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RÔUTE 9] LA CHAPELLE. — JOUARRE

Marne. — Parvenu au sommet de la côte, on laisse à dr. un chemin bordé d'arbres, menant au château de Venteuil (V. R. 1).

3 kil. Joùarre (hôt. àu Plat-d'Étain) , v. de 2621 hab., situé sur un plateau (160 met. d'alt.) qui sépare le Petit-ÎSlorin du Grand-Morin, doit son origine à un monastère fondé par Adori , sous la règle de Saint-Colomban, au commencement du vue s.

Ce monastère renferma d'abord deux communautés : l'une d'hommes, l'autre de femmes. La communauté de femmes, bientôt seule conservée, subsista jusqu'en 1789. Elle possédait des richesses considérables, et eut à sa tête des abbesses d'une grande distinction. Au xnic s., il se forma un chapitre de chanoines chargés de veiller aux besoins spirituels de la communauté, mais qui restèrent néanmoins sous la dépendance de l'abbaye.

Jouarre offre quelques monuments intéressants, parmi lesquels il faut d'abord citer une crypte (mon. hist.) renfermant deux petites églises souterraines des plus curieuses.

Cette crypte (s'adresser au sacristain pour la visiter) est située à g. de la Grande-Rue, ou rue Moutmorin, derrière l'église, dont elle est séparée par un cimetière abandonné depuis une cinquantaine d'années. Descendant quelques marches, on pénètre dans une première chapelle, dite chapelle Saint- Paul. La voûte en est soutenue par six colonnes élégantes, en marbres de diverses couleurs, et dont les chapiteaux, chacun d'un dessin différent, sont sculptés avec un art et une délicatesse remarquables. Les colonnes et les chapiteaux, exécutés en marbres exotiques, proviennent de monuments gallo-romains, et ont été employés pour la construction des cryptes, qui ne remontent pas au delà du xi° s.

Des deux côtés de la chapelle sont rangés, en face de l'entrée, sur une sorte d'estrade' en maçonnerie, et à g. sous une arcade surbaissée, sept cercueils ou sarcophages *n-

ciens, en pierre, d'un immense intérêt, a Les tombeaux de Jouarre, dit M. de Caumont, auront probablement été dérangés; il est fort douteux qu'ils occupent leurs places primitives dans cette galerie souterraine où des changements ont été faits peut-être à diverses époques. »

Parmi les plus curieux de ces sarcophages, nous citerons d'abord , celui de saint Agilbert, frère de sainte Telchide, sous l'arcade à g. Sur la paroi extérieure, on remarque un bas-relief fort dégradé, représentant la Résurrection. Le Christ est assis sur un trône soutenu par deux anges ; à dr.

est le ciel, à g. l'enfer. Dans l'intervalle sont figurés des personnages, les bras élevés vers le ciel. Cette tombe est du xiii' s. Nous signalerons ensuite, sur l'estrade en maçonnerie faisant face à l'entrée, la tombe de sainte Osanne, que surmonte une statue en pierre rose d'une exécution très -remarquable. M. de Caumont croit cette statue du xnr* s.; celle de sainte Telchide, première abbesse de la communauté de femmes, et celle de Yabbesse Mode. Ces deux dernières se recommandent par une délicate et très-ingénieuse ornementation. Enfin, à côté du sarcophage de saint Agilbert, sous la même arcade, se trouve un cercueil sans ornement et sans inscription , que l'on croit être celui du fondateur Adon.

Un double passage, dont la voûte repose sur des piliers carrés, met en communication immédiate et de plainpied,la chapelle Saint-Paul avec une chapelle contiguë, dédiée à saint Ebregésille. Dans cette seconde chapelle, les colonnes de l;i nef, qui paraissent du xi* s., sont en pierre, mais le sanctuaire offre cinq colonnes en marbre, du même style que celles de la chapelle voisine. On remarque dans la seconde chapelle : le tombeau, ouvert et sans inscription , de saint Ebregésille, évêque de Meaux ; un autre petit cercueil en pierre et une .piscine, à dr. de l'autel.

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