ROUTE 17] REBAIS. — VILLENAUXE. — MONTMORT
à dr. une route conduisant à Ablois- Saint-Martin.
[Cette route, remontant la vallée du Sounlon, traversa d'abord (1 kil. de la bifurcation, 6 kil. d'Eperuay) 17nay , c. de 335 hab., dont Végiise roraano-ogivale, surmontée d'un joli clocher roman (xu° s.), renferme des fonts baptismaux bien sculptés et une bonne statue de femme, en bois peint.
Sur le fbnc d'une colline très-élevée se dresse une roche remarquable dite pierre de Saint-M amers, et dans laquelle est creusée une grotte habitée autrefois, dit-on, par des ermites.
Au-dessous jaillit la source de Saint- M amers, visitée par des pèlerins qui en emploient les eaux comme remède contre la fièvre.
4 kil. de la bifurcation (9 kil. d'Épernay). Ablois-Saint-Martin, v. de 1405 hab., est pittoresquement situé sur la colline où le Sourdon prend sa source, au milieu de coteaux couverts de vignes et couronnés de forêts. Aux environs d'Ablois, la forêt d'Epernay est remplie de rochers énormes qui offrent les aspects les plus bizarres et d'où Ton jouit de beaux points de vue. Le Sourdon y jaillit au milieu d'un groupe de rochers, de l'effet le plus pittoresque. Cette source débite 10000 met. cubes par 24 heures, et l'altitude en est telle, dit M. Salle, «que l'eau prise à sa source, comme on en a le projet, et introduite dans des tuyaux de conduite isolés, pourrait êire amenée sur le point culminant de la butte Montmartre, à Paris. »
Le beau château moderne d'Ablois- Saint-Martin , au S. O. du village, appartient au marquis de Talhouet-Roy.
Ablois fait un commerce important de bois, de charbons, de vins; il exploite une carrière de pierres meulières et deux papeteries. ]
La route de Sézanne , s'élevant sur les plateaux, laisse àdr. Rrugny, c. de 480 hab., dont le beau château gothi-
Ique, propriété de M. le comte de Clermont-Tonnerre-Thoury, borde la route.
— 3 kil. plus loin, on s'engage dans les bois (bois de Montmort, à dr. ; forêt de la Charmoye, à,g.), que l'on traverse sur une longueur de 4 à 5 kil., pour descendre ensuite dans la vallée du Surmelin, dont on franchit deux bras, à 800 mèt. on deçà de
18 kil. Montmort, ch.-l. de c. de 794 hab. La seigneurie de Montmort, érigée en marquisat au xvin* s. seulement, dépendait primitivement du comté-pairie de Vertus et du marquisat de Pleurs. Au xv s. elle appartenait à la famille de Hangest, dont la dernière héritière, Jeanne de Hangest, épousa en secondes noces Claude d'Aguerre, gouverneur de Lorraine, et fit bâtir le château actuel (1577-1580). Sa fille, Chrétienne d'Aguerre , fit , par son mariage , entrer Montmort dans les biens de la maison de Créqui. La fille du maréchal de Créqui le porta à la famille de Béthune. Kn 1704, Montmort fut vendu par le chevalier de Béthyne-Sully à Pierre de Rémond, dont les descendants, marquis de Montmort, occupent encore aujourd'hui le château.
Le château de Montmort (mon.
hist.) est un très-beau et très-complet spécimen de l'architecture du xvie s.
«11 consiste, dit M. de Barthélémy, en un vaste carré bastionné ;iux quatre coins, avec mâchicoulis. On arrive à la plate-forme (c'est le reste d'une construction du xi« s.) par un escalier accessible aux cavaliers, avec un autre pour les piétons, pratiqué dans la vis même du premier. Le donjon, tout en briques, est un massif carré, flanqué de quatre tours couvertes en tuiles; il a été construit par Jeanne de Hangest, dame d'Aguerre, et terminé en 1577, ainsi que le constate ce millésime sculpté en divers endroits du château. Les salles sont vastes, voûtées, mais ne présentent plus de détails curieux ; tout en haut se trouve un belvédère surmonté d'une lanterne et d'où l'on découvre toutes les forêts