‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 3 sur 257 · PLAN DE VOYAGE · texte numérisé non relu

PLAN DE VOYAGE

Tracer son itinéraire, tel est le premier devoir du voyageur. Pour qu'un voyage soit en même temps utile et agréable, il faut qu'il ait éiépfiidié, qu'on me permette cette expression, avec intelligence et avec goût. Avant de l'entreprendre, on doit, non-seulement s'y préparer par de bonnes lectures, mais avoir bien réglé l'emploi de son temps de manière à en tirer le plus grand profit possible pour son plaisir et pour son instruction. Sans s^imposer sotteilient des* étapes invariables, tout en laissant une large part à Timprévu, à la fantaisie, à l'imagination, il importe, quand on se met en route, de bien savoir oix l'on veut aller, et pourtjuoi Ton se propose de visiter telle localité plutôt que telle autre. Ce travail préparatoire, chaque voyageur le Hait pour soi, après avoir calculé le temps et Targent dont il a la libre disposition, consulté ses habitudes et ses goûts, pesé les motifs personnels qui le détermbMUt au départ, éprouvé ses forces, constaté Tétat de sa santé, suivi en un mot son inspiration. Quoi homines^ tôt causx^ disait avec raison Gicéron. Les itinéraires que l'on trouvera cl-dissous n'ont pas la prétention de s'imposer, ils s^offrent seulement comme des modèles utiles peut-être à consulter.

« Hais ce n'est pas le tout, dit Tœpffer, qu'un plan de voyage heureusement tracé; sans quoi, verra{|it-on tant de gens qui passent des mois à bieu tracer toutes les étapes d'une excursion, à en assurer à l'avance toutes les conditions de plaisir, d'agrément, de commodité confortable, si cruellcmeni déçus quelquefois, si mortellemejit ennuyés au milieu de leurs agréments^ si monstrueusement bâillants au sein de leurs plaisirs, réussis pourtant, servis chaud et à point? I*ion, sans doute t tout le monde s'amuserait, les

AVIS ET CONSEILS AUX VOYAGEURS

riclies surtout, si Ton pouvait préparer le plaUir, le salarier et lui assigner rendez-vous* Mais il n'en est pas ainsi. Rien de libre, d'Indépendant comme ce Protée; rien sur «luoi la volontéi le rang, l'or puissent si peu; rien qui se laisse moins enchaîner, ou seulement retenir: rien sur quoi on puisse moins compter à ravancc. ouqpii plus rapidement s'envole et vous délaisse. Il Mt Tapprèt, la vanité, Tégoîsme; et, à qui veut le fixer, fût-ce pour un jour seulement, il joue des tours pendables. C'est pour cela qu'il est à tous et à personne, qu'il se présente là où on ne l'attendait pas, et que, contre touto convenance, il ne se présente pas à la fête où Ton n'attend que lui. On ne peut nier cependant que certaines conditions ne favorisent sa venue, et, en voyage, si les touristes sont jeunes, si la marche, le mouvement, la curiosité animent corps et esprits ; si surtout, nul ne s'isolant, et chacun faisant du bien-être et du contentement communs son affaire propre, il en résulte des égards, des dévouements, ou des sacriliccs réciproques, en lellf sorte que la cordialité règne et que le cœur soit de la partie. Oh! alors le plaisir f-st tout près, il est là dans la troupe même, il s'y acclimate, il ne la quitte plus ; et ni la pluie, ni le beau temps, ni les rochers, ni les plaines ne peuvent plus l'en chasser. Les grandes pensées viennent du ceur, a-t-on dit; elle plaisir, d'où vient-il donc? du cœur aussi. I.uiscul anime, iéconde, réchauffe, colore.... £t voilà pourquoi il ne sufht pas de tracer un plan de voyage. »

« Les philosophes, chrétiens ou autres, les sages cu.\"-mêmes, Mentor aussi, avancent en cent reucontres, ajoute plus ioiii l'illustre écrivain genevois, qi<*il n'est point sur cette terre, je ne dis pas de vies, mais de moments dans la vie ou i'iiomme goule une féliciLe parfaite. La main sur ia conscience et devant Dieu qui sait la vérité, nous déclarons, en ce qui nous cuiiccrue, cette assertion-là parfaitement fausse, sans prétendre d'ailleurs^ contester, encore moins nier, auctme des amertumes, aucun des maux dont' la vie des hommes est inégalement, mais infailliblement semée. Oui, nous avons connu non pas des moments, non pas des beures, mais des journées entières d^une félicité parfoite, sentie, d'une vivante et savoureuse joie, sans mélange de regrets, de désirs, de maû, de K, et aussi sans l'aide d^un vœu comblé, sans le secours de la vanité satisfaite, et ces moments, ces heures, ces journées, c^est en voyage, dans les montagnes et le plus souvent un lourd havre-sac sur le dos, que nous les avons rencontrés, non pas sans surprise, puisque enfin noas nous piquons d'être philosophe chrétien. Mentor autant qu'un autre, mais avec une gratitude émue qui bien sûrement n^y gâtait rien. A la vérité, nous ne portions, outre notre sac, point de crêpe au chapeau, point de deuil dans râme; mais d'ailleurs notre passé était laborieux, notre avenir tout entier dans l'espoir et dans le travail, notre condition la même que celle de la plupart des hommes.... et cependant je ne sais .quoi de pur, d'élevé, de joyeux nous visitait, attiré, il faut le croire, par la marche, par la contemplation, par la fête de l'âme, par la réjouissance des sens, et, retenu, nous le supposons, par l'absence momentanée de tous ces soins, ces intérêts ou ces misères qui, au sein des villes et dans le cours ordinaire de la vie, occupent le cœur sans le remplir. Ainsi donc, philosophes,

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MODÈLES DlTINÉRÂlRES. XIII

réfuimoz votre doclrine dans ce qu'elle peut avoir de trop chagrin. Assez de maux nous resteront, si vous nous laissez l'espoir de quelques félicités parfaites, bien que passagères; et, au lieu de vous borner trop exclusivement à dresser Thomme pour le malheur , occupez-vous aussi à lui enseigner tout ce qu'il peut conquérir de vraies joies au moyen d'un cœur sain et de deux honnes jambes, c'esL-à-dire en mai\;iiaut en toutes choses à lacon(|uôLe du plaisir, au lieu de l'acheter tout à fait ou de l'attendre endormi. »

« Quand on a de la peine en voyage, dit Charles de Brosses, on enrage d'ôtre venu; quand on a un moment de plaisir, on ne songe plus à la peine, et ainsi alternativement. Mais, me direz-vous, duquel a-ton le plus , du plaisir ou de la peine? Ma foi cela serait bien égal, si ce n'est que la peine finie s'efface absolument de la mémoire, au lieu que le plaisir dont on a joui occupe toujours agréablement. »

MODELES D'1TIN£rAIRE5.

Toyaftt de batt, dix, ipilnie, Tingt et tmtt Jewt.

(Dans tous les modèles d'itinéraires indujués ci-dessons, noiiB ne conifircnons pas les jours de repos. Chaque tourible séjourne à sa guise, dans les localités qu'il pré<lère, selon le temps dont il peut disposer.)

De Paris au M ms, en chemin de fer.

— Arrêt à Chartres 1 j.

Du Mans à vitré, en chemin de fer. — Arrêt à Laval. — Exeanlon ans Rochers t

De Vitré à Re"nnes, en cbemin de fer (arrêt) et de Hennés à Vannes, en

chemiadefer i

De Vannes à Quîrnp r en chemin de

fer. — Arrêt h L i ient 1

lie Quimper à CUù.lcdulin, en chemin de fer. — De Ghftteaulin à Brest, en bateau à vapeur i

Brest

De Brest i Canines, en chemin de fer.

— De Canines à Dinan, en voiture.

De Dinan i\ Saint-Malo, en bateau à vapeur. — De Saint-Malo à Paris, en chemin de fer par le train de nuit

Pour allonger le voyage précédent de deux on de quatre jours, on devra faire de préférence les excursions suivantes : de Vannes ;i Auray pnr l^ocmariaqner et Carnac (1 j ) — de Quimper à la Pointe-du- Baz par Dooamenea el Andierne (2 j.): — de Brest au Conquet (i j.).

De Paris au Mans, en cbemin de fer.

— Arrêt à Chartres

Du Mans à Angers, en chemin de ht, — Arrêt à Sablé. — • Bxcursioa i So-

lesmes

D'Angers à Nantes, en chemin de fer.

De Nantes à îiaint-Nazaire, en chemin de fer. — Promenade aa Crolsic.

De Saint-Nazaire à Vannes, en chemin de fer

De Vannes à Anraypar Locmariaqner et Carnac

D'Aoray à Quimper. — Arrêt à Lorlent

De Quimper à la Point»da*Rax par D uarnenet et Audieme

De Quimper à Ghàteaulin, en chemin de fer. — De Ghftteaulin à Brest, en bateau à vapeur...

Brest et le Conquet

De Brest à Canines, en chemin de fer.

— De Canine» à Dinan, en voiture.

De Dinan à Saint-Malo, en batean à vapeur. — De Saint-Malo à Rennes, en chemin de fer

De Rennes à Paris, en chemin de fer.

-- Arrêt à vilré. ^Excursion aux Rochers «

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