D'ÉPINAL A SAINT-DIÉ
A. Par Bruyères et Gorcieux.
61 kil. — Route de voitures.
15 kil. Girecourt (R. 51, A). — La route de Bruyères se détache de celle d'Epinal à Rambervillers (à dr.), à la sortie de Girecourt.
16 kil. 1/2. Gugnécourt, v. de 325 hab., sur le Durbion, est dominé au N. par une colline de 359 mèt. d'altit.
20 kil. Grandvillers, v. de 1096 hab., sur l'Arentèle.
De Grandvillers à Rambervillers, R. 52.
La route pénètre, en se portant vers le S., dans le vallon pittoresque de l'Arentèle, qu'elle remonte, puis contourne, à l'O., la hauteur où s'élevait jadis le château de Bruyères.
27 kil. Bruyères (hôt. de l'Ange), ch.-l. de c, V. de 2410 hab., bâtie dans une charmante position (513 mèt. d'altit.), sur le versant de hauteurs qui vont en s'abaissant jusqu'à la Vologne, entre les vallées de Granges et de Docelles. La ville est enveloppée de trois côtés par des collines boisées, parmi lesquelles nous signalerons la montagne du Château et celle d'Avison (601 mèt. d'altit.).
Bruyères, qui doit son nom aux bruyères dont était primitivement couvert l'emplacement qu'elle occupe, est une des plus anciennes localités de cette région. Son cbàteau fort existait déjà au vi« s. Au l'empereur d'Allemagne Henri yi y
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vint résider pendant quelque temps, pour chasser dans les forêts environnantes.
Saccagée, en 1342, par le» troupes de l'évéque de Metz, la ville fut occupée, en I47â, par les Bourguignons, qui en furent chasses grâce au dévouement énergique d'un simple laboureur appelé Varin Doron et dont le nom a été donné à la place située au bas de la montagne du Château. Enfin, en 1635, les Suédois s'emparèrent de Bruyères, où ils exercèrent toutes les violences de la guerre. En 1674, Turenne traversa cette ville avec ses troupes lorsqu'il tourna les Vosges pour aller surprendre les Impériaux en Alsace.
Plusieurs incendies considérables, qui y éclatèrent en 1745, 1773 et 182«, et un tremblement de terre qu'elle éprouva en 1757, ont également compromis, à différentes reprises, la prospérité de Bruyères.
Cette petite ville est la patrie du célèbre abbé Georges, secrétaire du cardinal Louis de Rohan (1731-1813), et du Dr Mougeot, médecin et naturaliste distingué, à qui l'on doit d'excellents travaux sur la flore des Vosges.
Le commerce de Bruyères consiste en toiles, bétail, fromage, œufs et beurre; parmi les établissements industriels, on y compte principalement des féculeries, des tanneries, des teintureries, des brasseries, des tissages à la main et une fabrique de coutellerie.
Bruyères, où Ton remarque une rue principale, large, bien ouverte, et une belle place, ombragée sur trois côtés par des allées de tilleuls, possède une église, construite en 1 846 ; — un hôtel de ville , élégant édifice du milieu du xvme s., élevé par le duc François III ; — un hôpital, fonde en 1716, par le comte de Girecourt; — et une halle. — La montagne du Château (au N. de la ville), couronnée par les ruines du château, forme une promenade très -pittoresque, ornée de beaux arbres et de pelouses.
[A 2 kil. au S. de Bruyères, se trouve Champ-le-Duc, v. de 320 hab., sur un petit affluent de la Vologne. Suivant une tradition, adoptée par dom Calmet, Charlemagne, passant à Champ, au retour d'une de ses expéditions en Allemagne, fut tellement charmé de la beauté du site, qu'il y fit construire
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une maison royale et une église. Le château a complètement disparu ; quant à Véglise, il en reste peut-être encore quelques vestiges dans l'édifice actuel, dont la nef a été reconstruite à une époque postérieure, mais dont la tour, le chœur, les chapelles latérales, ainsi que quelques-unes des colonnes de la nef, offrent, dans plusieurs de leurs parties, le caractère du roman primitif. Les fonts baptismaux, de forme octogonale, sont ornés à leur circonférence extérieure de huit médaillons sculptés, d'une exécution assez grossière ; quatre d'entre eux forment simplement des rosaces , mais les quatre autres représentent : Charlemàgne couronné, un évôquc bénissant un enfant, la Vierge soutenant le corps de Jésus-Christ, et Charlemagne à cheval sonnant du cor. La cure de Champ formait, avant la Révolution, une sorte de seigneurie ecclésiastique dont la juridiction s'étendait sur 27 villages.
Parmi les buts d'excursions plus éloignés de Bruyères, nous signalerons : — (12 kil.) la vallée de Granges (H. 62) ; — (5 à 6 kil.) la vallée et les forges de la Mortarçne, par (4 kil.) Broute Heures, ch.-l. dec. de 557 hab.
— Dans les bois de Frémi fontaine , à 2 kil. environ au N. 0. de Brouvelieures, se trouvent les restes d'une commanderie du Temple. Dans ces ruines, a été recueillie la moitié d'un bas-relief, représentant un Templier serrant d'une main un livre sur sa poitrine, et de l'autre relevant un pan de son manteau. Ce débris est déposé chez le propriétaire des forges de la Mortagne, qui sont situées à 1 kil. 1/2 au N.'dc Brouvelieures, sur la rive dr. de la Mortagne et à l'entrée de l'une des parties les plus agrestes de la vallée.]
De Bruyères à Rambervillers, R. 52 ; — à Rerairemont, R. 68.
La route prenant, au delà de Bruyères, la direction de l'E., contourne la haute colline des bois de
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Bermont (700 mèt. d'altit.) et franohit le Neuné.
33 kil. La Chapelle, v. de 1244 hab., près de l'une des sources du Neuné, renferme des papeteries, des moulins et plusieurs scieries. La Chapelle possède deux églises, dont Tune passe pour très-ancienne.
Al kil. de ce village, on traverse le hameau d'Yvoux (belle papeterie).
Après avoir franchi un défilé resserré entre les collines de Cour Moinel (791 mèt. d'altit.) , à g., et de Saint-Jacques (630 mèt. d'alt.), a dr., on entre dans une plaine entourée de montagnes.
41 kil. Corcieux, ch.-l. de c. de 1553 hab., sur le bras principal du Neuné, qui y met en mouvement de nombreuses scieries et des moulins. Corcieux, autrefois chef-lieu d'une paroisse très-étendue, avait un beau château seigneurial dont il ne reste rien. Véghse paroissiale renferme le portrait, peint sur verre, de Laurent Pilade ou Pilladius, curé de Corcieux au xvi* s., et auteur d'un poëme latin, la Rustieiade, dans lequel il raconte la guerre des Rustauds.
La route côtoie quelque temps le cours du Neuné, dont elle s'éloigne, au hameau de Bellegoutte, pour aller rejoindre la route de Remiremont à Saint-Dié, près de
45 kil. Haute-Fontaine (R.62).
16 kil. de Haute-Fontaine à Saint- Dié (R. 62).
61 kil. Saint-Dié (R. 69).
B. Par Rambervillert.
55 kil. — Route de poste.
28 kil. Rambervillers (R. 51).
En sortant de Rambervillers, on laisse à g. une route se dirigeant au N. E. sur Raon-l'Étape (R. 69), et l'on traverse une plaine, où coule, à 600 mèt. sur ladr., la Mortagne, dont on ne tarde pas à s'éloigner.
32 kil. Jeanménil, v. de 1032 hab.
(fabrique de poteries et de tuyaux en grès vernissé). — La route contourne à dr. les hauteurs qui portent la forêt
de la Grande- Longue- Fosse, et à g. la forêt Saint-Benoit, dans un défilé boisé, le site le plus pittoresque qu'offre le parcours de Rambervillers à Saint-Dié.
44 kil. La Salle, v. de 568 hab.
(310 mèt. d'altit.), près du ruisseau de Valdange. Sur le territoire de la commune, au lieu dit YH6ie-du- Bois, se trouve une vaste carrière dont l'exploitation remonte à l'époque gallo-romaine. De nombreuses antiquités y ont été découvertes, entre autres des moulins à bras à quatre meules, en usage chez les Romains.
On voit encore les traces d'un embranchement de la voie de Langres à Strasbourg, embranchement qui desservait cette carrière. — A 1 kil. au S. de la Salle, est située la Bourgonee, v. de 774 hab. , où Mathieu, fils du duc de Lorraine Mathieu Ie*, assassina, le 26 mars 1217, Renaud de Senlis, évôque de Toul.
46 kil. Nompatelize, v. de 616 hab., d'où un chemin, plus agréable que la route de poste, se détache à dr. pour gagner Saint-Dié, en longeant la rive g. de la Meurthe et en passant à Saint- Michel (R. 69). — La route de poste, après avoir laissé Saint -Michel à quelque distance, franchit la Meurthe, croise le chemin de fer de Lunéville à Saint-Dié (R. 69) et se raccorde avec la route qui relie ces deux villes. On passe alors entre la Meurthe, à dr., et de grands coteaux, à g., avant d'atteindre
55 kil. Saint-Dié (R. 69).