PLOMBIÈRES. [ROUTE
55 mèt. de longueur, chauffée par les eaux thermales mises en circulation dans des hypocaustes sous le dallage en marbre du sol, donne accès à tous les cabinets du rez-de-chaussée et du premier étage.
Outre l'étuve d'Enfer, que nous avons signalée au bain Impérial, Plombières en possède trois autres, situées dans le haut de la ville. L'une occupe l'emplacement de l'ancienne étuve romaine, dont on voit encore lçs gradins de construction antique et au-dessus de laquelle avait été élevée, à l'aide de remblais, l'étuve Bassompierre. L'étuve actuelle est vaste et commode. A côté de celle-là s'en trouvent deux autres : l'une pour les pauvres, l'autre pour les dames. Cette dernière , toute garnie de banquettes recouvertes de faïence blanche, a été creusée en partie dans le béton romain ; un grand nombre de bouches de chaleur permettent d'en régler la température de manière à la rendre supportable aux personnes les plus délicates. Dans chacune de ces étuves, on a eu le soin d'aménager une douche en pluie qui peut être utilisée suivant la prescription des médecins.
« La superficie des nouvelles étuves est de 150 mèt. carrés, et si l'on voulait l'augmenter, dit M. Jutier, on trouverait encore, à l'aval, une piscine romaine en parfait état de conservation dont on pourrait également tirer parti. »
Les eaux de Plombières sont surtout employées pour les affections chroniques des voies digestives, gastralgies, dyspepsies, etc.; dans les convalescences difficiles, où l'organisme a besoin d'une stimulation énergique ; dans les affections chroniques des voies urinaires chez les deux sexes. Elles sont également recommandées contre la goutte, les rhumatismes, la paralysie et les maladies de la peau.
La saison des bains commence le l"r juin et finit le 15 octobre. La durée ordinaire du traitement est de2 1 jours.
Depuis le xvie s., et même depuis la fin du xv*, les eaux de Plombières ont été l'objet d'études nombreuses , et M. Jouve (Lettres vosgiennes) ne classe pas sous moins de 152 numéros les publications s'occupant, soit directement, soit indirectement, de cette ville de bains. Nous nous bornerons à indiquer : les Bains d'Europe, par Ad. Joanne et Le Pileur; Plombières, itinéraire descriptif, historique et médical, par MM. Ed. Leraoine et le Dr Lheritier, inspecteur des eaux; les autres travaux de M. Lheritier (Eaux de Plombières, Clinique médicale, 1853-1854; Hydrologie de Plombières, en collaboration avec M. 0. Henry, etc.); Notice sur Plombières et ses bains, par M. le Dr Ëmilo Delacroix, etc.
Monuments publics.
L'église paroissiale de Plombières a été reconstruite de 1858 à 1861, aux frais de l'Empereur (elle a coûté plus de 400000 fr.) et sur les plans de M. Grillot, d'Épinal. Elle s'élève sur une place, au S. E. de Plombières.
C'est un bel édifice dans le style ogival du xiv* s. La façade, précédée d'un perron, est percée d'une petite rose à vitraux de couleur et surmontée d'une tour octogonale, terminée par une flèche élégante qui atteint 60 mèt. de hauteur totale. La porte est formée de vantaux en chêne, rehaussés de ferrures ouvragées. L'intérieur de l'église se compose d'une nef, de deux collatéraux, d'un transsept et d'un chœur pcntagonal.
Derrière Tégiise, s'élèvent une belle salle d'asile et l'hôpital de Plombières. Ce dernier établissement, avec cour et pavillons en forme de chalets, avait été élevé pour recevoir les écuries impériales, mais il a été donné à la ville de Plombières pour remplacer l'hôpital primitif fondé au xiv* s., reconstruit par Stanislas et détruit en partie pour les nouvelles constructions. L'ancien hôpital ne contenait qu'une quarantaine de lits .
l'hôpital actuel en contient 80, dont 55 destinés à. des malades civils, hommes et femmes, et 25 affectés depuis peu aux militaires.
Les malades ne sont reçus à l'hôpital que pendant la saison des eaux, c'està-dire du 15 mai au 15 septembre; leur nombre s'élève, chaque année, à 250 ou 300, sans parler des militaires ni de quelques vieillards des deux sexes, logés à l'année, et non soumis au traitement thermal. Ce sont les préfets des départements compris autrefois dans le grand gouvernement de Lorraine qui disposent des admissions à l'hôpital, où les frais de logement, de nourriture et de traitement sont acquittés tantôt intégralement, tantôt partiellement, par le département, la commune, ou le malade lui-même. Bien que les malades de l'ancien duché de Lorraine et de Bar aient droit à passer avant ceux des autres parties de la France, des malades indigents venus de tout autre lieu peuvent entrer à l'hôpital après en avoir fait la demande au préfet des Vosges et s'être engagés à payer 36 fr. pour une saison de 21 jours, tous frais compris.
La maison des Arcades, improprement appelée par quelques personnes le palais Royal , est une construction d'une assez belle apparence, élevée en 1760 pour Mmes Adélaïde et Victoire de France. Sur la façade a été récemment placé l'écusson du roi Stanislas, qui surmontait la porte de l'ancien hôpital. Cette maison servait autrefois d'hôtel de ville ; elle est aujourd'hui consacrée au logement des médecins inspecteurs des eaux de Plombières.
Sous les arcades qui la soutiennent et ui offrent, en cas de pluie, une sorte e petit promenoir, s'ouvrent de modestes boutiques.
L'hôlel de ville actuel est situé à l'E. de la ville, près de la promenade des Dames. — A l'autre extrémité de Plombières, sur la route de Luxeuil, la caserne de gendarmerie attire l'attention par son heureuse situation.
VOSGES
Bâtie près de l'emplacement qu'occupait le château de Ferri III , elle surplombe la rue de l'Impératrice et le commencement de la route de Saint-Loup.
Gommeroe. — Industrie.
L'industrie est représentée à Plombières par un nombre considérable de magasins de broderies, dont les produits sont très-appréciés, et par des fabriques de quincaillerie fine renommée. Les ouvrages en fer pc^i sortant de ces fabriques consistent principalement en garnitures de cheminées, dévidoirs, corbeilles, guéridons, hachettes, outils de jardinage, baguiers, bracelets, pinces à sucre, grille-pain , marteaux et une foule d'autres menus objets du même genre.
La valeur de ces produits, d'un travail habile et délicat, est évaluée à 80 000 fr. par an.
Les promenades des environs de Plombières sont nombreuses et en général pittoresques, bien qu'inférieures en beauté aux grands sites des Vosges supérieures.
Les plus fréquentées sont la route de Luxeuil ou route du Midi, sur laquelle les promeneurs se réunissent surtout lcsoir, ctla route d'Épinal, ou route du Nord, mieux défendue des ardeurs du soleil pendant le jour.
Le Parc Impérial, situé àî'O.dcla ville, à l'entrée de la vallée de Saint- Loup, près des thermes Napoléon, se compose de vastes tapis de verdure ornés de massifs d'arbustes et de fleurs, au milieu desquels s'étend une jolie pièce d'eau que domine un kiosque élégant. Cette charmante promenade est encadrée par la forêt, qui en paraît le développement naturel. Dans la partie supérieure, une belle allée longe le parc dans toute son étendue, en traversant un de ces grands amas de débris granitiques, désignés dans les Vosges sous le nom de murgers ou murjays. A l'extrémité
DE PARIS A