques et des vestiges d une voie romaine. Ce village possède une église romane et trois ehâkaux dits de la Regraiftére, du Btne-Mwrgot et de 5aiwi-

290 DE LA FEaXÉ-BEK

Palme. Ce dernier est célèbre par le séjour qu'Henri IV y fit à plusieurs reprises pour y voir Mme de Gourlemancbe, dont il éi.iil vi\eniont épris. — On p; ^ " Ju déparU de la Sarthe dan» celui de roriie, 61 kiL Alençon (H. 23).

ROUTJS 19.

DE LA FCRTË-iCEMRII A VEKMHE IT A SAliT-CAUlS,

PAK MORBOCBLEAO.

DC U FERTÉ - BERNAIIO A MONOOUBLEMI*

32 kîl. — Rout" d ' voitures. — Serv. de corresp. ~ Prix unique, 3 £r. 2& c

laissait à dr. la route du Mans et le village de Cherré (1642 bab.; tour

tn>«^ancipnne d'une église aiijourd^bui détruite; clKUeau), au delà d'un petit al'lluenl de la Sarthe, oa fiajicljît uu autre aiHucnt de ccUe rivière, puis on laisse à g. Saini-Jean des ÉeMleê (4M bab.), où ont été récemment découverts des marbres, des poteries et les vestiges d'une villa gallo-romaine.

9 kil. Lamncy, v. de 1329 hab. Le château de l'Ktauii date en partie du rv* s. Vtglise du village est du xvr s.

Après s'être séparée sur la dr. de la route de Saint-Calais par Vibraye (A. 30), la route de Mondoubleau traverse In I.i iyp et monte à

16 kil. Montmirail,ch.-l. de cant.

de 88;i hal)., bâti pr<^s de la ^ource de la Cave, sur une colUue (185 mèt.

d*ilttt.) qui est l'un des p<^nt8 culmioanis du départ, de la Sartbe, et d*où Ton découvre une vue étendue.

«A TE., dit M. L. de la Sicolière {Le Maifip Pt r Anjou historiiiue.^ , archéologiques i'i pitlore.squfs) , la forêt de Mon liui rail ferme Tncn/on^ uais partout ailleurs l'œil s'égare sur une immense étendue de pays, dont les dernières lignes, parfaitamiont horizontales, ont l'aspect d'une mer lointAiue. La butte de Gbaumont^ au deU

lARD A VENDÔME. [R. 19]

d' Alençon et à plus de 60 kii. , se détache comme on nuage sur les fonde bleuâtres.»

Montinirail était jadis la résidence ordinaire des seigneurs du Bas-Perche, qui comprenait l'extrémité E. de lu province de C6 nom. La premier sef^ur conna de Mûntmîrail eet nui!!:inmn Goôl ou Gouet, qui donna son nom ni H ts-Perchc ^Per* che-Gouet). Cette seigneurie passa ensuitu. tnt par allianee qne par acquêt, ans familles de Nevei-s, deChâtillon, de Bourgogne, (l'Anjou, de Flandre, de Rar, de Luxembourg, de IVlelun, de Bruges, de la Baume, de Bourbon-Conti, Bavet de Neailly flTin).

Le 9 janvier H65, Louis le Jeune reçut, à Montmirail, Thommage d'Henri II d'An»

gleterre pour la Normandie, et de ses fila Henri au Courl-Mantcl et Richard CflMBT de Lion, pour l'Anjou, le Maine et la Bretagne. Dans la même entrevue, le roi de France essaya, mais en vain, de réeoQ* cilier avec roi d'Angleterre Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, alors réfugié en France. Pendant Its fotrres de Philippe Auguste contre Richard Cœur de Lion. 10 château de Montmirail fat rasa par les Ange mus (1194)î mais il fut reco:;8truit presque immédiatement. Pris en parie Dauphin, assisté de Jean II, duc d'Alençon, il lot de nouveau détroit.

Le château actuel (xv« s.) fut h'\li, suivant l'opinion générale, par Charles IV, comte d'Anjou et du Maine; quelques historiens en attribuent cependant la construction k Louis de Luxembourg, a La façade principale, au S., dit M. de la Sicotière, est surmontée, au centre, d'une haute tour octogonnîe, en pierres de taille, dont la piale-forme a é\c restaurée et entourée d'une galerie élégante, qui porte sur des consoles et forme mftcnicoulis. Une autre tour, ronde, coiffée d'un toit conique (à l'angle S. 0.), de hautes cheminées et un soubasseniet't f^rt élevé, percé de dislance en distatice dÏMroiics meurtrières, douncut au cliàleau, vu de ce côté, un aspect imposant L'autre fa^de, sur les jardins, ne remonte pas au delà des deml r > années du XV" s. Mais ce que le château offre de plus lemacquabie», ce sont de vastes

[R* i9J MONlMiHAiL. — bOUI>AY. — MUJSDOUBLEAU. 299

tautirritinSf eonstraîts avec un luxe rare de solidité et même d'architecture, six piliers, soutenant deux rangs de helies arcades ogivales de 10 mèt. d'élévation, qui sappuient aux murs latéraux sur des consoles à tdtes de monstres et à feuilles de choux, soutenaient une immense salle de près de 50 mot. de long sur 13 de lai^e. C'était sans doute une salle d'armes. Un mur de rerend Ta divisée en deux |>arUes inégales. Dans le glacis ou mur extérieur, qui a plus de 7 mèt. d'épaisseur, sont pratiquées des meurtrières et un escalier tournant qui descend à un second étage de souterrains. Ceu.x-ci paraissent avoir servi de cachots. Ils ont 8 mèt. d'élévation, et la voOte en est soutenue par des aicadus réunies en cuUde-taïupe. Enfin, sous la tour principale, au S.» existe un troisième étage souterrain , où Ton pénètre par un escûdier étroit. Les murs et les voûtes en sont blancs et lisses comme s'il n'eilt jamais ét ; occupé. On prétend aussi qu une galerie souterraine conduisait du chAteau de Montmirail à Melleray, qui en est éloigné de quelques centaines de pas du côté S.

«« L'intérieur du chAteau, entièrement modcMuisé, renfertno une précieuse collection de portraits de famille. De beaux jardins, des bosquets, des charmilles, entoures de mnrailies avec de petits bastions aui angles, complètent cette be'le demeure.»

L'église do Montmirail date en prande partie du mi" s. Les bas côtés du iS., i'ai>side à trois pans et les

vitrauK sont du zvi«s. Dans le chœur, on remarque le monument funéraire

de Madeleine Françoise Leboucher, dame de Guilleiion (1701). C'est une pyramide troixiuee, supportant le bu>te de la défunte.

Les chdieaujt modernes du Boille et de la Marque dépendent anssi de Montmirail. — Dans cette commune s'exploite une importante verrerie, appartenant à M. le comte de Torsay- Malherbe.

17 kil. jrel{sra|/, h. de 1226 hab.,

dans lequel on laisse à g. la route de Montmirail à Brou , fabrique des toiles et de grosses étoffes. — 3 kil. plus loin, on passo du départ, de la Sartbe dans celui de Loir-et-Cher, avant de croiser le chemin de Vibraye à Courtalain. On franchit ensuite le Coitron, près de Glatigny (à g.}, hameau de Souday,qui rcnff rmo un beau château du xvr s., construit par Martin du Bcll'iy. frère du canlinal du même nom. Ce cbàteau a été restauré, il y a une trentaine d'années, par son propriétaire M. d'Arsigny.

25 kil. Soudaxfy c. de 1347 hab.

Sa belle église a été reconstruite au XVI" s., en partie aux frais île l'abbaye de Saint-Vincent du Mans, dont dépendait le prieuré qui était joint a cette église, en partie par les soins de Nicolas de Blarescot, seigneur de Souday. Ce seigneur et sa femme, Alix de Mésange, sont représentés sur l'un d s riches vitraux de Téglisc, ainsi 'juc deux reliu'icux de Î^aint-Vincent, dont l'un passe k tort pour Kabeiais.

Le chœur de Péglise de Souday est élevé de 3 mèt. au-dessus de la nef.

On y monte par deux escaliers de 16 marches, formant un fer à cheval et entre lesquels s'ouvre une arcade duuuaut entrée dans une chapelle souterraine où de nombreux pèlerins venaient autrefois vénérer une Vierge très-renommée. L'église de Souday, dont le clocher avait été détruit par un incendie en 1833, a été complètement restaurée, il y a quelques années. — La route traverse ia Grenue, en arrivant à

32 kil. Mondoiibleau, cb.-l. dec.

de 1.585 hab., bâti sur un coteau qui domine la rive g. de la Grenne, à la limite commune du Dunois et du Maine. Cette petite ville s'est formée autour d un château fort, construit vers la fin du x" s. par le seigneur Hugues Doubleau {DMellus], qui lui donna son nom. A la fia du xv* s», Mondoubloau n'était encore qu'une annexe de Choue (F. ci-dessous).

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