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CONTREXÉVILLE

Les sources jaillissaient alors au fond d'un marécage à peine abordable et dans lequel, malgré une sorte de captage protégé par un bâtis en planches, elles subissaient le mélange des eaux pluviales et des sources voisines. En 1759, la guérison inespérée d'une jeune fille de dix ans, atteinte de la pierre, appela l'attention sur les sources minérales de Contrexéville. Le Dr Hagard, président et doyen du collège de médecine de Nancy et premier médecin du roi Stanislas, étudia le caractère de ces eaux, et, dans un mémoire lu en 1760 à l'Académie des sciences et arts de Nancy, il les déclara souverainement efficaces contre la gravelle et les maladies des voies urinaires.

Malgré cette attestation si favorable, les sources de Contrexéville ne devinrent pas tout aussitôt d'un usage régulier et suivi. Mais, en 1774, le Dr Thouvenel, envoyé à Contrexéville par l'inspecteur général des eaux minérales de France, pour faire l'analyse des sources, reconnut à son tour l'excellence de leurs propriétés et fonda l'établissement des bains. De 1775 à 1789,cetétabiissementfuttrès-fréquenté par les plus hauts personnages de la France et de l'étranger. Cette vogue subit un temps d'arrêt pendant la Révolution; mais elle a repris au commencement de ce siècle et se continue de nos jours.

Les sources. — L'établissement des

L'établissement des bains de Contrexéville exploite trois sources, qui ont été déclarées d'utilité publique par un décret en date du 4 août 1860. Ces sources minérales, froides ( 10»), sulfatées calcaires, ferrugineuses, gazeuses, émergent d'un sol d'alluvion superposé au terrain triasique. Ce sont : la Source du Pavillon, dont l'eau se prend exclusivement en boisson, et les Sources du Quai et du Prince, employées surtout pour les bains et les douches, bien que leurs eaux , présentant peu de différence, dans leur composition , avec celle du Pavillon , servent aussi à l'usage interne. La source du Pavillon donne à elle seule 920 hect. d'eau par 24 h. Elle est sensiblement moins abondante pendant les sécheresses. Voici quel a été le résultat de l'analyse des eaux

de Contrexéville faite en 1853 par M.Henry, sur 1 kilog. d'eau.

Source Source du Quai, du Pavillon.

Sulfate de chaux. .. . 1«M50 i«'250

— de magnésie..

— de soude....

— de potasse...

Bicarbonate de chaux.

— de magnésie.

— de soude....

— de fer et de

manganèse.

— de strontiane..

Fer et manganèse.. . .

Chlorures alcalins et

terreux

0 190) 0 103 ) traces.

0 009 t r*âc o s ■

Chlorure de sodium.. j . . . S

— de potassium... S

— de magnésium.. 0 040 Iodures et bromures

alcalins traces.

Silice, albumine, phosphate, matière organique azotée , perte, etc

La source du Pavillon donne, en outre, pour 1 kilog. d'eau, 9 millièmes de gr. de gaz acide carbonique et de l'azote mêlé d'oxygène en quantité indéterminée. Enfin M. Nicklès, professeur de chimie a la Faculté des sciences de Nancy, a signalé la présence du fluor dans les eaux de Contrexéville.

Ces eaux limpides, incolores, à odeur ferrugineuse et à saveur fraîche, agréable quoique ferrugineuse, sont diurétiques, constipant à faible dose et très-purgatives a haute dose. Elles se couvrent, au contact de l'air, d'une pellicule irisée et déposent dans les bassins un sédiment onctueux. Elles sont principalement efficaces contre la gravelle, la goutte et le catarrhe de la vessie (les malades atteints de ces affections comptent pour les neuf dixièmes parmi les personnes qui fréquentent Contrexéville); cependant on en fait aussi usage dans les maladies du foie, les affections de la prostate et certaines maladies de femmes.

Parmi les ouvrages spéciaux rela-

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tifs aux eaux de Contrexéville, nous signalerons surtout un important travail de M. le Dr Legrand du Saulle, couronné par l'Académie de médecine ei intitulé : Huit années de pratique médicale à Contrexéville (Paris, 1 865) . M. Legrand du Saulle, dont le nom jouit d'une juste notoriété dans la science, est médecin consultant à Contrexéville.

La saison commence le l*r juin et se termine le 15 septembre. La durée du traitement est de 21 jours (pour plus de détails sur les eaux de Contrexéville, F. les Bains d'Europe^ par Ad. Joanne et A. Le Pjleur; Paris, Hachette et Cie).

L'établissement des eaux est précédé d'une vaste cour, ornée d'arbustes et de corbeilles de fleurs. Une belle grille , qui ferme cette cour du côté de la rue, s'appuie à g. aux anciens bâtiments des eaux, à dr., à une aile récemment construite et dominant la rive g. du Vair. Dans l'aile de dr., se trouvent, au rez-de-chaussée, les salons de jeu et de conversation, les anciens et les nouveaux cabinets de bains et de douches, et, aux étages supérieurs, des appartements meublés. Dans l'aile de g. sont les bureaux d'administration, la lingerie, la salle à manger, et, au-dessus de ces différentes salles, d'autres appartements et chambres meublés.

L'établissement des eaux, après être passé entre les mains de différents propriétaires, a été acquis en 1864, par une société d'actionnaires qui, dans le but d'augmenter les logements destinés aux malades , de réaliser d'importantes améliorations dans le service balnéaire et dans l'aménagement des eaux, vient d'y dépenser près d'un million. Le nouveau quartier de bains et de douches est certainement l'un des mieux installés de France.

La cour de l'établissement est fermée, au fond, par un pavillon de forme octogonale, que relient aux ailes principales deux galeries de construction légère, servant de promenoirs en

cas de mauvais temps ; c'est là que les malades viennent boire l'eau de la source du Pavillon , émergeant par quatre ouvertures, dans un bassin en pierre. Au delà, s'étend un vaste parc, dessiné piltoresquement à l'anglaise et planté d'essences diverses. A l'extrémité N. de ce parc s'ouvre une porte, à l'angle des routes de Vittel et de Bulgnéville.

Lessourcesdu Prince et du Quai sont situées à dr., en arrière du nouveau bâtiment des bains. Elles s'écoulent dans un double bassin à ciel ouvert, d'où leurs eaux sont élevées à l'aide d'une pompe, dans un réservoir commun, pour être ensuite distribuées dans les cabinets de bains et de douches. Le nombre des buveurs et des baigneurs à Contrexéville, a été, en 1865 et en 1866, de 1300 à 1400. H s'expédie chaque année environ 90 000 bouteilles d'eau de Contrexéville dan s les diverses parties de la France et principalement à Paris.

Depuis 1863, un établissement particulier exploite, dans la Grande-Rue, sur la rive dr. du Vair, et en face de l'établissement principal, une source découverte il y a quelques années, et dont l'eau s'emploie exclusivement en boisson. Il avait d'abord paru que cette nouvelle source n'était qu'une dérivation des anciennes et il s'était même élevé à ce sujet quelques contestations; mais un examen plus approfondi a fait reconnaître que la nouvelle source avait une origine complètement indépendante. M. O.

Henry, qui a fait l'analyse de l'eau de cette source, appelée par son propriétaire source la Souveraine, a constaté, dans un mémoire soumis à l'Académie de médecine, qu'elle présentait une grande analogie de composition avec l'eau des anciennes sources. Toutefois elle semble en différer en ce qu elle renferme , en proportion beaucoup plus forte, le gaz acide carbonique et le sulfate de magnésie, tandis qu'elle contient, au contraire, moins de parties de sulfate de chaux et d'oxyde

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