DE BLESMES A CHAUMONT
90 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 2 h.
35 min., et 3 h. 5 min. — lr« cl.
10 fr. 10 c; 2« cl. 7 fr. 55 c; 3« cl. 5 fr. 15 c
L'embranchement de Blesmes à Chaumont, par Saint-Dizier, se détache à dr. de la ligne principale, à 500 mot. environ au delà de la station de Blesmes, pour se diriger du N. 0.
au S. E., en traversant d'abord un vaste plateau nu, coupé à g. et à dr. par quelques lignes de peupliers et par des bois dans le lointain. On laisse Elesmes à g., dans l'angle formé par la bifurcation; puis, â dr., Serupt, c. de 264 hab., où ont été découvertes, il y a quelques années, des antiquités gallo-romaines. Du même côté, se trouvent à 1200 ou 1500 met. de la
voie, Saint-Vrain, c. de 300 hab., dans un petit vallon arrosé par le ruisseau dOrconte (château); et à 1100 met. environ, Vouillers, c. de 225 hab.
227 kil. de Paris (9 kil. de Blesmes), Saint-Eulien (halte), c. de 159 hab., ;\ 1 kil. à peu près à g. de la station , sur la limite S. 0. de la grande forêt des Tr ois- Fontaines.— A dr. se montre au loin la forêt de Pcrtlies. Perthes, c. de 877 hab., à 5 kil. environ au S. de la halte d'Eulien, est une des plus anciennes localités de cette partie de la Champagne. Des antiquités romaines y ont été recueillies et l'on croit que les rois mérovingiens y eurent une villa. — L'église , construite au xiii" s. , dans le style de transition, et bien conservée, a été restaurée récemment avec soin.
A 1 kil. de la halte de Saint-Eulien, on passe du départ, de la Marne dans celui delà Haute-Marne, où l'on aperçoit à g. Villiers-en-lieu, c. de 779 hab., qui a conservé une tour, seul reste d'un château fortifié. On entre dans la vallée de la Marne, en arrivant à Saint-Dizier.
236 kil. (18 kil. de Blesmes) Saint- Dizier (omnibus à tous les trains :
30 c. sans bagages; 50 c. avec bagages; -r hôt. : du Soleil-d'Or, du Commerce, de VAigle-d'Or) , ch.-l.
de cant., V. de 10 170 hab., est située â dr. de la station, sur la rive dr. de la Marne, au confluent de cette rivière et de l'Ornel, dans une position agréable, au milieu de prairies environnées de bois de trois côtés. Les hautes cheminées des usines métallurgiques, que l'on aperçoit en arrivant à Saint- Dizier et en "le quittant, annoncent au premier aspect l'industrie considérable, qui est, avec l'exploitation et le commerce des bois, la source de la prospérité du pays.
Saint-Dizier parait devoir son origine à un fort construit par les Romains pour défendre, sur ce point, le passage de la Marne. L'histoire ajoute que les restes de saint Didier ayant été transportés par les
DE PARIS A
CHÀUMONT. (ROUTE 23]
chrétiens dans ce château, après la destruction de Langrcs par les Germains, en 26-i, la ville qui se forma en ce lieu, prit le nom légèrement défiguré du saint.
Saint-Dizier, après avoir formé un fief particulier, au moyen âge, fut réunie au domaine royal de France, au xv* s. En 1544, elle soutint un siège mémorable dans lequel 'iooo soldats, secondés par les habitants et commandés par Lalande et Sancerre, arrêtèrent une armée de 100 000 hommes que conduisait Charles-Quint. La ville finit cependant par ouvrir ses portes, grâce à de fausses dépêches que Charles- Quint fit parvenir à Sancerre et qui lui enjoignaient, au nom du roi, de rendre la place; mais Saint-Dizierobtint une capitulation honorable, et sa résistance eut, en tous cas, pour conséquence de faire perdre à l empeieur tout le fruit qu'il s'était promis de sa campagne contre la France.
Seize années plus tard, la châtellenie de Saint-Dizier ayant été détachée du domaine de la couronne, pour faire partie du douaire de Marie Stuart , veuve du roi François II, les Guises y commandèrent en maîtres jusqu'après la mort de la reine d'Écosse. La seigneurie de Saint- Dizier fit alors retour à la couronne. En 1775, un incendie dévora, en quelques heures, l'église paroissiale, le palais, la halle, les magasins et plus »le quatre-vingts maisons. En 1814, les habitants de Saint- Dizier se soulevèrent avec un patriotisme ardent contre l'invasion, et, à deux mois de distance, Napoléon y livra deux combats heureux contre les troupes alliées.
Depuis cette époque, Saint-Dizier s'est vouée tout entière aux travaux de l'industrie des fers, dont elle est un des grands marchés régulateurs en France.
Elle compte, comme nous l'avons dit, plusieurs belles forges avec hauts fourneaux.
Saint-Dizier, coupée en général de rues larges et bien alignées, n'offre d'intéressant que le portail ogival de son église paroissiale, dédiée à la Vierge, dans la ville même; l'église du faubourg de Gigny, récemment restaurée avec beaucoup de goût et qui renferme une chapelle romane; [hôtel de ville, bel édifice moderne (1824), et le collège ecclésiastique, installé dans un ancien couvent de Capucins. Ce collège possède une belle chapelle ogivale, de construction récente, dont on admire la flèche élancée. 11 ne
reste rien des vieilles fortifications de la ville, et les derniers vestiges du château ont à peu près disparu sous les réparations et les remaniements qui Vont transformé en une habitation particulière. Les promenades du Jard et de Fort Carré sont agréablement disposées.
Saint-Dizier possède une salle de spectacle, une bibliothèque publique de 3000 volumes, et une chambre de commerce. Sur la Marne est un beau port où se préparent les flottages de bois et où se construisent de nombreux bateaux. — Près du Jard se trouve Yasile départemental des aliénés.
[Corresp. pour (2G kil.) Montierender (R. 21, A.).]
De Saint-Dizier à Bar-sur-Aube, R. 21 ; — à Bar-le-Duc, R. 22.
On suit constamment, depuis Saint- Dizier, jusqu'à une faible distance de Chaumont, la vallée de la Marne, bordée, à des distances plus ou moins éloignées, de coteaux couronnés de bois à leur sommet, et plantés de vignes jusqu'à moitié de leur versant.
Au pied de ces coleaux s'étendent des teiros cultivées , mêlées de riantes prairies qu'arrosent les nombreuses dérivations de la rivière.
En sortant de Saint-Dizier, on croise à niveau la route de terre de Paris à Strasbourg, et l'on aperçoit à dr. , au delà de la Marne, et à une assez grande distance, la forge anglaise, puis, plus près de la voie ferrée, également à di . et en face Tune de l'autre, la forge neuve et celle du clos Mortier; enfin plus loin, à 3 kil. environ de Saint- Dizier, se trouvent à dr., entre le chemin de fer et la Marne, les forges de Marnai al. Les hauteurs qui dominent la rive g. de la rivière sont couronnées par la vaste forêt du Val, que l'on entrevoit à dr. à plusieurs reprises, sur un parcours de 10 à 12 kil. — On traverse l'extrémité S. O. du départ, de la Meuse où on laisse à g., à 2 kil. de distance, ÂncervUle,
[ROUTE 23] SAINT-DIZIER. — EURVILLE, — GOURZON. 267
ch.-l. de cant. de 2003 hab. Près de ce bourg s'ouvre, au pied d'une colline, une belle grotte, dite Grotte des Sarrasins, profonde de 26 met. et dont la voûte très-élevée présente quelques stalactites.
Le chemin de fer franchit la Marne en rentrant dans le départ, de la Haute-Marne, et la croise de nouveau presque immédiatement, ainsi qu'un canal de dérivation, à la hauteur (à g.) des villages de Roche-sur-Marne 007 hab.) et de Chamouilley (750 hab.), situés au milieu de prairies, le premier sur la rive g., le second sur la rive dr. de la Marne. Chamouilley possède des forges avec hauts fourneaux et laminoirs.
246 kil. (28 kil. de Blesmes) Eurtille, v. de 989 hab., à 500 met. environ de la station, dans une charmante situation, sur la rive g. de la Marne, qu'y traverse un beau pont de trois arches, en pierre. On remarque dans ce village une jolie église moderne, construite dans le style du commencement du xin* s. et consacrée le 10 octobre 1855. La façade, surmontée d'une élégante tourelle octogonale en pierre, est percée d'une porte à voussures, dont le tympan renferme un bas relief représentant la Vierge au milieu des anges. L'intérieur, divisé en trois nefs, est éclairé par des fenêtres ornées de vitraux peints. Kurville possède une forge importante, avec hauts fourneaux, dont l'origine remonte au XIVe s. Près de cette forge, s'élève un beau château moderne, avec parc.
On traverse de riantes prairies , arrosées par la Marne et encadrées par des coteaux boisés ; les hautes cheminées des usines qui se montrent çà et là et de jolis villages, animent ce paysage, l'un des plus agréables de ce parcours. — La voie ferrée, longeant de très-près la rive dr. de la Marne, laisse, à g. Bienville, c. de 750 hab. (forge avec hauts-fourneaux et laminoirs); puis àdr.,au delà de la rivière, Prex-8ur~Marne (239 hab.). — A3 kil.
au S. O. de Prez, Trois-Fontaines, c.
de 221 hab., conserve de beaux restes d'une église abbatiale, et notamment un portail en plein cintre surmonté de trois fenêtres ogivale». Après avoir laissé encore à dr. Laneuville-à- Bayard, c. de 168 hab. sur la rive g. de la Marne (forge avec hauts fourneaux, laminoir et affinerie), on passe entre G ours on, v. de 302 hab. (à dr.) et Fontaine-sur-Marne, v. de 304 hab. (à g.). En deçà de ces deux villages, le chemin de fer longe, à g,, la colline du Châtelet, au sommet de laquelle ont été découverts des vestiges importants d'une ville gallo-romaine. Des fouilles, opérées il y a quelques années, ont fait reconnaître les dispositions principales de cette ville au centre de laquelle s'élevaient un temple et des bains publics. On y a trouvé en outre de nombreux restes d'antiquités : des haches de silex et de grès , des couteaux de sacrificateurs, des cassolettes, etc., qui semblent appartenir à la période celtique, et des images en bronze et en pierre représentant Jupiter, Minerve, Apollon, Diane, Hercule, Vénus, Adonis, Bacchus, etc., ainsi que des médailles, dont 200 en or, d'une belle conservation. L'une d'elles, très-rara, portant cette légende : Julia ÀugustaDiri Titi Filia, est déposée à la Bibliothèque impériale.
Des traces d'incendie que présentent les débris de cette ville antique, font présumer qu'elle aura été détruite lors des invasions des Barbares.
Les archéologues croyentque l'ancien nom de la cité romaine du Châtelet était Gorsum, d'où serait venu le nom de Gourzon donné au village bâti au pied de la montagne, de l'autre côté de la Marne.
A 1800 mèt. à l'K. de la montagne du Châtelet, sur le territoire et au N. de Fontaine-sur-Marne, s'élève une sorte de pyramide d'exécution grossière, désignée dans le pays sous le nom de Haute-Borne (mon. hist. ).
Cette pyramide, qui a 6 mèt. 82 de
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