‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 173 sur 257 · OC GUIN&AHP A LANNION · texte numérisé non relu

OC GUIN&AHP A LANNION

32 kil. — Route de poste.

Sortant de Guingamp par le faubourg Saint-Michel, on traverse le hameau (2 kil.) de Saint-Jean j avant de croiser une première fois le chemin de fer de Brest, près du chftteau de Gamabat (F. R. 3, p. 128)*

La route de terre de Brest se détache ensuite h. g. (3 kil. 1/2 de Guingomp) ; celle de Lannion, se dirif^eant vers ie N. 0., croise encore le chemin de fer et monte à 143 mèt. en laissant à dr. Plouisy (R. 3.). On franchit deux petits cours d*eaa.

10 kil. Pédernecj v. de 3307 hab., est dominé au S. 0. par la montagne de Bré, que couronne la chapelle de saint Hervé (F. R. 3, p. 128). On remarque en outre, sur le territoire de Pédernec la c/iapeUe de Lorette^ fondée, en 1514} par les seigneurs de Kermathaman, le château de Kermathaman (xvi* s.), dont les portes et les fenêtre;-, sont ornées de sculptures, et un meniiir de 8 mèt. de hauteur sur 4 mèt. de largeur.

12 kil, Guénéxan, hameau bâti sur la rive g. d'un ruisseau que Ton y traverse, conserve un menhir assez élevé situé près d'une importante carrit'ie (le granit, et une duiprlle dépen<iant aujourd'hui de Bégard.

14 kil. Bégàrd, ch.-L de c. de 4553 bab., situé en grande partie à 500 OU 600 mèt. à dr. de la route, doit son origine fi une obtoy^ de Tordre de Cîteaux, fondée en 1130, par Êtienne, comte de Penthièvre, et Havoise, son épouse, comtesse de Guingamp. Cette abbaye, achetée par

la congrégation des dames du Bon- Sauveur de Caen, est aujourd'hui convertie en un asile privé pour les femmes aliénées.

Une partie (notamment les transsepts) de Tancienne église abbatiale, maintenant paroissiale, date de l'époque (le la fondation. Les chapiteaux (les colonnes de la nef sont d'un travail iiarijare ; quelques-uns sont ornés à leur base d*un cordon grossièrement sculpté. Aux quatre angles supérieurs de la corbeille s'attachent des têtes d*homracs ou d'animaux. Les arcades de la nef sont en ogive primitive lancéolée avec double archivolte.

La chaire et quelques boiseries sont dignes d'attention. Une ttatue^ couchée dans un enfeu au fond du chœur, derrière une boiserie, provient, (lit on, de la tombe d'Alain, comte de Penthièvre (1146), ou de celle de Conan IV, duc de Bretagne, (1 171) qui furent inhumés dans cette église.

Une pisrre tumulaire du xin* s.^ portant une croix fleuronnée et une épitaphe, recouvre la sépulture d*Eudonde la Roche-Derrien, qui se croisa en 1218.

La façade E. du monastère et le cloître intérieur sont attribués à Alexandre de Gossé^Brissac, abbé de Bégard en 1614. La maison abbatiale, servant de presbytère, et la belle façaffe 0. ont été élevées au commencement du xviii* 8. par ie cardinal de Polignac, abbé commendataire de Bégard, en 1707.

On laisse à g.^ à 106 mét. d*altit., \q châteavk du Boit-Uiou , à 1 kil. de

21 kil. Cavan, v. de 2010 hab.

La tour de V église (1684) est surmontée d'une élégante ftèche, que liuuquentdeux tourelles terminées en déme. Le chœur et la nef sont du XVI* 8., avec des reprises de 1834* 11 existe sur le territoire de Gavan quatre Himnhis et deux menhirs.

25 kil. Caournnec, v. de CG2 liab., dont V église, en partie romane, pos« sède un joli retable de k Uenaiss^uce, un vitrail de la même époque, où le

LÂNNION.

donateur agenouillé et arm(^ de toutes pièces est présenté par son palron, et une flèche de 1760, qui attire Je loin les regards. On fhmchU le Guindy.

28 kil. Buhulien, t. de 1114 hab.,

possède un calvaire de 1673 et le château moderne de Keryvnn, entouré d'étangs, de jardins el de bois. La famille le Guaiù:> liansmit ce château, par alliance^ en 1620, à la famille Rogon de Carcaradec, qui le possède encore.

La route se rapproche du Léguer, dont elle domine l<i rive dr. jusqu'à 32 kil. LannioQ (K. 55).

DE PLOUAfiET A LANMION.

IS kil. — Roots de voitnrss — Serv. de

corresi». — Coupé, 2 fr.; Intérieur et banquette, i fr. 60 c.

On traverse, ea se dirigeant vers le N., une contrée légèrement accidentée, entre la vall^-r du Léfruer, h dr., et celle d'un afîlueiit do ce petit lleuve, à g. Ces deux vallées, (]ue plusieurs kil. séparent d'ahord de la route, s*en rapprochent peu à peu pour se réunir à Lannion.

7 kil. On laisse àdr. le château de Kergri^t ( V. ci-dessous, p. 431) et à g. le château de Kernsern; puis l'on passe devant les Cinq- CroiXf àdr., érigées, dit on, en mémoire d'une victoire que les habitants de Ploubezre remportèrent sur les Anglais.

12 kil. Ploubeire, c. de 3394 hab., possède une éylisc de 15T7, qui a conservé quelques chapiteaux romans, représentant des tètes de béliers. La chapelle de Kerfons^ à 2 kil. à TE. du hourg, sur la rive g. du Léguer, et les ruines du château de Coëtfrcc [V.

ci-dessous^ p. dépendent de la c. (Je Ploubezre.

Le château de CoatilUati, que l'on aperçoit à dr. de la route, à 1 200 mèl. au deU de Ploubezre, est un bel i-

hcc moderne, dont le parc a étédes* siné avec goût.

La terre de Goatilliau appartient depuis 1596 à la famille de Kergariou, par suite d'une alliance avec la famille de Kergrist.

On descend dans la vallée du Léguer , ci Von aperçoit depuis quelque teuips déjà Lannion. « Cette ville, disent les auieurs de la Géographie dit Côtes^U'-Nord, assise au fond du délicieux vallon du Léguer, tapissé de prairies, de jardins et de planturetix vergers, étend en amphithéâtre ses faubourgs sur les coteaux bois^^s qui, de toutes parts, encadrent le paysage . >» On franchit le Léguer, eu aval du moulin de Keravel, sur un vieui pont en pierre, à éperons et en dOS d'àne, d'un effet très-pittoresque.

15 kil. Lannion (hôt. de l'Europe^ chez Pi riou, hon et propre, le Tulle) y ch.-l. d'arrond. du départ, des Côtesdu-Nord, V. de 6882 hab., a de jolis quais plantés d'arbres et une agréable promenade dite YAtlée Verte, mais ne possède aucun monument intéressant, et ses rues, tortueuses et rapides, sont aussi mal pavées que mal bâties.

Le nom de Lannion apparaît pour la première fois, au xii* s., dans la charte de fondetion da prieuré de Kennaria, dé»

pendant de Tabbaye de Saint -Jagu. La

seigneurie de Lannion , après avoir fait partie des domaines de la maison de Penthièvre, était réonieae domaine ducal dès 119i>, année où la duchesse Constance confirma la d 0 nation de K.efmaria à l'abbaye de baml-Jugu.

En 1340, Ricbaré Toossaint, capitaine anglais, qui command ât h la Roche-Derrien, après avoir fait plusi(M:TS tent.i'ives munies pour surprendre Lannion, gagna enfin deux soldats de la garnison, qui lui ouvrirent une poterne, nn dimanche à la pointe du jour. Les Anglais entrèrent dans la ville où ils commencèrent à tuer et & piller. Réveillé par le bruit, un chevalier nommé Geoflroi de Pontblanc, qui était encore au lit, se leva et, saisissant une lance et une épée, descendit dans la rue, où 11 se défendit longtemps contre tous ceux qui se présentèrent. Enfin un archer lui décocha un trait qui le blessa au genou et le lit tomber. Les Anglais se

DE PLOUARET A lANNION. [BOUTE 55]

précipitèrent sur lui, lui arrachèrent les dents avec fureur et finirent par l'achever. Le floaveair de la mort héroïque 4e Geoffiroi de VoatblMe est cooeenré par une

crois que les Lannionais ont érigée à sa mémoire. Cette croix est scellée contre une des maisons de la rue de TréguitT, à Tendroit où ce vaillant défenseur de la ville reçut la mort.

Le château de Lannion fut démantelé à cette époque, tt il jue parait pas qu'il ait jamais depuis été remis en défense. Dès la fin da xv*s.,il était complétemeui ruiné, ainsi que la constate une charte datée de

Véglise Saivi-Jean du Baly^ qui a remplacé la chapelle du château, est VQ vaisseau à cinq nefs sans traossept, avec un chevet polygonal et une grosse tour carrée à la base de laquelle on lit la date de 1&I9.

De ïiglisede KermarieHin-'Traûny bitieen 1178, sur la rive g. du Léguer, il ne reste qu'une porte en |tk'in cintre et quolnies pierres enclavées dans des constructions privées.

La chapelle Sainte-Anne (à l'entrée du nouveau pont, rive g.) dépendant du couvent des Dames de Saint^Augustin, est un édifice de 1650, qui n'est pas sans valeur.

Les bc\timents dMnwnastère des UrsuUnes, fondé en 1670, ont été convertis en collège et en prison. La chapelle, récemment rendue au culte, offre une jolie façade sur la rue des Capucins.

Parmi les ôdifinos civils, nous ne pouvons signaler que Vhôtel de viile récemment élevé (sur la place du Marché} eu remplacement de i Awditoire* Att«des80iis du campanile qui contient le beiïroi communal, on voit, surmontées d'une couronne murale, armes de Lannion. L'Hôtel de viile est entouré du cjiiehjues inaixorm anciennes, biUies en encorbellement et à pignons sur rue.

VMtel de VEurope occupe l'ancien hôtel de la famille du Cleuziou. On y remarque la salle à manger tendue de vieilles tapisseries bien conservées (sujets allégoriques^ qui sont

encadrées dans des boiseries de

chêne .

Le commerce de Lannion est exclusivement maritime ; les quais furent construits en 1762, et la première pierre en fut posée en préeêiKM du due d'Aiguillon, comme l'atteste une inscription. — Indépendamment du commerce des sal>les calcaires, les exportations de céréales, de graines oléagineuses aussi bien que les importations de bois du Nord, de houille, de fers et de produits du Midi, emploient annuellement, en moyenne , 2&0 navires à Feutrée et 280 à la sortie.

BnvIrMS de ftenaion.

Au N. de Lannion, dont la séjk^re un frais vallon, s'étend la c. de BréléveneK {im hab.). ^'égtiae de Brélévenez couronne ^ine hauteur escarpée, au sommet de laquelle on arrive par un long escalier pavé de grandes dalles schisteuses. Cette église se recommande par sa flèche élevée et par le caractère byzantin de sa cbapeile absidale, de ses arcades, de son portail et de sa crypte. Une porte romane ouverte au S. donne accès dans la nef.

Au-dessus du tympan s'éU vent, jusqu'à la hauteur du f;iîtHee de Téglise, trois piliers symboliques un l'iiunueur de la Trinité, disent eertains auteurs. A rintérleur, les colonnes sont basses et monoeylindriques ; plusieurs de leurs chapiteaux sont historiés. Un tiiforium règne au-dessus des collatéraux dans tout leur pouriour. La crypte doit être du xi' s., mais des restaurations successives lui ont foit perdre son caractère primitif. Elle renferme un tipulere composé de phisiciirs pi^rsonnages de grandeur naturelle. Les vomîtes de la nef (xV s.) [iorlentn lenrsclefs leslarnies des Cuêtjiien et celles des CitJSoUes, On i-emaïqtie, en outre, dans l'église, uo bénitieff en forme d'auge, qui était dans le principe le prebendarium ou jauge du blé de rente de l'église, et plusieurs dalles funéraires ayant à

[aouxfi ^} QOJÈXFRfia ■

leur partiesiipéiieure une croix paltée.

montée sur une longue hampe» accostée d'une épée.

On ne saurait trop enrragpr le touriste à remonter la vallée du Liguer pour gagner la station de Flouaret (13 à 20 kiL)« Les botrds de cette rivière ^ parallèle à la route décrite Gf-4es5us, offrent des sites pittoresques, des cba pelles intéressantes et m portantes ruines féodales : Coi'tfrec, Kcrfons^ Kergrist, Runfao et loaquédec.

Le premier château que Ton rencontre en remontant la vallée, est celui de GoAtAreo , bâti sur une colline couverte d'arbres de haute futaiOi qui domine la rive g. de la riviôrc, à 4 kil. en amont de Lannion. Le ]>lan de ce chAteau paraît avoir été un carréj flanqué à chaque angle d'une tour ronde. Une de ces tours (au S« 0.)> à quatre étages^ solidement construite en pierres de taille « conserve encore ses créneaux et ses mâchicoulis. Les autres tours ont été détruites en toutou en paitie.

L'entrée principale, qui regardait la rivière, ne présente pour ainsi dire qu*un monceau de décombres parmi lesquels on aperçoit, au milieu des guirlandes d'un Hrrre séculaire, des arcndes de portes eide fenêtres décollées d'ornements gothiques du xv*s Une grande cour intérieurai dont lu sol est beaucoup plus élevé que celui qui environne la place au dehors^ est entourée des logements du chiUeliin, éclairés du côté de la cour par de grandes fenêtres à croisées de pierre, dont les embrasures ont piès de 3 mèt. d épaisseur.

Le corps de logis principal se compose, à chaque étage, de trois grandes salles dont les vastes cheminées existent encore ; les courtines des côtés 0. et S., les seules conservées, nont d autres ouvertures oxléneures, à la base, qu'une petite poterne conduisant, par un escalier de 10 à 12 marches, à la cour intérieure, et un certain nombre de meurtrières pour lancer des traits, et d'embrasures pour

- K^RFONS» 431

placer de petites pièces d'artillerie. A run des angles de la cour, on voit en-

core une tourelle hexîîg:onale renfermant les débris d'un escalier, au pied duquel est une ouverture carrée d'environ 10 mèt. de profondeur, dont les parois sont parfaitement muralllées en pierre de laiHe. fin regardant dans cette espèce de puits, on apeiçoit au fond les voûtes obstruées de décombres d'une galerie souterraine.

Aucun document ne fait connattre répoque de la construction du ciiàteau actuel de Coêtfrec, mais les détails d'ornementation de ses portes intérieurs et le grand appareil des pierres annoncent le yv« s

La chapelle de Kerfons, que l'on rencontre ensuite (7 à 8 kil. de Lannion), est un charmant édifice de 1559| avec une fenêtre flamboyante au chevet; quelques bons débris de vitraux y retracent des scènes de la Vie de la Vierge. Un jubé de la Renaissance contient dans quinze niches un pareH nombre de statuettes de saints portant leurs attributs. On remarque aussi, de chaque côté de Fautel^ deui toiobes à inscriptions, recouvrant la dépouille mortelle des seigneurs de Coëtfrec du nom de la Tour he.

Cn trouve encore du iriéaie cùlé de la rivière le château de Kirgrùl (3 kil. de Kerfons), dont les constmc* tiens de divers styles forment cependant un ensemble agréable. Ce château est entretenu : sa forme est carrée avec une tour à chaque angle, comme celles de Coëtfrec; mais ces tours paraissent avoir été élevées plutôt comme décoration que comme défense. La façade principale , au N., présente deux tourelles à pans coupés, flanquées chacune d'une poivrière; les combhs sont surmontés de lucarnes à pignons aigus, gainis de crochets et de gargouilles.

Un château aussi important était celui de Runfao^ situé a moins d'un kil. en amont de Kergrist. 11 ne reste plus que la motte du château, mais sa chapelle lui a survécu. C'est un

biyilizûu by GoOglc

DE PLOUABET À LANNION. [ROOTB 55]

édifice du xv« s., dont la mahrcsse vitre, à l'E., et la porte principale, au S, y se distinguent par de jolis détails. Un lambris, mais bien délabré, est aussi décoré de curieuses légendes, peintes au x?" s. — On descend par des pentes abruptes et des sentiers tracés dans des bois taillis jusqu'à la rivière , que l'on franchit au pont du Châlelj et l'on arrive aux belles

ruines du diâteau de Toncpiédec

(9 IdU de Kergrist)» surnommé avec raison le Pierrefonds de la Bretagne.

Ces ruines imposantes s'élèvent sur la croupe d'uncôteau, au milieu d'un paysage sauvage et romantique. Les épaisses murailles crénelées de cette noble demeure féodale, ses grosses tours, dont les sommets sont chargés de lierre et (rmiîres plnntcs grimpantes, semblent encore comman 1er la contrée et y témoigner de la puissance de ses anciens seigneurs.

Le Léguer coule^ d'un côté^ dans une vallée profonde encadrée de rochers boisés, et poursuit son cours vers le N.; du côté opposé, se creuse une autre vallée latérale, arrosée par un petit ruisseau sortant d un étang.

Un cap étroit forme donc Tassietie du cbftteau, qui présente la conOguration d*un polygone irrégulier divisé en trois parties. On entre dans la première cour par une porte en ogive, anciennement fermée par une herse et un pout-leviS; dont on voit encore les coulisses.

Cette première enceinte , flanquée extérieurement de quatre tours, communique à une seconde cour par une porte et une poierne que défendent deux tours d'un plus petit diamètre.

Les Ic^'ements du seigneur et de sa suite, et la chapelle, occupaient trois côtés de cette seconde cour; la grande salle d'honneur regardait la rivière. Los angles nt N. des courtines de la seconde enceinte sont flanquées d'une autre tour, ainsi que le milieu de la couitiiie ÀS. A l'extrémité opposée au portail, oa voit le

réduit ou donjon , séparé du corps de la phce et occupant le sommet d'un triangle, à la pumte du promontoii'e qui doi^ine la vallée. On y accédait uniquement par un pont-levis qui venait reposer sur une culée en maçon»

nerie, liautn encore de plu^de 5 met., lequel pont s'abattait d'une poterne cintrée, percée dans la parui du donjon au niveau de la galerie de la courtine^ L*étage inférieur du donjon n'avait pas d'ouvertures ; l'épaisseur de ses murailles est de 3 mèt. 60 cent, à la ba'^c et de 3 mèt. .'0 M'Ata^e supérieur, c'est-à-dire à la hauteur des consoles des mâcbicoulis. Ainsi, en cas de siège, si ie chàleau était pris, sa garnison, réfugiée dans le donjon , pouvait prolonger la résistance jusqu'à ce que la famine ou le défaut de mu« ni lion s la réduisît à se rendre.

Les remparts de Toiieué iec, bùlis en grandes pierres de laïUe, ont partout 3 à 4 met. d'épaisseur, aioM que la maçonnerie des tours, ronâes à l'extérieur ethexagonalesà Tintérieu r.

Le couronnement de ces tours a été rasé, mtis on monte encore dans deux d'entre elles jusqu'aux mâchicoulis, par des escaliers pratiqués dans l'épaisseur des murs. Des souterrains et des cachots, voûtés en arêtes avec des culs de lampe à la retombée des voûtes, régnent au-dessous de ces diverses constructions.

Le château de Tonquédec appartenait de temps immémorial aux vicomtes de Coêtmen; mais Tun d'eux, Rolland, ayant pris parti pour Clisson dans ses guerres contre le duc Jean IV, vit sa terre saisie et son chflteau de Tonquédec occupé d'abord par Henri du Juch, au nom du duc, puis démoli en 1395.

Le duc étant mort en 1399, HoUand de Co&tmen reconstruisit sa demeure telle qu'on la voit encore. Elle avait le titre de vicomte et appartenait, en 1495, à Jeanne de Coetmen, qui l'apporta en mariage à Jean d'Acigné. De celle iamuie, ia vicumLc de Tonquédec passa successlvementauzdtt Chas*

[ROUTE 55] P£RRÛS-âUiaEG.

tel et aux Gouyon, puis elle fut ac-

âuise en 1 640^ par unsieur du Que ngo, ont les descendants la possèdent encore.

En continuant de remonter la rivière, on arrive au Vieux-Marché, à 1 kil. en deçà de la station de Piouaret. {V. ci-iiessus, p. 129.)

Lannion est.relté à (10 kil.) Perros- Guirecpar une bonne routede voitures.

On laisse,àdr,, en sortantde Lannion, le V. de Bréîevenez {V. ci-dessus) et, à g., le chemin do (2 kil.) Sprrel (1838 hab.) , village situé à 116 mèl.

d'aitit. et û'uù I on découvre un panorama très^tendu. Dans cette commune se voit la ehiipeUe des Cinq- Flaiet (xvi* s.), ornée de peintures à fresque et de vitraux bien conservés.

— On aperçoit successivement, à g.

de la roule, le château de la Villeneuve-CresoLles, à dr. celui de Kerhmgant. Au point où se touchent les limites des communes de Servel, de Pleumeur-Bodou (2737 hab., à 3 kil.

à g.; château de Kerduel appartenant à M. de Charapaguy, belle habit aiion entourée de bois), de Samt-Quay et de PerroS) on franchit le ruisseau de Kerduel sur un pont dit des Quatre- Recteurs, Traversant ensuite le v. de Sainl-Quay (60G hah.; église de IG3 2), on descend, en décrivant une gr.mde courbe, vers l'anse de Perros où se jettent plusieurs ruisseaux.

10 kil. Pemn-Guiree, ch.-l. de c.

de 3800 hab. est bâti sur un petit promontoire d*oi!l l'on découvre un magnifique point de vue. Uéglise, en granit poudingue rose, date vu grande partie du commencement du XII' s. C e>t Tune des plus curieuses du pays pour les chapiteaux historiés de ses colonnes romanes retraçant des scènes légendaires ou symbolisant les vertus et les vices. On remarque, en outre, sur le tymp:indu p<u lail S., un bas-relief figurant le Christ entre le lion de saiut Marc et l'aigle de saint Jean, et, au bas du collatéral N.« un bénitier en granit orné extérieurement de 3 cariatides*

bbbtaoub.

Le port de Perros est un centre d'exportation de bestiaux pour TAngleterre; la rade, sûre et fréquentée»

est défendue par deux batteries ; l'entrée est indiquée par des feux

variés.

A 5 kil. au N. 0. de Perros se trouve le havre de Ploumanac^h. Le chemin qui y conduit longe, à g., les murs de la ekapelU de Notre-Dame de la Clarté (1545), surmontée d'un flèche en granit élevée à l'angle N. du pignon 0. Cette chapelle a un seul bras de croix, au S., et du même côté un porche flamboyant au-dessus duquel sont sculptées en relief une Annonciation et une Pitié. Dans les compartiments de la maîtresse vitre, on distingue les armes des Tourneraine de Barac'h, et, dans !a vitre du transsept, les armes des Kerimel. On invoque Notre-Dame de la Clarté pour les maux d'yeux.

Le havre de Ploumanac*h, fréquenté presque exclusivement par des bftteaux pôcheurs , est dominé par le village de ce nom, bâti presqtie dans la mer, au milieu de rociiers à Taspect le plus pittoiesque et le plui bizarre. « Le sol de Ploumanac^h {Géfigraphie des Côtes-du-Nord) est couveri par endroits d'énormes pierres erratiques et arrondies; queîipies-unes sont posées de manière k être mues sous la plus faible impulsion. On en cite une de 14 mèt. de longueur sur 6 de largeur, (jue sans elTorts un homme seul met en mouvement. » Un autre rocher, que le flot entoure à chaque marée, est surmonté d'un pelit oratoire soutenu sur quatre colonnes romanes et dédié à saint Quirec, patron de Perros, qui, suivant la tradition, prit terre sur cette roc lie, en arrivant au vi* s. de la Grande -Urèlngne. Sa statue en bois est' piquée d'epinglcs par les jeunes tilles qui veulent se marier dans Tannée.

Au N. de Ploumanac*h se voit le groupe des Sept-Ites : Hle Plate, du cerf y Rouzic» Ifelban, Bonneau, la

Page 1