‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 284 sur 489 · WILDENSTEIN · texte numérisé non relu

WILDENSTEIN

distance, sur le revers du Rothenbach (1319 met. d'altit.). A dr. s'élève le Grand-Ventron (1209 mèt. d'altit.), qui domine la vallée vers son origine; au fond de l'horizon, on découvre le Rossberg , et à g. , aussi vers l'extrémité de la vallée, le Ballon de Gueb- Willer. Du coi de Bramont, on peut gagner, par les chaumes (avec un guide), le Honeck (8 à 10 kil.) et le Ballon de Guebwiller (15 à 16 kil.).

La route tracée sur le versant trèsabrupt du col de Bramont, au S., redescend d'une pente rapide (2 kil.

1/2) malgré les circuits nombreux qu'elle décrit ; on franchit la Thur vers le bas de cette longue côte, et, après 15 min. de marche, on atteint

11 kil. Wildenstein (hôt. du Rendez-vous des Lorrains), v. de 691 hab.

sur la Thur, dans une position extrêmement pittoresque, au fond de la vallée, qu'environnent de trois côtés de hautes montagnes. Quand on arrive à Wildenstein par Wesserling, il semble qu'on ne pourra aller au delà, tant les hauteurs environnantes, terminées par d'immenses escarpements rocheux, paraissent inaccessibles. Cette situation isolée, au milieu d'un paysage splendide, donne au village un caractère tout particulier d'originalité.

Wildenstein possède une filature et un tissage mécanique; un barrage, à l'aide duquel les eaux de la Thur sont emmagasinées dans deux vastes réservoirs, fait de cette rivière le principal moteur des appareils mécaniques de la manufacture. Au bas du village, dans la direction de Wesserling, à g., se trouve une verrerie fondée en 1699 par l'abbaye de Murbach. Cette verrerie fabrique spécialement aujourd'hui des bouteilles ordinaires et des bouteilles pour produits chimiques. On est facilement admis à la visiter. « Sachez pourtant, dit M. Kirschleger (Guide du botaniste), que vous ne sortirez honorablement de la verrerie qu'après avoir fait remplir à vos frais d'un vin gé-

néreux deux bouteilles fraîchement fabriquées. »

Il existait autrefois à Wildenstein une belle cascade , dite cascade du Heidenbad ; mais la retenue formée pour le service de la manufacture, en amoindrissant le cours de l'eau, l'a presque entièrement supprimée. Il n'y a plus à visiter que le site qu'elle animait jadis (à g. de la route, entre le village et la manufacture, en se dirigeant vers le col de Bramont , un peu en aval des réservoirs). C'est un ravin profond, creusé entre deux murailles de rochers et entouré à sa partie supérieure par un groupe de beaux hêtres, mais à travers lequel, malheureusement, ne glisse plus qu'un maigre filet d'eau.

En redescendant la vallée, par un beau chemin tracé entre deux lignes de montagnes qui se prolongent sans interruption jusqu'à Wesserling, on continue d'apercevoir à dr., au delà des prairies, d'immenses masses de rochers granitiques, se dressant à pic au-dessus de la vallée et couronnées par de magnifiques forêts, « rochers infiniment plus imposants que les rochers porphyriques de Baden, » dit encore M. Kirschleger, l'un des touristes qui connaissent le mieux toute cette région des Vosges. — A g. les grandes roches sont plus rares; la pente des hauteurs, bien que trèsaccentuée, est moins abrupte et se termine généralement par des mamelons boisés ou revêtus de prairies.

— Al kil. à peu près de Wildenstein, en face d'un pont rustique formant l'entrée d'un chemin d'exploitation, on jouit, en remontant pendant 300 à 400 met. sur le versant de g., d'une vue remarquable sur le fond de la vallée et le col de Bramont.

Un peu plus loin, à 2 kil. 1/2 de Wildenstein, on aperçoit à dr. la colline ou plutôt l'énorme rocher, complètement isolé au milieu de la vallée, que couronnent les ruines du château de Wildenstein, Ce rocher présente

406 DE REMIREMO*

au S. une véritable muraille de granit s'abaissant à pic ; mais, du côté opposé, le tertre se prolonge en une pente douce que remonte un joli chemin forestier. Ce sentier, se détachant de la route, traverse une zone de prairies, contourne à sa base le rocher de Wildenstein, qu'il gravit par son versant 0., sous d'agréables ombrages, et débouche (15 min. de marche) au pied de la plate-forme escarpée qu'occupent les restes du château. Les ruines consistent en quelques débris de murailles et en une espèce de voûte paraissant avoir appartenu à l'entrée principale, et qui, par suite de la destruction du pont-levis, se trouve, à 3 ou 4 met. de hauteur, dans une position en apparence inaccessible. On y arrive cependant par un sentier caché à dr.

au milieu des broussailles. Do la plate-forme supérieure, la vue s'étend au loin sur les montagnes et sur la vallée, dans la direction de Wcsserling. Le château de Wildenstein, dont la construction remonte au xiv* s., fut détruit en 1644 par les Suédois , qui le démantelèrent entièrement à l'aide de la mine, après l'avoir enlevé aux Lorrains.

17 kil. Krùth (hôt. du Cerf-cTOr), v. de 1940 hab., sur la rive g. de la Thur (tissage mécanique de coton et de laines, scierie mécanique). — Les montagnes de g. se rapprochent de la route au delà de Krùth, par des escarpements très-roides, qui offrent de remarquables masses de rochers.

L'une d'elles, s'abaissant sur la route, comme un immense promontoire, offre l'aspect le plus saisissant. Quand on Ta dépassée, on aperçoit très-distinctement, en face de soi, les chaumes lointaines du Rossberg encadrées dans de beaux bois de sapins. A michemin entro Krùth et Oderen, on laisse à dr. le chemin qui conduit à (10 ou 11 kil.) Ventron, par le col d'Oderen (R. 66, p. 402).

19 kil. Oderen (hôt. du Canond'Or), v. de 1893 hab. (tissage méca-

Page 1