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LES FEUILLÉES

a à peine 1 kil. jusqu'à l'ancienne Feuillée ou Feuillée Dorothée, qui

consiste en une maisonnette située sur un tertre environné de quelques grands arbres. Cette station champêtre a été construite, il y a une cinquantaine d'années, par un pauvre journalier qui eut la pensée d'utiliser ainsi un terrain abandonné, encombré de débris granitiques. Son essai avait éveillé la curiosité ; l'emplacement était heureusement choisi pour la vue : on vint boire du lait et du kirsch chez le père Vançon ; on y fit des feuillées. Après lui , la* maisonnette resta à ses deux filles, dont l'une nommée Dorothée, apprit à toucher un peu d'épinette. Elle chanta quelques romances, trouva à l'occasion quelques rimes, se distingua surtout par sa grande charité envers les pauvres, et cela suffit pour rendre la Feuillée populaire. ♦

Près de la maison que Dorothée illustre encore, s'est élevé en 1865 un chalet qui porte le nom de Feuillée Magenta.

En continuant de suivre la route du Val d'Ajol, on aperçoit (1 kil. environ; 10 min. de marche depuis la bifurcation de la Feuillée Dorothée), à dr. de la route, la Nouvelle-Feuillée.

Elle est située à la limite d'une belle forêt dont les grands arbres couvrent d'une voûte de verdure les tables et la salle rustique de ce lieu champêtre, auquel on monte par un double escalier en pierres. De la terrasse qu'occupe la Feuillée, le regard embrasse toute la partie inférieure du Val d'Ajol jusqu'à Fougerolles et à la côte de Saint-Valbert; elle est couverte de bois à travers lesquels la route de Luxeuil trace un sillon blanc (R. 61) ; enfin la perspective se termine par les lignes bleuâtres du Jura.

A g , la vue est assez brusquement interrompue par les montagnes qui enveloppent la vallée d'Hérival.

La Nouvelle-Feuillée a été établie vers J836, lors de l'ouverture de la route de Plumbièrcs au Val d'Ajol

Au delà de la Nouvellc-Feuillée, la route descend par plusieurs circuits jusqu'au principal centre de population du Vald'Ajol, le v. de Laitre (8 kil. de Plombières), auquel elle aboutit par un beau pont jeté sur la Combeauté (F. R. 59).

Vallée de la Semouae.

32 à 34 kil. — Cette excursion demande, aller et retour, une journée entière. — On peut, du reste, la fractionner en deux ou trois courses distinctes.

La vallée de la Semouse est arrosée par un gros ruisseau prenant sa source sur le plateau coupé de maigres pâturages, de forêts, d'étangs et de tourbières, qui s'étend d'Epinal à Plombières. La Semouse descend par un grand circuit sur Aillevillers, en suivant un vallon profond et boisé où ses eaux sont u^lisécs pour l'exploitation d'usines importantes.

On remonte la route d'Épinal jus qu'au pont de la Semouse (5 à 6 kil.), et, sans traverser la rivière, on prend, à g., un chemin qui redescend la vallée en côtoyant la Semouse. A 1500 met.

de l'embranchement, on atteint la forge du Blanc-Murger, l'une des plus anciennes des Vosges, et dans le voisinage de laquelle se trouve une jolie cascade. 11 y a environ 1 h. de marche (4 kil. 1/2), entre deux coteaux revêtus d'une végétation magnifique depuis la forge du Blanc-Murger, jusqu'aux forges de la Semouse, qui produisent du fer-blanc, du fer en barres, et fabriquent l'outillage agricole et de terrassement. La maison d'habitation des propriétaires des forges de la Semouse est entourée de beaux et vastes jardins. — La vallée se resserre ensuite de plus en plus jusqu'au hameau d'Allongis (4 kil.), où se trouve également une forge. Aprî'S avoir suivi un chemin agréablement ombragé, on arrive à (3 kil. 1/2) Chaudeau, hameau où sont aussi établies deux usines métallurgiques très-considérables, séparées seulement par le cours de la rivière

et appartenant à MM. de Buycr.

Près de chacune d'elles s'élève une résidence vraiment seigneuriale, avec parc dessiné, à l'anglaise, planté d'arbres superbes' et orné de tapis de verdure qui s'étagent au loin sur le versant de la montagne.

3 kil. séparent Chaudeau d'Aillevillers, d'où l'on revient à Plombières par la vallée de Saint-Loup ( V. cidessus, p. 327).

On peut abréger cette excursion en se rendant directement aux forges de la Semouse par Ruaux (5 kil. de Plombières). — On prend alors, au sommet de la rampe par laquelle la route d'Épinal s'élève au-dessus de Plombières, un chemin (à g.) qui conduit directement à (1 h. de marche) Ruaux, c. de 1263 hab. (belles carrières de grès bigarré). 30 à 40 min. suffisent ensuite pour gagner, par un chemin passant près des carrières, au N. de Ruaux, la vallée de la Semouse, que Ton atteint à 1 kil. en amont des forges de la Semouse.

Un autre chemin, à l'O. de Ruaux, mène également dans la vallée par la ferme de Claire fontaine. A 2 kil. 1/2 du village et à 1 kil. au S. 0. de la ferme, se trouve, vers l'extrémité du Bois des Fées ou des Fays, une curieuse construction nommée le Château des Fées. C'est une enceinte octogonale, de 10 ares de superficie à peu près, formée de murs épais fortement cimentés, au milieu de laquelle on aperçoit deux blocs de grès isolés et placés parallèlement. Cette enceinte repose sur un énorme banc de grès, coupé de fentes assez larges pour permettre de monter, non sans quelque difficulté toutefois, sur l'escarpement.

Selon certains archéologues, ces ruines appartiendraient à un ancien château fort commencé par le duc de Lorraine Simon, vers 1130, et dont la construction aurait été abandonnée, par suite des réclamations des Dames de Remiremont, qui regardaient ce château comme une menace pour leur

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